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que Ton est toujours étonné d'obtenir d'un si grand nombre de sujets assemblés. ,,
Artistes : M°»«» Trial, Bellioni, Moulinghen, MM. Trial, Clairval et •Nain ville.
Ces quelques lignes prouvent combien la musique de Grétry était du goût du public et quels sentiments d^admiration elle inspirait aux critiques.
— 1778. Samedi 27 juillet. Le Jugement de Midas. " Cette pièce a été très-favorablement accueillie.
La musique n'est point au-dessous du talent de Grétry. On a beaucoup applaudi de très-beaux morceaux d'harmonie, des trios, des quatuors ; mais peut-être desireroit-on dans le rôle d'Apollon un peu plus de ces chants si mélodieux auquel Grétry nous a accoutumés. Au reste, le Jugement de Midas avoit été essayé sur un théâtre particulier, et le succès qu'il avoit eu annonçoit celui qu'il vient d'avoir sur le théâtre italien, et qui est égal aux plus grands succès qu'ait eus Grétry.
Grand succès donc. „
" On continue toujours avec le même succès les représentations du Jugement de Midas, de Grétry.
Le grand succès du Jugement de Midas ne doit pas être seulement attribué au mérite de l'ouvrage ; il y auroit de l'injustice à ne pas y faire entrer pour quelque chose le jeu des acteurs, Clairval, Nainville, Trial, Narbonne, Rosière et M™® Gazon (Dugazon). „
— 1778. Grétry a inséré cette année une lettre dans un journal de Paris. La Harpe, littérateur et critique, prétendait dans un écrit que le duo de l'opéra Sylvain : Dans le sein d'un père, était parodié d'un morceau de l'opéra Lucile.
Voici la lettre de Grétry :
" Ne seroit-il pas nécessaire. Messieurs^ qu'en écrivant sur un sujet quelconque, l'auteur voulut bien s'instruire des faits avant que de les publier? On m'a averti qu'il s'est glissé dans le dernier Mercure, une erreur que je puis laisser subsister. Il y est dit que le duo de Sylvain : Dans le sein d'un père, est parodié, et moi je vous assure. Messieurs, qu'il ne l'est point et ne l'a pu être.
J'espère que vous voudrez m'en croire sur parole et détruire ce petit mensonge, en insérant ma lettre dans votre prochain numéro.
Grétry. „
— - 1779* Samedi 13 novembre. Les Événements imprévtis, opéra, domié à la Coménie italienne.
" La musique est de Grétry, compositeur plein d'esprit et de grâces, qui jusqu'ici a compté ses suc:cès par le nombre de ses ouvrages. Cette composition paroit avoir été taite dans l'idée de lutter ou de se raprocher du genre des auteurs italiens, dont on exécute les opéras bouffons sur le théâtre de l'Académie royale de musique. Si telle a été son intention, il l'a souvent remplie à la satisfaction des amateurs.
La finale du premier acte; le duo dialogué du second entre Lisette et René; le commencement delà finale du même acte jusqu'au moment où la Comtesse arrive; le duo de la scène cinquième du 3°*® acte entre Lafleur et René ; tous ces morceaux sont bien faits, écrits dans le style qui leur convient, et ont mérité tous les suffrages qu'ils ont obtenus. Nous avons trouvé de la confusion et des oppositions un peu brusques dans le quatuor du second acte : Ah ! que je suis à plaindre ; nous aurions désiré plus d'ordre, et une distribution mieux entendue dans les parties de chant qui terminent la finale du second acte. On est en quelque façon convenu de ne chercher que des effets de musique dans les opéras bouffons italiens ; nous ne croyons pas qu'on ait encore fait, ni qu'on puisse faire cette convention pour les ouvrages qui appartiennent à notre théâtre. Il est essentiel que nos musiciens n'emploient qu'avec la plus grande économie ces effets bruyants et prolongés qui ralentissent l'action, privent le spectateur de l'intelligence du drame, et nuisent par conséquent à l'intérêt.
Grétry est plus fait qu'un autre pour sentir la justesse de ce principe, auquel il nous semble qu'il a manqué de tems en tems, dans l'ouvrage dont il s'agit •
Artistes : M™®* Dugazon, Bellioni, Colombe, Gonthier, MM. Michu, Qairval, Suin, Trial, René et Rozières.
M™* Dugazon se distinguait particulièrement. „
Lors de la i" représentation de l'opéra : les Événements impréviM, joué en 1779, nous lisons dans un journal :
" Cet ouvrage a été joué à Versailles avec beaucoup de succès, et n'a pas été moins bien accueilli sur le théâtre de la Comédie-italienne. „
Un abus dont déjà on se plaignait il y a cent ans, c'est l'excès du bruit
— 1784. 15 janvier. La Caravane, (1) à l'Opéra.
^ La seconde représentation n'a pas eu moins de succès que la pre*
mtère. Cette pièce est certainement dans le genre (A Grétry a donné des preuves si multipliées du plus grand talent, présente des tableaux les plus variés et les fêtes les plus agréables.
Le musicien a parfaitement profité de la variété des situations ; le chant des Esclaves en opposition avec celui des voyageurs Kbres, contraste d'une manière très agréable. Le moment oh Je chef injure silence est plein de force et d'esprit ; il fait le phis grand honneur au musicien ; enfin, le départ de la caravane termine cet acte de la manière la plus heureuse, parce que le compositeur a trouvé un motif qui rend agréablement l'idée qu'on peut se former d'un pareil départ Le trio entre le Pacha, le chef et le marchand, présente de grandes difficultés pour la musique. Grétry s'en est tiré en maître habile accoutumé depuis longtems au langage de la vérité. La musique de ce petit dialogue est pleine d'esprit et de l'expression la plus vraie. Le succès a été aussi complet qu'il peut l'être à une i'® représentation. On ne se fait difficulté de le compter au nombre des chefe-d'œuvre de Grétry, et on sait combien ce compositeur en a déjà produits. „
" La Caravane est un opéra tout à la fois délicieux pour la musique et très favorable pour la danse ; c'est là qu'on peut goûter pleinement le charme des deux arts réunis. Cet opéra si supérieur à tout ce qu'on nous donne, cet opéra qui amuse d'un bout à l'autre, a rarement un nombre de spectateurs proportionné à ses agréments. (i8i3).„
La Caravane a été reprise en 1813.
" L'ensemble de cet opéra réussit tout ce qui peut flatter les sens : musique, danses, décorations, spectacle; le gracieux s'y mêle au pathétique, et les images voluptueuses y sont à côté des situations touchantes.
La musique des danses a une couleur orientale : le compositeur nous transporte en Egypte, de même que dans Richard cœur de Lion, „
— ^784. Jeudi 18 mars. Théodore et Paulin. " La musique est de Grétry. Nous nous contenterons d'observer que le compositeur a parfaitement bien rendu l'esprit de chaque situation, et que ces chants
(1) Le 27 Janvier 1784, on donne au thé&tre italien la l'« représentation de : Le Marchand de V Esclave ^ parodie en 2 actes de la Caravane,
Le 6 février, on en donnait la 4°^« représentation.
La Ckiravane est un des opéras de Grétry qui se sont soutenus jasqu*en 1825| U toX toujours vivement acclamé.
variés sont tour-à-tour pleins de sensibilité, de grâce, et toujours simples et faciles. Grétry a le rare mérite de savoir distinguer le comique du trivial, et de sentir que chez une Nation où la plaisanterie même peutêtre goûtée, à besoin d'être accompagnée de grâce et de délicatesse. „
Acteurs : M"®^ Trial, Adeline, MM. Michu, Trial et Meunier. Cet opéra, à cause du poème, n'a été joué qu'une fois.
— 1785. Reprise de Richard cœur de Lion.
" On a donné avant-hier Richard, avec les changemens, c'est-à-, dire avec un acte de plus.
Le 3°*® acte avait essuyé des critiques. Npus ne ferons pas l'analyse d'une pièce que tout Paris a couru voir en foule.
Au reste, les deux premiers actes ont été reçus comme à l'ordinaire, avec le plus vif enthousiasme, et même dans les deux autres on a applaudi de très beaux morceaux de musique que Grétry vient d'y ajouter, et qui portent tout le talent inépuisable de ce compositeur.
Le nouveau dénouement de la pièce de Richard, qui consiste dans le siège de la forteresse où le roi est détenu, eut avant-hier le plus grand succès. Le public l'a marqué par sa satisfaction, par des appels multipliés.
Le siège est, dit-on, de la composition de Vestris; l'exécution n'a rien laissé à désirer. Après la toile baissée, on a demandé pendant très longtems lauteur ; à la fin Grétry s'est montré au milieu des acclamations universelles. „
Le public a cette époque, pour montrer sa s)rmpathie à l'auteur de la pièce, demandait à grands cris les compositeurs.
Cette fois-ci, Grétry a paru, après bien des instances, sur la scène, entraîné par les principaux artistes.
Par contre, quand l'opéra paraissait médiocre, le public ne se gênait pas pour siffler.
^ La réunion de ces deux talens (Sédaine et Grétry), promettait beaucoup, et il paraît que le public a trouvé qu'on lui avait tenu parole, car il a demandé les deux auteurs avec les plus grands applaudissemens. Pour Grétry, il faut que son talent soit d'une bien riche fécondité. On dirait que son imagination se ranime sans cesse, au lieu de s'épuiser, et que loin de se répéter, il devienne tous les jours plus op^rinale. „
— 25 janvier. Panurge^ grand opéra en 3 actes.
