QUATRIÈME PARTIE
Bataille de Wagram. — Moayements de l'armée et événements militaires «fai ont eu lieu depuis cette journée jusqu'à la paix de Vienne.
Les ordres que recevait le duc de Baguse concordaient avec ceux qui avaient , été transmis aux autres corps , et qui ; tous étaient relatifs au grand événement qui se préparait. L'obstacle qu'un fleuve rapide et difficile à dompter avait : opposéàrardeurdesguerria^s français, ; venait de disparaître.
Le !«• Juillet, les ponts dont la construction ayait été confiée par TEmpe- ' reur aux soins du comte Bertrand , furent terminés. Ils excitaient retenuement et l'admiration. Sur l'un des fleuves les plus rapides du monde , et sur une largeur de quatre cents toises , on avait jeté d'abord un pont, formé de soixante arches , où trois voitures pouvaient passer de front. Un second pont de pilotis , de la largeur de huit pieds , avait été construit pour Tinfanterie. Après ces deux ponts , il y en avait un de bateaux. Us étaient assurés tous contre les insultes de Tonnemi , même contre l'effet des brûlots et machines incendiaires , par des estacades sur pilotis, construites entre les îles dans différentes directions, et dont les plus éloignées étaient à deux cent cinquante toises des ponts. Ces immens(\s travaux avaient été exécutés en vin^t jours ; ils étaient défendus par dcîs tcHes de pont, ayant chacune mille six cents t()i^os de développement , formées de redoutes palissadées, fraisées et entourées de fossés pleins d'eau.
L'UeNapoléon, où ces ponts aboutis*
saient , était devenue une place forte.
Il y avait, à l'époque du 1«' juillet, des manutentions de vivres pour toute Tarmée ; cent pièces de canon de gros calibre et vingt mortiers ou obusiers de siège en batterie. Ces grands ouvrages étant achevés , le prince d'Essling , dont le corps était dans l'île Napoléon , fit jeter , le 30 juin , urt pont sur le dernier bras du fleuve , en face d'Aspern. Ce pont fut immédiatement construit en pilotis , et se trouva couvert momentanément par un retranchement construit lors du premier passage.
I L'ennemi gardait en force une petite île , nommée île du Moulin , entre ce dernier pontet l'île Espagne. L'ordre fut donné de prendre possession de l'île ' du Moulin , et d'y construire un pont de bateaux avec une batterie de six pièces { do 12 et quatre mortiers. Cette opération ' futexeculée le 2 juillet, en plein midi, par un aide-de-camp du prince d'Ess- I ling (l).
; L'île Montebcllo , qui battait Enzers- ' dorf , fut armée de dix mortiers et de j vingt pièces d(* 18. Entre cette île et l'île j Espagne^ , on établit encore une batterie I égale en force àccîlledi^ l'île Montebello. ' Toutes ces batteric^s avaient pour objet ! do détruire les ouvrages de Tennemi ' sur la rive gauelie du fleuve. L'île nommée Alexandre , située à la droite
(1) Le chef de bataillon Pelet^
de celle dont il vient d'être question , fut armée de quatre mortiers , de dix pièces de 12 et de douze pièces de 6 , dont le but était de battre la plaine et de protéger le placement et le reploiement des ponts.
Le i^ Juillet , l'Empereur quitta Schônbrunn, et se rendit dansTîle Napoléon ou le quartier-général et la garde impériale furent établis. Ce jour jmême, le ducde Reggio, chef du deuxième corps, reçut Tordre de commencer, à neuf heures du soir , le passage des premiers ponts, pour entrer dans Ffle Napoléon. Tous les postes occupés par les troupes du quatrième corps, durent être relevés au jour par les troupes du duc de Reggio. Les divisions des généraux Molitor et Boudet , en faisant place à celles du deuxième corps , avaient Tordre de se concentrer près du dernier bras du Danube. Il fut enjoint au général comte d'Unsbourg de venir occuper Vienne avec les Wûrtembergeois. Il devait y être rendu le 2 au soir. Les instructions du prince de Ponte-Corvo portaient d'avoir son quartier-général, le 2, àEbersdorf , où tout son corps d'armée devait être réuni. Le duc d'Istrie , à la tête de la réserve de cavalerie , eut la même destination. Le comte Lariboissière, commandant en chef Tartillerie de Tannée , reçut aussi Tordre de transporter son quartier-général à Ebersdorf.
Il fut écrit le !«' juillet au prince Vice-Roi : « L'ennemi nous ^ montré ce » matin toute son armée, et s'est mis » en bataille. Nous vous attendons, » Monseigneur, avec votre corps d'ar- » mée, pour le k de ce mois. Vous pas- » serez les ponts d'Ebersdorf sans vous » arrêter; à cet effet, il sera nécessaire » que vos troupes aient pour deux jours » de vivres. »
L'ordre donné au prince Vice-Roi fut
L'EMPIRE
adressé également au prince d'Eckmûhl, dont le quartier-général était toujours à Hambourg. Il lui fut prescrit de ne quitter sa position que dans la nuit du 4 au 5 juillet , et, sans s'arrêter, de filer dans Ttle Napoléon. Le duc de Raguse, à la tête du onzième corps, n'était plus qu'à une marche de Vienne. Quant aux troupes bavaroises, elles restèrent à Lintz , sauf la division d'infanterie du comte de Wrede , qui fut appelée à Vienne, et destinée à agir le jour de la bataille, avec la garda impériale.
L'Archiduc généralissime de Tannée autrichienne avait employé tout le temps éicoulé depuis la bataille d'EssIing jusqu'au l"'juillet, à fortifier le champ de bataille sur lequel il voulait disputer à l'armée française l'entrée du cœur des Ëtats héréditaires. Le dessein de T Archiduc , semblable à celui qu'il avait déjà conçu pour la journée d'EssIing, n'était pas d'empêcher les Français de passer le Danube, mais de les combattre à leur débouché sur la rive gauche. Dans cette pensée, le généralissime avait mis son armée en position sur le rideau qui domine la grande plaine du Marchfdd , à peu près comme elle était la veille de la bataille d'EssIing , si ce n'est que le village de Wagram , auquel aboutissait alors l'extrémité de la gauche de l'armée autrichienne, était devenu son point central. Sa droite s'appuyait à Stammersdorf , et sa gauche à Markgrafen-Neusiedl. L'Archiduc avait jeté une forte avant-garde dans les postes d'Aspem, d'EssIing et de Stadt- Enzersdorf. Ces villages étaient environnés de redoutes , et ils étaient liés Tun à l'autre par une chaîne de retranchements.
L'armée de l'Archiduc était composée de six corps, plus un corps de réserve de cavalerie et un de grenadiers. Le
premier ccvps était sous les ordres du comte deBeUegarde; le deuxième, sous les ordres du prince de Hohenzollern ; le troisième, sous ceux du général d'artillerie comte Eolowrath ; le quatrième était commandé par le prince de Rosemberg; le cinc[uième, par le prince de Reuss, et le sixième, par le lieutenant feld-maréchal comte de Klenau , en Tabsence du général Hiller qui était malade. La cavalerie de réserve avait à sa tète le prince de Lichtenstein. Les grenadiers étaient commandés par le lieutenant feld-maréchal baron Prochaska. Ces corps réunis présentaient sous les armes cent vingt mille combattants , soutenus par quatre cent dix pièces d'artillerie de différents calibres, réparties sur k ligne.
La position de Tarmée autrichienne semblait inexpugnable, surtout lorsqu'on réfléchissait que, pour l'en débusquer, il fallait dé^oucher et se former sous son feu. Hais Napoléon avait son plan , dont le développement devait causer une grande surprise à son armée, aussi bien qu'à l'ennemi. Le 2 juillet, l'ordre suivant partit du quartier-général impérial (1) :
c< Le 4, à neuf heures du soir, le duc » de Reggio fera embarquer un général T» de brigade avec trois bataillons de » voltigeurs , pour aller s'emparer des T> bois qui sont dans les fonds, autour w de Mûhlleuten. Le capitaine de vais- » seau Baste, avec huit bateaux armés, » se portera en avant et protégera le » débarquement de ces troupes par » une vive canonnade, en enfilant les
(1) Ce texte a'e^t pas enlièrenaent conforme à Tordre original corrigé par rempereor Napoléon, qui se trouve dans les archives du Dép6t général de la Guerre , et qui a été publié dans les Métnaireê tur la guerre de 1809, uni, p. 482.
» batteries ennemies qui , en mâme » temps, seront canonnées par nos bat- » teries.
» Le capitaine des pontonniers fera » établir son pont qui devra être consn truit en deux heures. Immédiate- » ment après , le duc de Reggio débou- »'chera avec son corps, chassera Ten-* » nemi de tous les bois , portera une » de ses divisions jusqu'à la Maison- » Blanche , et une autre sur MuhUeu* » ten.
» Un quart-d'heure après que la ca- » nonnade auraconunencé sur la droite, » le prince d'Essling fera partir cinq » bacs , portant dix pièces de canon » avec mille coups à tirer et quinze » cents honmies d'infanterie , qui dou- » bleront l'Ile Alexandre, et iront dé- » barquer le plus haut qu'ils pourront.
» Aussitôt que ces bacs auront doublé » l'Ile Alexandre , le pont de quatre- » vingts toises, d'une seule pièce, pré- » paré par le chef de bataillon Dessales, » descendra un peu plus bas que l'ile » Alexandre, sera rabattu et placé.
» Tout le corps du prince d'Essling pas- » sera sur ce pont.
» Un pont de radeaux sera construit » vis-à-vis de l'Ile Alexandre. Le prince » d'Eckmùhl surveillera la coustruc* » tion de ce pont qui doit servir au pa:»- » sage de ses troupes.
» Le pont sur pontons sera jeté au » même moment à côté de celui de ra- » deaux ; il servira au passage de l'artil- )) lerie du corps du prince d'Essling et )> à celui de !a cavalerie légère.
» Le corps du prince de Ponte-Corvo, » la garde impériale à laquelle seront u jointes les troupes du duc de Raguse )> et la division du général de Wrede ; 0 les divisions de cuirassiers et l'armée » du prince Vice-Roi , passeront immé- » diatement après sur les différents » ponts. ^
9U rBUPIBB
» L'armée sera placée de la manière » suivante : trois corps en première » ligne, celui du prince dTssling, i^la » gauche ; celui du duc de Reggio , au » centre; celui du prince d'Ëckmûbl, » à la droite.
» En seconde Ugne : le corps du i» prince de Ponte-Corvo , à la gauche; » la garde, le corps du duc de Raguse, -» et la division de Wrede , au centre ; -» Tarmée du prince Eugène, à la droite.
