GUICHARD
(1) Ces strophes mises en musique par Alexandre Boucher, l'artiste excentrique surnommé le Napoléon du violon (à cause de sa ressemblance physique avec le c< grand homme » de Tépoque), devaient être chantés par Vauteur même pendant l'inauguration du monument de Lesueur à Âbbeville (Août 1852). Le titre en est des plus singuliers, nous le copions comme curiosité :
c< Hymne d'apothéose au Lesueur des XVII I« et XIX<> siècles! Pour être chanté comme acclamation par l'auteur (son ancien ami), au pied du monument, à la cérémonie d'inauguration ! Dédié en hommage respectueux et amical à Madame Lesueur, épouse, mère et veuve exemplaire! Poésie de M. E. Villemin, musique par le plus ancien ami de Lesueur (doyen des virtuoses) Alexandre Boucher (père), dernier des violonistes classiques précédents, et premier des novateurs d'actualités, directeur des musiques en cours étrangères, membre d'honneur d'académie, etc. »
Malheureusement, pour sa gloire ou pour sa peine, Alexandre Boucher tomba malade et ne parut pas à la cérémonie .
GREGOIR (Joseph), mort à Bruxelles en 1876. Après lexécution de son Faust, exécuté à Anvers, le 27 Janvier 1847.
En ce jour, ô Gregoir par un honneur insigne
Dont ton rare talent vient de te rendre digne.
Reçois de la cité Thommage triomphal
Décerné à ton Faust ; poème musical,
Aux sons harmonieux riches de mélodie.
Plein de grâce en vos chants et brillants d'harmonie.
Poursuis, Gregoir, poursuis ; ô artiste inspiré !
D'Euterpe favori, tenant l'archet sacré
Fais encore vibrer sur le luth et la lyre,
De ton art enchanteur, les sons qu'Amour inspire.
Et marches sur le pas de Lassus, de Gresnich,
De l'illustre Anciaux, et du divin Grétry.
Lègue aussi tes travaux, ton nom à l'avenir
Gloire si légitime... et brillant souvenir.
Et regarde d'un œil, ah ! oui. d'un œil d'envie
Le renom immortel qui charme et te convie.
Edouard V. C.
GREGOIR (EDOUARD).
Vers sur la Mélancolie, poème musical pour le piano.
Tandis que le clavier sous ta main exercée Résonne, et reproduit des accords mélodieux, Tandis que ta musique, en tes rêves créée, Me ravit par ses sons tendres et gracieux. Où tandis qu'inspiré par la Mélancolie Qui s'empare de toi dans tes tristes momens, Tu captives mes sens, loin dans ma fantaisie Je m'égare et me perds en des rêves charmants : Je crois voir un lac noir, d'une pâle lumière Éclairé faiblement au fond d'une forêt.
Où la profonde nef d'un sombre monastère. Où le soleil couchant jette un dernier reflet ;
Je vois la vaste Mer, dont après la tempête
Les flots encor troublés, se baissent lentement ;
Un esquif naufragé, qu'elle jette et rejette
Sur de vastes rochers, ballotté par le vent.
Puis j'entends de la nuit la voix mystérieuse
Se mêler à la voix de l'orage expirant.
D'un rapide torrent la course furieuse.
De la cloche des morts le son plaintif, et lent ! . . .
Mais pourquoi donc, hélas, chercher dans la matière
Pour rendre ce qu'on sent, par tes sons emportés ?
Ah ! il vaut mieux de voir dans l'âme toute entière
Les sentiments d'un cœur sensible et désolé.
i6 Mars 1840. ThawseND de Londres.
Autre :
j Mijnheer ! was 't niet zoo koud ik deed mijn snaren hooren,
! Om 't muzikaal gevoel dus streelend te bekoren,
Doch eens speel ik te eer van U, 't zij voor of naar, Thans wensch ik U veel heil en luk met 't nieuwe jaar !
I Janvier 1845. J. Bellens, poète flamand.
BLOCKX (Jean), jeune pianiste-compositeur à Anvers.
