CHAPITRE XXII
DIOTIMB.
Oiotime escortait avec deux galères, des barques chargées de grains. II fut atteint du côté de Chio, pendant un temps calme, par vingt galères lacé-* démoniennes. Il prit la fuite autour de ses barques , et comme ses vaisseaux étaient très légers à la course, il ne reçut aucun dommage. Au contraire, donnant de temps en temps par la poupe sur les vaisseaux ennemis qui s'avançaient le plus, il cnfitcodler dix à fond. Il était contre toute apparence, que ceux qui fuyaient remportassent la victoire contre ceux qui leur donnaient la chasse, et c'est cependant ce qui arriva dans cette rencontre.
II. Diotime, avec dix navires, rencontra les Lacédémoniens qui en avaient autant, mais qui n'osaient cependant approcher, parce qu'ils craignaient les A Ihéniens, et savaient qu'ils étaient meilleurs hommes de mer.
Diotime, pour les tromper, ôta les rames d'un côté de ses galères, et les ayant accouplés deux à deux, ne mit qu'une voile à chaque couple, et vogua de cette manière. Les Lacédémoniens ne voyant que cinq voiles, crurent qu'il n'y avait que cinq vaisseaux» et continuèrent leur route avec mépris.
Diotime détacha les galères, et donnant sur les ennemis avec dix vaisseaux ^et une manœuvre bien conduite, il fit couler a fond six vaisseaux lacédémoniens, et^n prit quatre avec tous ceux qui étaient dessus.
m. Diotime, général de la flotte des Athéniens, ayant une expédition à foire, assembla secrètement les capitaines de galères, et leur ditqu'ilpren drait pour faire sa route les vaisseaux les plus légers à la course. Mais il ne donnait cet avis que pour empèclier
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les capitaines de demeurer seuls, ce
qui serait arrivé, s'il cât emmené sans eux le plus grand nombre des meilleurs vaisseaux.
lY. DioUme conduisit la flotte dans un canton du pays ennemi, la nuit. Il tira de chaque vaisseau un bon nombre de gens, et les ayant rois à terre, il les posa en embuscade. Au point du jour il Ot arrêter ses navires du côté de cette embuscade. Il avait donné ordre à ceux qui étaient sur le tillac de se préparer aa combat , et aux trois ordres des rameurs, de hausser les rames les uns après les autres, c'est-àdire ceux du plus bas rang les premiers; le second pont ensuite , et puis ceux d'en haut. Pendant ce temps-là il essaya de faire prendre terre a Tune de ses barques. Les ennemis accoururent pour s'y opposer; mais les gens qui étaient en embuscade, se montrèrent, tuèrent un grand nombre d'ennemis, et mirent le reste en fuite; après quoi Diotimefît sa descente sans péril.