DES COUPS DE MAIN
Les coups de matn sont des entreprises hardies qu'un détachement de l'armée tente pour s'emparer d'un poste plus ou moins important , plus ou moins fort. Us participent à la fois des surprises ou des attaques de vive force , car on emploie également ces deux espèces de moyens pour arriver & ses fins. Bien qu'en apparence ces sortes d'entreprises semblent appartenir presque exclusivement à la tactique, on ne peut se dissimuler néanmoins qu'elles tirent toute leur importance des rapports qu'auraient les postes enlevés avec les combinaisons stratégiques des opérations.
Ce n'est point néanmoins que nous prétendions les soumettre aux régies de la tactique, puisqu'un coup de main dit déjà par lui-même, que c'est en quelque sorte une entreprise en dehors de toutes les règles ordinaires.
Mous voulons seulement les citer ici pour mémoire, en renvoyant nos lecteurs aux divers ouvrages historiques ou didactiques qui ont pu en faire mention.
Nous avons déjà signalé la nature des résultats souvent très importans que l'on peut s'en promettre. La pri-
se de Sizipoli en 1828; l'attaque manquée du général Petrasch sur Kehl en 1796 ; les singulières surprises de Crémone en 1702, de Gibraltar en 1704. et de Bergopzoom en 1814, comme les escalades de Port-Mahon et de Badajos, peuvent donner une idée de différentes espèces de coups de main. Les uns sont l'effet de la surprise, les autrès se font de vive force : l'adresse , la ruse, la terreur, l'audaee, sont des élémens de succès pour ces sortes d'entreprises.
Dans la maoiëre jictuelle de faire la guerre, l'enlèvement d'un poste, quelque fort qu'il soit par son site, n'aurait plus rimportaiice qu'on y attar chait autrefois, à moins qu'il n'offrit un avantage stratégique susceptible d'influer sur les résultats d'une grande opération.
La prise ou la destruction d'un pont retranché, celle d'un convoi, celle d'un petit fort barrant des passages importans, comme les deux attaques qui curent lieu en 1799 sur le fort du Lucisteig dans les Grisons; la prise de Leutasch et de Scharnitz par Ney en 1805; enfin l'enlèvement d'un poste même non fortifié, mais qui servirait de grand dépôt de vivres et de munitions indispensables à l'ennemi, telles sont les entreprises qui peuvent dédommager des risques auxquels on exposerait un détachement pour les exécuter.
Les Cosaques ont parfois tenté aussi des coups de main dans les dernières guerres ; l'attaque de Laon par le prince Lapoukin, celles de Cassel et de Chèlons, ont eu des avantages, mais rentrent néanmoins^ tout-à-fait dans la classe des entreprises secondaires dont l'cflet le plus positif est de harceler et d'inquiéter l'ennemi.
Quelles instructions pourrait-on don-
tr*
nrEATAGiMU, ETC.
' sur «68 sortes d'entreprises en gé- Biral ? Les mémoires de Montluo et les itratafèmes de Frontio, ces vieilles iiistoires en diront plus qne moi sur ce chapitre : resetlade , la surprise « la terreur, ne se laissent pas formuler en ihiaiimes*
Les «Ds ont enlevé des postes en comblant les fossés, tantôt avec des foieines, tanlM avec des sacs de laine ; on y a même employé parfois du fa* mier. D'autres ont réussi au moyen d'échelles sans lesquelles on tente rarement pareille entreprise; enin on s*est seni aussi de crampons attachés aux mains et aui souliers des soldats pour gravir des rochers qui dominaient
un retranehemenL D^autrea se sont introduits par des égoûts» comme It prince Eu{^ à Crémone.
C'est dans la lecture de ces faits qu'il faut aller chercher, non des préceptes, mais des inspirations^ si toutefois ce qui a réussi à l'un peut servir de régie à un autre. U serait à désirer que quelque ofBder studieui s'appli^ quAt à réunir, dansun extrait UstoriqM détaillé, tes coups de main les plus io* téressans ; ce serait rendre un service signalé, non seulement aux géuéraux, mais à chacun des subordonnés qui peuvent avoir à coopérer à pareilles tentatives, où souvent l'intéUigence d'un seul peut amener le succès.
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