» Les cuirassiers formeront une ré- » serve à part, placés en troisième » ligne, sous les ordres du maréchal » duc d'Istric.
» La cavalerie légère sera répartie, » savoir : les brigades des barons Pire,. » Marulaz et Bruyère, réunies sous les » ordres du général de division Lasalle, » avec le corps du prince d'Essliiig ; la » brigade du général baron (loi! ort, » avec le corps du duc de R,e^gio ; la » division ducomtedcMontbiTin, com- » posée de deux brigades , coniman- » dées par les généraux Pajol et Jacqui- » not, avec le rorps du prince d'Eck- » mûhl.
» Le général de division comte Ré- » gnier sera chargé du commaiideinont )) et de la défense de l'ilo Napoléon, » avec six bataillons fournis par diHVî- » rcnts corps. Toutes les batteries des )) îles et la garde de tous les ponts sew ront sous les ordres de ce géntTal. »
En conséquence de ces dispositions, les trois corps qui devaient former la première ligne de Tarmée , se préparèrent à passer sur la rive gauche du Danube , dans la nuit du 4. au 5. Les chefs des autres corps qui étaient arrivés à Ebersdorf , reçurent des ordres particuliers pour se concentrer dans l'île Napoléon pendant la journée du k. Les • cuirassiers , qui devaient être en troisième ligne , (mrent ordre de s'arrêter, !t» V , àEi!» ivlorf , pour ne pajfser le pont
qu'après l'armée. Les troupes de Wurtemberg restèrent h Vienne.
La composition de l'armée présentait les données suivantes : le quatrième corps avait ses quatre divisions d'infenterie composées comme le jour d'Essling. Le deuxième corps avait éprouvé des mutations ; la division d^ grenadiers avait été dissoute, et les grenadiers étaient rentrés dans leurs régiments respectifs. Ce corps renfermait maintenant trois divisions ; celle du feu comte Saint-Hilaire remplacé par le général Grandjean, était toujours composée comme le 21 mai. La division du comte Tharreau était composée de détachements des 6% 9% 2o% 27*' d'infanterie légère, des tirailleurs corses, des8%24% 45% bï\ 63% 9V% 95« et 96» de ligne. La troisième division était formée par une légion j)ortugaise, coniniandée parle gén(\ral de brigade Carcomé Lobo , et composée de la treizième brigade d'inianterie d élite portugaise, et d'un régiment de chasseurs à pied de la môme nation.
Le troisième corps , dont la division Saint-Ililaire avait été séparée depuis longtemps, avait ses trois anciennes divisions d'infanterie, commandées par les généraux comte Morand , Friant et Gudin ; il était composé comme le jour de la bataille d'Eckmùhl.
Le neuvième corps avait deux divisions de troupes saxonnes , composées dos !*•% 2% 3° et 4** régiments saxons d'infanterie de ligne; d'un détachement des gardesr^lu-corps du roi de Saxe; de trois régiments de chevau-légers et d'un régiment de hussards. La seconde division était une division française, commandée par le comte Dupas. ( ette division avait été réunie au neuvinnç^ corps , à son arrivée à Lintz , et augmentée de (juclqucs régiments, depuis son ai riv''*o à Vienne. Elle était tomiiQbée deb
CAMPifiNI W 1809.
|«f, $7», %t\ »«d infcpterie légère* des Unilleurs du Pô, «1 d^ détacbements des 40^, fift-, «S «»•, 7e*, 88% 1(W et 103^ d9 ligne.
Vwoéid d'Italie avait à cette époque quatre divisions d'iQfaaterie française, une division d'infiint^ie italienne et deux divisions de dtagons. La première division française , counnandée par le général coQite Bronssier, était formée des 9^, èk"" et 82« de ligne. La troisième, commandée par le général Lamarque, renfermait lest3', 28% 35' et 63« de ligne. La troisième , sous les ordres du général Durutte, était composée des a3« d'infanterie légère , 63" et 10a« de ligne. La quatrième, sous les ordres du général baron Pacthod , renfermait les 1«, 52% 106« et 112« d'infcnterie de ligne. La division italienne, sous (es ordres du général Severoli, était composée des i", 2*, 3* et 7* régiments italiens d'infanterie de ligne , et d'un régiment dalmate. Une division ()e ^rse gons, aux ordres du comte Qrouchy, renfermait le régiment italien des di*agons de la ^eine , les 7" pt 30« régiments de dn4(ona fransm* L'wtve division, commandée par le général Pully, était formée des 23% 28* et 29* r^wônts de dragons français.
Les deux divisiona de cuirassiers des généraux Nansouty et Saint-Sulpice , et celle du duo de Padoue, qui avait remplacé le général £spagne, étaient composées comme le jour d'£ssUng.
La garde impériale forma un corps nombreux, auquel furent attachés pour la journée de Wagram , le onzième corps d'armée, sous les ordres du duc de Raguse , et la division de troupes bavaroises du général comte de Wrede. La garde , commandée en chef par le général de division conite Walther, était composée, en infanterie « deagienadien et chasseurs à pied, des
fusUiers et de» tirailleurs; et en cavale* rie, des grenadiers à cheval, des dragons de la garde , de$ chasseurs à che^ val et des obevan-léger» polonais.
Le onzième corps était formé à^ deu^ divisions d*in{anterie : {'une, qui avait été réuiii^ à ce igprps , |^ çqp arrivée à Vienne , était commandée par }e comte Claparède , et renfermait le 18* d'infanterie légère, les 2*, 79* et 8}« de ligqe; l'autre, commandée par le général Clauzel^ était composée des 8' d*in< fanterîe légère, iV et 29*" de ligne.
La division du comte de TYrede était formée par les 3% 6% 7* çt 13* régiments de ligne bavarois, par un bataillon d'infanterie légère et par deux régiments de cbevau-légers.
Les trois brigades de cavalerie légère qui combattaient avec le corps du prince d'Essling, comprenaient neuf régiments de chasseurs, savoir: les 3*, 6% 9% 13^, li% 16% 19% 23' et -^V; plus le 8* de hussards et l)uit escadrons de troupei de Hesse-Varmstadt et de Bade.
Celles qqi firent attachées au corps du prince d'Eckmûbl, avaient quatre régiments de Imssards^ l^s {i% 7% 11* et 12% et deux féginienta de chail^eurs, les numéros 1 et 2.
La brigade qui accompagna le corps du duc de Reggio était formée par les 7* et 20* de chasseurs et le 9* de hua* sards.
L'armée française avait quatre cent cinquante pièces d'artillerie, dontup grand nombre du calibre de 12.
Le ^juillet, k dix heures du soir, les quinze cents voltigeurs qui devaient précéder le corps du duc de Reggio, partent sous les ordres du général Con< roux. Protégés par le feu des chdoupea canonnières , ils débarquent au-delà du petit bras de l'île Niqxdéon. Les batteries de l'ennemi sontéera&éas, et on la
L'£MP1RE
chasse des bois jusqu'à Mûhlleuten.
À onze heures, toutes les batteries dirigées contre Enzersdorf commencent leur feu. Cette malheureuse petite ville , brûlée par les obus , ne présente bientôt qu'un monceau de ruines. Une nuit d'une obscurité profonde, une pluie effroyable, ajoutent à l'horreur du spectacle de cette ville en flammes. Mais cet horrible temps est propice au passage de l'armée française, dont l'ennemi ne peut ni reconnaître, ni empêcher les différents mouvements.
En conséquence de l'ordre de juillet, les trois corps du prince d'Essling , du prince d'Eckmûhl et du duc de Reggîo, passent les ponts dans la nuit. Le 5, à six heures du matin, ils sont établis sur la rive gauche. Le troisième corps , se dirigeant de manière à former la droite de l'armée, marche sur Wittau. Le deuxième corps, qui devait en fomicr . le centre , se porte sur Mûhlleuten. Le quatrième, qui devait en être la gauche, marche à l'attaque d'Enzersdorf, où l'ennemi avait conservé du monde, malgré l'incendie. Le M* de ligne , de la division du baron Carra Saint-Cyr , enfonce les portes et pénètre le premier dans cette ville ; le reste de la division le soutient. Les Autrichiens sont chassés; le général Carra Saint-Cyr les poursuit , se dirigeant toujours à gauche. Les autres divisions du corps, marchant après lui , se portent à l'attaque des redoutes d'Essling et d'Aspern, qui sont successivement enlevées.
A neuf heures du matin , cette première et importante opération est terminée. Le système de défense de Tenuemi est anéanti. Alors la profonde pensée de l'Empereur est mise au jour.
L'armée française , qui tout entière a franchi le Danube, est en bataille sur l'extrémité de la gauche de l'ennemi , dont tous les camps retranchés son t tou r-
nés, et tous les ouvrages rendus inutiles.
La nombreuse avant-garde de l'en* nemi, quioccupaitMûhlIeuten, Enzersdorf, Essling, Aspern , poussée par la marche rapide et les succès des deuxième et quatrième corps , se replie tout entière sur la position de son armée, entre Gerasdorf et Markgrafen-Neusiedl. Le quatrième corps suit le mouvement de l'ennemi : la division Le»
grand, sur Breitenlee; celle de Caria Saint-Cyr, sur Leopoldau; les deux, autre divisions au centre. Le gros de l'armée s'avance dans la direction de Grosshofen et d'Aderklaa, perpendicu- ]airement«ur la gauche et le centre de l'armée autrichienne.
Le prince d'Eckmûhl a reçu en même temps l'ordre de l'Empereur de marcher constamment en s'étendant vers la droite pour envelopper l'aile gauche de Tarmée ennemie. Ce mouvement avait deux objets importants :
premièrement, il devait priver cette aile du secours qu'elle pouvait attendre derarchiduc Jean , qui marchait pour se rapprocher de rarméederA/chiâuc généralissime; secondement, il séparait entièrement l'armée autrichienne de la Hongrie, lorsqu'on serait parvenu à lui faire quitter sa position actuelle , et à décider sa retraite.
Le duc de Reggio attaque Grosshofen et s'en empare. La ca^erie légère françiiise se porte sur Aderidaa et Markgrafen-Neusiedl. Les corps de Bellegarde, HohenzoUem et Rosemberg, qui couronnaient les hauteurs de Neusiedl et de W^igram, s'ébranlent dans ce mo« ment. La bataille devient générale. Le canon tonne sur toute la ligne. Baumersdorf est mis en feu ; et les troupes des deux partis s'avancent, se chargent et multipUent leurs efforts pour s'emparer du village.
