CHAPITRE XI
CHABBIAS.
Chabrias étant sur le point de livrer bataille, dit à ses soldats : « En allant combattre, pensons moins que ce sont nos ennemis, que des hommes qui ont sang et chair, et de même nature quo nous. »
n. Chabrias étant du oAtédeNue avec son armée navale, rempoiti h victoire le 16 du mois de BoëdronÎM.
Il jugea que ce jour, qui était le seoonl des neuf des mystères, serait favarible à son entreprise, comme une lata fête avait porté bonheur à Thémistocle devant Satanine. Mais Thènristode avait eu à son secours laochus; et Chabrias eut pour lui la divinité es l'honneur de laquelle on disait : « A h mère, les initiés. » («)
m. Les Lacédémoniens avaient eavoyé douze vaisseaux à la déeouveiie, et ces vaisseaux n'osaient sortir fu port où ils s'élafenC retirés. Chabriis, pour les inviter A prendre le l«fe, joignit deux à deux douie yaissetu qui avait aussi, et transporta sur un seri les voiles de deux. Les ennemis, esli^ mant qu'il n'y avait que six galères, es eurent du mépris, et se voyant doaie, allèrent hardimentcontre lesennesris.
Quand Chabrias les vit fcrt avancés, il sépara ses vaisseaux, attaqaa cenz do Lacédémoniens, et en prit la moitié, avec tout l'équipage, et les soldats qui étaient dessus.
nr. Chabrias se retirant par dei lieux étroits, avec peu de troupes, était poursuivi par une rnuKitude d'enoemis. Il se mit A la tète, et les pins vigoureux , il les mit A la queue, poor résister A Cimpression des De cette sorte personne de la ne prit la fm'te; car on n'auraitpale faire sans passer A la face du gteéni, qui n'aurait pas manqué de l'empêcher ou de punir; et Famiéedadiibrias continua sa roule en sirelé.
y. Thamus^ roi d'Egypte, n'avait point d'argent. Chabrias lui suggén's commander aux phn riches du pa]fB de Im' apporter tout ce qu'ils avaient d*ar
(a) Ce paM«g« Sit ininteUigible dt» U texte.
et d'argent» tfee pconMM à eeuqni en •pportertiettt, qu'on n'eugenit point d*enx le tribnt annoeL De cette manière on ramaMa beanconp de richessea, sans lue tort à personne; et dans la snite tont fnt rendu à oenx^ «raient fait les avances.
' VI, CbaMas ayant passé pendant la nuit nne rivière, fit incnrsion snr Helus, ville de la LacosiiA« et enaena nn flfrapd lintint qn' il envoya ao-dessus du fleuve dans une contrée où las a^rits étaient liien disposés pour lui ; et ce qui lui rortait de tronpei, H les fit repaître et se reposer jusqu'à midi, dans raltente de ce qu'il présumait qai ne manquerait pas d'arriver. En effet, les Lacédémoniens sortirent pour dler recouvrer du hutin, et coururent avec ardeur jusqu'au flenve, a deni cents stades de distance. En y arrivant ils se trouvèrent las et débandés; et Ctia- Imas leur léchant ses soldats frais et repus, n'eut pas de peine à faire périr la plupart de ces Lacédémoniens.
YII. Chabrias était général des troupes du roi d'Egypte, à qui le roi de Perse faisait la guerre avec une armée de terre et une armée de mer. Le roi d'Egypte avait beaucoup de vaisseaux, mais point de rameurs pour les faire voguer. Chabrias choisit parmi les jeunes gens le nombre saiBsant pour équiper deux cents vaisseaux. Ensuite ayant tiré les rames des galères, il fit mettre sur le rivage de longues pièces de bois, et asseoir dessus ces jeunes gens un à un. Il leur mit les rames à la main, et ayant pris des comités qui savaient les deux langues égyptienne et grecque, en peu de. jours, par leur moyen, il apprit à toute cette jeunesse à manier la rame, et les vaisseaux se trouvèrent garnis suffisamment de ^chiourme.
Yin. r^orsque Chabrias devait don-
LIT. m.
ner bataille avec de nouvelles troupes, il faisait publier par un héraut, que ceux qui se trouveraient mal, eussent à mettre leurs armes à part. Tout ce qu'il y avait de gens timides feignaient, de se. trouver mal, et mettaient les armes bas. Chabrias ne se servait point de ceux-là dans le combat. Hais quand il était question de garder des postes' avantageux, il les y mettait, parce que les ennemis apercevant leur multitude, en avaient peur; et le temps venait enfin que ces gens se rendaient capables de gagner leur solde.
