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CHAPITRE XXVIl

Kéflcilons pour un général, ivftnl et àjrès une batailJe.

Un bon chef d'armée doU arranger dans son esprit les troupes» les armes et les généraux dont il veut se aervir^ les endroits oùSl veut les placer» de même que la disposition des attaques qu'il veut mettre en usage. Il deit imiter un habile médecin, qui» connaissant la maladie dont on est menacé» médite d'avance sur les remèdes propres à en empêcher les pernicieiâs effets. Le général doit de même combiner tous les cas possibles» tant de son armée que de c^le de l'ennemi »

OlfOSANDER.

aûn de former la meilleure disposition passible dans la situatioa pi^ésente, et avoir des expédiens prêts pour parer à tous les inconvéniens futurs. '

Si l'ennemi est supérieur Ai Cavar lerie^ 11 est à propos de choisie uw?

pays coopé, montagneux et difficile, de même que d éviter un engagement général, avant que d'y être partenu.

Il est nécessaire de laisser des gardes dans, le camp, tant pour assurer les équipages , que pour empêcher les insultes de Tennemi, qui ferait des tentative»; s'il le savait dépourvu de défense.

' positiin de l'armée est telle que, même sans livrer bataille, elté court risque d'être détruite; en ce c:iS il «l à propos de hasarder la seule ressource qai reste, et d'ôier au soldat-, pour la rendre efficace , tout moyen de lAlraile, en ne lui laissant que la victoire pour tout espoir de sa conservation.

Lorsqiîe la perte est inévitable , il est certainement plus glorieux de n'y succomber qu'en combattant. En tel cas, il faut d'autant plus se déterminer à l'attaque qu'il est encore possible par ce moyen de réussir.

Non-seulement dans cette occasion,

On ne peut ni louer, ni blâmer' mais dans toute aut^e, le général ne

toujours un général qui coupe toute

l^aitêà son armée, en détruisant ses

^ retranchemens , ou ses poifts , a(^i d'en*

i gager le soldat à mieux combattre, par

raliernalive de vaincre ou de périr.

Toute entreprise formée avec de grands risques est pl^ôt d'un téméraire que d'un homme sage. Son succès est bien plus l'ouvrage du hasard que celui de la prudence. La victoire ou la défaite qui procède d'une témérité ne peut jamais faire honneifr à celui qui • ^en est l'auteur. On doit cultiver l'éq^iulation qui engage les soldais à s'exposa, pour faire une belle action, parce que sCil^ rtlissrssent , il peut en résulter un

grand avantage; et que.s'iJséchQuint,'^gent. C'est 4u présente d'êspritqui doit

les conséqi|ences n'en peuvent être fort considérables. Ihiais je ne saurais- ap^ prouver que «l'on expose tout le sort d'une armée comme s^r un* coup de dés.

le blâme surtout ceux qui risquent une affaire , dont les suites désavantageuses peuvent être plus nuisibles que le succès n'en peut être utile ; car on ne saurait mettre en balance un médiocre a vanuge cont re u ne r u ine totale . Gomme il n'y a en cela nulle proportion, le risque en est insensé. Mais, lorsque la

saurait trop faire sentir âu soldat combien la fuite est daqgereuse, vuqu'étadt à la discrétion de Tennemi, il ne peut qu'en être bientôt la victime : au lieu que s^il tient ferme, il<& bien plus d'espérance de sauver sa vie. Tout homme qui sera persuadé de ces vérités sera bon soIAslI, Si l'on peut parvenir à les fairQ Sjentir à une armée, on en doit espérer de grands avantages, parce que la fuite ne sera jamais sa ressoinrce^.

Indég^idamment des dispositions réfléchies et ^lérifeures au jojur de l'action, il en est qu'il faut déterminer sur-, le-champ, et que les circonstances exi-

les former. Gélfe qualilé, dans un «général, n^ s'acquiert ni par l'étude, ni par le tisavail : c'est un don.

L'feffet de ces manœuvres est d'autant plus sûr qu'il est moins attendu. Celles qur sont pr^édilées peuvent être prévues, et par conséquent parées; mais celles qui ne se prennent que dans Tio' stant, sur ce qu'offre le hasard, ^^ peuvent qu'être admirées.