L'Archiduc généralissime vientenper-
CAMPAGNE l)£ i809.
aoane, avec une partie des forces de Bellegarde, au secours des corps battus. U rallie les fuyards, attaque les colonnes françaises et reprend Baumersdorf. Les Français se repKent jusqu'au Russbach, où ils se remettent en ligne, pour soutenir un nouveau et vigoureux combat contre le corps de Hobenzoliem et une partie de la réserve de cavalerie qui les suivaient de trop près. Dans cette circonstance, Tarchiduc Charles, qui conduit lui-même les charges de cavalerie, reçoit d'un coup de feu une légère blessure. Les Français, malgré les efforts prodigieux de rennemi, le repoussent et reprennent tranquillement leurs premières positions sur le Russbach.
Cependant, le neuvième corps passait le Russbach sur deux colonnes , et attaquait l'ennemi avec impétuosité.
Une colonne, composée de la division Dupas, se jetait entre le corps de Bellegarde et celui de Hobenzoliem. Elle mettait en désordre l'aile gauche du premier et poursuivait ses succès.
L'autre colonne, composée de Saxons, était allée par les hauteurs attaquer Wagram. Mais cette attaque ne pouvait pas réussir, n'étant pas soutenue par le reste du neuvième corps. Les Saxons souffrirent, dans cette circonstance, une perte assez considérable, parce qu'ils se trouvèrent en butte à l'immense supériorité de l'ennemi.
L'obscurité, qui était déjà grande, causa même une méprise qui, seule, aurait fait manquer l'attaque de Wagram. Une colonne de Français et une colonne de Saxons se prirent pour des ennemis et tirèrent l'une sur l'autre. L'objet de son mouvement étant manqué, la division saxonne fut obligée de revenir, comme la division Dupas, prendre positicm derrière le Russbach .
Sur ces entrefaites, la nuit survint.
Les deux armées s'arrêtèrent, et, de
part et d'autre, on s'occupa de dispositions pour la journée décisive du lendemain. La gauche de l'armée autrichienne resta à Markgrafen-Neusiedl ; le centre à Wagram ; la réserve de cavalerie fut placée à Gérasdorf ; la réserve de grenadiers était à Sauring.
La droite, composée de deux corps d'armée, les troisième et sixième , fut placée, savoir : le troisième corps près de Hagenbninn et le sixième sur les hauteurs de Stanmiersdorf.
L'armée française appuya sa droite à Glinzcrsdorf, que le prince d'Eckmûhl fit occuper. Le centre était à Raschdorf , où les corps du Yice-Roi , du duc de Raguse, la garde, les cuirassiers et les Bavarois formaient sept à huit lignes. A la gauche, étaient les corps des princes d'Essling et de Ponte-Corvo; le premier occupant Breitenlee, Sussenbrunn, Aspern, Hirschstatten , et le deuxième gardant AderiLlaa.
Dans rétat où les choses étaient restées la veille, la situation de l'armée autrichienne était critique. L'armée française avait effectué le passage du Danube, presque sans obstacle et sans perte. Elle était arrivée sur l'ennemi, s'était emparée de plusieurs de ses posrtes, l'avait resserré dans les autres et lui avait rendu le parti de la retraite aussi difficile que celui de se porter en avant. A la tête des masses nombreuses et redoutables qui formaient son centre, l'empereur Napoléon épiait les intentions et les mouvements du général ennemi ; il était à même de contrarier tous ses projets et de profiter de toutes ses fautes pour le battre. En conséquence, le centre de l'armée française n'eut pas d'autre ordre, le 6, lorsque le jour parut , que de se former et de se tenir prête à marcher partout où l'Em pereur le jugerait convenable. Les instructions du prince d'Essling, àla gau-
ftt
L'EHFIIE.
cbe, furent de mettre tous les obstacles qu'il pourrait aux progrès de Vennemi, qui était très fort à son aile droite ; celles du prince d'Eckmûhl, qui avait la droite de Tarmée française, portaient de manœuvrer toujours pour déborder Taile gauche des Autrichiens.
L'archiduc Charles, sentant très bien tout ce que sa position avait d'embai'rassant, résolut de prendre l'initiative jet d'attaquer les Français, plutôt, selon toute apparence, dans le but de se donner du terrain pour sa retraite, que dans celui d'obliger une année c )mme celle qu'il avait en tête à repasser le Danube. Il destina les troisième et sixième corps , et celui des grenadiers , à l'attaque de l'aile gauche de Napoléon. Le premier corps, soutenu par la réserve de cavalerie, devait marcher sur Àderklaa ; le second avait ordre de conserver sa position derrière le Russbach, et decanonner constamment avec ses grosses pièces le centre de l'armée française , jusqu'au moment où le premier corps, ayant gagné du terrain, franchirait le Russbach et se mettrait en ligne avec lui. Le quatrième corps, celui du prince de Rosemberg, avait Tordre d'attaquer l'aile droite des Français, et de gagner autant de terrain qu'il pourrait vers sa gauche , pour faciliter sa jonction avec le corps de Tarchiduc Jean, qui arrivaitparPresbourg, et qui, suivant les calculs du généralissime autrichien, devait être rendu de bonne heure dans la journée du 6 juillet, sur le champ de bataille. Le cinquième corps de l'armée autrichienne , sous le commandement du prince de Reuss, resta dans une position qu'il occupait au pied du Bisamberg et sur le haut du Danube jusqu'à Krems. Ce corpstie prit aucune part à la bataille deWagram.
A cinq heures du matin, le mouve-
ment oSensif de l'armée autricbiwne commence par sa gauche. Le grince de Rosemberg marche pour chasser les Français de Grosshofen et de Glinzendorf. Le prince d'Ëckmùht avait une partie de son infanterie dans Groesbofen, derrière lequel était de la cavalerie rangée sur deux lignes. Glinïondarf était occupé de même. L'intervalle avait été rempli par une chaîne de tirailleurs. Les colonnes françaises reçoivent, avec leur intrépidité accoutumée, l'attaque de l'ennemi et la repoussent. L'Empereur détache au soutien du troisième corps quelques brigades d'infanterie et la division de cuirassiers du duc de Padoue. Ce secours s'avance parObei^ Siebenbrûnn,' menaçant le flanc du prince de Rosemberg. Pendant que celui-ci est attentif à ce mouvement, il reçoit l'ordre de l'Archiduc généralissime de s'arrêter, ordre motivé sur ce que l'attaque des corps de Taile droite ayant été retardée, ces corps ne sont plus en concordance avec ceux de l'aile gauche, et sur ce que l'on n'a point de nouvelles de l'archiduc Jean.
Le prince d'EckmAhl, à l'aapect de cette suspension qui décèle la &iblewe du corps ennemi qu'il avait devant lui, fait redoubler le feu de son artillerie, et porte ses colonnes en avant. Les Autrichiens sont culbutés et obligés de reprendre précipitamment leur position du matin à Markgrafen-Neusiedl.
Cependant le feu s'est étendu sur toute la ligne. Le premier corps de l'armée ennemie s'est pils en mouvement ; et le général deBellegardeayant remarqué que le pr nce de Ponte-Corvo avait abandonné Aderklaa pour se rapprocher du centre, marche sur ce village, s'en empare et s y établit. Napoléon fait passer au prince d*£ssling l'ordre de reprendre Aderklaa ; cette position, occupée par l'ennemi , pouvant
gêner les projets que TEmpereur avait 4oujour8 sur Wagram. Trois divisions du corps du prince d'Essling s'avancent en échelons. Les Autrichiens, de leur côté, sont joints par leur réserve de grenadiers et une nombreuse cavalerie.
La division Carra Saini^^yr attaque AderUaa en colonnes ; eUe est ramenée et mise en désordre.
Le prince dePonte-Corvo, qui a suspendu son mouvement pour attendre les mouvements des Autrichiens, appuie alors sur le quatrième corps, et eavoie sa division saxonne pour appuyer celle du général Carra Saint-Cyr.
Les Saxons, écrasés par le feu terriUe de Fennemi, qui a réuni dans cet en- -droit une prodigieuse artillerie, sont aussi repoussés et quittent le champ de bataille. Les divisions Molitor et Legrand s'avançant pour recueillir les troupes battues,arrètentlesprogrèsde Tennemi.
Pendant le combat d'Aderklaa , la droite des Autrichiens s'est portée à sa destination. Les troisième et sixième corps, après s'être formés en colonnes de bataillons serrés en masse devant LeopoUau , ont attaqué Aspern. La division Boudet, qui gardait autour du village les retranchements conquis sur l'ennemi^ cède à la grande supériorité des forces qui Taccablent. Elle évacue Aspern ainsi qu'Essling, et se retire sur le pont jeté IcSOjuiq. Le général Klenau, chef du sixième corps, fait occuper les retranchements que les Autrichiens avaient abandonna la veille, et met la plus grande partie de son corps en bataille entre Aspcm et Breitenlee.
Le général KoUowrath , chef du troisième corps, s îivanco entre Essling et une ferme appçlée Neu-Wirtshaus.
Dans cette position, il menace le flanc gauche de l'Empereur, qui était toui jours à Raschdorf .
Le moment où rennemi vient d'olitci
nir un succès plus apparent que solide, ast précisément celui que l'Empereur choisit pour enlever la victoire. Dans ce que les Autrichiens ont considéré comme une opération avantageuse, Napoléon voit une faute majeure, celle d*avoir beaucoup trop étendu leur droite ; il ne perd pas une minute pour en profiter. L'Empereur ordonne au duc de Tarente de former en colonne d'attaque les divisions Broussier et Lamarque. Il les fait soutenir par les cuirassiers Kansouty , la garde à cheval et cent pièces de canon, parmi les^iuçUes soixante de l'artillerie à cheval de la garde.
Le général comte Lauriston, qui coumiandait toute cette- artillerie, s'avance au trot sur la ligne ennemie, arrive à demi-portée de canon, et l'écrase d'un feu terribk^ (fui éteint totalement le sien. Le duc do Tarente marche alors au pas de charge, soutenu par le général comte Reille qui est k la tête des fusiliers et des tirailleurs de la garde. Le centre et une partie de la droite de l'armée autrichienne, qui déjà s'était concentrée entre Aderklaa et Neu-Wirtshaus, sont jetés hors de ces positions.
Le corps de Bellegarde abandonne Aderklaa et se replie sur Wagram. Celui de Kollowrath bat en retraite sur Breitenlee; et la réserve du prince de Lichtenstein , sur Siessenbrunn. Mais de nouveau)^ dangers les attendent sur ces différents points. Le prince d'Essling , secondant le mouvement du centre de l'armée, reforme ses divisions en ligne, les mène sur le front de l>nnemi , et^engage avec la droite de l'arniéc autrichienne uncombatterriblequi nedoit pas finira l'avantage de l'ennemi.