IX. Chabrias menant sa flotte contre une ville ennemie, fit mettre la nuit à terre les soldats armés de boucliers, et lui se présenta au port avec ses vaisseaux, à la pointe du jour, assez loin de la ville. Les habitans sortirent en diligence pour l'empêcher de faire descente. Alors les gens armés de boucliers, sortirent de leur embus-^ cade, prirent les habitans par derrière, en tuèrent une partie, firent les autres prisonniers, remontèrent sur leurs vaisseaux, et s'en allèrent.
X. Chabrias mit sur chacun de ses vaisseaux douze soldats, porteurs de boucliers, des plus légers à la course qu'il y eût, et la nuit il les fit débarquer dans le pays ennemi. Il jugea que ceux de la ville sortiraient en armes pour empêcher ceux-ci de butiner, et il se hâta de voguer contre la ville. Les habitans le voyant, se présentèrent aussitét pour Tempêcher de la prendre. Pendant ce temps-là Chabrias fit approcher ses vaisseaux de la côte, y reprit ses porteurs de boucliers,, et ayant chargé tout le butin qu'ils avaient fait, il se retira.
XI. Chabrias étant sur le point de livrer bataille sur mer à Pollis^ général des Lacédémoniens, du câté de Naxe,
; ordonna aux conunandans des galères
POLTBlf,
d'ôter secrètement les pavillons et les 2|ùtres marques de leurs galères, et de se convenir que les vaisseaux qui auraient de ces sortes de marques seraient aux ennemis. Quand cela fut fait, les pilotes des vaisseaux de Pollis rencontrèrent les navires des Athéoiens« et n'y voyant point les marques athéniennes passèrent outre. Au contraire les vaisseaux des Athéniens attaquèrent des deux côtés ceux qui avaient des marques reconnaissables, et cet artifice donna la victoire aux Athéniens.
XIT. Chabrias ayant fait voile du côté d'Égine, la nuit, mît à terre trois cents soldats, et passa outre. Ceui de la ville sortirent, attaquèrent ces trois cents hommes, et en tuèrent un grand nombre.[Pendant ce temps-là Chabrias se présenta en diligence devant la ville. Les habitans craignant d'être enfermés dehors, cessèrent d'attaquer les trois cents, et se retirèrent dans Egine.
* XITI. Chabrias voulant mettre ses rameurs à couvert des flots, pavoisa de peaux' les côtés de ses galères, à la hauteur au pont ou du tillac où les gens de guerre avaient coutume de se tenir.
Se cette manière il défendit ses vaisseaux delà fureur des flots, et préserva l'équipage d'être mouillé. Outre cela les rameurs ne voyant plus les vagues à cause de cette espèce de rideau, ne furent plus sujets à se lever de peur, et firent la manœuvre plus sûrement.
XIV. Dans les navigations maritimes, Chabrias voulant se munir contre les tempêtes, mettait dans chaque vaisseau un double gouvernail. En temps caUne il n'employait que l'ordinaire :
mais quand la mer devenait grosse et agitée, il faisait planter l'autre à la proue en dehors des rameurs, de manière que le tiipôn idu gouvernail surpassât le tillac, et de cette sorte, quand
Liv. ni.
les flots élevaient trop la poupe, le* vaiiséèru étrft goitvéAiè ft T antre bout XT. ChabHiHi^ ayant faM hiciirsioR dans la Laconie, en enleva on bofin consfdéfÉble Agé^Ras, à la tête im Spartiates, marcha pour le ravoir; Chabrias msseitdMa ses troupes aar ma hauteur, et ayant plaeé dans un Hea sAr le bagage et les prfâoimlers, eampa tout aiitoor. Les LacédôuonieBS se campèrent à ebq stades de là. Gha^ brias ordontiÉ qa'oa âJIHiHÉt une grande quantité de feu pendant la nuit; qu'environ la seconde ▼eifle oa laissM dans le eattip les bétea de charge et les bestiaux, et que Ton se retirftt par derrière cette hauteur ; ee qui ftt exécuté, »ins quef l«i ennanria en M»* sent rien. Les Lacédémoniens voyanlf les feux, et entendant le bmft que faisaient les bêtes, etmttut que les Athéniens étaient encore là, levèrent le camp à là pointe du }our, et s'étant donné le mot pour le combat, s'avan** Gèrent vers la hauteur. Quand ils en furent près, ils trouvèrent le camp des Athéniens vide, et Agésilas ne put s'empêcher de s'écrier : <i n fSBfut convenir que Chabrias est un exceflent capitaine. »