‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 88 sur 170 · SAINT-FLORENT · texte numérisé non relu

SAINT-FLORENT

La collégiale de Saint-Florent fut fondée pour vingtun chanoines , l'an 990 , par Herbert , comte de Vermaridois , et Hermengarde sa femme. Les fondateurs s'étaient réservé la nomination de quatre prébendes ; mais en 1185 ce droit passa au roi de France, par l'union du Vermandois à la Couronne. L'église fut bâtie vers l'an 1046 par les libéralités de Hilledebrande, femme d'Herbert IV '\ Détruite en 1552 par

» ( De Corselles. )

•^ ( Daire , histoire manuscrite des doyennés du diocèse d'Amiens. )

* Claude Hémeré (August. Veromand) coUect.

rarmëe de Charles -Quint , elle fut rebâtie dans la dernière partie du xviii." siècle.

Cette église, primitivement sous le vocable de St- Georges , ne prit le nom de Saint-Florent qu'après que Hugues-le-Grand , comte de Vermandois , eut fait transporter à Roye les reliques de St-Florent-lez-Saumur *.

Des difficultés s'étaient élevées entre le doyen de Roye et l'évêque d'Amiens. Il y eut un concordat entre Philippe de Valois, le doyen, le chapitre de Saint-Florent et l'évêque Jean de Cherchemont, relativement à l'élection des doyens de Roye. Ce concordat, cité par Choppin (de re politicà. lib. l.p. 33) porte que le doyen élu sera confirmé par l'évêque d'Amiens et qu'il lui jurera obéissance en ce qui concerne la cure.

En 1373, les Anglais, à la tête desquels marchait le duc de Lancastre , assiégèrent Saint-Florent et là , dit Belleforest, « ils séjournèrent six jours et pour ce qu'ils ne purent prendre l'église qui étoit forte, ils brûlèrent la ville et leur parlement. »

Louis XI, en 1475, ayant emporté d'assaut la ville de Roye qui était sous la domination du duc de Bourgogne, fit transporter les reliques de St-Florent dans l'abbaye de Saumur. Ce ne fut qu'en 14=98 qu'une partie de ces reliques fut restituée au chapitre de Roye -.

En l'an 1549, Henri II met sous sa sauvegarde les biens de Saint-Florent ; ces lettres de garde - gardienne

' ( Voyez la Bibliothèque de l'École des Chartes. 1842. * ( Voyez la Bibliothèque de l'École des Chartes. 1842.

ont été confirmées en 1636 par Louis Xlll et par Louis XIV en 1646. Jean II avait déjà accordé de semblables lettres '. Le 27 avril 1740, M.g»" G. de la Mothe, évéque d'Amiens, supprime neuf chapelleniers de la collégiale de Saint-Florent et n'en laisse subsister que six.

Parmi les pierres tumulaires de Saint-Florent, on distingue celle de Pierre de Frion (1632), gouverneur de Creil et de Roye. Ses armes étaient écartelé aux 1 et 4 d'une fasce , aux 2 et 3 d'un lion couronné à l'antique , sans désignation de couleurs ni de métaux '-.

Parmi les objets précieux qui appartenaient à Saint- Florent on remarquait :

l.° Une cuve baptismale qui ne servait que pour les premiers-nés des familles nobles. 2.° La châsse de St-Florent couverte de vermeil et de pierreries. 3.'* Le buste de St-Florent en argent. 4.° Un calice de vermeil sur lequel on voyait des armes d'azur semé d'étoiles d'or et portant en chef un nuage de sinople. Tous ces riches objets furent livrés à la Convention Nationale le 2 frimaire an 2 ^.

L'église de Saint-Florent était bâtie sur la place et ceinte d'un rang de maisons antiques. Une seule survit encore à l'édifice et puisque j'ai parlé de cette maison, j'en profiterai pour discréditer une tradition inexacte : — On prétend que Jeanne de Bourgogne, femme de

^ ( Archives de la ville. )

'^ ( De Corselles. )

* Goret. Manuscrit sur les principaux événements arrivés à Roye pendant la Révolution. (Voir ma notice sur les Mss. concernant la ville de Roye. )

Philippe-le-Bon , y mourut en 1329; mais la seule inscription des bâtiments suffirait pour détruire cette erreur. Le toit en arc Tudor et les divers ornements ne peuvent d'ailleurs laisser aucun doute sur ce point. J'ai voulu en outre consulter les archives de la ville; j'ai trouvé un acte qui constate que V hôtellerie oii mourut Jeanne de Bourgogne fut brûlée en 1551 par l'armée de Charles-Quint et qu'en son emplacement fut bâti un autre logis.

L'abbé J. CORBLET , de Roye,

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