Un mou%'cn)ent non moins décisif a été prescrit à là droite de Varmée. te prince d'Eckmùhl , suivant ses instructions, avait entretenu la fusillade de tirailleurs avec l'avant-garde du prince
ftt
LEHFUE.
cbe, furent de mettre tous les obstacles qu'il pourrait aux progrès de rennemi, qui était très fort à son aile droite ; celles du lurince d'Eckmûbl, qui avait la droite de rarmée française, portaient de manœuvrer toujours pour déborder Taile gaucbe des Autricbiens.
L'archiduc Charles, sentant très bien tout ce que sa position avait d'embaiTassant, résolut de prendre l'initiative et d'attaquer les Français, plutôt, selon toute apparence, dans le but de se donner du terrain pour sa retraite, que dans celui d'obliger une armée c )inme celle qu'il avait en tète à repasser le Danube. Il destina les troisième et sixième corps , et celui des grenadiers , à Fattaque de l'aile gauche de Napoléon. Le premier corps, soutenu par la réserve de cavalerie, devait marcher sur Aderklaa ; le second avait ordre de conserver sa position derrière le Russbach, et decanonner constamment avec ses grosses pièces le centre de l'armée française , jusqu'au moment où le premier corps , ayant gagné du terrain, franchiniit le Russbach et se mettrait en ligne avec lui. Le quatrième corps, celui du prince de Rosemberg, avait l'ordre d'attaquer l'aile draite des Français, et de gagner autant de terrain qu'il pourrait vers sa gauche , pour faciliter sa jonction avec le corps de Tarchidue Jean, qui arrivaitparPresbourg, et qui, suivant les calculs du généralissime autrichien, devait être rendu de bonne heure dans la journée du 6 juillet, sur le champ de bataille. Le cinquième corps de l'armée autrichienne , sous le commandement du prince de Reuss, resta dans une position qu'il occupait au pied du Bisamberg et sur le haut du Danube jusqu'à Krems. Ce corp.s-ne prit aucune part à la bataille deWagram.
A cinq heures du matin, le mouve-
ment offensif de rarmée autricbieftiie commence par sa gaucbe. Le grince de Rosemberg marche pour chasser les Français de Grosshofen et de Glinzendorf. Le prince d'Eckmuht avait une partie de son infanterie dans Grosshofen, derrière lequel était de la cavalerie rangée sur deux lignes, tilin^endorf était occupé de môme. L'intervalle avait été rempli par une chaîne de tirailleurs. Les colonnes françaises reçoivent, avec leur intrépidité accoutumée, l'attaque de l'ennemi et la repoussent. L'Empereur détache au soutien du troisième corps quelques brigades d'infanterie et la division de cuirassiers du due de Padoue. Ce secours s'avance parOber^ Siebenbrûnn,' menaçant le flanc du prince de Rosemberg. Pendant que celui-ci est attentif à G€^ mouvement, il reçoit l'ordre de l'Archiduc généralissime de s'arrêter, ordre motivé sur ce que l'attaque des corps de t'aile droite ayant été retardée, ces corps ne sont plus en concordance avec ceux de l'aile gauche, et sur ce que l'on n'a point de nouvelles de l'archiduc Jean.
Le prince d'Eckmil^hl, à l'aspect de cette suspension qui décèle la &ible8fie du corps ennemi qu'il avait devant lui, fait redoubler le feu de son artillerie, et porte ses colonnes en avant. Les Autrichiens sont culbutés et obligés de reprendre précipitamment leur position du matin à Markgrafen-Neusiedl.
Cependant le feu s'est étendu sur toute la ligne. Le premier corps de l'armée ennemie s'est inis en mouvement ; et le général deRellegardeayant remarqué que le pr nce de Ponte-Corvo avait abandonné Aderklaa pour se rapprocher du centre, marche sur ce village, s'en empare et s y établit. Napoléon fait passer au prince d'EssUng l'ordre de reprendre Aderklaa ; cette position, occupée par l'ennemi , pouvant
Hèner les projets que l'Empereur avdt 4oujours sur Wagram. Trois divisions du corps du prince d'Essling s'avancent en échelons. Les Autrichiens, de leur cété, sont joints par leur réserve de grenadiers et une nombreuse cavalerie.
La division Carra Saini^^yr attaque Aderklaa en colonnes ; elle est ramenée et mise en désordre.
Le prince dePonte-Corvo, qui a suspendu son mouvement pour attendre les mouvements des Autrichiens, appuie alors sur le quatrième corps, et envoie sa division saxonne pour appuyer cefle du général Carra Saint-Cyr.
Les Saxons, écrasés par le feu terrible de l'ennemi, qui a réuni dans cet endroit une prodigieuse artillerie, sont aussi repoussés et quittent le champ de bataille. Les divisions Molitor et Lcgrand s'avançant pour recueillir les troupes battues,arrôtentlesprogrèsde Tennemi.
Pendant le combat d'Aderklaa , la droite des Autrichiens s'est portée à sa destination. Les troisième et sixième corps, après s'être formés en colonnes de bataillons serrés en masse devant Leopoldau , ont attaqué Aspem. La division Boudet, qui gardait autour du village les retranchements conquis sur l'ennemi} cède à la grande supériorité des forces qui l'accablent. Elle évacue Aspem ainsi qu'Essling, et se retire sur le pont jeté le 30 juin. Le général Klenau, chef du sixiènoe corps, fait occuper les retranchementsque les Autrichiens avaient abandonna la veille, et met la plus grande partie de son corps en bataille entre Aspem et Breitenlee.
Le général KoUowrath , chef du troisième corps, s'avance entre Essling et une ferme appelée Neu-Wirtshaus.
Dana cette position, il menace le flanc gauche de l'Empereur, qui était tou-t jours à Raschdorf .
Le moment où l'ennemi vient d'ol)te-;
nir un succès plus apparent que solide, est précisément celui que l'Empereur choisit pour enlever la victoire. Dans ce que les Autrichiens ont considéré comme une opération avantageuse. Napoléon voit une faute majeure, celle d'avoir beaucoup trop étendu leur droite ; il ne perd pas une minute pour en profiter. L'Empereur ordonne au duc de Tarante de former en coloime d'at^ taque les divisions Broussier et Lamarque. Il iesfait soutenir par les cuirassiers Nansouty, la garde achevai et cent pièces de canon, parmi les({uelles soixante de l'artillerie à cheval de la garde.
Le général comte Lauriston, qui commandait toute cette- artillerie, s'a^ vance au trot sur la ligne ennemie, arrive à demi-portée de canon, et l'écrase d'un feu terrible qui éteint totalenient le sien. Le duc do Tareute marche alors au pas de charge, soutenu par le général comte Reille qui est à la tête des fusiliers et des tirailleurs de la garde. Le centre et une partie de la droite de l'armée autrichienne, qui déjà s'était concentrée entre Aderklaa et Neu-Wirtshaus, sont jetés hors de ces positions. Le corps de Bellegarde abandonne Aderklaa et se replie sur AV^am. Celui de Kollowrath bat en retraite sur Breitenlee ; et la réserve du prince de Liehtenstein , sur Siessenbrunn. Mais de nouveaux dangers les attendent sur ces diiïérents points. Le prince d'Essling , secondant le mouvement du centre de l'armée, reforme ses divisions en li}?ne , les mène sur le front de Tennemi , et ^engage avec la droite de l'armée autrichienne un combat terribloqui i]edoit pas finir à l'avantage de l'ennemi.
Un mouvement non moins décisif a été prescrit à là droite de l'armée, te prince d'Eckmûhl, suivant ses instructi!)ns, avait entretenu la fusillade de tirailleurs avec l'avant-garde du prince
L'EMPIBE.
de Rosemberg retiré sur les hauteurs de Markgrafen-Neusiedl ; en même temps il n'avait cessé de manœuvrer sur le flanc gauche du général autrichien. Lorsque l'Empereur décida l'attaque du centre de la ligne ennemie , il envoya Tordre au prince d'Eckmûhl de former ses divisions on colonnes, pour charger et culbuter sans délai le corps qu'il avait devant lui. En exécution de cet ordre, le prince d'Eckmùhl se porta en avant, dirigeant particulièrement ses mouvements de manière à iso- I^ l'infanterie ennemie de la cavalerie.
Le prince de Rosemberg opposa de la résistance et se retrancha dans une vieille tour qui est au-dessus de Markgrafen-Neusiedl. Mais rien ne put arrêter l'impétuosité française: le village fut enlevé d'assaut; la tour subit le même sort, malgré l'arrivée du 3« régiment d'infanterie que le prince de Hoh('nzollcrn détachait au secours du corps de Rosemberg. Pendant ces combats , la cavalerie française déborda le flanc de l'ennemi. Le duc de Padoue mit alors sa division en colonne et exécuta une charge générale. Les généraux comte Wartensbleen et prince de Cobourg , à la tête de la cavalerie du quatrième corps autrichien et d'une partie de celle du second , s'avancèrent au devant des Français. La mêlée fut des plus chaudes. Les Autrichiens se battirent avec courage; mais l'artillerie à cheval française , manœuvrant avec une extrême vélocité, écrasa l'ennemi d'un feu qu'il ne put soutenir. Les Autrichiens renversés , prirent la fuite ; ils ne s'arrêtèrentque près de la montagne au pied de laquelle se trouve le village de Boekfluss.
Au moment où la déroute de l'aile gauche autrichienne commençait, le rorps de l'archiduc Jean, si impatiemnKiit et si inutilement attendu pendant
toute la matinée , parut vers Siebenbrunn; mais il n'était plus temps. L'Ar^ chiduc n'apercevant que les colonnes françaises, au Ueu de celles qu'il venait chercher, jugea sa présence superflue, et s'en retourna en silence derrière la rivière de Marsch.