" Les deux représentations de Panurge, ont confirmé ropînion que nous avons manifestée sur le succès de cet opéra.
On ^est plu généralement, à applaudir les détails charmans dont Grétry a semé Touvrage. Ce compositeur fécond n'a point encore donné à ce spectacle d'ouvrages dans ce genre.
Les endroits les plus applaudis sont : i^ Dans le i*' acte, le contraste du bruit de tonnerre avec la joie des habitans de Tisle, l'arrivée de Fanurge et son embarras sur le choix de logemens qui lui sont offerts.
Au 2"* acte, l'air chanté par M™® Maillard : Chacun soupire dans ce jour ^ et dans la scène qui suit, M^^® Gavaudan y est applaudi avec transports.
Au 3°*® acte, la scène où les deux amans félicitent Panurge sur son grand mérite et sur les avantages qu'il en doit tirer. Ce trio, chanté par Laïs, Chéron et Rousseau, est très applaudi.
On ne pourra répéter à ce compositeur devenu depuis longtemps l'idole du public, de se ralentir en raison de ses succès ; les applaudissemens qu'il reçoit, ne sont pour lui que des encouragemens et ne lui servent qu'à contracter, pour-ainsi-dire, avec le public, de nouveaux engagemens. Qu'il nous soit permis d'observer qu'il s'est montré cette année quatre fois sur les deux théâtres lyriques, et qu'il a obtenu quatre succès. Jamais le compositeur n'a montré plus d'esprit, plus d'intelUgence de la scène que dans la pièce de Panurge, et jamais son incroyable variété n'a été mieux remarquée; cette variété précieuse s'étend jusqu'aux airs de danse, qui tous ont plus ou moins un caractère particulier.
Artistes: M"*® St. Huberti, Maillard, MM.Cliéron, Rousseau, Gavaudan jeune et Laïs.
Les ballets sont de la conception de Gardel. „
— 1786. 16 novembre. Les Méprises par ressemblance,
" La musique a reçu les plus grands applaudissemens. C'est toujours ce talent aussi varié qu'inépuisable, qui a enrichi de tant de chefs-d'œuvre nos deux théâtres lyriques.
Grétry a, dans ce nouvel ouvrage, pris tous les tons et exprimé tous les sentimens, avec autant de grâce que de vérité. „
Acteurs: M"«" Adeline et Caroline, MM. Trial, Meunier et Philippe.
— 1787. 26 décembre. 1" représentation de : Le Prisonnier anglais^ opéra comique en 3 actes, qui n'eut qu une seule représentation.
** La représentation du Prisonnier anglais, n'a pas étë heureuse.
Si l'auteur du poëme, prend le tems et le soin de revoir l'ouvragCt nous n'aurons pas la douleur de perdre la musique du célèbre compO" siteur qui s'en est occupé. „
On le voit, le poëme médiocre a été cause de l'insuccès.
I..es auteurs ont ensemble remanié la pièce, et le i8 janvier 1788, la 2*® représentation eut lieu.
" On a remis avec le plus grand succès le Prisonnier anglais^ le 18 janvier 1788.
Les morceaux de musique qu'a ajoutés Grétry, sont remarquables par leur nombre et leur beauté, qui a été vivement sentie. La plupart ont reçu les plus grands applaudissemens. „
— 1788. 6 octobre, i"^® représentation de l'opéra : Le Rival confi" dent^ en 2 actes. (Reprise.)
" Le Rival confident, remis hier avec succès, avoit paru pour la première fois au mois de juin dernier, ce qui nous dispense d'en donner ici l'analyse. La pièce avait réussi ; les auteurs, plus sévères que le public, l'ont remise avec des changemens; il y a trois ou quatre nouveaux morceaux de musique ; leur zèle a été payé par de grands applaudissemens. „
— 1789. I mars. Raoul, Barbe bleue, en 3 actes.
" La musique a paru faire le plus grand plaisir ; il y a des morceaux d'un pathétique déchirant; de grands airs, des morceaux d'ensemble, ainsi que de grandes beautés d'orchestre, ont excité les plus vifs applaudissemens. „
Artistes principaux : M"*** Dugazon, Michu et Chénard
— 17 mars, i^ représentation d^Aspasie.
" Le mérite de Grétry, auteur de la musique, est tellement reconnu, que nous nous dispensons de tout éloge. Plusieurs chœurs ont excité de grands applaudissemens. La scène entre Âspasie et Hipparette, scène principale de l'opéra, est parfaitement conduite et modulée avec intérêt. Les airs de danse, qui sont très nombreux, ont paru plaire généralement, cependant, malgré tous ses avantages, la pièce a éprouvé beaucoup de roomens de longueur, et plusieurs scènes des deux derniers actes ont excité de grands murmures. Le mécontentement a commencé à se manifester d'une manière bruyante à la scène où Hipparette vient de se confier à Aspasie elle-même» mais nous
présumons qu'en supprimant quelques vers qui ont déplu assez généralement, cette scène sera goûtée aux représentations suivantes. L'air de danse, dont Grétry a entretenu nos lecteurs dans la feuille dTiier, a été très applaudi : on a regardé comme une difficulté vaincue Tassenissement au rythme de Tair entier des Sauvages^ de Rameau, sans qu'il y ait d'ailleurs rien de commun avec ce même air.
Artistes : M**~ Maillard (Aspasie), Gavaudan cadette, MM. Lainez, Laïs, Chéron, Chardini et Le Brun.
La pantomime a été exécutée par M"® Elisberg, MM. Vestris et Guyon.
Danses : M^®* Perîgnon, Laure, Rose, Coulon, Deligne, Tirche, Duvaly, MM. Gardel, Favre, Huard, Guyon, Frédéric, Laborie, etc. „
— 1790. 12 janvier. Cécile et Ermance, La seconde représentation eut lieu le 16 février. " Cet opéra a été assez froidement reçu. La musique, qui est de Grétry, a offert plusieurs beautés, et on a lieu de croire qu'à mesure qu'on l'entendra on en découvrira encore davantage. „
La 6"* représentation a eu lieu le 28 février. Cet opéra n'a pas eu grand nombre de représentations, et c'est un succès d'estime.
— 13 janvier. Pierre le Grand, à l'Opéra.
" Dire que la musique est de Grétry, c'est annoncer à cet égard un grand mérite et un grand succès. „
. — 1791. 9 avril. Guillaume Tell, grand opéra.
** A l'égard de la musique des fêtes, de la fureur, des combats, voilà ce qu'elle exprime le plus souvent. Dire qu'elle est de Grétry, c'est annoncer qu'il s'y trouve des morceaux du plus grand mérite.
On a demandé à grands cris les auteurs ; ils n'ont pas jugé à propos de se rendre à ces tumultueuses invitations. „
— 16 avril. Pour la clôture des représentations de l'Opéra : Guillaume Tell.
" Des tableaux touchants, des traits où le patriotisme et l'amour de la liberté respirent, ont fait réussir ce drame. La musique est digne en tout du sujet et de la manière dont le poëte l'a traité. Grétry, qui en est l'auteur, a toujours l'art de donner à son c:hant le caractère des situations des personnages qu'il doit prendre. Il a fait plus dans cet ouvrage; il a le style particulier de la musique du pays où se passe l'action. „
Quand on l'a représenté le 9 avril 1791, le public a demandé à grands cris les auteurs.
— 1792. 17 octobre. Basile. Théâtre îtalieiL
" La musique a paru digne de Grétry. On y trouve plusieurs morceaux qui rappellent sa première originalité et qui prouvent que cette imagination si féconde n*est pas encore épuisée. „
La pièce des citoyens Sedaine et Grétry, intitulée Basile^ est tirée du roman de don Quichotte.
— 1794. 3 juillet. Apothéose du jeune Joseph Bara^ (victime de la révolution), fait historique, paroles de Lévrier, de la Bibliothèque nationale.
" La pièce a été fort bien reçue; on y reproche quelques longueurs.
L'auteur de la musique est le célèbre Grétry; on y retrouve toute cette fraîcheur, cette gaité, cette originalité piquante qu'on admire depuis si longtemps dans cet inépuisable et ingénieux compositeur. On a distingué surtout un air de Bara ; un de l'ivrogne dans lequel il rejette son bras avec sa manche, de la manière la plus comique, et un quintetto plein de chant „ (1)
— 1797. 10 janvier. Lisbeth^ paroles de Favières.
" La musique de cet ouvrage est de Grétry; on y retrouve toute la fraîcheur de sa jeunesse, avec la force de l'expérience. C'est une excellente réponse à ceux qui croiraient que les nombreux ouvrages de cet homme célèbre ont épuisé son génie. C'est le plaidoyer de Sophocle. Honneur à ce musicien-poëte !
La pièce est fort bien jouée en général. M"* Saint-Aubin surtout a été fort applaudie.
Cette pièce, dont oh a demandé les deux auteurs, qui n'ont point paru, a obtenu le plus grand succès.
