‹ Bibliotheque militaireChapitre 93 sur 614 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

De quelles armes se servaient les aDcieos.

L'ordre demande que nous parlions maintenant des armes offensives et défensives du soldat , sur quoi nous avons tout-à-fait perdu les anciennes coutumes; et quoiqu'à l'exemple des Gotbs, des Alains et des Huns, nous ayons ajouté quelque chose aux armes défen-

ytÈCÈOL,

siv«t de Mlle cttalerie» aoiis atons toujours laiaaé notre infâDierie déoouverie; cependant, depuis la fondation de Rome jusqu'à Tempire de Graiien, die afait toujours porté le casque et la cninsse ; mais lorsque la paresse et la négligence eurent rendu les exercices moins fréquens, ces armes, que nos addals ne portaient plus que rarement, leur parurent trop pesantes; ils demandèrent d*abord à être déchargés de la cuirasse 9 ensuite du casque; en s'ex« posant ainsi à découvert aux flèches des Goths, ils en furent souvent dé* bits. L'expérience ne nous corrigea pts; et malgré la perte d'une infinité de Tilles considérables , qui suivit nos défaites» aucun de nos généraux n'imagina de rendre à rinfiinierie ses arm^ défensives, il arrive de là qu'un soldat exposé, pour ainsi dire à nu»

aux armes de Tenaerni, pense bien pins à fuir qu'à combattre. Que veuton que fasse un archer à pied, sans casque, sans cuirasse et même sans bouclier? car il ne le peut tenir en même temps que son arc. QueUe défense auront nos enseignes, obligés de tenir la pique de la main gauche, s'ils n'ont ni la tête, ni la poitrine couverte? liais , dit-on , la cuirasse et souvent même le casque accablent le fantassin ; oui, parce qu'il les porte rarement; au lieu que le fréquent usage de ces armes les lui rendrait plus légères, quelque pesantes qu'elles lui eussent semblé d'abord; mais comment ce môme homme qui craint en les portant de s'exposer à la fatigue iM craint-il pas de s'exposer aux blesstires, à la mort, et ce qui est encore plus cruel pour un bon citoyen, à la l^nte, ou d'être fiiit prisonnier, onde trahir sa patrie par la fuite? Ainsi donc eft évitant de se fatiguer, il se fait tuer ^^>A se défendre : geme de mort plus

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digne d'une brute que d'an homme.

Pourquoi donnait-on autrefois le nom de mur à notre infanterie, sinon parce que le bouclier, le javelot dont elle éttit armée, le casque et la cuirasse, dont elle était couverte, lui donnaient, en quelque laçon, la force en même temps que la figure d'un mur.

On poussait môme alors si loin la précaution des armes défensives, que l'archer poruit uu brassard au bras gauche; et le fantassin destiné à com- J^ttre de pied ferme, une grande bottine de fer sur h jambe droite.

C'est ainsi qu'étaient couverts les soldats de la première, seconde et troisième ligne, qu'on appehit prince», hastaiM et triaire». Ceux-ci , metumt un genou en terre au premier moment de l'action, se couvraient de leurs boucliers, afin d'éviter les traits qui avaient passé les deux premières lignes; et si le cas l'exigeait , ils se levaient et chargeaient avec d'autant plus de force, qu'ils n'étaient ni fatigués , ni entamés : aussi les a-t-on vus souvent ramener la victoire, malgré la défaite des deux premières lignes.

Nos anciens avaient encore une infanterie légère qu'ils plaçaient principalement aux ailes. Elle éuilt armée de frondes et de javelots , et composée de soldats très-agiles et très-disciplinés. C'était par eux que s'ouvrait le combat ; mais en petites troupes, afin qu'elles pussent, en cas de nécessité, se replier sur la première ligne qui les reçoit dans ses intervalles sans se rompre.

C'est pourquoi on appelait ces fantassins interpedkei.

Jusqu'à notre temps, nos soldats avaient toujours porté une espèce de bonnet de peau à la pannonienne, afin que l'habitude d*avoir la tôte chargée en tout temps leur rendit plus léger le casque qu'ils portaient dans le combat.

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Le jtf ekM de rififanterid avait à eon extrémiié un fer mince triangulaire, long de neuf à douze pouces. Il perçait ordinairement un bouclier sans en pouvoir être arraché, et même une cuirasse, lorsqu'il était'Iancé par un bras vigoureux. Ces sortes de traits ne sont presque plus d'usage chez nous; mais beaucoup chez les Barbares qui en por« teut au combat deux ou trois chacun.

Ils les appellent bébra.

li est bon de remarquer que le soldat doit avoir le pied gauche le plus avancé, lorsqu'il veut lancer quelque arme que ee soit; attitude qui, laissant plus de liberté pour la vibration» augmente la force du coup; mais s'il en vient aux mains, c'est-à-dire s'il se sert du jV velot et de l'épée, il doit au contraire avancer le pied droit, afin d'avoir le flanc couvert , et le bras droit plus près de son ennemi ; conséquemment plus prêt à le frapper.

C'est ainsi qu'il faut employer tout Tart imaginable, pour que le nouveau soldat apprenne à se servir et à se pa« rer de toutes sortes d'armes; car dès qu'il ne craindra ni pour sa tête , ni pour sa poitrine, il sentira nécessairement augmenter sa valeur.

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