Il est une heure après midi. Déjà la bataille est gagnée par la défaite de l'aile gauche ennemie, quoique les Autrichiens n'aient pas encore évacué le terrain. A cet instant , Napoléon prend ses mesures pour que cette évacuation ne soit plus reculée. Il ordonne au prince d'Eckmûhl de poursuivre sa marche victorieuse et de se porter de flanc sur la position de Wagram , pendant qu'il fait attaquer cette même position de front, par les corps réunis des ducs de Raguse et de Reggio. Ce double mouvement et , d'un autre côté, la retraite do son aile gauche qui le laisse à découvert , exposent le centre de Tarmée autrichienne à une entière destruction. Le prince de Hohcnzollem , jugeant l'étendue du danger, n'attood pas le choc , et se retire. Une brigade du corps de Bellegarde, qui était restée dans la position de Wagram, fait sa retraite en même temps, et le reste du corps, qui était en position au dessus d'Aderklaa , se voit pris en flanc par le duc de Reggio. Le comte de Bellegarde n'est donc plus le maître de retarder son mouvement rétrograde ; et il le commence à l'instant même. L'archiduc Charles, qui est avec le premier corps, dirige en i)ersonne sa retraite, et il donne en même temps ses ordres pour celle de toute son armée.
Le centre de l'armée autrichienne se repila sur Enzesfeld , au delà du grand chemin de Vienne à Brûnn. Il arriva dans ce lieu à la chute du jour. La retraite des corps de l'aile droite se fit $ur Uagenbrûau, au-dessous d'En*
zesfeld. L'aile gauche, qui s'était d'abord retirée à Bockfluss, gagna la route de Brunn, du côté de Wolkersdorf.
Les corps français ne laissèrent pas Fennemi exécuter tous ces mouvements avec tranquillité. Lorsque le corps de KoUowrath atteignit les hauteurs de Stammersdorf , où il passait pour gagner Hagenbrûnn, les tirailleurs et les fusiliers de la garde le chargèrent vigoureusement, et lui enlevèrent une batterie. La cavalerie autrichienne s'avança pour la reprendre. Mais celle de la garde se porta à sa rencontre, et la culbuta; poursuivant ses succès, elle fit trois attaques consécutives sur Bellegarde , qui marchait en retraite à la gauche de KoUowrath , lui sabra beaucoup de monde, et lui enleva des prisonniers. L'extrême droite des Autrichiens , commandée par le général Klenau, ne fut pas plus heureuse.
Pressée dans s^m mouvement sur Stanmiersdorf par le prince d'Ëssling, elle fut d'abord chassée de Leopoldau , où elle voulut un instant arrêter l'ardeur des Français; elle fut vivement poursuivie jusqu'à la route de Brûnn, où la nuit qui survint suspendit les progrès de l'armée victorieuse.
Ainsi finit la bataille de Wagram, que Ton peut considérer comme la plus mémorable des temps modernes, tant par les masses imposantes qui combattirent dans cette terrible journée , que par la durée et l'opiniâtreté de la lutte, et par la grandeur, la variété des moyens que chaque parti employa pour obtenir la victoire.
La perte des Autrichiens devait être . et fut immense. Ils avouèrent eux-mêmes 2b, 000 hommes , tant tués que grièvement blessés, parmi lesquels 3 généraux tués et 10 blessés. L'Archiduc généralissime fut du nombre des derniers. Les Français conservèrent
pour témoignage de leur éclatante victoire, plusieurs milliers de prisonniers, des drapeaux et 30 pièces de canon enlevées à l'ennemi.
Après une bataille aussi vivement disputée , la perte de Tarmée française fut notable aussi : elle eut 2,000 hommes tués sur le champ de bataille, et 4.,000 blessés. Le maréchal duc d'Istrie reçut une contusion à la cuisse d'un coup de canon qui emporta son cheval. Le général de division Lasalle, officier de cavalerie très estimé , fut tué d'une balle au front, dans une vive chaîne qu'il conduisait contre les Autrichiens , qui étaient en retraite, au delà de Leopoldau. L'adjudant-commandant Dupont fut tué d'un coup de canon. Les généraux Gudin, d'Un&bourg, Wrede , YignoUes, Serras, Grenier , Frère , Saluce , de France , Colbert, le colonel prince Aldobrandini, les m«ijors de la garde Daumesnil et Corbineau, furent blessés.
L'armée française passa la nuit du 6 au 7, la gauche placée entre Jetelsee et Fioris, longeant la route de Brûnn ; le centre sur Obersdorf , et la droite à Gross- Engersdorf , poussant des postes de cavalerie jusqu'à Schonkirchen. L'Empereur passa la nuit près d'Aderklaa.
L'ennemi continua sa retraite pendant la nuit. L'archiduc Charles établit momentanément son quartier-général à Leobensdorf, et ordonna aux premier, deuxième, troisième et sixième corps de son armée , ainsi qu'aux deux réserves de cavalerie et de grenadiers, de prendre la route de la Bohême. Le cinquième corps, qui n'avaitpas assisté à la journée de Wagram , reçut l'ordre de suivre la chaussée de Znaym , avec le reste de l'armée. Le quatrième corps seul fut dirigé sur la route de Brûnn, afin de couvrir la capitale de la Moravie.
L'EMPIBE.
de Rosemberg retiré sur les hauteurs de Markgrafen-Neusiedl ; en même temps il n'avait cessé de manœuvrer sur le flanc gauche du général autrichien. Lorsque TEmpereur décida l'attaque du centre de la ligne ennemie , il envoya Tordre au prince d'Eckmûhl de former ses divisions on colonnes, pour charger et culbuter sans délai le corps qu'il avait devant lui. En exécution de cet ordre, le prince d'Eckmùhl se poiia en avant, dirigeant particulièrementses mouvements de manière à isoter l'infanterie ennemie de la cavalerie.
Le prince de Rosemberg opposa de la résistance et se retrancha dans une vieille tour qui est au-dessus de Markgrafen-Neusiedl. Mais rien ne put arrêter l'impétuosité firançaise: le village fut enlevé d'assaut; la tour subit le même sort, malgré l'arrivée du 3« régiment d'infanterie que le prince de Hohcnzollern détachait au secours du corps de Rosemberg. Pendant ces combats , la cavalerie française déborda le flanc de l'ennemi. Le duc de Padoue mit alors sti division en colonne et exécuta une charge générale. Les généraux comte Wartensbleen et prince de Cobourg , à la tête de la cavalerie du quatrième corps autrichien et d'une partie de celle du second , s'avancèrent au devant des Français. La mêlée fut des plus chaudes. Les Autrichiens se battirent avec courage; naaîs l'artillerie à cheval française , manoeuvrant avec une extrême vélocité, écrasa l'ennemi d'un feu qu'il ne put soutenir. Les Autrichiens renversés, prirent la fuite ; ils ne s'arrêtèrent que près de la montagne au pied de laquelle se trouve le village de Boekfluss.
Au moment où la déroute de l'aile gauche autrichienne commençait, le rorps de l'archiduc Jean, si impatiemment et si inutilement attendu pendant
toute la matinée , parut vers Siebenbrûnn; mais il n'était plus temps. L'Ar^ chiduc n'aperce\^nt que les colonnes françaises, au lieu de celles qu'il venait chercher , jugea sa présence superflue , et s'en retourna en silence derrière la rivière de Marsch.
II est une heure après midi. Déjà la bataille est gagnée par la défaite de l'aile gauche ennemie, quoique les Autrichiens n'aient pas encore évacué le terrain. A cet instant , Napoléon prend ses mesures pour que cette évacuation ne soit plus reculée. Il ordonne au prince d'Eckmûhl de poursuivre sa marche victorietise et de se porter de flanc sur la position de Wagram, pendant qu'il fait attaquer cette même position de front, par les corps réunis des ducs de Raguse et de Reggio. Ce double mouvement et , d'un autre côté, la retraite de son aile gauche qui le laisse à découvert , exposent le centre de l'armée autrichienne à une entière destruction. Le prince de HohcnzoIIem , jugeant l'étendue du danger, n'attend pas le choc , et se retire. Une brigade du corps de Bellegarde, qui était restée dans la position de Wagram, fliit sa t^ traite en même temps, et le reste du corps, qui était en position au dessus d'Aderklaa , se voit pris en flanc par le duc de Reggio. Le comte de Bellegarde n'est donc plus le maître de retarder son mouvement rétrograde ; et il le commence à l'instant même. L'ardiiduc Charles, qui est avec le premier corps, dirige en i)ei*sonne sa retraite, et il donne en même temps ses ordres pour celle de toute son armée.
Le centre de l'armée autrichienne se replia sur Enzesfeld , au delà du grand chemin de Vienne à Brûnn. Il arriva dans ce lieu à la chute du jour. La retraite des corps de l'aile droite se lit sur Hagcnbninu , au-dessous d'En-
ZÊsfeld. L'aile gauche, qui s'était d'abord retirée à Bockfluss, gagna la route de Brunn , du côté de Wolkersdorf.
Les corps français ne laissèrent pas Tennemi exécuter tous ces mouvements avec tranquillité. Lorsque le corps de Kollowrath atteignit les hauteurs de Stammersdorf, où il passait pour gagner Hagenbrunn, les tirailleurs et les fusiliers de la garde le chargèrent vigoureusement, et lui enlevèrent une batterie. La cavalerie autrichienne s'avança pour la reprendre. Mais celle de la garde se porta à sa rencontre, et la culbuta; poursuivant ses succès, elle fit trois attaques consécutives sur Bellegarde , qui marchait en retraite à la gauche de KoUov^rath , lui sabra beaucoup de monde, et lui enleva des prisonniers. L'extrême droite des Autrichiens , commandée par le général Klenau, ne fut pas plus heureuse.
Pressée dans son mouvement sur Stanimersdorf par le prince d'Essiing, elle fut d'abord chassée de Leopoldau , où elle voulut un instant arrêter l'ardeur des Français; elle fut vivement poursuivie jusqu'à la route de Brunn, où la nuit qui survint suspendit les progrès de l'armée victorieuse.
ÂJnsi finit la bataille de Wagram, que l'on peut considérer comme la plus mémorable des temps modernes, tant par les masses imposantes qui combattirent dans cette terrible journée , que par la durée et l'opiniâtreté de la lutte, et par la grandeur, la variété des moyens que chaque parti employa pour obtenir la victoire.
La perte des Autrichiens devait être et fut immense. Us avouèrent eux-mêmes 24,000 hommes , tant tués que grièvement blessés , parmi lesquels 3 généraux tués et 10 blessés. L'Archiduc généralissime fut du nombre des derniers. Les Français conservèrent
pour témoignage de leur éclatante victoire, plusieurs milliers de prisonniers, des drapeaux et 30 pièces de canon enlevées à l'ennemi.
Après une bataille aussi vivement disputée , la perte de l'armée française fut notable aussi : elle eut 2,000 hommes tués sur le champ de bataille, et 4,000 blessés. Le maréchal duc d'Istrie reçut une contusion à la cuisse d'un coup de canon qui emporta son cheval. Le général de division Lasalle, officier de cavalerie très estimé , fut tué d'une balle au front, dans une vive charge qu'il conduisait contre les Autrichiens , qui étaient en retraite, au delà de Leopoldau. L'adjudant-commandant Dupont fut tué d'un coup de canon. Les généraux Gudin, d'Unsbourg, Wrede , VignoUes, Serras, Grenier , Frère , Saiuce , de France , Colbert, le colonel prince Aldobrandini, les majors de la garde Daumesnil et Corbineau, furent blessés.