A la seconde représentation, une couronne fut jetée des loges, avec une pièce de vers. On appela les auteurs ; Grétry parut, amené presque de force par M™* Saint-Aubin, qui, aidée de M"® Caroline, plaça sur sa tête cette couronne bien due à ses talents et à cette suite de triomphes qui le rendront immortel. „
— 17 janvier. Anacréon. " Théâtre des Arts. Encore un nouvel ouvrage de Grétry, encore un nouveau succès. Après deux ou trois ans de repos, la verve de ce compositeur inépuisable s'est ranimée avec plusde vigueur que jamais. -4nacr^on, qu'il vient de mettre en musique
(1) M. Félix Clément ne donne aucun détail sur ces deux dernières pièces.
pour ce théâtre, peut être mis au nombre de ses meilleurs ouvrages. On trouve presque partout la manière vraie, sensible, aimable et originale de ce compositeur célèbre. Les deux auteurs demandés, Guy et Grétry, onf paru. „
— 1799. 12 janvier. Elisca, Théâtre Favart.
" C'est le 12 de ce mois, à la première représentation à! Elisca^ que, pour la quarante-sixième fois, Grétry a reçu la palme due au talent
Nous parlerons peu de Tonvrage en faveur duquel ce compositeur a rappelé sa verve non moins poétique que musicale. Il est moins difficile d'adopter le genre créé par Sédaine, que de le remplacer. L'auteur d^Elisca, le citoyen Favières, n a cherché peut-être qu'un moyen d'offrir au citoyen Grétry une occasion nouvelle de retrouver les suffrages publics. Qu'on se figure un enfant condamné par des lois supertitieuses , à périr sur les bords du canal Mozambique, et on aura une idée du sujet d' Elisca ^ ou r Amour maternel.
Mais sans prétendre analyser ici, et approfondir toutes les beautés du nouvel ouvrage, il en est qui frappent tellement les moins connaisseurs, que leurs sensations premières ont dicté, comme par instinct, le jugement qu'ils doivent porter.
Tel est l'air de fureur chanté par le sauvage prêt à perdre son fîls ; un duo de nègres, petit chef-d'œuvre de naturel et de naïveté, qu'on fait répéter chaque fois, (quoique Grétry ait écrit lui-même qu'un bis détruit l'illusion pour un quart d'heure) le chant religieux du portugais et des jeunes africains ; surtout la marche des victimes vers le bûcher, morceau supérieur dans lequel on ne sait qu'admirer le plus, ou de la beauté du prélude, ou de la pureté du chant, ou de la force des oppositions formées par les cris d'allégresse des barbares.
En 1794, Grétry donna Càllias. Aucun nouvel opéra de lui n'ayant paru jusqu'en l'an 5, quelques personnes croyaient que ses nombreux ouvrages avaient épuisé son génie. Lisbeth paru ; son auteur fut couronné. Nous écrivions alors que c'était là le plaidoyer de Sophocle ; huit jours après Anacréon se fît entendre ; Elisca est aujourd'hui couronné : puisse Grétry plaider longtemps de cette manière la cause de son génie, au sommeil duquel cependant personne n'a plus le droit de croire. „
— 1803. Le 14 septembre on reprend t Epreuve villageoise^ pour la rentrée du célèbre Martin. On avait pris des mesures pour donner de l'éclat à cette représentation, qui obtint un franc succès.
Le Journal des Débats écrit :
" La pièce est encore du bon temps ; la musique de Grétry a souvent de Toriginalité, toujours de Tesprit, mais elle se sent de l'usurpation de Tharmonie sur la mélodie. „
Singulière appréciation.
L'opéra est joué par M™** Saint- Aubin, Gavaudan, Jaspers, MM. Chénard, Solié, Boucher et Darcourt.
— Le 15 septembre une reprise de VAmi de la maison a lieu. A ce sujet on lit dans un journal :
" Heureuse ouverture pour TOpéra-Comique que la reprise de VAmi de la maison^ et ce n'est qu'après de grandes difficultés qu'on est parvenu à monter ce charmant ouvrage. On jouait autrefois les pièces de Grétry de manière à déshonorer ce grand compositeur et à relater le public; on a senti enfin que le théâtre se ruinoit lui-même en mutilant ses chefs-d'œuvre.
On doit surtout savoir gré à Elleviou de s'être chargé d'un rôle qui sembloit peu conforme à la nature de son talent. Il a conservé à la musique son esprit et son expression.
M™* Saint-Aubin a joué le rôle d'Agathe avec beaucoup de vivacité et finesse. „
— 1804. 27 janvier. Reprise SAnaa^éon,
** L'opéra Anacréon n'est pas indigne de Grétry, quoique souvent le compositeur y paroisse hors de son élément : si l'auteur de tant de comédies lyriques n'eût pas cherché, en travaillant pour le grand opéra, la dignité, la majesté, la pompe plus que le chant et l'effet musical ; si, au lieu de songer au local, il n'eût consulté que son génie, ses opéras ne seroient pas si inféreurs à ses opéras-comiques. „
Laïs y obtint un grand succès.
— En septembre on reprend Panurge.
Lefranc remplace Laïs, et M™®* Branchu et Amould ont fait les honneurs de cette représentation.
— 27 septembre. Pendant la représentation, le chef-d'orchestre Blasius s'est retourné vers le public et a fait remarquer Grétry, qui se trouvait dans une loge.
Il y a eu ce jour un enthousiasme général, et l'heureux auteur a été couronné aux applaudissements d'une foule sympathique. On jouait cette année :
— eu —
Lucile, Panurge, la Fausse Magie^ VAmie de la maison^ le Comte Albert^ Aucassin et Nicolette^ la Caravane^ Zémire etAzor, Lisbethj et autres, qui font toujours les délices du public parisien.
M"® Gavaudan et le célèbre Elleviou sont les. artistes gâtés de ce théâtre et les opéras de Grétry sont plus que jamais en vogue.
On reprend en 1805: Ouillaume Tell, Anacréon, t Amant jalouœ, les deux Avares.
Le 19 mai 1805, il 7 a une reprise du Tableau parlant, avec Elleviou, le ténor. '
Un chroniqueur écrit à ce sujet :
" L'ensemble de cette reprise a été médiocre. Il n'y a eu qu'une voix sur les agréments et l'originalité piquante de la musique ; c'est un des premiers ouvrages de 'Grétry, alors fraîchement débarqué de l'Italie. „
— 1806. 20 mars. Reprise de Richard cœur de Lion,
Le 8 mars 1806, Elleviou fait sa rentrée à l'Opéra-Comique, et l'affiche a soin de l'annoncer. H chante dans Richard cœur de Lion, qu'on reprend le 20 mars de cette année.
La Gazette nationale ou Moniteur écrit :
" On ne pourra peut-être citer aucun opéra-comique qui ait eu un succès aussi brillant, aussi soutenu, sussi général que Richard. Cent représentations à Paris ont attiré la même affluence. Redemandé dans les provinces avec une sorte de fureur, il a été traduit et joué avec le même succès sur tous les théâtres de l'Europe.
Grétry est l'enchanteur qui a donné la vie à tous les tableaux, une grâce indemnisable à tous les détails, et de l'esprit à des paroles qui n'en ont guères, mais qui sont bien en situation.
Il n'y a point d'exemple au théâtre d'un empressement, d'un concours, d'une affluence aussi prodigieuse ; mais la fureur et l'enthousiasme ont éclaté bien plus vivement au dehors qu'au dedans de la salle. „
Il est probable que le public attendait Grétry à la sortie du théâtre, pour lui faire une ovation.
" On a dit de même très-indiscrètement, que la musique étoit un des chefs-d'œuvre de Grétry ; assurément, l'air : 0 Richard, 0 mon roi, est d'une superbe expression, d'une facture aujourd'hui très-rare et dont le moule est à peu près perdu, quelques autres morceaux pleins de mélodie et de grâce, font reconnaître le délicieux auteur de
Zémire etAzor, etc., mais en général, cette composition ne s'élève pas à la hauteur des grands ouvrages de Grétry. „
— 1807. 22 août. Reprise du Jugement de Midas.
" L'ouvrage est plein d'excellents morceaux de musique digne de son auteur.
L'opéra est bien joué. „
— Le 7 septembre, on reprend à l'Opéra-Comique : V Amant jaloux, pour le début de Julien, fugitif du Vaudeville.
Un journal é( rit :
*^ On ne peut pas dire qu'il chante ; mais il parle juste la musique qui lui est confiée.
On nous assure que, présent à ce spectacle, Grétry a été fort content du nouvel officier ; c*est son plus bel éloge; mais toute modestie à part, ce compositeur vraiment national a dû être bien plus content de lui-même et du goût du public : toute sa musique a été applaudie avec transport comme si elle n'avoit pas été entendue mille fois. „
Quand on publia la partition de l'opéra : L'amant jaloux^ nous trouvons l'appréciation suivante dans le Mercure de France, (Paris, chez Panckoucke) :
" Le succès prodigieux et constant de cette Comédie lyrique en atteste le mérite et la perfection.
La musique en est vraiment dramatique et pittoresque, avec un chant toujours agréable, expressif et varié.
Ce nouveau chef-d'œuvre du génie fécond qui en a produit tant d'autres, plaît et ravit dans les concerts de même que sur le théâtre ; preuve bien sensible que la bonne musique est comme les bons 'vers, dont tout le charme ne dépend point de Tillusion de la scène. „
— 1810. 24 janvier. Reprise de : Colinette à la Cour^ au bénéfice de Laine.
