CHAPITRE Xlïl
Qaii faut exercer les nouveaui soldats à lancer le javelot , À jeter des pierres avec la fronde , à tirer des flèches cl à lancer les flèches plombées.
Hais je reviens k mon sujet, le dis qu'il faut exercer le nouveau soldat au pilier, avec des dards et des javelots plus pesans que ceux dont on se sert à la guene. Lorsqull aura acquis de la fadiité k les manier, un maître lui en* seignera à les lancer avec un certain tour
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de bras, qui leur imprime un plus grand degré de foit», et qui les dirige aa pilier même, ou du moins lràs« prêt : exercice propre à augmenter l'adresse et la vigueur.
Il faut aussi faire tirer an pilier, le tiers ou le quart des nouveaux soldats , avec des arcs de bois et avec des flèches dont on se sert dans les jeux. Cet exercice demande des maîtres habiles ) car il faut l'être pour former l'archer à bien manier son arc , à lui donner toute la tension possible , à tenir la main gauche ferme et immobile, k conduire bi droile aveo méthode, k fixer également son œil et son attention sur l'objet qu'il a pour but; en un mot, k tirer juste , soit à pied , soit à cheval.
On ne peut répéter trop souvent, ni trop attentivement , cette espèce d'exer** cice, dont Gaton démontre Tutilité dana son traité sur la discipline militaire* Ce ne fut qu'après avoir formé d'excel-* lens archers, que Glaudius vainquit un ennemi jusqu'alors son vainqueur*
Scipion l'Africain, prêt k livrer corn* bat aux Numantins , qui avaient fait passer l'armée romaine sous le joug, n'imagina rien de plus propre k se rendre supérieur, que de môler dans chaque centurie des archers d'élite.
Il est encore fort utile de former les nouveaux soldats à lancer des pierres , soit avec la fronde, soit avec la main. Nous devons, dlt*on, l'invention et l'usage de la fronde aux premiers habitans des îles Baléares. Ils portaient si loin les précautions pour s'y perfectionner, que les mères ne donnaient, pour aliment aux enfans dès leur bas ftge, que ce qu'ils avaient abattu k coups de fronde.
La pierre qui part d'une fronde,
ainsi que toute autre machine , est plus
meurtrière que quelque flèche que ce
I soit , contre un ennemi armé de toutes
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YÉGtoS, U«. 1.
pièces ; ctr quoiqu'elle m cause point de fracture à aucun membre » el qu'elle ne tire point de sang, elle ne laisse pas de porter des coups mortels. Aussi, nos andené s'en serment - ils comme d'une arme d'autant plus commode, qu'elle ne charge point le soldat. Elle est aMSsi d'un usage fréquent à la guerre , soit qu'on ait à combattre sur un terrain pierreux, soit qu'on ait à défendre l'approche d'une montagne, d'une colline, d'une ville ou d'une forteresse.
Il est bon d'exercer le nouveau soldat à lancer ces dards nonunés plumr batœ. Nous eûmes autrefois en lUyrie deux liions de six mille hommes chacune» qui les lançaient avec tant de force et d'adresse , qu'on les distingua par leur surnom honorable de Jforlto* barbuU. On leur dut pendant long* temps un si grand nombre de victoi^ res, que les empereurs Dioctétien et Maximien les appelèrent Joviens et HercuUens, les préférant à toutes les autres légions. Us portaient toujours cinq de ces dards cachés dans l'intérieur de l'écu; de sorte qu'en les lançant à propos, tel qui ne paraissait armé que de la lance et de l'écu faisait tout d'un coup fonction d'archer, blessant hommes et chevaux, avant qu'on en vînt aux mains et môme aux traits.