L'armée française passa la nuit du 6 au 7, la gauche placée entre Jetelsee et Floris, longeant la route de Brunn ; le centre sur Obersdorf , et la droite à Gross- Engersdorf , poussant des postes de cavalerie jusqu'à Schonkirchen. L'Empereur passa la nuit près d'AderkIaa.
L ennemi continua sa retraite pendant la nuit. L'archiduc Charles établit momentanément son quartier-général à Leobensdorf, et ordonna aux premier, deuxième, troisième et sixième corps de son armée , ainsi qu'aux deux réserves de cavalerie et de grenadiers, de prendre la route de la Bohême. Le cinquième corps, qui n'avaitpas assisté à la journée de Wagram , reçut l'ordre de suivre la chaussée de Znaym , avec le reste de l'armée. Le quatrième corps seul fut dirigé sur la route de Brunn, afin de couvrir la capitale de la Moravie.
i;emmm.
Par les savantes mawéuvros de la journée de Wagram, l'Empereur avait obtenu les avantages décisifs qui distinguent les batailles gagiiées par l'influence immédiate* de l'art et du génie, de ces boucheries cruelles où les années s'entremêlent et s'égorgent, sans autre résultat qu'une effroyable destruction d'hommes. Ici les suites probables n'étaient rien moins que le démembrement de la monarchie autrichienne , et sa disparition du rang des grandes puissances, si son gouvernement persistait dans la lutte qu'il avait commencée. L'armée de l'archiduc Charles, qui renfermait la force et les espérances de l'empire autrichien, se trouvait non seulement très affaii)lie et désorganisée ; mais elle était séparée de la Hongrie , qui seule pouvait lui fournir des subsistances et des renforts. Elle abandonnait totalement aux Français l'archiduché d'Autriche. Elle se voyait enlever la Moravie. Enfin elle était rejetée en Bohême, pays peu fertile, dont les ressources en tout genre étaient déjà épuisées, et où elle allait se voir attaquée , au midi par la Grande-Armée française, à l'est par les Polonais et les Russes, à l'ouest et au nord par les armées de la Confédération du Rhin et par les réserves françaises.
Le 7 juillet, de grand matin. Napoléon prescrivit les mesures convenables pour recueillir les fruits de sa victoire. Il fit écrire à Vienne, au comte d'Unsbourg, de surveiller la rive droite du Danube, et de faire battre la plaine d'OEdc'îibourg , afin que, lorsque l'armée s't*loignerait du fleuve, quelques partis sortant de la Hongrie, ne vinssent pas faire des tentatives sur la tête de pont d'Ebersdorf. Le prince de Ponle- Corvo alla à Stadt-Enzcrsdorf , pour y rallier et réorganiser son corps qui avait beaucoup souffert.
Le duc de Reggîo eut Tordre de res^ ter dans la position de Wagram ; le prince d'Eckmùhl , de se rendre avec son corps d'armée à Wolkersdorf, où le quartier-général impérial s'était transporté ; le prince d'Essling , d'occuper en premier lieu Jetelsee , et de marcher de là sur Stockerau , par où la plus grande partie de l'armée ennemie se retirait. Ce bourg est à l'embranchement de deux routes , dont Tune mène à Znaym et l'autre à Brûnn. On savait que les Autrichiens avaient à Stockerau des magasins considérables d'habillements, dont il était important de s'emparer. Il était encore recommandé au prince d'Essling d'envoyer des partis sur Krems, pour se saisir des hôpitaux, ramasser les hommes isolés, et communiquer avec les postes des Wûrtembergeois , qui étaient devant Krems , sur l'autre rive du Danube. La division des cuirassiers Saînt-Sulpice devait accompagner le quati»ième corps , et était mise aux ordres du prince d'Essling.
Il fut écrit au duc de Raguse de porter son corps d'armée le plus près possible de Nicolsbourg, et de presser vivement l'arrière-garde du corps autrichien de Rosemberg qui se retirait par cette route. L'Empereur mît sous les ordres du duc de Raguse , la division bavaroise du général de Wrede , avec trente-quatre pièces d'artillerie, et les trois brigades de cavalerie légère des généraux Jacquînot, Pajol et Colbert, réunies sous la direction du général de division comte Montbrun.
Les deux divisions de cuirassiers des duc de Pfldoue et comte Nansouty, l'armée du Vice-Roi et la garde impériale restèrent auprès du quartiergénéral.
L'Empereur fit mettre à l'ordre du jour la proclamation suivante : (( La » journée d'Enzersdorf et la bataille dé*
» cifiÎTe de Wagrara ont complété la » grande opération préparée par les tra- 9 vanx et les combats qui ont précédé » ces deux journées si glorieuses pour u nos armes. Les ennemis y ont perdu 0 plusieurs drapeaux et trente pièces » de canon. Nous leur avons fait 21,000 » prisonniers. Le champ de bataille est » couvert de leurs morte; et les villages » que nous avons enlevés, autour et au » delà du champ de bataille, sont remn plis de leurs blessés. Sa Majesté té- D moigne sa satisfaction à Tarmée.
)) Le corps de TartiHerie , par la vi- » gueur de ses attaques, celui du génie, » les pontonniers et les marins, soit par » la rapidité avec laquelle les différents » ponts ont ' été jetés sous le feu de » l'ennemi , soit parles travaux immen- » ses qui, en peu de jours, ènt été » exécutés, pour assurer le passage sur D les bra^ du Danube , et sur les lies par » des ponts de pilotis, des digues et » des Chaussées, ont puissamment con- » tribué au succès des journées d'En- » zersdorf et de Wagram. L'Empereur » leur en témoigne en particulier sa » satisfaction, n
La nouvelle de ta victoire de Wagram fut envoyée au duc d'Abrantès que Ton supposait être déjà à Bayreuth, depuis la retraite des Autrichiens. La dépêche portait que si le roi de Westphalie était entré de son côté à Dresde , il devait se réunir à lui et pénétrer en Bohême , où leur présence, à la tête de vingt-cinq mille hommes, donnerait beaucoup d'embarraë à Tennemi.
Le 8, le duc de Raguse reçut pour instructions de faire ses efibrts afin d'atteindre promptement la gauche de Tennemi. Si, après son arrivée àNicolsbourg, il jugait que ce but fût plutôt atteint en se portant sur Znaym que sur tout autre point, l'Empereur lui laissait le choix de sa direction.
Il fut ordonné au prince d'Eckmûhl d'aller prendre position à Wilfersdorf, et de se mettre en communication avec le duc de Raguse. La division de dragons du comte Grouchy ftit attachée à son corps d'armée. Les cuirassiers du duc de Padoue suivaient son mouvement à une certaine distance.
Il était recommandé au prince d'Essling de ne point s'arrêter à Stockerau, mais de poursuivre l'Ârchiduc avec tout son corps d'année, sur la route de Znaym par où l'ennemi effectuait sa retraite.
L'Empereur fit donner , le 9, aux commandants-généraux de l'artillerie et du génie, l'ordre de mettre la ville de Vienne en état de soutenir un siège , de retrancher et fermer les bastions pour qu'ils pussent servir en cas de besoin contre l'insurrection des habitants , d'armer cette place de cent bouches à feu, et d'y dii^oser des magasins suffisants pour une garnison de six mille hommes pendant six mois. L'ordre fut donné en même temps d'armer Raab de quarante bouches à feu, et, sur les derrières , de terminer promptement les fortifications de Môlk, de Lintz et de Passau.
Ce même jour, l'Empereur prononça la dissolution du neuvième corps de l'armée d'Allemagne. Les Saxons furent destinés à former une division particulière , sous les ordres du général comte Régnier. La division DUpas, qui avait prodigieusement souffert à Wagram, fut répartie dans les divisions Legrand et Boudet du quatrième corps.
Le Major-général écrivit au prince Vice-Roi : a Monseigneur, l'Empereur » met sous vos ordres la division » saxonne dont Sa Mfgesté a donné le » commandement au général Régnier.
» Elle y ajoute le détachement de^ dra-
soi
L^EMPIftK
» gons, composé des régiments provi- » soires que commande le général Ba- T, raguey-d'Hilliers, le corps du général n Rusca et toutes les troupes de Wur- A temberg. Ces forces, réunies aux vô- » très, vous composeront une armée de f' quarante à quarante-cinq mille hom- » mes, avec lesquels votre objet sera n d'être opposé à l'insurrection hon- » groîse et au corps d'armée de Tarchi- » duc Jean. Il paraît que ce prince » voulait se réunir à Tarchiduc Charles, » et que Tissue de la bataille du 6 Ten » a empêché. Ce qu'il y a de plus pro- » bable , c'est qu'il aura laissé un corps » d'observation sur la Basse-Marsch , et » se sera porté avec le reste de ses » forces et l'insurrection hongroise » surGôding, pour maintenir autant » que possible la communication du » prince Charles avec la Hongrie , et » inquiéter la droite de notre armée » dans sa marche sur Brûnn. Tout cela » peut n'être que conjectural. Quoi » qu'il en soit. Monseigneur, pour rem- » plir les vues de l'Empereur, il faut ') vous tenir partout devant l'archiduc » Jean. Partant de ce principe, s'il est » vrai que ce prince remonte laMarsch, » dans le dessein de se rallier à l'armée » de l'arcbiduc Charles, il faut que » votre quartier-général soit placé de » manière à rejoindre alors promptey> ment l'Empereur; mais s'il passait le » Danube à Presbourg , le général Ba- » raguey-d'Hilliers , réuni au comte » d'Unsbourg, peut retarder assez sa » marche , pour que vous ayez le temps » de passer le Danube au pont d'Ebers- » dorf et de venir à sa rencontre. L'Em- )) pereur espère que dans la journée de » demain, vous aurez balayé la rive » droite de la Marsch , que vous serez » mattre des ponts, et que cette rivière » sera entre vous et l'ennemi. »
Le prince d'Essling, qui suivait avec
activité, sur la route de Znaym, l'arrièregarde ennemie, commandée par le général Klenau , après avoir eu avec elle de petits engagements les jours précédents, la serra enfin , le 9, de si près, à quelque distance d'HoUabrunn, que Klenau fut obligé de s'arrêter et d'accepter le combat. Le prince d'Essling porta toute sa cavalerie sur le front de l'ennemi qui était à HoUabrunn , pendant qu'il le faisait tourner par Fellabrunn sur son flanc droit. Ces mouvements étaient soutenus par une vive canonnade et par un feu d'obus qui incendièrent HoUabrunn. Cette circonsp* tance fut favorable à la retraite des Autrichiens. Comme le combat avait commencé tard , la nuit fut encore utile à l'ennemi et suspendit la poursuite des FrançMS. L'archiduc Ch^urles, après cette affaire, réunit à lui le sixième corps que commandait le général Klenau et chargea le cinquième, sous les ordres du prince de Reuss, de faire l'arrière-garde de son armée.
