‹ Bibliotheque militaireChapitre 549 sur 614 · CHAPITRE XXXVm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVm

ARtfAraiLB.

Nicocrate , tyran de Cyrène , entre plusieurs cruautés dont il usa contre les babitans , tua de sa propre main MénaUppe, prêtre d'Apollon, et épousa sa femme Arétaphlle, qui était fort belle. Arétaphile résolut âe venger sa patrie et son mari sur le tyran, et tenta d'abord le poison. Ayant été découverte « elle dit que ce n'était qu'uA philtre qu'elle avait préparé fjour 9% concilier l'amour de son mari. La iHère du tyran voulut qu'Arétaphile fût mise à la question. Cette femme eut le courage de souffrir les plus horribles tourmens, sans jamais «Oirfesaer autre chose que le philtre.

Le tyran fut persuadé de son innocence, oontînoa de vivre avec elle , et lai Mtrfua Boème plus de considératiog qÉ'Miparavant , pour la dédommager de ce qu'elle avait injustement souffert. Elle avait une CUe en âge nubile, et d'une beauté singulière.

Elle l'offrit à Léandre, frère du tyran : ce jeune homme , ayant pris de l'amour pour elle , la demanda en ma- 'riage à son frère, et l'épousa. A la persuasion de sa belle-mère, il prit la résolution de rendre la liberté à la ville. Pour cet effet, il corrompit Daphnis, officier de la chambre du tyran, et tua Nicocrate par sop moyen.

GHAPITBB XXXIX.

CAHMA.

De l'empire des Gaules divisé en tétrarquies, Sinorix et Sinatus en possédaient deux portions. Sinatus avait une femme très renommée pour la beauté merveilleuse du corpsl%t les vertus de l'Ame. Elle s'appelait Camma, et était prêtresse de Diane , l'une des divinités que les Gaulois servent le plus religieusement. Dans les cérémonies et les sacriQces, elle paraissait toujours avec des ornemens pompeux et un grand éclat. Sinorix l'aimait passionnément« et, ne pouvant espérer de pouvoir lui plaire , ni l'enlever , pendant la vie de Sinatus , il prit le parti de le faire assassiner en cachette. Peu de temps après, il rechercha la veuve.

Camma refosa long-temps son alliance ; mais enfin , importunée par ses proches et par ses amis, elle feignit de se rendre et donna parole, a Que Sinorix , dit-elle , vienne au temple de Diane, et nous ferons le mariage en présence de la déesse. » Sinorix se rendit au temple accompagné de tout ce qu'il y avait d'honunes et de femmes de quelque condition parmi les Gaulois. Camma le reçut gracieusement, et le faisant approcher de l'autel, elle prit une coupe d'or, et en ayant fait une libation, elle but de la D^me coupe, et fit boire le reste à Sinorix. C'était un présent que l'époux ne refusait pas de réponse. Il vida la coupe avec joie : mais la liqueur qui était dedans , était de Phyéromel empoisonné. Camma voyant qu*il avait bu , jeta un grand cri , et adorant la déesse , elle dit : « Je te rends grâces , vénérable déesse , de ce que par ton secours j'ai pu, dans ton temple même , tirer vengeance de la

POLYEK, UV. VUl.

mort de mon mari , tué injustement à cause de moi.» Elle mourut sur-léchamp , en acheTant ces mots« et Sînorlx mourut au même lieu au pied de l'autel de la déesse.

CHAPITTE XLv

* TIHOGLÉE.

ïimoclée, Thébaine , était sœur de Théagène, celui-là même qui fit la guerre à Philippe ; à qui Philippe dit : i< Jusqu'où me suivras^tu? t» et qui répondit : c( Jusqu'en Macédoine. x> Théagène mourut, et sa sœur vivait lorsqu'Âlexandre renversa Thèbes.

La ville était au pillage « et chacun butinait de son cÂté. La maison de Timoclée tomba au pouvoir d'uuThrace, capitaine de cavalerie. Après souper, il fit venir Timoclée dans son cabinet , et ne s'étant pas contenté de son honneur, il la força encore à lui découvrir ce qu'elle avait d'or et d'argent caché. Elle lui dit qu'en colliers, en bracelets , en coupes et autres vases, et en espèces monnayées , elle avait une grande quantité d'or et d'argent; mais voyant la ville au sac, elle avait tout jeté dans un puits.sans eau. Le Thrace la crut, et se fit mener au puits qui était dans le jardin. Il y descendit et y chercha l'or et l'argent. Timoclée le voyant là» jeta sur lui des pierres , et fut si bien secondée par ses femmes, que le Thrace demeura sous le monceau. Les Macédoniens la prirent et la menèrent à Alexandre. Elle avoua le fait; mais elle soutint qu'elle avait eu raison de se venger du Thrace qui lui avait fait trop de violence. Alexandre , pénétré d'admiration , la renvoya libre , et lui accorda la liberté de tous ses parens.

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