CASSANDRE
Les Ulyrieos et les Macédoniens se faisaient la guerre. Il arriva que phi- «eurs Macédonieos furent faits prisonpiers» etPerdicas s'aperçut que l'espérance d'être mis à rançon rendait les aatres moins ardens au combat. Comme on envoyait de part et d'autre pour traiter de la rançon des prisonniers, Perdicas chargea le lieraut des ennemis de leur dire de sa part qu'il était inutile que les Illyriens s'attendissent à des rançons, et qu'ils pouvaient condamner les prisonniers à mort. Les Macédoniens ne s*ûttendant plus à être
Cassaudre se servit de cet artifice pour prendre Nicanor qui avait la garde du fort de Munichia et qui n'était pas dans de bonnes dispositions à son égard. Il feignit de vouloir retirer sa flotte de l'Afrique, et comme il était près de s'embarquer, il vint un courrier qui lui apporta des lettres de la part de ses amis de Macédoine, qui lui mandaient que tes Macédoniens, irrités contre Polysperchon, l'appelaient pour le faire régner dans le pays. A la lecture de ces lettres, Cassandre marqua beaucoup de joie, et ayant tiré à part Nicanor qui le reconduisait, il hii dit : « Il est question maintenant dé prendre de nouveaux conseils. ConKrotis ensemble sur la conduite que j'at à garder dans le rang où je suis appelé. )> En parlant ainsi, Cassandre mena insensibleitient Nicanor danâ une maison voisine, comme pouf cornmuniquer avec lui de ses plus secl-ètcs aflTaifes. Il avait caché dans cette maison un détachement de ses garder, qui se saisirent de Nicanor et se tinrent autour de lui. Cassandre convoqua l'assemblée, et permit à ceux qui
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voulaient accuser Nic^nor, de le faire librement. Pendant qu*on instruisait l'accusation, Cassandre se rendit maître du fort de Munychia. Quant à Nicanor, comme il avait fait beaucoup de choses contre les lois et sans retenue, rassemblée fut d'avis de le condamner à mort.
II. Dans le même temps que Cassandre assiégeait Salamine, il faisait la guerre par mer aux Athéniens. Ayant vaincu sur mer, tout ce qu'il trouva de gens de Salamine parmi les Athéniens, il les renvoya sans rançon. Les habitans de Salamine, informés de l'humanité de Cassandre, furent gagnés par sa douceur, et se joignirent à lui.
III. Cassandre assiégeait Pydna en Macédoine, où s'était retiré Olympias.
Polysperchon envoya la nuit sur la côte une galère à cinquante rames, avec une lettre où il avertissait Olympias de monter sur cette galère pour éviter de tomber au pouvoir de Cassandre. Le porteur de la lettre fut pris et mené à Cassandi*'., à qui il avoua le sujet de son voyage. Cassandre n'ouvrit point la lettre, et la laissant cachetée comme elle était du sceau de Polysperchon, il permit au porteur de la rendre à son adresse, sans dire qu'il eût eu connaissance de rien. La lettre fut rendue, et dans )e môme temps Cassandre fit disparaître la galère.
Olympias ajoutant foi à la lettre de Polysperchon, sortit secrètement la nuit, mais elle ne trouva point la galère. Elle crut que Polysperchon l'avait trompée, perdit courage, et se livra à Cassandre, avec Pydna.
IV. Cassandre revenant d'IUyrie, et n'étant qu'à une journée d'Epidamne, cacha ses troupes. Il en détacha de la cavalerie, qu'il envoya brûler des bourgades situées sur les hauteurs de rniyrieet de l'Alintanie, dont les ha-
bitans favorisaient les Epidamniens.
Ceux d'Epidamne s'imaginant alon que Cassandre s'en était allé, sortirent de leur ville, et vaquèrent à leur labourage. Cassandre faisant sortir ses troupes du lieu où il les avait tennes cachées, prit environ deux mille de ces habitans qui étaient sortis, et trouvaDt les portes de la ville ouvertes, il entra dans Epidamne, et s'en rendit maître.