Le duc de Raguse , qui avait poursuivi le prince de Rosenoiberg sur la route de Brûnn avec autant de vivacité que le prince d'Essling en avait mis à ne pas quitter la trace de l'archidùc Charles, sur Znaym , atteignit aussi, le 9, l'arrière-garde du corps ennemi à Laab.
Il culbuta cette arrière-garde ; et, après l'avoir chassée quelque temps, tourna du côté de Znaym, dans l'espoir d'atteindre cette ville avant les Autrichiens, et par conséquent de leur couper la retraitç sur la Bohême. Ce mouvement était de la plus haute importance; l'Empereur résolut de l'appuyer de toutes ses forces.
Un ordre partit du quartier-général impérial qui était le 10 à Wilfersdorf, pour diriger sur le point de Znaym , afin de soutenir le duc de Raguse , le prince d'Eckmûhl , dont le corps était arrivé^
le 9, à Nicolsbonrg. L'Empereur partit Itti-méme de Wilfersdorf , à dix heures du matin, à la tête de la cavalerie de sa garde et des divisions de cuirassiers du comte Nansouty et du duc de Padoue , avec trente-si3L pièces de rartillerie légère de la garde , pour se porter sur la route par laquelle arrivait le duc de Ra* guse et se réunir à lui. La garde à pied et le deuxième corps d'armée eurent Tordre de suivre ce mouvement / en tirantvers la gauche. Le prince d'Essling continuait d'avancer directement sur Znaym. Tout se disposait pour que les environs de cette ville devinssent le théâtre d'un événement éécisif, si l'ennemi osaity prendre position et attendre l'armée française.
L'archiduc Charles, instruit, le 9 au soir, à Guntersdorf, o& était son quartier-général , de la marche du duc de Bagnse sur Znaym , sentit de quelle conséquence il pouvait être pour lui que les Français le prévinssent à cette hauteur, et se saisissent des défilés de la Thaya, près de Znaym , qui sont la dé de la Bohème. L'Archiduc ordonna donc à sa division de grenadiers et à sa réserve de cavalerie, de se porter en toute diligence sur Znaym et d'occuper les défilés. Lui-même , avec le reste de son armée, levason camp à minuit et prit aussi la route de Znaym.
Le& Autrichiens n'arrivèrent pas jusqu'à cette ville , sans avoir leur arrière-garde aux prises d'un côté avec le {Hrinoe d'EssUng, de l'autre avec le prince d'Eckmûhl et le duc de Raguse; le premier arrivant sur la droite; les deux autires sur la gauche de la position de l'ennemi. L'Archiduc aurait voulu éviter un engagement et se contenter de défendre la tête des défilés, pendant que son armée les aurait passés; mais l'embarras occasionné par le train d'ar* tiUerie, les équipages de ponts et les vn.
bagages qui encombraient la route de la Bohême , arrêta la marche de l'armée autrichienne qui fut obligée de faire tête aux Français.
L'Archiduc fit prendre à son armée une position sur la rive gauche de la Thaya, et la rangea sur deux lignes, entre Znaym, où était sa droite, et Brenditz , où appuyait sa gauche. Le 11, le soleil avait à peine paru sur l'horizon, que les tirailleurs des troisième et onzième corps qui s'étaient réunis, arrivèrent par Teschwitz, en remontant la rive gauche de la Thaya , sur la position de l'ennemi , et commencèrent l'attaque en manœuvrant pour le déborder. Presque en même temps, la colonne du prince d'Essling déboucha par la route d'Hollabrunn , força le pont de la Thaya que les Autrichiens n'avaient pas eu le temps de détruire , et qui n'était que banncadé; elle marcha sur Znaym. Au moment où la droite de l'ennemi était vivement abordée par le quatrième corps , les troisième et onzième formèrent trois colonnes pour emporter de vive force la gauche desa position. L'une marcha par la vallée de la Thaya , sur le village de Zuckerhandel que les Autrichiens occupaient en force ; l'autre colonne se dirigea sur leur cavalerie qui était en bataille au dessus et à gauche de ce même vilhige ; la troisième sedéploya contre les troupes ennemies qui garnissaient un plateau et des vignes à droite de Zuckerhandel.
Le combat se prolongea de ce côté pendant deux heures , sans succès prononcé. L'archiduc Charles détachait sans cesse vers sa gauche des renforts qui empêchaient les progrès des Français. A leur droite , les Autrichiens qui couvraient Znaym , furent culbutés par le prince d'Essling qui arriva en les poursuivant jusqu'à la porte de la ville ; mais il (ut arrêté par la réserve de gre-
L'EMMMi
tmdieraqul était ftccourite de la gauche à Ifl droite pour sauver Znaym. U s*en^ gagea sur la route uue mêlée terrible.
Une forte pluie qui tomba dans ce moment, avait détrempé le terrain et Tavait rendu glissant; cet obstacle empêcha quelque temps les cuirassiers de la division Saint-Sulpice d'avancer jusque sur le champ de bataille. Mais avant que Tafiaire ne fût décidée , le soleil, très ardent dans cette saison, sécha la terre ; et , au plus fort du combat , le prince d'Essling lan^ ses cuirassiers.
Ces braves, chargeant avec leur courage et leurvélocité ordinaire, fondirentconGh me la foudre sur U colonne autrichienne qui ne s'attendait pas à ce terrible choc. Ils percèrent les bataillons, les foulèrent aux pieds, en sabrèrent une grande partie , firent le reste prisonnier et s'emparèrent de tous leurs canons.
Les Autrichiens se réfugièrent précipitamment dans Zoaym. Le prince d'Essling les poursuivit et se préparait à donner Tassaut , lorsque des cris de ceuez le feul $e firent entendre tout à coup. On vit des officiers d'état-major français et autrichiens se précipiter au milieu des combattants, pour annoncer aux deux partis qu'un armistice avait été conclu entre les deux empereurs.
Les principales conditions de cet armistice portaient :
!<" Que la ligne de démarcation serait la frontière qui sépare l'Autriche de la Bohême ,pe cercle de Znaym, celui de Brûnn et une ligne tracée de la frontière de la Moravie sur Rajdi, qui oonomencerait au point où la frontière du cercle de Brûnn touche la Marsch ; puis en descendant la Màrsch, jusqu'au confluent de la Thaya, et de là à Saint-Johann et la route , jusqu'à Presbourg-; Presbourg et une lieue de terrain autour 4e la ville ; le grand Danube, ju^
qu'à rembouefaUre de )é Raàb et CM lieue autour; la Raab , jusqu'à la firon* tière de la Styrie ; la Styrie, la Qurniole, l'IstrieetFiume;
a<» Que les citadelles de Brûtln et de Gratt seraient évacuées, immédiatement après la signature de la présente suspension d'armes;
S"" Que les détachements de troupes autrichiennes qui étaient dans le Tyrol et dans le Yorarlb^g» évacueraient cei deux pays ;
4« Qu'en Pologne , les deux armées prendraient la ligne qu'elles occupaient le jour de la signature de l'armistice ;
&^ Que la suspension d'armes durerait un mois.
En conséquence de cet armistice , lés corps firançais occupèrent les différents cercles compris dans la ligne de démarcation.
Le quatrième corpa fut cantonné dans le cercle de Znaym avec la brigade de cavalerie légère du général Marulaz; le quartier-général de ce corps fut à Znaym.
Le onzième corps occupa le cercle de Vienne , et son quartie^-géuéral fut placé à Komenbourg. La division bavaroise du général de Wrede eut ordre de se séparer de ce corps d'année, et de retourner par petites journées à Lintz.
Le cercle de Brûnn fut assigné au troisième corps auquel la division de cavalerie légère du comte Montbmn resta attachée. Le quartier-général du prince d'Eckmûhl s'établit à Brûnn.
Le deuxième corps fut placé en avant de Vienne, à Am-^itz , et cantonné à deux lieties autour de ce viBage, où fat le quartier-général du duc de Beggio.
La division de cuirassiers du duc de PadQue eut ses cantonnements assignés à Stockerau ; celle du comte de SAint- Sulpice, aux dnvifone d'Aiihâpita^ dû
CAMn&NË Dfi IIDO.
Sô7
elle reçut les ordres du maréchal dur de Reggio; celle du comte Nansouty fut placée entre Laxenbourget la Leyta.
Lés divisions d'infanterie, Durutte et Pacthod, de l'armée du prince Vice-Roi, la division saxonne , les deux divisions de dragons, Grouchy et Pully, et la brigade de cavalerie légère du général Thiry fcirent cantonnées sur la Marsch et dans le cercle de Presbourg. La ville dePresbourg fut le quartier-général du Yice-Roî.
Les divisions d'infanterie Broussîer et Lamarque, et une brigade de cavalerie légère, partirent sous les ordres du duc de Tarente pour aller occuper Gratz et la Styrie. La division d'infanterie Italienne du général Severolî, qui était sous le commandement du duc de Tai-ente, fut envoyée à Klagenfurth.
Les troupes wurtembergeoises furent détachées sur le Simmering, pour occuper la partie de la Styrie qui confine au pays de Salzbourg, où était la division bavaroise du général Deroi.
L'Empereur revint à Schônbrunn, le 14. Là garde impériale, qui suivit Sa Majesté, prit ses cantonnements à Schônbrunn, Laxenbourg, et d^ns rintervalle qui sépare ces deux châteaux.
La nouvelle de Tarmistice fut adressée au roi de Wcstphalie ; on lui manda en même temps qu'il étiiit convenu (quoique cette condition no fût pas énoncée textuellement dans l'armistice) que ses limites seraient le territoire de la Confédération du Rhin; et celles des Autrichiens, la Bohême où ils feraient rentrer tous les détachements qu'ils pourraient avoir encore en Allemagne.
La convention eut la même valeur du côté où était le duc d'Abrantès. Ainsi ce général eut Tordre de replier tous les postes qu'il aurait en Bohème , le jour
où il serait instruit de Tarmistice, de môme que l'ennemi devait retirer ceux qu'il pourrait avoir encore dans la Bavière, la Franconie ou la Saxe.
