CHAPITRE X
HUflLCON.
Himilcon de Carthage, sachant le penchant que les Lydiens avaient pour le bon vin, remplit de vin mictionné de suc de mandragore plusieurs cruches de terre ; et les ayant laissées parci par-là dans les faubourgs, se renferma dans la ville, comme s'il n'eût pu résister aux efforts des Lydiens. Ceuxci bien joyeux de l'avoir réduit à se renfermer au dedans de ses murs, trouvèrent les cruches et n'épargnèrent pas le vin. Ils en burent avec excès, et un sommeil profond les livra ^ans défense à l'ennemi.
IL Himilcon passant avec la flotte de Carthage , de Lybie en Sicile, la nuit, avait marqué par écrit aux capitaines de ses vaisseaux le lieu où l'on devait se railler, en cas que l'on se séparât par quelque accident imprévu.
C'était une précaution contre les avis que les transfuges pouvaient donner aux ennemis. Pour dter encore aux ennemis la connaissance de sa route, il avait bouché son fanal par-devant, afin de leur en cacher la lumière.
III. Himilcon avait dessein de prendre une ville de Lybie, à laquelle on arrivait par deux chemins malaisés et gardés tous deux par les Lybiens. Il leur envoya un transfuge qui leur dit : « Des deux chemins qui conduisent ici, les Carthaginois veulent en aplanir un pour faciliter leur passage et faire une tranchée à l'autre, pour vous ' empêcher de les surprendre et les environner. » Les Lybiens voyant qu'en effet on portait des terres dans l'un de ces chemins , et qu'on rendait l'autre impraticable par des tranchées, ajoutèrent foi au transfuge, et se rendirent tous au chemin que l'on aplanissait,
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bien résolos de s'opposer aa passage des ennemis. Mais pendant la nuit, Himiicon, faisant porter des madriers qn'il avait fait préparer, les jeta sor les tranchées fet en ayant fait des ponts, fit passer son àrméë dessus et prit la ville , pendant que les Lybiens gardaient Tautre chemih.
Vt. Himiicon assiégeait Agrigente.
Les assiégés firent une sortie considérable. BImilcon ayant partagé son armée, donna un ordre secret à une partie de ses troupes qu'il avait mises aux mains avec etiî, de prendre la fuite. H fut obéi, et les Agrigentins poursuivirent les fuyards avec ardeur. Pendant que cela se passait, Himiicon fit mettre le feu tout auprès des murs, à une pile de bois , et plaça une embuscade dans un lietl couvert. Ceux qui poursuivaient le^ fuyards, ayant aperçu là fumée, s'imaginèrent que les habitant ies rappelaient. Ils reprirent le chemin de la ville ; et alors ceux qui avaient feint de prendre ta fiiité, se mirent à ies pousser jusqu'au lieu de rèmbuscadè. Ainsi ces Agrigentins serrés dé tous c6tês, furent tous tués ou faits prisonniers.
Y. HimilcoU était auprès de Cronium, càinpé devant les généraux de Denis.
Les habitans de Cronium voulaient recevoir les Carthaginois ; mais les généraux n'en étaient pas d'avis. Il y avait une grande forêt entre le camp d'Hiniilcon et celui deé ennemis. Himiicon sachant lés dispositions des habitans, pHl l'océastoU d'un Vént qui portait au vlSagè dès ènuétuiâ, él ayant mis le feu à b forêt, j^toBta dé M fumée qui les aVeUj^aii, et se coula vers les murs de la viltè sank ^tré aperçu. Les portes lui furent outéirteiï par fceux qui le voulaièut recevoir,* et D fut dedans avant qhé tes généraux àe Denis lé sussent.