" Cette musique de Grétry peut s'appeler italienne, parce quelle est naturelle, mélodieuse et expressive. „ (1)
Un autre critique écrit :
^ Gluck et Grétr)', tous deux nourris des principes des grands
(1) En août et septembre, la salle ayant besoin d*étre rafraîchie, ]*Opéra- Comique a été fermé assez longtemps. A la réouverture on a repris : Richard CœmrOe lAan,
maîtres italiens, ont dans des genres différents consacré sur les scènes tragique et comique leur adhésion au système national.
Les ouvrages de Grétry sont presque tous des chefs-d'œuvre d'esprit, de délicatesse et de goût ; c'est Pergolèse enrichi , c'est-à-dire, la vérité dramatique rendue plus expressive et plus piquante par ce secours d'un art enchanteur qui ne paraît que pour la faire briller davantage. „
— i8n. 22 juin. Reprise de la Caravane.
" Zai Caravane est un opéra tout à la fois délicieux pour la musique et très favorable pour la danse ; c'est là qu'on peut goûter pleinement le charme des deux arts réunis : malheureusement ce charme attire peu d'amateurs. Cet opéra si supérieur à tout ce qu'on nous donne, cet opéra qui amuse d'un bout à l'autre, a rarement un nombre de spectateurs proportionné à ses agréments. „
Cet opéra fut joué par M™®" Granier, Paulin, Percilée cadette, MM. Laïs, Nourrit, Laforêt, Bertin, Bonel, Martin et Picard.
" La Caravane est un opéra banal : on le donne sans cesse, et on le voit toujours avec plaisir, parce qu'il réunit tous les agrémens qui sont en possession de flatter la multitude, la beauté des décorations, les charmes de la musique et de la danse. „
— I octobre. On reprend le Tableau parlant.
" Une excellente comédie lyrique, une musique délicieuse et pleine d'expression ; mais la misérable exécution du chef-d'œuvre de Grétry et l'insensibilité du public pour les beautés anciennes ont pleinement rassuré. M"® Regnault, qui jouait le rôle de Léonore, a chanté de la manière la plus brillante. „
— 1812. Reprise à l'Opéra-Comique de l'opéra : Elisca.
Artistes : M°*®* Michu, Florigny, MM. Gavaudan, Batiste, Paul, Darancourt, Rolland, Gauthier et Allaire.
" Il faut convenir que telle pièce a grand besoin de la musique de Grétry.
Cette musique a été applaudie avec transport et sans distinction du bon et du médiocre.
On a fait répéter deux couplets chantés par deux anges. Le compositeur a fort bien marqué la différence qui doit se trouver entre le chant des sauvages et celui des Français.
On a demandé à grands cris Tauteur de la musique, mais on n*a fait aucune mention de Tauteur des paroles.
Grétry assistait à la représentation et les applaudissements qui lui rappelaient ses anciens succès, l'avaient ému si vivement, qu'il s'était évanoui trois fois; c'est du moins là le motif employé pour excuser le refus qu'il a fait de paraître. „
Grétry avait alors 71 ans.
■— 1813. On reprend le Tableau parlant.
" C'est l'opéra le plus joué, le plus couru dans ces derniers temps, grâce à la vogue de M"*® Boulanger, grâce surtout ^ la musique de Grétry. La pièce n'est rien, absolument rien, qu'un canevas gai et libre ; tranchons le mot, qu'une véritable parade, bien meilleure cependant sous le double, etc. „
■— 10 septembre. A la demande générale : La Caravane.
Au sujet de cette demande, on lit dans le Journal de V Empire :
** Les temps ont bien changé I et les esprits chagrins, qui toujours plaignent le présent et surtout le passé, pour cette fois n'auront pas de mal à dire du présent. On demande aujourd'hui la Caravane^ on la fuyoit autrefois.
La délicieuse musique de la Caravane^ le charmant ballet de Paul et Virginie^ méritent bien en effet l'honneur d'être demandés. „
C'est surtout la danseuse Gosselin qui fît l'admiration de ce spectacle, ainsi que le chanteur Laïs.
— 5 novembre. Reprise de Sylvain^ en 3 actes, avec M"*®* Gavaudan, Duret, Regnault, MM. Chenard, Paul, Darancourt et Gauthier.
On lit à ce sujet dans le Journal des Débats (10 novembre 1813) : ** Du vivant de Grétry, Sylvain était une des pièces les plus maltraitées : on l'abandonnait aux derniers sujets du théâtre ; depuis sa mort, l'élite de l'Opéra-Comique a brigué l'honneur de remonter Sylvain. Des gens qui ne croient pas à la sensibilité et à la vertu, disent que c'est une spéculation de finances : si c'en est une, elle est bonne; il va beaucoup de monde à cette reprise. „
Le critique se plaint qu'on ralentissait un peu les mouvements, ce qui afiaiblit l'effet de quelques morceaux marquants.
— 1824. Mercredi, 11 février. Le théâtre Feydeau, à l'occasion du jour de la naissance de Grétry, a représenté trois de ses opéras, savoir : Le Tableau parlant ^V Amant jalouas et VAmi de la maison.
Nous lisons dans le Journal éC Anvers les lignes suivantes, publiées lors de cette grande fête :
** S'il reçut le surnom glorieux de Molière de la musique, c'est qu'il sut trouver l'expression vraie; c'est qu'il se montra poëte autant que l'auteur des paroles, c'est qu'il était peintre et que tous ses ouvrages réunissent au suprême le degré, le mérite de la couleur locale. Voilà ce qui met ses ouvrages au-dessus des caprices du goût et des variations de la mode. Quelle admirable et féconde variété de tons et de couleurs ! Voyez dans V Amant jaloux^ (i) un modèle de l'union de la musique à la bonne comédie; dans Richard et dans Aucassin^ le
(i) Parmi les opéras non cités par M. Fétis, mentionnons :
V Amant jaloux y ou les fausses apparences^ opéra-comique en 3 actes, joué & la Comédie-Italienne, le 23 décembre 1778.
Cet opéra figure sur Taffiche sous le titre de l'Amant jaloux. On le jouait encore ^TOpéra-Comiqueen 1824. C^est un des grands succès de Grétry.
D'après M. Pougin, La nouvelle amitié à l'épreuve ^ opéra-comique en 3 actes, représenté au même théâtre le 23 décembre 1786.
Il y a ici une erreur. Nous avons consulté le programme officiel, et c'est, le 30 octobre 1786, que cette pièce a été remise au théâtre, sous le titre de : La nouvelle amitié à l'épreuve.
Pour la première fois, en 1771, cet opéra avait été donné en 2 actes, et sans succès. En 1786, il a été remis et joué en 3 actes.
On lit à ce sujet dans un journal de Paris :
M Orétry a aussi retravaillé la musique qu'il avait faite pour cet ouvrage; il y a semé des morceaux neufs qui ont eu un grand succès, principalement ceux qui ont été chantés par M"^ Renaud, Tainée. Trial jouait le rôle du nègre. »
L'affiche du 30 octobre 1786 annonce :
« Ira représentation de : La nouvelle amitié à Vépreuve, en 3 actes, opéra remis au thé&tre. «
Le 2 novembre on en donnait la 2^« représentation.
Le public fut cette fois-ci très- favorable à la nouvelle musique de Orétry.
Le 14 janvier 1789, on donne encore cette pièce.
Le 11 juillet 1789, c'est la30°>« représentation.
Voici le titre primitif : L'Amitié à l'épreuve^ comédie en 2 actes^ mêlée d'ariettes, tirée des contes de M. de Mamwntel; dédiée à Madame la Dauphine; représentée, devant Sa Majesté, à Fontainebleau , le 13 novembre 1770, et à Paris, le 24 Janvier 1771.
Les paroles sont de MM. *** et Favart, compositeur des spectacles de la cour.
La musique est de Orétry. Il y a une dédicace des auteurs àM^^la Dauphine.
Le poëme a été édité à Paris, chez la veuve Puchesne.
Artistes qui jouaient, en 1771, dans cette pièce: M^** Favart,. Lamettei Desglands, MM. Clairval, Caillot, Vestris et Desbrosse,
charme des mœurs chevaleresques; dans Elisca, la plus charmante naïveté unie à la vigueur et à Ténergie. Dans le Tableau parlant et la Fausse Magie, la manière vive et piquante de Topéra-bouffon italien. Et où trouvera-t-on un style plus élégant et plus élevé que dans Zémire, dans Sylvain et dans tant de chefs-d'œuvre qui seront encore le plus bel ornement de la scène, lorsque le goût et la raison en auront banni le clinquant et l'exagération de la nouvelle école ? „
Les opinions sur le succès des opéras de Grétry différent, mais le succès se trouve dans le nombre des représentations de ses œuvres, dont jusqu'ici on n'avait point d'idée.
Ainsi, Gaussoin dans son Aperçu historique sur le développement de la musique belge, écrit :
" Le premier de ses ouvrages {Sylvain) réussit complètement, quant aux deux autres, {les deux Avares et V Amitié à répreuve), ils furent joués avec peu de succès. „
Ces opéras ont été beaucoup représentés, ce qui prouve le contraire.
Gaussoin fait la même remarque pour PAmi de la maison, cependant cet opéra eut à Paris un grand nombre de représentations et fut repris à différentes époques.
M. Gaussoin dit encore :
" L'éclat triomphant obtenu par la Caravane du Caire, inspira une jalousie tenace aux partisans de la musique de Piccini ; les amis de ce compositeur distingué organisèrent même des cabales qui eurent pour résultat de faire interdire l'entrée à l'Opéra de l'un des principaux meneurs.
