I.IV. VIII
troupeau un taureau de belle figure et de grande taille. Elle lui dora les cornes, et lui orna le corps de festons et de bandelettes de pourpre, enrichies d'or, et dans ce qu'elle lui donna à paître, elle y mêla des drogues qui faisaiaDt entrer en fiireur. Le taureau devint furieux^ et tous ceux qui en mangeraient, devaient être attaqué»
du même mal. Les ennemis étaient campés tout auprès des Ioniens..Chrysame plaça un autel en présence des ennemis, et ayant tout disposé pour le sacrifice, elle ordonna qu'on amenM le taureau. Gomme il était en fureur, il se mit à sauter, s'échappa en mugissant de ceux qui le tenaient, et s'en* fuit. Les ennemis voyant un taureau à cornes dorées, et orné de festons, qui venait à eux, en abandonnant l'autel on il devait être immolé, le prirent â bon augure, saisirent l'animal, le 8a«crifièrent aux dieux, et s'empressèrent tous â goûter de sa chair, pour avoir part chacun d'eux au présent que les dieux leur avaient fait. Dans le moment toute l'armée entrant en fureur, se mit à sauter et à courir çà et là, et l'on abandonna toutes les gardes. Chrysame voyant les ennemis en cet état , ordonna sur-le-champ à Cnopus d'armer ses troupes, et de fondre sur les ennemis, à qui il était impossible de faire aucune résistance. Cnopus les lit tous périr, et se rendit maître d'Erythres, grande ville et très florissante.
CH.^PITRË XLIV.
POLYCLÉB.
Eate, fils de Philippe, faisait la guerre aux Béotiens, qui habitaient anciennement la Thessalie. 11 avait avec lui une sceur nommée Polyclée ; et tous deux étaient de la race des
POLYBN, UV. Tlll.
vojer les enfans et les femmes en Crète, et demeurèreot seuls à combattre jusqu'à vaincre ou mourir. Archidamis, fille du roi Cléade, s'opposa à l'exécution de ce décret, et dit que les Lacédémoniennes estimaient qu'il était beau de mourir avec les hommeSf si elles ne pouvaient vivre avec eux. On partagea donc avec les femmes les travaux de la guerre ; on les vît travailler aux tranchées, apporter les armes, donner la trempe aux pointes des javelots, prendre soin des blessés. Enfin les hommes voyant le courage des femmes, en devinrent plus hardis dans les combats, et chassèrent Pyrrhus de leur pays.