CHAPITRE VI
CTRUS.
Cyrus combattit trois fois contre les Mèdes, et fut vaincu autant de fois. U
POLTEN, LIV. yu.
dôOM un quatrième combat i Pasargades, où étaient les Temmes et les enfans des Perses. Ceux-ci prirent encore la fuite : mais le danger où ils laissaient leurs femmes et leurs cnfans les Gt retenir à la charge ; et donnant sur les Mèdes qui s'étaient débandés dans la poursuite, ils remportèrent une victoire si complète, que Cyrus n'eut pas besoin de combattre de nouyeau.
n. Cyrus ayant fait trêve avec Crésus, retira ses troupes. Hais la nuit suivante, il retourna promptcment, et se présenta devant Sardes où il n'était point attendu. Il donna l'escalade, et se rendit mattre de la place.
m. Quand Cyrus prit Sardes, Crésus demeura dans la forteresse , où il attendait le secours des Grecs. Cyrus prit les parens et les amis de ceux qui étaient dans la forteresse, et les leur montrant liés, il ordonna au héraut de dire aux assiégés qu'il leur délivrerait ces gens, s'ils lui rendaient la citadelle : mais que s'ils ne la rendaient pas , il ferait pendre tous ces prisonniers. Ceux de la forteresse ne s'amusèrent point aux vaines espérances qu'avait Crésus d'être secouru par les Grecs, ils livrèrent la forteresse à Cyrus pour procurer la liberté à leurs parens et à leurs amis.
IV. Cyrus voyant qu'après que Crésus avait été pris, les Lydiens pensaient encore à se révolter, poussa du cflté de Babylone. Mais il envoya en Lydie le MèdeMazare, à qui il ordonna, quand il aurait subjugué le pays, d'ôter aux Lydiens armes et chevaux; de les forcer à porter des robes de femmes, de leur défendre de tirer de Tare et démonter à cheval, mais de les porter à travailler à la tapisserie, à chanter, à jouer des instrumens. Il est clair que son dessein en cela était de teur amollir le cœur. En effet les Ly-
diens, qui étaient auparavant la ution la plus belliqueuse , sont devenus très mous et incapables de faire la guerre.
y. Cyrus assiégeant Babylone, creusa des fossés pour détourner le coon de l'Euphrate qui traversait la Title; et quand tout fut achevé, il emmeoi son armée assez loin de là. Les Babyloniens crurent qu'il avait renoncé i son entreprise , et ne firent plus h garde si exactement. MaisCymsajut détourné le cours du fleuve, rmm ses troupes, et les ayant fait entrera diligence par l'ancien canal demeuré i sec, il se rendit maître de Babylooe.
VI. Cyrus était campé devant Crésus. Les Lydiens avaient une cavalerie nombreuse, et se tenaient fiers de ai avantage. Pour rendre ce corps inutile, Cyrus mit à la tête de ses cavaliers os grand nombre de chameaux. Et comme la vue et l'odeur du chameaafait fuir le cheval, les chevaux desLydieos emportèrent leurs maîtres et prirent la fuite, en sorte que Cyrus gagna b victoire avant même que d'avoir combattu.
VIT. Voici comment Crésus persuada aux Perses de se soulever contre les Mèdes. Leur ayant montré une plaine sauvage et remplie de ronces, il le© ordonna de la défricher. Ilslefireotet y prirent beaucoup de peine. Le lendemain il leur commanda de se larer et de le venir joindre, et quand ils tarent arrivés, il leur fit servir un repas abondant. 11 leur demanda ensuite laquelle des deux journées leur paraissait la plus agréable. Ils répondirent qW la diflérence qu'il y avait de la première à la seconde, était celle (pi^ naturellement entre un état heureux et un état malheureux. « Vous aurej donc, leur dit-il, ce qui rend les hoifimes heureux, si vous vous retiret dcw
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servitude des Mèdes. » Les Perses se soulevèrent aussitôt, et ayant déclaré Cj TUS roî , détruisirent l'empire des Médes, et se rendirent maitrcs du reste de l'Asie.
Vni. Cyrus assiégeait Babylone, Les assiégés avaient des vivres pour plusieurs années, et se moquaient de l'entreprise. Cyrus , par le moyen d'une tranchée, détoorna dans nn lac voisin le cours de l'Euphrate, qui traversait la ville. Les Babyloniens n'ayant plus d'eau à boire, se livrèrent aussitôt à Cyrus,
IX. Cyrus ayant été vaincu par les Mèdes, s'enfuit à Pasargades. Voyant que beaucoup de Perses passaient du côté des Mèdes , il dit aux autres :
« Demain nous aurons un secours de cent mille alliés, ennemis des Mèdes.
Mais pour se disposer à les recevoir, il faut que chacun de vous se munisse d'une fascine. » Les fascines furent préparées, et les transfuges ne manquèrent pas d'en avertir les Mèdes. La nuit venue, Cyrus ordonna que chacun mtt le feu à la fascine. Les Mèdes voyant ces feux, crurent que le secours était arrivé, et prirent la fuite.
X. Pendant qœ Cyrus assiégeait Sardei, il prit quantité de pièces de bois, de la hauteur des murs, et y fit des figures d'homme, avec des barbes, des habite à la persane , un carquois diinière le dos, et des arcs i la main ; et pla&tatont cela, pendant la ni^it, contre les mors de la forteresse, de manière qu'on les pouvait voir pardessus. D'un autre côté, au point du jour, il donna une attaque à la ville. Pendant que les troupes de Crésus repoussaient cette attaque, quelques-uns tournèrent la tète du côté de la citadelle ; et voyant de loin ces figures qui paraissaient être dessus, ils jetèrent un grand cri« La peur saisit tout le 1
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monde, comme si la citadelle eût été prise par les Perses. On ouvrit les portes, chacun s'enfuit de son côté, et Cyrus emporta Sardes d'assaut.