CHAPITRE XLÏII
meRMOCRATE.
Dans une sédition qui s'était formée à Syracuse, un grand nombre d'esclaves s'étaient attroupés, et ils avaient pour chef Sosîstrate. Hermocrate envoya vers lui Damaïqnc, l'un des principaux officiers de la cavalerie, et qui était ami de Sosistrate, pour lui dire de la part des généraux, qu'ils ne pouvaient s'empêcher d'admirer son courage ; qu*ils donneraient la liberté à tous ceux qui l'avaient suivi; qu'ils les armeraient, et leur donneraient la même quantité de vivres qu'aux autres généraux, et qu'on lui donnerait la même autorité qu'à eux ; enfin qu'il pouvait, en cette qualité, venir au conseil, et prendre part aux affaires publiqnes. Sosistrate, gagné par son ami, prit vingt des plus déterminés des esclaves de son parti, et se rendit à l'assemblée des autres chefs. Mais on le saisit avec ses vingt braves, et ils furent tous mis en prison. Dans le moment Hermocrate prenant six mille soldats, et s'étant rendu maître du sort des esclaves soulevés, il leur jura si chacun voulait retourner auprès de son maître, qu'il ne lenr serait fait aacQo mal» Lt
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irtqMnrt 96 laisièrent persuder, et retournèrent troufer leurs maîtres, il n'y en eut que troiscents qui passèrent du cAté des Athéniens.
IL Les Athéniens , après aroir été battus sur mer par ceux de Sicile, résolurent de prendre la faite. Les Syracusains célébrèrent par des sacrifices la victoire qu'ils avaient remportée, et s'enivrèrent. Hermocrate les voyant accablés de sommeil et d'ivresse, ne les jugea pas en état de prendre les armes. Il fit passer du côté de Nicias un transfuge* qui dit : « Tes amis t'avertissent que si tu te mets en mouvement la nuit tu tomberas dans les embuscades qu'on a préparées. » Nicias crut cette fausse nouvelle et attendit le jour pour partir. Hermocrate voyant alors que les Syracusains avaient assez dormi, et repris leurs forces, occupa avec eux les passages des rivières et les ports, et défit entièrement les Athéniens.