Dans cette nécessité pressante
l'armée se rangea selon la disposition du terrain et de la pente de la montagne, plutôt que selon les r^les de l'art militaire. Nos légions écartées les unes des autres combattaient, l'une dans un endroit, l'autredans un autre, sans se voir, à cause des broussailles épais* ses qui , comme je l'ai dit , les cachaient
CtTARF DCS GAttRS. — IJV, II.
roDeàTattlre; ce qai empôchaii de pourvoir à ce qui aurait été nécessaire j (bas chaque endroit, d'envoyer du se- I eours à ceux qui pouvaient en avoir besoio » et méfiait un seul général hors d'tel de dcmner des ordres contenabb à la siloalion de tous. Aussi ce dterdre amena des chances variées.
i3, La neuvième et la dixième légioD postées à l'aile gauche , et qui I auieoi aSiire aux Arlésiens » n'eurent pas plulôt lancé le pilum qu'elles tombmnt sur cette nation accablée de hfiBÎlade, hors d'haleine et percée de ONips, et la potissèrent du haut de la Booiagoe jusqu'à la rivière qu'elle s'effMça de traverser : les nôtres , la potir- Miinot l'épée dans les reins , en firent on grand carnage, passèrent la rivière apfo eux; et quoiqu'ils se trouvassent iuisonlieu désavantiigeux , l'ennemi ajtntEut tèfe et étantrevenuà la charge, ib Tailaquèrent de nouveau et le mi- M en fuite. D'un autre côté, la on* aime et la huitiùne légion, séparées l'ooe de l'autre , avaient battu ceux du Ycnntodoîs, qu'elles précipitèrent du km en bas jusqu'au bord de la rivière. Aiitti presque tous les ennemis du front <t de l'aile gauche ayant disparu , il ne RSait que l'aile droite, où la douzième tt h septième légion combatuiient à fKiqiie distance l'une de l'autre , lors- (|Qe ceux du Uainaut, faisant un gros fiorpB ccmduit par Boduognat leur<roi , went les attaquer » et comme elles teioit absolument à découvert , ils les prirent en tête et en flanc , tandis qu'une partie de leurs troupes alla s'emparer de notre camp.
^. En même temps notre cavalerie tt notre infanterie légère qui avaient combattu ensemble, et qui , comme je 1 ai dit, avaient été rompues du premier ^f retournant au camp, rencontré- Kat de front les ennemis et s'enfuirent
d'un autre côté. Les valets de l'armée, qui 9 du haut de la montagne, virent nos soldats victorieux passer la rivière, étaient cependant sortis par la porte de derrière du camp pour piller; mais lorsqu'en se retournant ils aperçurent les ennemis dans notre camp, ils s'enfuirent avec la plus grande rapidité. Au milieu de ce tumulte on entendait les cris et les frémissemens de ceux qui conduisaient le bagage, que l'effroi faisait fuir à leur arrivée , l'un d'un côté et l'autre de l'autre. Enfin le désordre devint si grand, que la cavalerie de Trêves, en très^grandc estime chez les Gaulois, et qui était venue trouver César pour l'aider dans cette guerre, voyant notro camp plein d'ennemis, nos légions pressées et presque enveloppées , les valets, les cavaliers, les frondeurs, les gens de trait , dispersés partout et fuyant de totis côtés; persiuidéeque tout était perdu , se retira dans son pays, et y publia la défaite entière des Romains, la prise de leur camp et de leur bagage. 25. César, après avoir exhorté la dixième légion, passe à la droite, y trouve les troupes fort pressées par l'en* nemi, les enseignes de latlouzième légion réunies dans un même endroit , et les soldats entassés à l'entour se nuisant les uns aux autres pour combattre ; tons les centurions de la quatrième cohorte tués» l'enseigne mort, le drapeau pris; presque tous les centurions des autres cohortes tués ou blessés, entre autres SextiusBaculus, primipile, très-brave officier, qui était percé de tant de coups qu'il ne pouvait se soutenir ; le reste découragé, quelques-uns se voyant abandonnés, sortant de la mêlée sans oser résister à l'ennemi , qui en montant les attaquait en front et eu flanc, de sorte que les affaires semblaient désespérées , sans qu'aucun corps de réserve pût venir les rotablir. A celle vue, César
7iS
ttÈk^é
arrache le bouclier d'Un soldaf des der« niera rangs » parce qu'il é[aii venu dam le sien , s'avance à la tèlQ des troupes , appelle chacun dos centurions, encourage le reste , ordonne aux troupes de charger l'ennemi ^ et bit desserrer les rangs afin de pouvoir s'aider plus aisô^ ment de l'épée. Sa présence réveilla l'espoir, fit revenir le courage au soldat; etinalgrérexirémitéoùleschoses étaient réduites» chacun lâchant de se surpasser sous les yeux de son général» Tardeur de l'ennemi se relâcha peu à peu.
