CHAPITRE Vn
De l'exercice.
Dans les quartiers d'hiver le général emploiera le temps à montrer aux troupes les manœuvres nécessaires en campagne. L'exercice les occupe et les maintienl dans Tnsage de ce qu'elles doivent pratiquer un jour d'action. La fainéantise amollit les cœurs el affaiblie lescorps.Oua vu les plus braves troupes d^énérer par la mollesse. L'homme entretenu dans le'trayail en soutient sans peine les fatigues, lorsqu'il rentre*en campagne; au liou qu'elles lui coulent, s'il s'est livré à la paresse ^ dont il regrette les douceurs.
Le général profitera du temps de repos, pour aguerrir et instruire le soldat, non -seulement des manœuvres nécessaires à la guerre , mais aussi de l'exercice de la parade , afin de le rendre agile, adroit el dispos. Le plus fort des travaux du soldat peut toujours être regardé comme un temps de repos vis-àvis de l'action.
Voici les parties les plus essentielles de l'exercice : op arrange le soldat suivant l'ordonnance des armes, .pour l'accoutumera savoir son département.
H doit connaître de vue el de nom riiommequi est devant, derrière et à côté de lui , afin qu'au premier commandement Il se trouve à son rang et à sa file; il saura comment s'étendre et se serrer, faire les mouvemens de droite et de gauche, les changemens de files, en connaître les distances, les doubler et les déployer. Il faut qu'il connaisse toutes les diflerenies divisions d« la phalange, et leurs évolu-
tions, $v>il pour former simplement la phalange, soit pour se mettre sur un plus grand front, soit pour aiigmeniei la profondeur. Il faut l'instruire à for* mer l'ordre di l^taille à deux fronts, de même qu'i iaire la xeiraite, lorsqui le signal, eu est donné.
Qn ne parvient à la précision de ces manœuvres qu'à force de les exercer.
Les commencemens en sont gauches el pesans ; la vitesse et la justesse succàdent à ja fin , avec l'exactitude, pour ainsi dire, d'une machine. Le musicien qui commence d'apprendre à jouer d'un instrument ne sait dabord où placer ses doigts; mais, s'habJtuanl à connaître les cordes et les tQMches , il parvient à les paicourir avec vitesse et avecjuslesse. Le doigt s'unit d'une façon sur* prenante au souffle , pour rendre une harmonie agréable, au lieu qu'il ne for- Qiaitque des dissoçances dans les commencemens.
Loi*sque les troupes sont instruites de toutes les manœuvres nécessaires, U général peut les diviser en deux corps, pour les fiiirë combattre l'un contre l'autre. Afin d'éviter les acoidens, ii leur fera prendre des b&tons, ou des courroies, en guise 4'arme tranchante, el des mottes de terre, en plaœ des armes de jet.
Il formera les attaques des hauteurs, en afcouiumanl lersoldal à monter des collines en courant. H donnera ào l'émulation par ses louanges à ceux qui^se seront bien acquiiiés de l'attaque, ou de la défense. Cet exercice conlriboe à la santé du soldai, l'endurcit au^ intempérances de l'air, et, lui' donnant de rapiJéiil, lui fait trouver sa nourriture exquise.
On instruit de môme la cavalerie pur des combats simulés, la hi^^^ escarmoucher, choquer et poursuivre.
Ces exercices le font ordinairemeni dani
la plaipe : niai8,GoiiimQ ils sont plus difficiles k exécuter dans des pays montueux, il sera bon d'en choisir qu^U laeTçis pour s*y accoutumer.