LIVRE PREMIER
Propositions de paix rejet<^es. •— Harangue de César à ses soldats; commencement de la guerre. — Effroi de Rome à la prise de Cortinium. — Départ de Brindes. — Siège de Marseille. — Guerre d*Afraniu5. — Combat naval. — Fin de la guerre d'Afranius.
An avant J. C. 49 > de Ronw 6o5.
1. Fabius ayant rendu les lettres de César aux consuls , on eut bien de la peine à obtenir d'eux , malgré les vives instances des tribuns du peuple , qu'ils en fissent lecture dans le sénat : mais on ne put obtenir que le sénat délibérât sur leur contenu ; et les consuls ne parlèrent que du danger que courait la république. Alors L. Lentutus promit de soutenir hautement la cause de la république et du sénat , si chacun voulait émettre son opinion hardiment et avec courage; il ajouta qu'en cherchant à favoriser César et à gagner sesl>onnes grâces» comme on avait fait précédemment, il verrait par lui-même quelle conduite il lui faudrait tenir, et ne déférerait point à Tautorilé de l'assemblée ; qu'il avait aussi du crédit et des liaisons d'amitié avec César. Scipion s'expliqua sur le môme ton , et dit que Pompée était bien disposé pour la république, pourvu que le sénat ne l'abandonnât point; mais que, s'il tardait
et qu'il voulûl agir avec ménagement, il implorerait en vain son secours dans la suite.
2. Ce discours de Scipion , tenu dans Rome en plein sénat, tandis que Pompée était aux portes de la ville, paraissait comme sorti de la propre bouche de ce dernier. Il y en avait eu de plus modérés, tels que H. Marcellus, qui soutint qu'on ne devait point penser à délibérer sur les besoins de la républiqtie, avant d'avoir fait des levées dans toute l'étendue de l'Italie, et rassemblé une armée , à l'abri de laquelle le sénal pût librement et sans crainte ordonner ce qu'il lui plairait : H. Caliditis était également d'avis que Pompée se retiiâl dans les provinces de son département, pour ôter tout sujet de guerre, parce que César avait lieu de craindre que les deux légions tirées de son armée ne fussent employées contre lui , Pompée les retenant aux portes de Rome.M, Rufus opina presque dans les mêmes termes ; mais tous trois furent aigrement repris par le consul L. Lenfulus, qui ne voulut pas môme rapporter le sentiment de Calidius. Marcellus, étonné de ces réprimandes, se désista du sien* Ainsi, les clameurs du consul , la crainte d'une armée qui était aux portes de Rome, les menaces des amis de Pom-