26. Ensuite s'apercevant que la sep* tième légion qui était voisine se trou* vait aussi pressée, il avertit les officiers de faire joindre insensiblement les deux légions et de marcher ainsi réunis à l'ennemi. I*ar celte manœuvrc, ses troupes étant en état de se soutenir les unes les autres ^ et ne craignant plus d'Ôire enveloppées, té»
moîgnent plus de vigueur et de fer* meté. Sur ces entrefaites» les deux le* gions qui eicortaient le bagage» ayant appris le combat, doublèrent le pas, et furent aperçues des ennemis sur 16 haut de la montagne* De son côté.
Té Labiénus qui se trouvait maître du camp ennemi , ayant découvert de la hauteur ce qui se passait dans le n6« tre» détache la dixième légion pour nous secourir* Elle comprit sans peine»
par la fuite de nos valets et de notre cavalerie, que nos aiTaires étaient en mauvais état » et qu'elle n'avait point de temps à perdre» pour tirer notre camp» nos liions» et César lui-*mème du danger où ils étaient.
S7« Son arrivée apporta un tel chan* gementi que ceux ihème qui étaient couchés par terre à cause de leurs bics* sures revinrent au combat appuyés sur leurs boucliers : en même temps»
les valets sans armesi qui voyaient l'en** nemi effrayé, se jetèr«mt sur leurs sol-
dats; et la cavalerie» pour efla(îër la honte de sa fuite, combattait portoui à l'envi des légionê avec une extrMie vigueur. Dans cette extrémité» l'enneini même parut augmenter de valeur i car Tun n'émit pas plutôt tombé»
qti*un autre prenait sa place » et corn*battait sur son corps ! et du haut de ces cadavres amoncelée» ils lançaient de» dards contre nos gens» el nooi renvoyaient les traita que noué leur avions Jetés. Ôd ne doit donc pas èlre surpris que des hommes ausêl bmves eussent osé traverser une large rivière^ en escalader les bords hauts et éaoar* pés ) et combattre en un poste désftvan** lageuk : la grandeur de leur cduraga leur rendait faciles les choses les plut difOcîles.
W, Ce combat flni » où la race ei le nom des peuples du Hainaut fun^m presque entièremeiU étein», les vMU lards > les femmes et les enbnSi qui« comme on l'a dit» s'étaient retirés dans des marais Inaccessibles» inâtfuiis du désastre» virent bien que comme rim ne fiouvait plus arrêter le vainqueur»
il n'y avait pas de lieu sûr pour eux ; ainsi» du consentement de ceux qui étaient échappés » ils députèrent veM César» se rendirent à lui » et i dans le ré* cit de leurs mallieurSt ils lui dirent que de six cents sénateurs» ils étaieni réduits à trois; et que de soixante mille combaltans» à peine en restaii^tl cinq cenu en état de porter les armes. Gésar^ usant de démence envers ces malheu* reux, prit soin d'eux , fendit leur paye et leurs villes » et défendit à leurs toi<^ sins de los instflter» et de tirer Avaii«» tage de leurs disgrâces.
39. Ceux de Mamur» qui» oamme on l'a dit » venaient au aaomrs itas pM* pies du Hainaut » aveu toutes leuM <br« ces» ayant appris leur entière défaite , febroussôi«nt chemin; et aprfts avoir
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lwi€S levrt tilte «l leon c» iWm feftfannèreni «fec tout eeqa'ibftiriieiil , dans oneteule plaœ, tgUfcm par too aMMiie nttarelle. Toot Ofiioiioée d€ tràs-lMoli rocHtra et de elle n'atAit qu'une seule d'eof iron deux cents pieds de ciu'ils fortifièrent d*on double •oMenu de gros quaniers de et de poutres pointues, enfoneies déni le mur. Cette nation desceadah de ers Cimbies et deci9 Teutons qui» passant dans notre province et en llalie , laissèrent en-deçà du Rhin ce qui les embarrassait , et es qu'ils ne pouvaient emporter, avec six mille des leofs pour les garder. Après leur dé* bite , œut-d forent long-temps inquiétés par leurs voisins , soit qu'ils les at« t, soit qu'ils se défendissent; 1» a jant bit la paix d'un commun aocoid» ils s'établirent en cet endroit. SO. ▲ la première arrivée de nos troupes, ils firent d'abord plusieurs sorties, et livrèrent quelques petits combats; mais à la fin ils furent arrêtés par ttoe cinxmvallaiion de douae pieds debaot etdequinxe milles de tour,sou»
tenue de foru tiès^voisins les uns des autres. QiHind ils virent nos approches bàm h la faveur des manteleis, bi terraase élevée» et plus loin construire •ne tour; du haut de leurs murailles, tk BOUS demandaient en railhint ce que nous voulions faire d'une si prodigieuse machine, quelles forces de petits hommes, comme nous leur paraissions, pottrnifem*ils trouver pour remuer une si lourde matae, et la joindre à leurs remparts? car la plupart des flaulois, qui sont de grande taille, BOUS méprisent k cause de notre p&-
