‹ Bibliotheque militaireChapitre 267 sur 614 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De U discipline.

P. Scipion, près de Ntunaiioe , réta- Mit la disdpliM corrompue par la négligence des cbefs ses prédéeeneors, m chasaant de son armée cette malti- Inde de marchands qui ne servait qu*à entretenir le hne, et en obligeant les soldats à des exerdces continnels. Dans les marches forcées qu'il imposait fré-* ^oemment à ses troupes, il leur faisait porter pour plusieurs jours de vifres ; il les accoutumait i souffrir le froid et la pluie et à passer à gué des rivières. Enfin, il leur reprocha leur lâcheté et hmr paresse, et retrancha de son camp tout équ!page superfhi. Dans cette circonstance on prétend que Scipion dit au tribun C. Memmius : C'est pendant peu de temps qiie tu seras inutile à moè«t à ia f^>Âlîvie , mais tv te do^

endras pour tooiowa à toi^iêom.

Qttintus lieteHus, dns la guerre contre Jugurtha , rétablit aussi la diadpline, et défendit aux soldats de manger autre dwae que oe qu'ils avaient apprêté eu-mèmes.

Pfrrhus disait au commissaire qui levait des troupes par son ordm : Chds» des soldats robustes , et lafese-mei le soin de les rendre braves.

Ce fM sous le eonsillat de L. Plae^cus et de G. Yarron, que l'on M Jurer an soldats cpi'ils ne reftaieraient m^ cun pérfl , par crainte ou par Iftchelé; qu'ils ne fiafaraieiit jamais Ains le ceorbat, et ne quitteraient leur rang que pour aller prendre des armes et pour tuer un ennemi ou sauver un citoyen, lusqarà cette époque, les tribuns recevaient seuls le serment militaire.

Scipion l'AfKcain (fisait à un soMA qui avait un bouclier fort paré , qu'l ne fallait pas que le soldat romain fit

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plus de ras de gon bouclier que de son epee»

La première fois que Philippe de Macédoine leva des troupes, il défendit de mener des chariots de transport, et ne youlut pas qu'un cavalier eût plus d'un valet. Il n'en donna qu'un aussi à chaque dimérie, pour porter la tente, et de quoi moudre le grain ; enfin, par les plus grandes chaleurs , il contraignit ses soldats de porter sur leur dos pour trente jours de farine,

C. Harius, pour réduire autant que possible les bagages qui embarrassent toujours une armée, fit faire à chaque soldat un ballot, tant de son petit équipage que de ses provisions. On le portait sur l'épaule avec une fourche, ce qui en rendait la charge plus facile, et était cause qu'on pouvait se reposer plus aisément. C'est de là qu'est né le proverbe : les mulets de Marins.

Théagéne, d'Athènes, réj^ondit à ceu qui lui demandaient leur rang, comme il marchait contre Mégàrè, qu'il indiquerait la place de tous lorsqu'il serait question de combattre. Il fit ensuite dresser une embuscade par sa cavalerie, et donna à chacun le rang qu'il prit dans cette drconstance, pensant hièn que les plus braves se seraient nris à la Mte, et les plus lâches à la queue. Lysandre, Lacédémomen, punit on soldat qui était sorti de son rang pendant la marche ; et comme il criait que ee n'était pas pour piller , — Je veux, lui répliqua Lysaiidre, qu^on n'en puisse IMS même avoir le soupçon.

Antigone ayant appris que son fils était logé dans la maison d'une veuve qui avait trois filles très belles, l'en .fit sortir en lui faisant espérer un meilleur logement; et lorsqu'il en fut dehors, n fit défense de loger par la suite chez une veuve, un homme qui aurait moins de cinquante ans.

Quoique rien n empéeliAl le consul Metellus de prendre son fils près de lui, il voulait qu'il demeurât avec les troupes, et qu'il s'acquittât du service de soldat. Publius Rutilius en faûftit autant.

M. Scaurus défendit à son fils de se trouver en sa présence, pour avoir manqué de courage dans un combat; ce qui le rendit si honteux qu'il s'en donna la mort.

Anciennement les Romains, amsi bien que les autres nations, campaient par cohortes , sans aucun retranchement, et les tentes étaient répandues çà et là comme des chaumières dans un hameau ; car on n'avait coutume de ne fortifier que les villes. Pyrrhus fut le premier qui leur enseigna l'art de se retrancher. Lorsque les RomaiDS prirent son camp, et qu'ils en eurent remarqué Tordre et la disposition, ils l'imitèrent, et en vinrent pea à peu à la méthode qu'ils suivent à présent.