Les journaux remplis d'éloges sur le nouvel opéra, excitèrent singu-
Voici le dédicace des auteurs :
D un jour pur, d*un jour doux vous éclairez la France ; Toutes vos actions partent de votre cœur ; Dans vos regards sereins, se peint la bienfaisance; Et Ton vient, près de vous, respirer le bonheur. L^Amitié ne doit pas vous paroltre étrangère : Vous en faire sentir le charme séduisant. Fut le premier bienfait de votre auguste Mère : C'est le besoin des Rois ; c'est leur faire un présent. Princesse, vous daignez eu accepter Thommage : Vous rendez plus ardens les vœux que nous formons. Les Princes ont toujours nos respects en partage ; Mais on ne leur dit point à tous : nous vous aimons.
lièrement les détracteurs, qui firent jouer aux italiens une parodie de la Caravane, qui eut pour résultat, d'attirer encore plus de monde aux représentations de cet opéra.
Grétry avec une intelligence moins vaste que celle de Gosset*, avec plus de dispositions naturelles et moins de science et d'acquit, avec un penchant plus prononcé vers les formes simples, naturelles et vraies, arriva à une réputation colossale, difficile à concevoir quand on songe au degré de perfection où se trouvait de son temps l'harmonie et l'instrumentation. Grétry, il est vrai, se montra inférieur sous quelques rapports, à la plupart des compositeurs célèbres qui illustrèrent la scène française en même temps que lui ; mais s'il fut moins en état que Méhul et Chérubin! de maintenir la pensée dans les hautes régions de la poésie musicale, s'il ne sut point comme ces illustres maîtres la revêtir de cette harmonie majestueuse, noble, qui relève le style et lui donne comme un cachet d'inspiration divine, on ne lui contestera point l'élégance, le chant, le rythme, et avant tout ( ette vérité dans la diction et la déclamation musicales, qui devint pour l'école française le point de départ de nouvelles découvertes dans le domaine de l'expression lyrique. En accordant à Grétry la gloire d'avoir le premier si ingénieusement indiqué le parti qu'on pouvait tirer dans l'art d'une union intime et raisonnée entre l'expression des paroles et l'expression de la musique, l'histoire doit nécessairement le reconnaître comme l'un des fondateurs de l'école française. „
Les Funérailles de Grétry, le 88 septembre 1813.
A la mort de Grétry, le 24 septembre 1813, sa musique reprend plus que jamais.
Le 28 septembre, Tadministration de TOpéra-Comique donna un spectacle en l'honneur de Grétry avec : V Amant jaloux et Zémire et Azor. Enthousiasme sans égal, et le public demande à grands cris une seconde représentation, qui eut lieu le 30 septembre. On y joua : V Amant jaloux, Zémire et Azor, l'ouverture d'Èlisca, et la fameuse marche des Mariages samnites. Après l'exécution de la belle ouverture SElisca, c'était un véritable délire. Un apothéose finit le spectacle, et le public se sépara très tard sous les plus vives émotions.
Tout Paris était en deuil et prit part aux funérailles du célèbre maître, dont la musique est restée au répertoire jusqu'à l'année 1824, c'est-à-dire, pendant l'espace de 56 ans.
Le jour même de sa mort, on jouait à l'Opéra-Comique : Richard Cœur de Lion.
Voici comment le Journal de V Empire annonce sa mort dans le N® du 25 septembre :
" Grétry est mort ce matin à Montmorency, dans l'ancien ermitage de J. J. Rousseau- Nous donnerons prochainement une notice sur ce grand compositeur. „
Le Moniteur universel écrit :
" Paris, le 25 septembre. Le célèbre compositeur Grétry, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, est mort le 24 de ce mois à Montmorency, dans la maison connue sous le nom de VHermitage^ qui avait appartenu à J. J. Rousseau. „
Le corps avait été transporté la veille de l'Hermitage à Paris, et avait été exposé au domicile du défunt, dans une chapelle ardente, où une masse de curieux sont venus donner un dernier adieu à l'illustre compositeur.
Le cortège s'est formé à midi, et les quatre coins étaient portés par Méhul, MarsoUier, Berton et Bouilly ; les élèves du Conservatoire en marchant d'un pas lent, formaient la haie. Un corps de musique nombreux exécutait pendant la translation du corps, la belle marche funèbre avec tamtam de son ami Gossec.
Arrivé au théâtre Feydeau, après un discours qui respirait la plus vive sensibilité, un corps d'harmonie caché a fait entendre le fameux
trio de Zémire et Azor^ Ah! laissez-moi la pleur er,àoxi\. les accens touchans ont produit une grande impression. Les larmes étaient dans les yeux de la foule immense qui suivait le cortège. Arrivé à rOpéra, où se trouvait le directeur Picard avec tout le personnel en deuil, Aignan a payé aux mânes de Grétry le tribut que leur devait un théâtre qu Savait enrichi de productions d'un souvenir si agréable.
Seulement à 2 heures, le convoi funèbre est arrivé à Saint-Roch.
Au cimetière du Père Lachaise, Méhul a pris le premier la parole au nom de Tlnstitut, et son discours finit ainsi :
" Je me bornerai donc à dire qu'il fut admiré pour ses talens, qu'il
fut aimé pour sa personne, qu'il fut estimé pour son caractère, et qu'il sera longtemps regretté par sa famille, par ses amis et par ses nombreux admirateurs. „
Après lui, Bouilly, employé au Ministère, prononce un long discours, d'où nous extrayons :
" Grétry tu vivras toujours parmi nous. Souvent nous viendrons en ces lieux, devenus l'élysée des hommes célèbres ; nos successeurs y viendront à leur tour; et comme nous, admirant tes ouvrages, ils inscriront sur ta tombe cette vérité consolante : Le tems qui détruit tout, agrandit et propage une réputation méritée. „
Ces discours ont été entendus avec le plus touchant intérêt, et l'assemblée s'est séparée pénétrée des sensations qu'elle avait partagées avec ces deux orateurs.
Jamais on n'avait été témoin à Paris d'un deuil aussi général et d'un spectacle aussi émouvant. Toutes les rues où passaient les restes de ce musicien populaire, regorgeaient de monde, et on lisait sur le regard de cette foule attristée, un sentiment de regret et de condoléance.
Répétons ici les vers lus par l'excellent chanteur Jean-Baptiste Gavaudan, (i) premier sujet du théâtre Feydeau, le jour de l'enterrement de Grétry :
Oui, mes amis, cessons tous de pleurer, Un nouveau sentiment nous doit tous inspirer ; Que ces lieux soient pour lui le temple de Mémoire, Et dans nos cœurs, surtout, lui dressant des autels, Chantons en le voyant, entouré de sa gloire, Prendre sa place enfin parmi les immortels,
(i) Mort en 1840.
Recherches sur la vie et les œavres d'artistes-muelcieiui belges,
français et néerlandais.
Abbé, (fils, Joseph Barnabe St. Sevin, dit), mort en 1787.
On a de cet artiste distingue: Principe cfe woton. Paris, 1772. Une seconde édition parut, en 1781, chez Des Lauriers. {Journal de Paris ^ 1781, N® 214). Abbé est cité parmi les bons violonistes de son temps et obtint, par son merveilleux mécanisme, des succès aux concerts à Paris.
Au Concert Spirituel de Noël 1755 , à Paris, on exécuta de lui une symphonie à orchestre, puis un Laudatepueri Dominum,
Adeline (M"®), née au commencement de ce siècle, était engagée au théâtre Feydeau à Paris, en 1825. Par suite du départ de M™^ Delanoue de la troupe d'Anvers, M. Smeyers l'engagea pour la remplacer. Elle fît de brillants débuts. Cette jeune actrice avait une figure douce, gracieuse et à laquelle de beaux yeux donnaient une expression touchante. Sa voix manquait un peu de puissance, mais elle était toujours d'une grande justesse. Au commencement, tremblante d'émotion, cette excellente artiste a été puissament encouragée par des applaudissements qu'elle a justement mérités.
Elle sortait du Conservatoire. Nous lisons à ce sujet dans un journal:
*^ Chaque année nous avons de ces élèves qui- viennent faire à Anvers leur éducation dramatique.
Ses yeux ont de l'éclat et de la douceur ; elle paraît connaître parfaitement la théorie du regard et la puissant e des œillades. Sa voix douce et agréable a peu de timbre et elle doit s'efforcer d'en assouplir et varier les inflexions.
Le chant de M"* Adeline est d'une correction irréprochable et dépourvu d'ornements prétentieux. Elle est dans la route qui conduit aux succès, n
Les principaux artistes du théâtre d'Anvers , en 1825-26, étaient : MM. Letellier, St Albin, Bazin, Delaunay (une excellente basse), Le Soyer, Burton et Estancelin, M"*®^ Sarda, Delanoue, Bazin, Moutonnier et St. Paul.
AgobardUS, (J.), arJievêque à Lyon, né en 779. On connaît de lui : De divina Psalmodia. — Tractatus de correctione Antiphonarii. Ces deux év rits se trouvent dans les ouvrages publiés par Papyrius Masson , en 1605 et 1666, à Paris.