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a . Hais lorsqu'ils la virent s'ébranler et s'avancer vers leur irillc, ils étonnés d*une clio^e dont îIm
n'avaient pas la moindre idée, qu'ils députèrent à César pour lui demander b pais. Ils lui dirent qu'ils voyaient bien que les Romains étaient favorisés du secours des dieux dans leurs guerres, puisqu'ils remuaient une si haute et si pemnte masse avec Uintde facilité et de promptitude, afin de pouvoir les attaquer de près; qu'ils se remettaient entre ses mains avec tout ce qu'ils possédaient; qu'ils ne lui demandaient qu'une seule grftoe, en cas que sa clémence, qu'ils avaient entendu Uint vanter» l'eût déterminé à conserver ceux de Namur; c'était de ne pas leur 6ter leurs armes; que presque tous leurs voisins, par haine ou par envie, étaient leurs ennemis, et qu'ils ne pourraient se défendre contre eux s'ils étaient forcés de livrer leurs armes; que s'il voulait les réduire à cette triste extrémité, ils aimaient mieux périr sous les coups du peuple romain, que d'être maltraités par ceux auxquels ils avaient coutume de commander.
59. César répondit qu'il conserverait la nation, moins parce qu'ils l'avaient mérité que parce que c'était sa coutume de faire grAce, si, pour se rendre, les assiégés n'attendaient pas que le bélier eût touché leurs murailles; mais qu'il ne pouvait se laisser fléchir qu'à condition qu'ils remettraient leurs armes; qu'il en agirait avec eux comme il avait fait avec les peuples du Hainaut, et qu'il défendrait à leurs voisins de rien en^ireprendre contre ceux qui s'étaient rendus au peuple romain. Sur le rapport des intentions de César, ils se mirent en état d'obéir : du haut de letirs murailles , ils Jetèrent tant d'armes dans le fossé, que le monceau en était presque aussi haut que le mar et que notie batterie ; cependant ils en avaient ca« ché environ le tiers, comme il parut par la suite. Rnsuite ils otivrirent leurs
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pories, et furent tranquilles lereMedu jour.
33. Sur le soir» César fit fermer les portes et sortir les siens » de peur que, la nuit, les soldats n'insullassent les habitans. liais ceux-ci» par une trahison concertée d'avance, et s'inoaginant que nos lignes» à cause de leur soumission» seraient ou dégarnies ou négligemment gardées» prirent les armes qu'ils avaient cachées» se munirent de boucliers d'écorces d'arbres ou d'osier»
qu'ils avaient à la hâte couverts de cuir; puis» vers minuit» ils sortirent tout-à-coup de la ville avec leurs forces réunies» pour attaquer notre camp du côté qui paraissait le moins fortifié.
L'alarme ayant été aussitôt donnée par des feux » suivant l'ordre de César » on y accouMit en diligence de nos forts voisins. Les ennemis se battirent comme des bntves qui sont dans le plus pressant danger; leur position était désavantageuse; on leur lançait des traits du rempart et des tours ; et ils n'avaient d'espérance qu'en leur courage. On en tua quatre mille; le reste fut repoussé dans la ville. Le lendemain, les portes ayant été forcées sans opposition » César entra dans la |)lace avec toute son armée » et fit vendre à l'encan tous les habitans» qui» suivant Téiat que lui en fournirent les acheteurs» montaient à cinquante-trois mille âmes.
34. Dans le même temps» il apprit de P. Crassus» qu'il avait envoyé avec une légion contre ceux de Vannes » du Cotentin» et de Saint-Paul de Léon , de Tr^uier et de Saint-Drieu» de Quimpercorentin» de Séez» du Maine, du Perche» d'Évreux et de Rennes» peuples maritimes situés le long de l'Océan» que tous ces états avaient été réduits sous la puissance des Romains.
35. Par-là toute la Gaule ayant été pacifiéiî, cette guerre fit une telle im-
pression sur les Barbares» que les nations situées au-delà du Rhin envoyèrent offrir à César de se soumettre» et de lui donner des ouges. César les remit à l'été suivant » parce qu'il était pressé de retourner en Italie et en Illy« rie. Aprcsavoir mis ses troupes en quartier d'hiver dans l'Anjou » la Touraihe et le pays Chartrain» toutes contrées voisines des lieux où il venait de faire la guerre» il partit pour l'Italie ; et, sur la relation de sa campagne qu'il envoj'a lui-même au sénat» on ordonna quinze jours de prières publiques; ce qui ne s'était jamais fait.