PHILIPPE, FILS DE BÉHÉTRIUS
Philippe assiégeait Prinasse, ville des Rhodiens en terre ferme. Les murs étaient d'une structure très forte, et Philippe voulut les saper. Mais en minant on rencontra une roche qui ne cédait point aux outils des mineurs.
Philippe ordonna qu'en plein jour on descendît à la mine, et que les travailleurs se couvrissent de mantelets, comme pour se cacher aux assiégés.
Ceux de la ville voyaient tout cela de dessus leurs murailles. La nuit, Philippe faisait apporter par ses soldats de
la terre d'un vallon éloigné de la ville de huit ou dix stades, et la faisait amonceler à l'entrée du lieu où Von avait ouvert la mine. Le jour suivant, ceux de la ville voyant cette grande quantité de terre élevée, s'imaginèrent que le mur était enfin percé. La peur les contraignît h livrer leur ville i Wiilippe. Mais quand ils eurent découvert la tromperie dans la suite, leur sottise leur causa de tristes, mais inutiles regrets.
II. Philippe, fils de Démétrins, faisant la guerre au roi Attàle et aox Rhodiens, forma le dessein de se retirer par mer. Pour le pouvoir faire sans empêchement, il envoya secrètemeot un transfuge égyptien, qui alla im aux ennemis que Philippe donnerait le lendemain un combat naval. La nuit, il fit allumer un grand nombre de feux, pour faire croire que Tannée demeurait en son poste. Attale et ses troupes se disposèrent au combat, et l'on retira les gardes posées auparavant, pour empêcher qu'on ne prit le large. C'était ce que souhaitait Philippe; et trouvant la sortie libre, il s'en alla avec sa flotte.