Alard (Charles-Louis-Clément-César), né à Gosselies,
province du Hainaut, le 4 mai 1837. A 1 âge de 9 ans , il entra au Conservatoire de Bruxelles, coinme élève de violon, dans la classe de Meerts ; à 11 ans, il donna des concerts avec son frère Jules, disciple aussi du même maître. A Tâge de 12 ans, Tillustre Servais le demanda dans sa classe et se < hargea lui-même de lui procurer un petit violoncelle. Depuis cette époque il travailla avec ardeur ce bel instrument, et juste un an après avoir eu les premières leçons du grand maître, il obtint le i®*" accessit; Tannée suivante le 2*^ prix. A la 3"*® année, comme il était trop jeune, le jury ne voulut pas lui accorder le 1®*" prix, il ne l'obtint donc qu a Tàge de 16 ans en jouant le fameux concerto militaire de Romberg. Après ces succès, Julien, si connu en Angleterre pour ses fameux concerts, vint en Belgique pour engager des artistes, et notre jeune Alard fut du nombre ; il fit le tour de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande ; puis il quitta Julien et alla à Edimbourg, où il resta deux ans ; ensuite à Paris, où il obtint aussi de grand succès; après dix mois de séjour en France, il fit la connaissance de M"** Guerette, artiste et fille d'un officier de l'armée belge ; il l'épousa le 18 septembre 1860. En 1867, il fut engagé avec sa femme pour la Havane, où ils donnèrent des concerts; ensuite ils firent une tournée artistique dans l'Amérique du Nord.
Il y ajuste un an à cette époque qu'ils revinrent à Paris, où des beaux engagements les appelaient; malheureusement la guerre survint, et M. et M"^® A lard- Guerette furent obligés de revenir dans leur pays, où ils ont donné plusieurs concerts, qui ont obtenu beaucoup de succès. Ils ont eu occasion de se produire en Hollande, et se fixèrent plus tard à Paris.
Alarius. M. Fétîs dit que le Ballet de la jeunesse de cet
artiste, ne fut jamais représenté, et, dans les annales des festins de Louis XV^ on trouve :
" Ballet de la jeunesse, représenté devant le roi dans le palais des Tuileries, les i6 et 17 de février 1718, musique de Matot et Alarius, paroles de Beauchamps, danses par Ballon. Paris, chez Ch. Ballard.
AtySy publia en 1758 : Méthode de flûte. Paris.
Aurelianus (J), religieux, attaché au diocèse de Langres, né au commencement du neuvième siècle et auteur, selon Vossio et Possevino, d'un traité de musique : Musica disciplina. Cet ouvrage, divisé en vingt chapitres, contient des dissertations sur les huit modes et sur rinvention de la musique ; il peut être classé parmi les meilleurs traités de son temps. On cite encore de ce savant : Tonarius régularisa s. de regalis modulationum, quas tonos sive tenores appellant et de earum vocàbulis. Becker dit que t 'est peut-être le même livre cité plus haut.
Azais. Voici le titre exact des ouvrages d*Azais qui était professeur à Técole militaire à Sorèze, en 1780. Méthode sur un nouveau plan à rusage des élèves de Vécole royale militaire, dédié à M. Vabhé Roussier. Paris, 1776, in-4°. Ce livre contient un traité abrégé mais clair de Tharmonie, puis 6 trios pour violon et des airs. Méthode de violoncelle. Paris, chez Leduc.
Un artiste, H. Zais, a publié dans le Journal des Débats, (12 mai 1822), Théorie du son,
Bachy, (J.), compositeur, né vers 1510. Dans le deuxième livre du recueil de chansons publié à Louvain par P. Phalèse père, en 1553, on trouve de Bachy une chanson à 6 parties : Quant ie voij son cœur estre mien etc. Ce recueil, excessivement rare, est une des belles éditions du seizième siècle et renferme une quantité de chansons françaises.
Bacilly (Bénigne de), prêtre et musicien distingué, dont on a : Remarquas curieuses sur Vart de bien chanter, etc, Paris, chez Ballard, 1668, in-12**. (La Borde, essai sur la musique, tome III, p. 383.)
Badens, facteur d'orgues célèbre, plaça vers 1640 un orgue à la grande église de Zutphen, composé aujourd'hui de 25 registres.
BaXf. En 1581, (10 octobre), aux noces d'Anne d^Arques, duc de
Joyeuse et de Marguerite de Lorraine, belle-sœur du roi Henri III, il y eut de grandes fêtes avec danses, musique, etc.
A cette occasion, le roi donna au compositeur BaYf et au poète Ronsard, pour la belle musique par eux ordonnée et pour les vers qu'ils firent, une somme de i,ooo écus à chacun.
On fit de la musique avec trompettes, clairons, cornets, violons et hautbois. Balthazar de Beaujoyeux inventa pour cette fête le ballet de Cireé et de ses nf^phes^ dans lequel dansaient la reine, la princesse de Lorraine, les duchesses de Mercœur, de Guise, de Nevers, d'Âumale, de Joyeuse, etc., sous la figure de Naïades.
n y avait 3 actes.
Cest Beaulieti, musicien de la reine, qui reçut ordre d'en composer les airs, avec le concours des artistes de la chambre du roi et principalement avec Jacques Salmos, valet de chambre de Henri III.
Il composa : Les nymphes^ (probablement un ballet), dont on fit l'exécution le dimanche 4 mars 1565, à la Mascarade ou Calvacade qui eut lieu à Toulouse au mariage du marquis d'Alès avec M'** de Curton.
Comme la notice consacrée à BaYf dans la Biographie universelle des musiciens est peu complète, et que le supplément n'en touche pas un mot, nous renvoyons le lecteur à l'ouvrage : Encyclopédie pittoresque^ par Lethuy et Bertini, publié en 1835.
Baillard, violoniste, attaché au théâtre de la Gaité à Paris, est connu par son ouvrage : Méthode sur le violon^ qui fiit adoptée pour les Pages de la musique du roi de France. Paris, chez Naderman.
Bakker (François-Jean), de Dem, plaça en cette ville un carillon de 40 cloches au XVIP siècle,
Baptiste Anet, connu sous le nom seul de Baptiste. On lui doit: Le triomphe des Brunes^ divertissement de Baptiste, fils de l'illustre M. de Lully, représenté par les comédieus à Toulon, le 24 juillet 1695. {Recherches sur les théâtres, par De Beauchamps.)
Baptiste (M"®), artiste dramatique, née vers 1730, chantait le rôle de Finette dans l'opéra : Les Amans trompés^ représenté à Paris en 1756. A cette occasion on lui adressa les vers suivants :
Que tu mets dans ton jeu, Digne élève de Thalie, D'âme, d'esprit et de feu, Quand tu trahis Emilie 1 Ton art est de charmer, D'être en tout applaudie.
Et de nous faire aimer Jusqu'à ta perfidie.
Sept 1756. M. Brunet
Barbée (W^"" Ellsa Robin née), naquît à Paris^ le II février 1814. Professeur au Conservatoire de Paris, de 1831 à 1847, elle rendit beaucoup de services à l'enseignement Elle décéda à Paris, le 15 janvier 1847.
En 1827, elle entra au Conservatoire. En 1830, elle obtint avec distinction le premier prix d'harmonie en partage avec M"* Lion, et en 1832, on lui accorda le premier prix de piano, classe dans laquelle en 1831, elle reçut le second prix. C'était une des meilleures élèves du Conservatoire.
Baubusius ou Baubuis, (Bernard). Gerber seul a cité
Bauhusius qui était de la Compagnie de Jésus au couvent de l'ordre à Anvers. On lui doit :
Pergulam spiriiucUis melodiœ, sive librum piarum cantionum.
Le père Bauhusius naquit en 1575 à Anvers, où il décéda le 17 novembre 1619.
Baumann, (Auguste), né à Bruxelles en 1816, a été i' basson au théâtre de la Monnaie de cette ville. H a fait partie des Concerts- Julien à Londres et fit une tournée en Amérique. Il décéda à Ostende, en 1856, et se distingua sur son instrument.
Un autre artiste de talent, Bauwens, était en 1840, cor-solo au grand théâtre de Bruxelles.
Beaumesnll, (Henriette), pensionnaire du roi à Paris. Lorsqu'à Versailles devant la cour l'on repr&enta, son opéra TibuUe^ (1784, 15 mars), Moline lui adressa les vers suivants :
Elève d'Apollon, et d'Euterpe émule Permets que j'applaudisse à tes heureux efforts, Les vers harmonieux que soupirait Tibulle Viennent d'être embellis par tes tourhans accords : Ils doivent leur triomphe au pouvoir de ta lyre. Par un double talent tu captives nos cœurs. D un art si merveilleux étends le vaste empire Dans un nouveau sentier que tu couvres de fleurs.
En 1786, elle a écrit pour un des théâtres à Paris l'opéra-bcuffe : Les législatrices,
Beauregard (François God.)» né en France, virtuose sur le violon, attaché à la chapelle royale à Dresde en 1729. Ce musicien de talent é'ait en même temps artiste de la chambre royale en cette ville.
fieauvaiS (M»"® de), chanteuse atta( hée à TOpéra de Paris en 1678, et qui jouissait d'une certaine réputation en France. (Lexicon de Walther.)
Beauvarlet-Charpentier, (Jacques), composa :
La Paix et le Retour des héros français, divertissement mili^ taire pour le piano, avec violon, composé et déJié à S. M. TEmpereur et Roi. A Paris, chez l'auteur. 1807.