Les diflférents corps de Tannée furent baraqués dans les cantonnements où ils étaient établis. L'ordre fut donné à tous les maréchaux ou généraux commandants des corps d'armée , d'employer le temps de Tarnûstice à s'occuper de l'instruction des troupes, à remonter la discipline , à réorganiser les corps et à réparer tout ce qu'ils avaient perdu en personnel et en matériel. Les mesures furent prises pour établir les hôpitaux sur le meilleur pied. La liberté de la navigation du Danube et l'approvisionnement de Vienne par ce fleuve , attirèrent aussi toute la sollicitude de l'empereur Napoléon. Des instructions relatives à ces objets importants furent envoyées aux commandants des détachements français ou confédérés qui étaient répartis sur le Danube, depuis Ulm jusqu'à Lintz.
L'armistice et les conventions particulières qui l'avaient suivi et par Icbquelies toutes les diflScultés étaient levées d'avance, avaient rétabli la tranquillité en Autriche et dans toutes les parties de l'Allemagne qui av'aient été le théâtre de la guerre. Le Tyrol seul s'obstinait à rejeter le repos qu'on lui avait offert plusieurs fois. Comme il était essentiel d'eu finir avec ce peuple fanatisé , l'Empereur fit écrire au maréchal duc de Dantzig, en date du 20 juillet :
u L'intention de l'Empereur, M. le )) Maréchal, est que vous vous prépariez )) à reconquérir le Tyrol. Vous partirez )) de Lintz le 23, avec la division bava- )) roise du prince royal. Vous appellerez » à vous celle du général Deroi et aussi » la division de troupes allemandes du » général Rouyer, qui est à Passau.
» Enfin, vous ferez parvenir au général » Beaumont Tordre de vous amener » toutes les troupes françaises, tant in- » fanterie que cavalerie, dont il peut » disposer.
» Vous pénétrerez dans le Tyrol par » divers débouchés ; et vous vous por- » terez directement sur Inspruck. La » division du général Severoli , qui » marche sur Klagenfurth , et celle du » général Rusca, qui était restée à Go- » ritz et à Laybach, et qui doit rejoindre » Severoli à Klagenfurth, ont l'ordre de » pénétrer en Tyrol par la partie orien- » taie, en remontant la vallée de la DDrave, en même temps que vous Y) pénétrerez dans ce pays par le nord. » L'Empereur désire que vous soyez » rendu, le 1" août, à Inspruck; et il » espère que le général Rusca sera le » mômejouràBrixen. D'un autre côté, » il ordonne au général Caifarelli , qui » est à Milan , de diriger une colonne )) de deux à trois mille hommes sur » Trente. Les rois de Bavière et de » Wurtemberg sont prévenus de vos » opérations ; et Us sont invités à vous )) seconder de tous leurs pouvoirs.
» En pénétrant dans le Tyrol, vous )) sommerez les ccnnmandants autri- » chiens de l'évacuer conformément à » l'armistice. Vous ferez brûler les vil- » lages qui ne se soumettront pas, et » vous ferez des exemples sévères des )) chefs des insurgés. Dès que vous » serez arrivé à Inspruck, mettez-vous )) en communication sur Brixen avec )) le général Rusca , et ensuite avec le » général Beaumont qui se sera avancé » de son côté sur Inspruck, par la route )) d'Augsbourg. Tous ensemble , vous » vous porterez sur le Vorarlberg ; et » vous aurez des forces plus que suffi- » santés pour soumettre et désarmer » ce pays avant l'expiration de Tarmis- » tice.
L'EMPIRE
» La division du général de Wrede»
» qui rentre sous vos ordres, doit être » à Lintz, le 22. Vous lui donnerez l'or- » dre d'occuper Lintz et la tête de » pont , et d'envoyer un escadron et » deux ou trois bataillons à Passau pour )) garder cette ville en place du général » Rouyer. »
Le maréchal duc de Dantzig pénétra effectivement à la fin de juillet dans le Tyrol, d'où le général autrichien, Buol, s'était déjà retiré , en laissant une pro* clamation qui engageait les habitants à se soumettre et à rentrer dans l'ordre. Mais les esprits étaient tellement exaltés , et de mauvaises têtes, qui trouvaient leur compte à l'insurrection, avaient tellement monté la population, qu'elle resta sous les armes et se prépara à se défendre contre les Français et les Bavarois.
Malgré la résistance des Tyroliens, le Maréchal entra à Inspruck le 30 juillet. Mais les rebelles livrèrent ti ses troupes des combats sur d'autres points: le 11 août, il y eut un engagement sanglant entre Sterzing et Brixen. Le duc de Dantzig , n'étant point encore secondé par les divisions de l'armée d'Italie , n'entra point dans cette dernière ville. Il revint à Inspruck où il ne tarda pas à se voir. environné d'une foule d'insurgés qui , ayant regardé comme une victoire le ralentissement des progrès du Maréchal, étaient devenus plus audacieux et s'étaient soulevés de toutes parts. Le Maréchal mit tous ses soins à entretenir ses communications avec le pajrs de Sakbourg , jusqu'à ce qu'il pût être secondé par l'armée d'Italie. La coopération des deux armées commença dans le mois de septembre. Brixen et Trente ne tardèrent pas à tomber. L'on se porta sur le Vorarlberg; et ce pays était déjà soumis parles armes, lorsque la conclusion de
la paix ramena à des sentiments paisibles les hommes les plus exaltés, parce qu'ils virent l'impossibilité de se soutenir seuls. La pacification du Tyrol fut consommée à cette époque.
La paix entre la France et TAutriche fut signée à Tienne , le 14 octobre , par M. le duc de Cadore, ministre des relations extérieures de France pour Sa Majesté l'Empereur et Roi, et par le prince de Lichtenstein pour Sa Majesté l'Empereur d'Autriche. L'échange des ratifications eut lieu le 20. L'Empereur partit incontinent après de Schônbrunn et fut rendu à Fontainebleau le 26 du même mois.
Par cette paix, l'Autriche céda en toute propriété à la France le comté de Goritz, le gouvernement et la ville de Trieste , la Carniole, le cercle de Villach en Carinthie, une partie de la Croatie provinciale , six districts de la Croatie militaire, Fiume et le littoral, Tlstrie autrichienne et toutes les lies dépendantesdes pays cédés. Ces contrées, réunies à la Dalmatie, que la France avait acquise par la paix de Presbourg, furent annexées à l'Empire français sous la dénomination de Provinces illyriennes.
Par ce même traité, l'Autriche céda la principauté de Salzbourg, qu'elle avait eue en échange du territoire vénitien en 1805. L'empereur Napoléon donna cette principauté au roi de Bavière, son fidèle allié. L'empereur François céda au roi de Saxe toute laGallicie occidentale 9 un arrondissement autour
de Cracovie et le cercle de Zamosc, dans la Gallicie orientale. Les territoires con* cédés furent joints au duché de Varsovie , que le roi de Saxe tenait de la munificence de l'empereur des Français, depuis la paix de Tilsitt.
Le Tyrol rentra dans la dépendance du royaume de Bavière, dont ce pays faisait partie depuis la paix de Presbourg.
Il fut convenu que toutes les parties de r Autriche 9 occupées par les armées françaises , et qui n'étaient pas cédées parle traité de Vienne, seraient évacuées successivement, de manière à ce que l'entière évacuation eût lieu dans deux mois et demi , à dater du jour de l'échange des ratifications.
Cette convention fut exécutée. Les différents corps composant la Grande* Armée, rentrèrent, aux époques désignées , d'un côté , en Italie, de l'autre, dans te territoire de la Confédération du Rhin.
Ainsi finit une campagne mémorable où l'empereur Napoléon , ayant , par les plus étonnantes victoires, mis son adversaire sur le bord du précipice , consentit à ne pas achever sa ruine, et, pour prix de sa générosité, ne demanda quelques concessions que pour récompenser ses aUiés, ne réservant pour lui , de toutes ses conquêtes, qu'une portion de territoire peu étendue , mais intéressante par les avantages qu elle pouvait procurer au commerce de son empire et du royaume d'Italie.
L'savtMi.
QUATiilÊliE CORPS VmiÈ^.
iSaiote-Croil, colonel que. câpit.
Gavalbier, Masséna, lient. .
>'. l'RIRION, général de brig., cbef de l'éUt-major . . | Poioçol, capitaine
IAllouii, Asselin.DutrieuXiChefs \ Lachaux-àaînville.capit. . ./ PERNETTI. géaér.1 dedirUion. comm. l'arUlleri^. j g'/4»;^;«j,,7J^''^^^^^^^^^^^
AUBRT, gén. de brIg., cOm. en second rarlillerie . . ,\ Dale, Landevoisin, capitaines.. | AdJoinU.
LASOWSKI, gén. de dir. commandant le génie. . . . ' | Cueillet, capitaine 1 Aid.*de-ctmp.
Flatellb, colonel, chef d'ctal^major du génie.
Malraisom, 80U8-inspccteur, faisant fonctions d'inspecteur aux revues. — DoBuo, commlsMire ordoiu nateur en cbef- ^ Houpetit, commissaire des guerres; Ccvcl, idem, «(joints.
PoaAisoM , capitaine, comman(;|anl la gendarmerie.
GENERAUX
et
ADJUDANS-COa^ailTip
Ir* DITISIOTf.
LIilGRAND.g.dediT.
Ledru, gén. de brig BuMK, adj.-comm....
Sic DIVISION.
CARR.l-Si-CYR , g
(ic division
Coss<Ȕi, g. do brig. .
I)Ai.i'S^:r, idcrn . .
ScniXER , idrm . .
CotTL'RB,adj .-cumin.
:\10LIT0W,g.dediv I.EGUAY.gcn. de brig.
ViYisn, idem . . .
RouYKii, a4j--comm,
*« DITISIOlf.
BOUDET.gcn.dcdir Valorv, gén. do br., LoYBRDo, adj.*cora.
DITI8. DE CATiLBRll,
MARULAZ,gén.de br.
Cbanrion, c; Lafare, «le liTuno, lieul. — Djiheiii , Ctipit. — Lahoudnis, capIt. — » — Didier, capit...,
Legraiid, ch. de baf./26' lêg. (Campi).
Durand , capit. — \ 18* rie l. {Pelleportj.. Murphv, I. -*Morat, < 5« règ. «l'inf i)ad.il' clief do bat. ; Ilclle. | (Schopff;. . . capit \ArtiUerie
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