L1V. III. S
ne perdez pas pour cela l'espérance d'une victoire complète» votre fermeté peut vous la procurer. Dans ce partage» demi il y a tant d'exemples, les généraux qui n'ont point désespéré ont passé pour des génies supérieurs. On suppose avec raison un grand courage dans rhomme que les revers n'abattent pas.
En pareille occasion » faites parade des dépouilles 9 rallies vos gens, figurez en vainqueur en ordonnant des sons et des cris qui annoncent la victoire.
Cette confiance apparente en inspirera une réelle à vos soldats et effraiera vos ennemis, parce que les uns et les autres vous croiront partout victorieux ; mais , quand la déroute serait générale , vous pouvez en éviter les suites funestes; si vous suivez l'exemple des grands généraux, qui ne hasardèrent jamais de bataille sans s'être ménagé des ressources capables de réparer leurs fautes ou leurs malheurs, vous vous sauverez ainsi d'une entière défaite.
Si, par exemple, vous êtes à portée de quelque éminenoe,si vous avez quelque place forte sur vos derrières, si, malgré la déroute presque générale, il vous reste quelque troupe en état de tenir ferme, ce sont autant de ressources qui peuvent vous sauver. Il est souvent arrivé qu'une armée battue^ en se ralliant et prenant courage , a vaincu ses vainqueurs pendant qu'ils s'abandonnaient pêle-mêle sur les fuyards ; car on ne court jamais tant de risques dans la. victoijp môme que quand la présomption se tourne en crainte.
Enfin, quelque malheureux qu'ait été le combat, ne désespérer DOint de le rétablir, ralliez le plus de somats que vous pourrez / réchauffez les esprits , , rallumez les courages par des exhortations vives , et , s'il se peut , par un nouveau combat ; si vous pouvez y parve-
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nir» choisissez bien les troupes que vous y mènerex une seconde fois ec cofles que tous destinez à les soutenir; saisissez surtout les occasions de dresser des embûches au vainqueur pour pouvoir tomber sur lui avec avantage , rien ne ranime tant les vaincus , et ces occasions ne vous manqueront pas, car le propre des bons succès est de rendre rhomme i^eu précauiionnô et présomptueux. En un mot, si quelqu'un s'imaginait qu'une déroute est un malheur sans ressource» qu'il fasse aiieniion que l'événement des batailles s'est trouvé lrès*souvent en faveur des généraux qui les avaient commencées trèsmalheureusement.