La mort de Henri /F, roi de France^ pièce h iéro Y-dramatique pour le forte-pano avec accompagnement de violon. Paris, chez l'auteur. 1807.
Il est aussi auteur de la bataille d'Austerlitz.
Te Deum en plain-chant figuré, d ^parties.
Te Deum, en morceaux de musique pour Vorgue, destiné aux grandes solennités. A Paris, chez l'auteur.
11 était organiste des Missions étrangères à Paris.
Beeckenhrouck (Jean), né vers 1630, était d'abord organiste à Stedum, et fut demandé le 13 septembre 1686 à Groningue en qualité de troisième musicien de la ville, aux appointements de 200 florins.
BegreZ (Pierre), de Namur. On a de lui : 3 romances dédiées à M, Blondel de Murival. [Céline infidèle. Amour et musique, T Erreur et Vespoir), paroles de P. Rojare-Berteville, avec harpe et lyre, par Bégrez de l'Opéra-Buffa. A Paris, chez Frère. 1812.
. Beinety musicien français.
Imbault, à Paris, publia au siècle dernier beaucoup de musique militaire de sa composition.
Belédin (Félix), publia, il y a une trentaine d'années, chez la veuve Canaux à Paris :
Livre d'orgue, contenant le plain- chant des offices de toute Vannée. Revu par L, Dietsch.
Ce musicien n'est pas cité dans la Biographie universelle des musicien.
Bellay (J.) et Vizien (A.), auteurs dune excellente méthode de flageolet et qu'on cite pour la meilleure connue. Elle a été publiée par la maison IMeyel à Paris.
Bemetzrieder (J.). Voif 1 le titre complet de son ouvrage concernant rharm;nie: Leçons de clavecin et principes d'harmonie, A Paris, chez Bleuet, pont St. Michel. 1771. 11 est divisé en deux parties et en douze chapitres. Forkel, dans son Almanach critique, (1778), donne un long compte-rendu sur ce livre en-4** de 360 pages.
Bernadeau (Pierre), auteur d'i n livre fort curieux, intitulé ; Notices historiques sur un troubadour Bordelais, l'jç^'j.
Bertels, maître de chapelle de la cathédrale à Alost, en 1821. Cet artiste composa une œuvre qui fut exécutée, le 18 juin 1821, au grand théâtre de Bruxelles, et intitulée : La bataille de Waterloo.
I juillet. Deuxième exécution de celte œuvre, généralement demandée.
Bertels se fixa à Hal, puis partit pour l'Amérique.
Les détails manquent sur ( e musicien.
Berthet (J.), prêtre-musicien, vivait vers 1678. Le Mercure Galant en fait Téloge en 1732. {Lexicon de W'alther.)
Berthot (Biaise), compositeur, chanteur et musicien de la chambre du roi de Franre, Louis XIII, né dans la comté de Bugay, au commencement du dix-septième siècle. Ses connaissances approfondies de la musique et sa joKe voix le firent généralement estimer dans le monde musical et à la cour. Il fut même secrétaire intime du roi Louis XIII. On trouve des détails plus étendus sur la vie de Berthot dans Histoire de Bresse et de Bugey par Sam.Ouichenon^
Bertln (Th.), né à Orléans, vers 1670, ancien artiste de l'Opéra, (1734), auteur de plusieurs opéras, qui firent une certaine sensation, entre 1706 et 1719. D'après Schilling, il mourut à Paris en 1756.
Bertln. Autre artiste probablement de la famille du précédent, né vers 1730, se fixa d'abord à Londres, puis à Paris, où il était attaché en qualité de 1' violon à l'orchestre du Grand Opéra.
Pendant son séjour à Paris on publia de Bertin plusieurs pièces pour piano et violon dont nous ignorons les titres.
Berton (Henri) , composa en 1807 : Chcfnt bacchique et guerrier ^ dédié à la grande armée.
Bertrand, cor-solo au théâtre de la Monnaie, en 1824, et dont les journaux font grand éloge.
Au concert donné le 24 janvier 1826, un morceau pour six cors de sa composition, fut joué par l'auteur, Artot père et fils, Baumann, St. Enoi et Van Helmont. Bertrand avait un beau talent et connaissait toutes les ressources de son instrument.
Bertrand (Ida), cantatrice distinguée et qui, il y a trente ans, brillait au premier rang dans les concerts. Sa sœur Rosa, harpiste, partagea ses succès. En 1847, ^^ ^^^ accueillie avec enthousiasme en Hollande, et les journaux en font les plus brillants éloges.
Que le lecteur juge.
" Mej. Ida Bertrand iseene zeer verdienstelijke chanteuze; eene heerlijke, krachiige en omvangrijke altostem, eene buitengewone goede méthode, keurige en gevoelvoUe voordragt, uitmuntende declamatie en zuivere intonatie, ziedaar de voornaamste eigenschappen van deze brave zangeres, die door de voordragt van hare drie Aria's, een' algemeenen bijval verwierf en met de hoogste geestdrift toegejuicht werd. Hare zuster die op de harp begeleidde, is 00k niet zonder verdienste.
Men bespeurt in aile opzigten dat zij haar succès voor het meest aan eene goede school te danken heefl ; met hare twee laatste zangstukken heeft zij farore gemaakt. (i) Zij is eene der grootste zangeressen, die wij ooit hier te lande hoorden. „
(1) Air de Bona de Lago et récitatif et romance de Roméo eî Juliette, de Yaccai.
Bertrand (Rose). Cette harpiste distinguée, élève de son oncle Rigel, s'est fait entendre à Bruxelles en décembre 1823. Par son talent elle laissa partout des traces ineffaçables.
La magique vibration des cordes, les arpèges les plus hardis, les plus rapides, les plus difficiles sous les doigts de la jeune virtuose, excitent dans 1 ame des sensations indéfinissables ; en un mot, M"® Bertrand subjugue, entraîne, commande l'enthousiasme en faisant raisonner sa harpe comme Moschelès en parcourant les touches du piano dans ses fongueuses improvisations. (Journal du temps.)
Nous avons de cette artiste : Fantaisie sur Zampa^ dédiée à F. Kalkbrenner. Paris, Meissonnier.
Bertrand (P. J.), artiste du siècle dernier à Paris^ qui s'est fait une réputation comme compositeur de danse.
En 1809 on publia de lui chez Viguerie à Paris :
Les Plaisirs champêtres, recueil de nouveaux quadrilles pour violon, exécutés aux fêtes de Tivoli, dédiés à son ami Charles.
C'est le recueil le plus complet entre tous ceux qui ont paru jusqu'à ce jour, écrit une chronique du temps, et les figures y sont variées avec autant de goût que de méthode.
Bethemetz. Porro à Paris, publia de cet artiste :
Méthode de piano-forte. Sans date.
Beyen (Pierre), organiste et musicologue à Nymègue en 1773. Ce musicien de talent, que nous avons cité dans notre volume sur les artistes-musiciens néerlandais, sous le nom de P. Begin, a publié la brochure suivante :
Brief aan den heer Joachim ffess, organist en klokkenist te Oouda, ter geleide van eene naauwkeurige beschrijving van, het nieuto en uitmuntend orgel in de St, Stephanus of Ch^oote Kerk binnen Nymegen ; henevens eene heknopte uitbeelding der gesteldheid van het nieuto orgel in de Waalsche kerk mede aldaar; opgesteld door Petrus Beyen ^ organist en klokkenist te Nymegen, 1782.
Les Magistrats de la ville de Nymègue le chargèrent d'une mission artistique en Allemagne concernant les orgues placées par Louis Kônig, facteur d'orgues à Cologne.
Au mois d'octobre 1773, Beyen se rendit à Cologne, oh il a inspecté onze orgues de différentes grandeurs.
Après un rapport très-favorable adressé par lui aux Magistrats de
Nymègue, ceux-ci ont contracté un engagement (octobre 1773), avec L.KOnig, qui vint s'installer dans une maison qui lui fut accordé gratuitement.
L'architecte de la ville, J. H. Van Sachtelen, avait la haute direction sur les travaux du buffet (1)
A la fin du mois d'août 1776, le facteur acheva l'orgue, qui fut expertisé par J. Potholt, J. Radeker et Y. Bruinsma.
Le 10 septembrei776, un rapport détaillé et favorable au facteur, a été délivré aux Magistrats de la ville.
Cet orgue de trois claviers et pédale séparée, contenait 64 registres, dont six de 16 pieds, et fit l'admiration de tous les artistes.
Bideau (Dominique), né vers 1750, (probablement à Paris), s'est fait connaître par son talent sur le violon et le violoncelle, , attaché au théâtre italien à Paris. Sa grande méthode pour violoncelle a été éditée par Naderman, et on lui doit des fantaisies pour le même instrument. On a attaché trop peu d'importance à ses œuvres, qui ont du mérite.
Bideau se rendit fort jeune en Allemagne pour se perfectionner dans son art, et fut élève de Triklir, violoncelle-solo de la cour de Dresde.
Blainville (C.-H.). La Plainte inutile, cantatille à voix seule et accompagnement Paris, 1757, aux adresses ordinaires.