« 'k Bestijg den Helikon, om groene lauwerblaren, )) een jongen held ter eer, tôt eenen krans te garen, » ik laaf mij aan de bron, die dichter worden doet, — » toch vind ik woord noch klank, waard om den God der » te vieren, dien 'k bezingen moet ! » [snaren
« Mijn zangster, vloei uw stem met mijne stemme samen, » zeg hoe hij zelfs Apol', al zingend, zou beschamen, » en gij gewiekte Faam, vermeldt het over de aard, » hoc heerlik, vol en puur zijn tonen klinken... » Amen ! 'k dank verder nu voor de aadlaarsvaart !
Hadt gij geleefd, mijn vriend, zoo wat een honderd jaren,
geleden, waargewis deroem u wedervaren,
van *t rederijkersvaars, der godentaal ontvoerd :
ik doelde nooit zoo hoog, schoon ik geen lof wil sparen
één woord zegt wat ik meen : mij heeft u lied ontroerd.
1877. V. A. DELA Montagne.
CHIAROMONTE (M"^), cantatrice.
En brève obsequio el galardon recibe Que a tu esquisito mérito se ofrece, Lo que tu génio musical concibe Mucho se aprecia, pero mas merece;
Cine tu frente de preciosas flores, Tu a quien el aura carinosa inspira, A quien las aves cuentan sus amores, Y un pueblo entero complacido admira.
Hija de apolo y Talia Acepta esta obsequio, y cuenta Que si una mano la envia Todo un pueblo représenta.
Bilbao, 1861.
BRANCHU (M"<^ Chevalier), excellente cantatrice française de ce siècle.
Chevalier quelles sûres armes Pour mettre un amant sous vos lois !
Vous séduisez par votre voix Les cœurs échappés à vos charmes.
BÔHME (Auguste), tromboniste allemand, s est fait entendre dans les concerts en 1875.
Die schônsten Engel bliesen Sie bliesen hell und klar, Doch unter allen diesen Ein ganz besondrcr war ;
Er blies mit der Posaune Was Schônes und was Guts, War imer heitrer Laune Und ewig frohen Muths ;
Er soll im Thaï der Màngel Uns stets willkomen sein, Ein solcher adler Engel Kann nur ein Bôhme sein.
C ATAL AN I (Angélique), célèbre cantatrice italienne, morte à Paris, le 12 Juin 1849. Cette admirable artiste donna en 1819 deux concerts à Anvers. Le F eut lieu le 25 février, le second le 28 du même mois. A cette occasion, M. Guedon de Berchere composa les vers suivants :
Remercimens de la ville et Anvers à Apollon.
Sois loué, puissant dieu des arts !
Anvers avec reconnaissance, Voit aujourd'hui dans ses remparts Les bienfaits de ton influence.
MEZERAY (M"«), première chanteuse du Théâtre royal de Gand.
Mezeray, depuis que ta voix Si douce, si mélodieuse.
Et ta figure gracieuse Charment tant le public gantois ;
Je sais, fauvette harmonieuse.
Tous les bravos que tu reçois, Mais une Muse audacieuse Tapplaudît-elle quelque fois?...
Je viens, dans cette rêverie.
Poète inexpérimenté, Te déclarer la vérité :
Ton chant, c'est la pure harmonie, Ton jeu, c'est la grâce infinie.
Et ton minois, c'est la beauté.
Autre :
oe nom, Cécile, est un reflet harmonieux ; ti]lle est reine du chant ; en novembre on la fête, ohez toi de tels accents sont purs, mélodieux. H-inspirent le poète ; ô gosier de fauvette I r'aissez moi raviver ces trils si gracieux, Wt de tes grands succès te fêter, mignonnette.
Sa muse du Barbier encense sa Rosine,
nt de la Dame blanche, Anna, Tange discret.
tvjéphir, tu m'as soufflé de Mignon sa Philine,
frjt de Faust, Marguerite ! des Dragons, la Friquet,
poavissante dans tout, gracieuse et mutine,
>joutons à tes dons : beauté, voix, mille attraits,
N^eux noirs, vifs et brillants ; autant de perles fines.
Gand, 22 Février 1877.
DE LA LANDE (Michel), mort à Versailles, le 18 Juin 1726, âgé de 67 ans.
Mortels, c'est de ce beau délire.
Que sont nez parmi nous des accords touchants. A deux Divinitez La Lande doit ses chants ; Apollon le forma, c*est Louis qui Tinspire.
(Sous son portrait gravé par Thomassin, d après le célèbre Santerre. )