P. Nasica, pour bannir du camp b licence et l'oisiveté , fit construire des vaisseaux par ses soldats pendant la rigueur de l'hiver , quoique ce ne fit pas la saison de s'en servir.

Gaton a laissé par émt, que de son temps, dans les armées Romaines, on coupait la main droite à ceux qai étaient surpris à dérober. Quand on voulait les punir avec moins de rigueur, on leur tirut dn sang devant le front des troupes («).

(a) Àui, MÎ levku animaâvêrtere voMtMii, in primeipîii ionguinêm mistum, IKAMt»oonn «raidnit : « On piudiiaU les priJMipaw en leur faisant tirar beanconpde sans, pour let punir tTec moins de rif uenr. » Aociiii oommentatenr (tous TaTonent), n*a eotufilf la Téritable signification da mot prineipi^- C'est un terme militaire qui indique le front d'une tronpe; mais d'AManeourt était levl eapaMe lie iMia nn pareU tour de l^irea.

FAONTift, uv. n\

Clétrque de Laeééénoae, diNtt, qo'an mÀiêt devait plus craiiMire son général que son ennemi. Coaiine s'il eAt TOQhi prévenir ainsi, qu*en fuyant me mort douteuse, on en trouverait une certaine.

Pyrrhus ayant reiivojé les prisonniers qu'il avait faits dans une bataille oontre les Romains, le Sénat, par l'avis d'Appins Claudius, les punit de cette sorte : des cavaliers, il en fit des fantassins , et des soldats pesamment armés, des gens de trait. Il les obligea à camper tous hors du camp , jusqu'à ce que chacun d'en eût remporté des dépouilles de l'ennemi.

Le consul Otacilius Crassus fit camper de même, hors du camp, des soldats qu'Annibal avait fait passer sous le joug, afin de les accoutmlier au danger, et de les rendre pbu audacieux en présence de l'ennemi.

Sous le consulat de P. Cornélius Nasica, et de Decfanus Junius, les déserteurs furent fouettés publiquement, et vendus pour esclaves.

Domitius Ck>rbulon« en Arménie, fit camper hors du camp deux corps de cavalerie, et trois d'infuiterie , qui avaient lAcbé le pied dans le combat, et ne les fit rentrer qu'après qu'ils eur rent signalé leur vdenr.

Le consul Aurélius Cotta, voulant contrain<fre les cavaliers de travailler aux retranchemens dans une cireonstance pressante , et une partie d'entre eux n'obéissant pas, Cotta s'en plaignit aux censeurs , qui les notèrent. Il leur fit «suite retrancher, parle Sénat, la paie du jour de leur désobéi»* sauce , ce que le peuple ratifia «depuis à la sollicitation des tribuns; de sorte qne la discipline fut rétablie d'un consentenaent unannne.

Q. Metellus-le-Macédonk|ue, renvoya cinq t-ohortos repreodro un poste

qu'elles avaient perdu , et contraignit les soldats à faire leur testament avant de partir. Il les avertit qu'il ne les recevrait dans le camp que victorieux.

Sous le consulat de P. Valerius, le Sénat ordonna que l'armée qui avait été vaincue à Sjxe , passerait l'hiver sous les tentes. On décida aussi qu'il ne serait point envoyé de recrues à une armée qui avait fui, avant qu'elle n'eftt vaincu et pris l'ennemi.

Ce même Sénat vouhit que les légions qui n'avaient pas fait leu£ devoir pendant la guerre d'Annibal fussent reléguées en Sicile, et là, qu'on les nourrit d'orge au Heu de froment, respace de sept ans.

Le chef d'une cohorte, pour n'avoir pas retenu ses gens qui fuyaient, fut condamné par Pison à demeurer tous les jours, devant les troupes, les fueds nus, et sansépée, pendant qu'on relevait la garde, et à s'abstenir de boire et de manger en public.

Sylla condamna une cohorte qui g'étoit laissé forcer dans un poste, à demeurer avec ses centurions pieds nus et sans épée, devant les troupe.

Domitius Corbulon, en Arménie, fit déchirer par un de ses gardes, les habits d'un préist de la cavalerie , qui avait lâché pied devant Tennemi, et di* qui les tnrmes étoieiit en mauvais état; il Tobligea a demeurer ainsi en présence des troupes, jusqu'à ce qu'on, eAt relevé les gardes.

Atilius Regulus passant du Samoium dans la Lucemie, vit que ses gens se retiraient à l'arrivée des ennem».

Il s'opposa à leur fuite avec sa co*horte prétorienne, et commanda de traiter en déserteurs ceux qui n'obéiraient pas.

Le consul Cette en Sicile, fit fouetter un tribun des soldat;», de la ooMe

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fipQille de» Yalério», pour avoir manqu^^à son devoir.

