CHAPITRE XUY
HBMNON.
Memnon avait dessein de faire la guerre à Leucon, tyran du Bosphore. Pour savoir au juste quelle était la force et la multitude des ennemis, il envoya un ambassadeur à Leucon, avec une galàre, conune pour traiter avec hii d'alliance et d'amitié. Il joignit à l'ambassadeur, Aristonique d'Olynthe, le plus fameux joueur de lyre qui fûtalors dans toute la Grèce, afin que la réputation de ce maître si renommé attirât tout le monde dans les lieux où l'ambassadeur aborderait. Le concours prodigieux qui se devait faire dans les théâtres poiir entendre Aristonique, devait sans doute fournir à l'ambassadeur, un moyen sûr de connaître le nombre de ces hommes.
II. Memnon voyant que les ennemis ne voulaient point descendre d'uu poste très avantageux qu'ils avaient occupé, et ne pouvant les forcer à combattre, se retira du lieu où il s'était fortifié, et partageant son armée en deux, il la disposa de sorte qu'une moitié semblait menacer l'autre d'en venir aux mains. En même temps il fit passer un transfuge du c6té des ennemis, qui leur dit qu'il y avait une sédition ^nérale dans le camp des Grecs, qu'ils étaient prêts de s'égorger les uns les autres, que c'était pour cela
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qtf a» aYaient reculé, de peur d'être furpr» par les ennemis pendant qu'ils se battraient e&x-mâmes ; et qu'on ne devait pas laisser échapperune si belle occasion sans prendre les armes et fon* dre sur des gens qui n'étaient pas en état de résister. Les ennemis ajoutèrent foi au rapport du transfuge ; d'au-' tant plus qu'ils croyaient voir les choses comme il les leur disait, fls descendirent enfin des hauteurs où ils étaient postés; mais dans le moment que Memnon les vit dans la plaine, ce fut contre eux que combattirent ses troupes, et mon pas contre elles-*mèn(ies, et tous furent réduits sous son (diéis-
m. Gharès tenait Aristonyme as* riégé dans Métymne« Memnon lui en- Ti^ya une ambassade pour le prier d'épargder Aristonyme, qui était son ami, qui l'avait été de son père, et avec qui il avait des liaisons d'hospitalité. Au surplus il l'avertissait que la nuit suivante il serait au secours d' Aristonyme avec tous ses soldats. Gharès méprisa l'avis des ambassadeurs, et crut qu'il était impossible qu'une armée pesante comme celle de Memnon, fût à Métymne la nuit même. Memnon ayant marché le soir cinq stades, mit sur des barques douze cents soldats, et leur donna ordre, quand ils seraient mont^ au fort, d'allumer du feu, et de fondre sur les ennemis. Gela fut fait Ia nuit augmenta la terreur de Tatta* que, et le feu s'^vant, obligea Gharès à prendre la fuite, parce qu'il s'imagina qu'en effet Memnon était entré dans le fort avec toutes ses troupes.
IV. Memnon, à la tète de quatre mille soldats, plaça son camp à quarante stades de Magnésie, et l'environna d'un bon mur tout autour. Paxmenion et Ajtalè étaient dans Magnésie avec 4h miUa kwmea, M[eflww^ après
avoir bien fertiflè son caaap, en Ht sertir ses troupes préparées au combat, et s'avança jusqu'à dix stades. Les ennemis vinrent à sa rencontre: on se battit; Memnon fit sonner ta retraite, et se renferma dans l'enoeinte de ses murs. Les ennemis en firent autant de leur côté. Un autre jour Meianon mena ses troupes contre les ennemis, qui se présentèrent pareillement ; il se retira encore, et ils firent de même ; et ce jeu se fit plus d'une fois par jour. Enfin Memnon s'étant aperçu qu'ils avaient quitté leurs armes, et se mettaient à dtner, il se montra de nouveau en boa ordre, et les trouva désarmés, dana l'embarras et l'agitation, et leur piifrlange toute dérangée; il en tua ud grand nombre, en fit beaucoup de prisonniers, et contraignit le reste i se retirer dans Magnésie.
Y. Memnon faisant incnrsioB dans le pays de Gyzique, se mit sur la tète un chapeau auû^édonien, et ordonna à tous les commandans d'en faire autant. Ceux de Gyxique voyant cela de dessus leurs murs, s'imaginèrent que c'était Chalcus le Macédonien, leur ami et leur allié, qui venait à leur secours. Ils ouvrirent aussitôt les portes pour le recevoir. Mais ayant reconnu ces gens à les voir de près, ils refermèrent leurs portes. Menmon ravagea le plat pays, et s'en alla dbargé de butia.