Nous pouvons comparer le général qui fait son plan de campagne au pilote qui, devant entreprendre un

ONÛSANDER. '* 429

d*uiie fois occasionna la défaile d'une année même viciorieuse. Getiâ' nouvelle répandue a redonné des forces aux vaincus et déeooragé les vainqueurs.

Le devoir d'un général , en parcourant ses lignes y est de se porter où çlles^ont 'en danger; d'applaudir aux avions d'éclat; d'encourager les timides; de menacer et de punir ceux qui ne font ' pas leur Revoir. Il doit renforcer les endroits faibles, reniplir les vides, en amenant d'ailleurs des troupes, qui, bien placées au commencement d'une affafre, «ont devenues inutiles dans la suite par ditTéreniea circonstances. Il doit les observer soigneusement. C'est à son habileté à juger^du temps, de Voccasion et de tuin 1^ avantages possibles.

Après s'Ctre retiré du combat, âon premier soin doit èire de rendre grâces •■ aux dieux par les sacrifices et lescéré^ monies accoutumées, en se réservant d'observer les vœux dans leur temps.

Ensuite c'est de rechercher (^u:i qui se son^ signalés > de même que ceux qui se sont mal conduits, afin de distribuer aux uns les. honneurs et les récompenses-qu'ils ont méritées „£t î^x.

autres le blftme et les punitions qui

Toyafe, trace d'avance sa course. Mais s'il s'élève une tempête inattendue, il faut qu'il cède à sa violence, en changeant son cours et ses manœuvres»

pour sauver .son vaisseau. Les grands dangers ne donnent {>as le temps de délibérer; il faut y remédier sur le champ : un instant de réO^ion fait périr.

Un général doit ménager sa vie pour la conservation de son armée. La témérité convient au soldat, et non au commandant d'une armée. 11 doit se présenter au combat avec précaution , et ne point s'exposer à charger luimême saiy nécessité. C'est sa tète , et non son bras, qui doit agir. Les avantages qu'il pourrait remporter par sa force personnelle, ne balancent point les inconvénietii où jetterait sa perte : les ordres émanant de lui , il ne doit s'occuper d'aucun autre emploi. Il en serait de lui comme d'un pilote qui ipoudrait quitter son gouvernail pendant l'orage, pourguinder un câble, ou fcire le devoir d^an simpb matelot.

Il doit avoir soin de ses jours, si le bien de son armée lui tient à cœur. Plus il lui est nécessaire, et plus le mépris qu'il ferait de sa vie prouverait qu'il '^est plus imprudent encore que téii^- tlenr sont dues.'Les marques d'hoimetv

raire. Il se doit Si son armée ; il manque donc à'son devoir s'il s'expose, et s'il se perd mal à. propos. On ne ^eut fll- .tribuer les^accès' qu'aux bonnes dispositions du chef. S'il a je mécile de l'architecte, pourquoi préten4rait-il aussi à celui du nianœuvre? L'iritrépidilé. est une qualité nécessaire à un général; mais il doit y joindre la prudence. Il peut montrer Tune au soldat et lui cacher l'autre. Il doit savoir périr avec son armée, si elle est sans ressource. Il doit t&cher lui-môme de vivre, pour l'aider à agir et à recueillir des lauriers. La mort d'un général a plus

qu^un général accorde sont dîfTérentes, selon les notions et les usages des aranées. C'est ordinairement «tte armure complète, ou bien quoique ornement distingué. L^ récompenses se règlent aussi sur une part du butin, suivant le rang de ceux qui ont droit d'y pré* tendre. Les différens ordres des trpuyies sont aussi récompensés par leur pron|^tion à un grade supérieur. Ces promotions faites en faveur de ceux qui les méritent, donnent de l'émulation à ceux qui y aspirent. Toute armée sera brillante, où Ton fera de la récompense et de la punition le salaire des actions.

