CHAPITRE un
Àgnon 86 mit à la tête d'une colonie de FAttique, dans le dessein de s'aller établir au lieu appelé les Neuf- Yoiea, sur le bord du Strymon. Un oracle donné aux Athéniens, portait :
« Enfans des Athéniens, pourquoi vouloir bâtir dans un lieu coupé de tant de chemins? L'entreprise est difficile, sans le secours des Dieux, n est réglé d'en haut que la chose ne se fera point, que vous n'ayez trouvé ce qui reste de Rhésus, et que l'ayant apporté de Troie, vous ne l'ayez caché religieusement. Alors votre entreprise aura un heureux succès. » Le général Agnon, pour obéir à cet oracle, envoya des gens à Troie, qui ouvrant la terre, en tirèrent les ossemens de Rhésus, et les ayant mis dans un manteau de pourpre, les apportèrent sur le bord du Strymon. Les Rarbares qui eo occupaient les rivages, empêchaient Agnon de passer la rivière.
Agnon fit trêve avec eux pour trois jours, et les Rarbares se retirèrent.
Pendant la nuit Agnon passa le Stry- BMin avec ses troupes, et enterra ^es osaemens de Rhésus sur le bord du fleuve ; après quoi, travaillant au clair de la lune, il se mit à creuser des tranchées et fortifier le lieu de mur : mais le jour il se tenait en repos. EnGn l'ou-
vrage fut achevé en trois nuits. Lea Rarbares revenant au bout de trois jours, virent le mur élevé. Il se plaignirent qu'Agnon avait violé la trêve. Il répondit qu'il n'avait rien fait contre la parole donnée; qu'il n'avait travaillé que la nuit, et qu'il était demeuré en repos pendant les trois jours. Ce fut ainsi qu'il établit sa colonie aux Neuf-Voies, et la ville qu'il y bfttit, il lui fit porter le nom d'Arophipolls.