CHAPITRE XXVI
Dm précautions qu'on doit prendre contre les ruses de l'assiégeant.
Il arrive souvent que l'assiégeant substitue la ruse à la force, en feignant d'être obligé, de se retirer; mais sitôt qu'il apprend que les murs ne sont plus gardés , et que la sécurité est rétablie dans la place, il profite d'une nuit obscure pour revenir sur ses pas escalader la place à l^insu de l'assise. Si celui- 'ci veut éviter ces sortes de surprises, il doit redoubler sa vigilance, placer lur les murs et dans les tours des guérites où les sentinelles soient a l'abri des injures de l'air. Il est aussi d'usage de faire coucher dans les tours des chiens d'un odorat fin et subtil , qui, sentant l'ennemi de loin , aboient à propos. Le cri desoies n'est pas moins utile ; on sait que ce fut une oie qui sauva le Capitole» puisqu'en réveillant Hanlius, il mit ce brave guerrier en état de soutenir le premier choc des Gaulois.
Ainsi, par un arrangement admirable de la Providence, ce peuple destiné à subjuguer tous les peuples de l'univers doit sa propre conservation à une oie.
CHAPITEE XX\U.
Des ntses de rusiégesat
Non-seulement dans les sièges, mais même dans toute espèce de guerre, votre première attention doit être d'étudier avec soin de quelle façon l'eth nemi se conduit ordinairement, dans quel temps il est moins précautionné:
si c'est vers midi , sur le soir, ou dans la nuit ; quelle est l'heure de ses travaux, de ses repas, de son sommeil.
Ge n'est que par cette connaissance exacte que vous vous mettrez en état de le surprendre. Si vous vous apercevcz, psxt exemple, d*un commencement de négligence ^ans l'assi^»
augmentez-la en ralentissant vos attaques; et dès qu'il en sera venu à on certain excès auquel conduit ordinairement une fausse sécurité qui n'a été troublée par aucune ^%ràce , approchez vos machines, appliquez vos échelles» sûr d'enlever aisément la place'.
C'est aussi contre ces attaques brus* ques que l'assiégé doit se précautionner de pierres et de machines qui soient toujours sur les murs, afin qu'accourant tout-à-coup à l'endroit attaqué, il trouve sous sa main de quoi«éciassr et renverser l'assiégeant.