Chaque individu t&chei-a de mériter Tune et d'éviter Taulre. Il ne faut pas restreindre les bienrails à un petit nombre; la totalité doit y participer, et jouir des fruits de h victoire. On permet ordinairement à l'armée de piller ,

«x>ii les équipages, Qi\ le camp, ou nième la* ville emportée Tépée a la

. main , à moins qu'il n'y art quelque raison de^Ie défendre. L'espoir du gain animaM le soldat le poTie^'à entreprendre avec pla$ de vigueur. On en a souvent ressenti l'avantage dans le cours d'une campagne. Le cba|3eur permet bien à ses chiens de participer à sa proie ; le soldat n'aurait-il pas le même droit?

Il n'est pas toujours bon de permets treau soldai de'pitler après la victoire'. H ne lui est surtout jamais permis de s'approprier des. prisonniers. La vçnte en appartient au général seul.

* Si l'on'a besoin d'argent pour quelque entreprise, ou pour la subsistance de l'armée, le général peut s'attribuer tout^ les prises pour y subvenir. C'eit à lui à juger des circonstances qui les exigent « ou en tout ou en prWtie.

On- ne doit pas» à mon avis, frus^

' trer le soldat du gain que peuvent Jui rapporter ces prises, sirrtout si' le pays conquis est riche et abondant. Si- ht guerre parait devoir durer, on-ferait mal de tuer lesprisonniej-Syprlticipalement ceux qui sont élevés eo dignité, quapd' môme les alliés le demanderaient. On doit avoir égard à l'inconstance du ^rt, qui quelquefois se plaît à perdre cfiiix qui ont abusé de ses faveurs. En gardant les prisonniers, on se ménage lés moyens de les échanger contre ceux des ennemis , et quelquefois même contre une place. On empêche aussi par-là l'ennemi de maltraiter ceux qu'il a pris, en pouvant le menacer d'user de représailles. ^Apiès avoir essuyé les

ONOSAHOQ^.

fatigues et remporté la victoire, il but donner du repos et des fêtes au soldat. Os douceurs , suite du succès» Itfi font soutenir de nouveaux travaux avec plu$ de courage.

On doit avoir grand soin d'ensevelir les morts* La h&ie ni le danger ne «ont pas des raisons qui puissent jqmais en dispenser le vainqueur. Non-seulement c'est un devoir pieux envers ceux qui ne sont plus,^mai8 on doit encore s'en acquitter pour satisfaire ceux qui reçtent. Tout soldat verraiUvec peine que l'on manqu&t à cet égard à ses camarades qu'il aujcait vu combattre et mourir avec valeui : il craindrait la honte d'être traité de même.

Dans le cas d'une défaite, le général doit l&dier de rallier ses troupes, les consoler, et chercher les moyeifS de réparer leurs perles. âouieni,«^près une victoire, le vainqueur se relâclté; et Fe' mépris de l'ennemi produit la négligence. Il est possible d'en tireVde {'.avantage. C'est ainsi qu'une défaite peut naître d'une victoire.

Le malheur rend prudent, be gén4»

fal qui n'a eu que des succès ignore to mesures qu'il faut prendre dans lesdis<gràces, La crainte peut à prdpos servir de sûreté. Le mépris de riénnemi part d'une folle témérité dont on peut êtrç la victime. ' *

. ' CHAPITRE XXVni.

On doit être sur ses gardes , mérae^^eo t^mpi de trêve ou de paix.

Si l'on est conventf d'une suspension d'armes, on ne saurait la rompre sans trahison , ni se relâcher sans imprudence. Le général doit être dans tine inaction de paix , et dans une défiance de guerre; sans s'exposer au blâme d4

manquer à sa Toi , il doil être en garde contre les effets d'une perfidie.

La confiance aux dieux est louable; mais ils consentent que les hommes travaillent à leur propre sûreté. Il est sage de compter sur leur appui ; mais c'est être insensé que de compter sur leur vengeance. 11 vaut mieux leOr épargner ce soin , et se mettre soi-même en garde , puisque leur courroux puilit seulement le traître, et n'est d'aucune utilité à celui qui périt. Il Taut réduire son ennemi à un tel point, que s*il lente une perfidie, il ail la honte ; et dé l'avoir entreprise, et de l'avoir exécutée en vain. »

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niison qui rend dtt si^es si opiniâtres et si meurtriers 9 qu'un général ne doit quel^efois qu'à t^ cruauté seule I4 nécessité où il est d'abandonner soa entreprise. •

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