Il traita de m^me un de ses paréos, qu'il avait laissé pour commander en son absence , ayant trouvé à son retour qu'on avait forcé le camp, et brûlé les facines dont était composée la plate^forme où Ton plantait les machines. Non content de cette punition, il lui ût faire le service desimpie soldat. Le censeur Fulvius Flaccus chassa du sénat son propre frère, pour avoir fait partir saps son ordre une légion dans laquelle il était tribun.

Le vieux Caton faisant voile avec toute son armée, et quittant un bord étranger oi^ il avait campé quelques jours, fit exécuter un soldat qui était resté sur le rivage malgré les ordres donnés trois fois pour le départ; ainiaot oftieux qu'il servit d'exemple aux troupes que de proie aux ennemis.

Appius Gaudiua fit décimer des soidati qui avaient quitté leur place, et l'on frappa du bâton ceux sur qui tomba le sort.

Le cqimqI Fabius Rultais fit décimer d0 mtsme deux légions qui avaient lâché le pied, et eeux dont les noms sortirent, furent frappés de la hache.

Aquilius châtia de la même façon trois homaies de chacune des centuries qui étûent de garde, pour s'être laissé forcer dans leur poste.

Antoine voyant que les ennemis avaient brûlé le rempart, décima deux cohortes préposées à la garde des trt^ vanx, et désigna des centurions dans chacunes d'elles. Celui qui les com*mandait fut chassé avec ignominie, et le reste fut mis à l'orge.

On massacra une légion tout entière, composée de quatre mille hommes, pour avoir saccagé la ville de^ Htieginm du consentement du chef de la légiM, Le SéMt ne voulut même

pas permettre qu'on donnât la sé- I»lture à ces hommes , ni qu'on pku* rât leur mémoire.

Lueius Papiritts Cursor étant dteta»

teur, voulut faire trancher la tête à Fabius Ruilus son maître de la cavalerie, pour avoir contre son onfre exprès, donné la bataille en son absedce, quoiqu'il eût remporté la victoire. Sans m laisser fléchir par les prières dessoidals, il alla le poursuivre dans Rome où il s'était retiré, et c'est à pehie s'il céda aux supplications de Fabius et de soa père, quoiqu'ils fussent appuyés par le sénat et par le peuple.

Manlius fit trancher la tête à sao fils, pour avoir aussi combattu contre son ordre , quoiqu'il e&t remporté ii victoire, et il reçut de cette action le surnom de cruel.

Manlius le fils, voyant que Yênpk préparait une sédition contre son père, dit que la vie ne lui était pas assez chère pour souffrir qu'à cause d'elle on laissât corrompre hi discipline. U obtint que l'armée le laisserait subir son châtiment.

Quintns Fabius liaximus faisait couper le bras droit aux transfuges.

Le consul C. Curio pendant la gueme contre les Dardaniena, près Dyrrachium, voyant une de ses légions qai refusait de le suivre dans une entreprise périlleuse , fit mettre les quatre autres sous les armes , et l'ayant dé^ sarmée, ordonna aux mutins de couper le fourrage , en présence des troupes qui étaient sous les armes, et le lendemain les fit travailler aux retranckemens sans avoir Tépée au oâté ; àpvès quoi il cassa la légion , et en distribua les soldats dans les autres corps.

Sous le consulat de Q. Fulvius et d' Appius Claudius, les soldats quisarvécurent à la bataiUe de Cannes^ et 40e l'on avait relégués en Sicile, s'étwt

F^JNTUi, UV. IV.

QQ^rto à Mwo(|U»s i^ pn^« 4e les employer, c« 9éi^«l n^ vûolut pas ktskrficexoir sans Tordre du a^oat. Mtais l« sâiai ii#. dppna pa^ cel Qrdre, oai: U Qfi vçtulffft nw qu? l'on cptifiAt le sa*^ lut 4e la répnbUfue à des gens qui IV valent trahie par leur lâcheté ; cepesH dwt il permît «u consul de faire ce qu'il jugenût à propos , et lui déffsodit, dau& te cas où il rec«^vrait ces hommes, 4e lea exempter désormais de faction « ni de leur «(CQCirdef des don», ou des récompenses, qu bien de les faire repasser en Italie « tandis que les Car-» th?singis y seraient les maîtres.

M. SaUnator, peFsoniuige consu-* laife, fut cofu^nmé piMr le peuple, pour n*avj(Mr pa» également distribué le butin à tous les soldats.

Le consiil Q.Pétillius ajaut été tué dans, un cçinlMt par les Ligures, te séu^t défendit dç donner ni paie« ni recrues , ni snftMwce, à la légion dans laquelle il était mprt.

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