Blavler (André- Joseph). Ce compositeur de talent remplaça, en 1737, Fiocco en qualité de maître de chant à la cathédrale d'Anvers, et Van Noortbeek lui succéda en 1766-67, probablement l'année de sa mort. Voici deux extraits relatifs à ce musicien :
1754. " Geordonneert te betaelen aen S*^ Blavier, sanghmeestren der Cathedraele Kercke deser stadt, de somme van 28 gl. etc. voor de H. Misse ende den Te Deum geschiet op den 8 X***' 1754, over den geboorte dagh van syne Keyserlycke Majesteyt. „
1758. " Geordonneert te betaelen aen S' Blavier, sanghmeestren der Cathedraele Kercke deser stadt, enz. de som van 28 gl. voor de H. Misse en Te Deum geschiet op den 8 9***' 1758, ter oorsaecke van victorie behaelt door haere Keyserlycke en Coninklycke Majesteyt, etc. „ (Archi^-es d'Anvers.)
(1) La boiserie sortait des ateliers de Tarchitecte Jean Keerbergen, de Rotterdam.
Nous avons déjà publié sur cet ariiste une notice, dans la Galerie biographique des artistes-musiciens belges.
Blondeau (L.)- Trois sonates pour le violon. Op. XXL Lyon, Arnaud. 1824.
Blondeau est si avantageusement connu comme compositeur et comme violoniste, que Ton peut assurer à cette nouvelle œuvre, le succès brillant de ceux qui Tont précédé. (Journal des Débats,)
Bocheron, attaché à la cour des comptes à Paris, s^est ûiit connaître par : Dissertation sur V origine de Fopéra, 1787, publiée dans les œuvre de Quinault.
Boenher. La veuve Canaux à Paris, publia de lui vers 1848 :
Seize préludes et fugues pour orgue.
Huit nouvelles pièces pour orgue, fugues, préludes et sorties, 1^ livre.
Il y a plus de iio œuvres de cet artiste.
Boenher n est pas mentionné dans la Biographie universelle des musiciens,
Boieldieu (A.). On a encore de ce maître :
Trois sonates pour le piano-forte avec accompagnement de violon obligé, d'une moyenne difficulté, dédiées à M^^^ Caroline Petite ViUe. Œuvre 3"®. A Paris, chez Aug. Le Duc.
Bolssart (Jean-J^y savant archéologue à Metz, néà Besançon en 1528, mort à Metz, le 30 octobre 1602. Parmi ses écrits on cite : Icônes eruditorum virorum, sive Bibliotheca chalcographica illustrium viorum, 1591, in-4**. Ce livre contient trente-cinq portraits de musiciens et musicologues, avec des notices biographiques.
Bonjour (L), était organiste à Técole militaire à Paris, et publia en 1810 : Nouveaux principes de musique abrégés et détaillés d^une manière claire et facile pour servir aux personnes qui désirent apprendre la théorie de cet art sans maître ; suivis de plusieurs leçons,
Bonvin. Voici un chansonnier né vers 1740, et qui vivait à Paris en 1788-1789. (1)
(1) Dans un avenir prochain, nous publierons une collection d^anciennes chansons allemandes, françaises et flamandes, sons le titre : Lei cTiansonniers de* XVI; XVII; XVIII* et XIX* siècles, recueil de chaosoos notées des plus célèbres compositeurs.
Grand nombre de chansonniers français, panni lesquels il y a des artistes de talent, sont omis dans l'ouvrage de Fétis-Pougin. Nous croyons de notre devoir de citer quelques uns de ces modestes musiciens populaires.
Dans les Etrennes de Polymniey Paris, 1789, et le Receuil de romances historiques, 1767, nous rencontrons les artistes suivants :
Champein, 3 morceaux ; Bonvin, 11 ; Le Brun, 4 ; Rouen, i ; Chardinî, 2 ; Bemstorff (Baron de), 2 ; Vacherot (poète et musicien), i ; Billiard, 3; Rochefort, i; Guichard (L.), 10; Loullié fils, i; Auroux (abbé), 3; Bambini (claveciniste), 2 ; Blattman, i; Gluck, i; Meude- Monpas (chevalier de), 4 ; Favier, i ; Poutteau (maître de clavecin), i : Jacquemont du Douzon (abbé), 3; Horsiski, i; Saint-Georges (chevalier), 2; Le Roy de Surmain, 4; Porro, 6; Le François, 4; Qiapelle, 5; Grevin laîné, 4; Le Febvre (maître de clavecin), i; Casimir, i; Lautel (de), poète et musicien, 2; Edelman, i ; Demigneaux, 2; Aldegonde (C** de S*®), i; Raymond et Gresset, i; Mayeur de St. Paul (poète et musicien), 4; Wuyet (Caroline), (pensionnaire de la reine), Brack, Hugard de St Guy fils, Aloes, Marsane (C* de), Bourignon de Saintes (poète et musicien). Le Bœuf, Clément, Bavrois, chaque i; Dossion, 2; Méon (M*^®, âgée de 15 ans), 2; Dupré (professeur), i; Désaugiers, 4; Ducray, du Ménil, 6 ; Bouvier, Martini, De la Place, (poète et musicien), Gaviniés, Pouteau, Dorât, Goblain, Dora, Le Jai, Collet, Laugier deGr.-Champ (M™®), (poète et musicienne), Migneaux (De), Obet(d'), Ra)rmond, Barrois, Fay (prof.), Campan, Paisiello, chaque i morceau.
Borcher (Louis, abbé), composa : 12 motets de feu Borcher. Dans la collection complète des motets de feu de Lalande et feu Borcher. Paris, chez Mercier. 1802. (1)
Bomet (J. aîné), né vers 1750, i' violon de l'Opéra, (1768-1790). Sa méthode de violon a été publiée à Paris, chez Mercier, en 1788, et Janet l'a fait paraître sous le titre : Méthode de violon. Nouvelle édition augmentée.
Bosquet (J. H. Arsène), naquit à Huy, le 9 mai 1841. Etant élève au Conservatoire de Liège, il y obtint le i"^ prix de solfège (1855),
(1) La même année, P. Porro, publia : Les saisons, oratorio d^Haydn, avec paroles françaisçs de Porro et paroles italiennes de L. Balocchi. Prix : 24 francs. Le même éditeur publia la Création, du même auteur.
— Bile i*" prix de piano (1856), et la médaille d'or aux concours supérieurs (1857).
Il entreprit un voyage artistique en Allemagne, en Hollande, en Russie, en Danemarck, en Suède et en Angleterre, et depuis 1864, il se fixa à Paris, oîi il dirige avec succès la société chorale : Les Enfants de la Belgique, société qui remporta, grice à ses soins età son talent, les 1" prix aux concours de Mons, de Dijon, de Dieppe, etc. Au concours de Bruxelles en 1875, elle remporta le second prix dans la division des sociétés étrangères.
Pendant deux ans. Bosquet- a rempli les fonctions de maître de chapelle de S. A. R. l'infant Don Sebastien de Bourbon et Bragance, amateur et protecteur des artistes, mort il y a quelques années.
Avant la guerre, cet artiste a été professeur à l'institut des Jésuites et à l'école normale supérieure. Aujourd'hui il occupe la place de professeur au collège Stanislas et à l'institut orphéonique à Paris. Il publia quelques compositions chez M. J. Katto, à Bruxelles, et chez différents éditeurs de France, d'Italie et d'Espagne.
Cet artiste, qui jouit de beaucoup de considération en France, a été décoré des ordres de St. Grégoire, de celui du Christ du Portugal et de Charles III d'Espagne.
Bosse, flûtiste distingué à Groningue en 1856, et directeur des concerts des étudiants. Il décéda en 1857. On lui doit : Quatuor, Groningue, chez J. Oomkens. L. Spohr a fait le plus bel éloge de cette composition. En manuscrit il laissa : Ouverture sur lô Vivat ; deux ouvertures pour orchestre; une messe et un concerto pour flûte.
Il a rendu beaucoup de service à l'art musical, et se montra constamment très zélé à tous les concerts.
Bouffet, musicien de la chapelle de S. M. l'Empereur des Français.
Ossian sur la tombe de Malvina. Scène française avec cor^ harpe ou piano ad libitum, paroles de M, Baour-Lormian, Paris, chez Naderman.
Bouillon a écrit : Méthode élémentaire pour cornet à pistons. Paris, chez A. Jaquot, successeur de A. Catelin.
BouUey • Nouvelle méthode complète et extrêmement simpli' fiée de guitare. Paris, chez Richault. Sans date. Cet artiste nous est resté inconnu jusqu'ici.
Ilouré. M*^® Girard, à Paris, publia de ce compositeur français : Instruction musicale par Bouré,
Bourges (Clémentine de), musicienne distinguée, vivait à Lyon vers la moitié du seizième siècle. Elle jouait plusieurs instruments avec un talent remarquable. La mort de son futur époux, qui perdit la vie dans un combat avec les protestants, le 30 septembre 1561, la conduisit au tombeau Van 1562. Plusieurs poètes français ont composés des vers sur son talent, et dans l'ouvrage de Paix sur Torgue, on trouve une œuvre de M"® Bourges à 4 voix : Da bei rami. Son nom se trouve là à côté de Orlandi, Senffel, Walther et autres maîtres célèbres.
Bousig^e (Grabrielle), jeune et belle personne, fît son éducation musicale sous la direction de M. Ferdinand (Van den Heuvel) vers 1842.
Elle fit ses premiers pas dans l'art dramatique au théâtre d'Anvers, le 27 février 1845, dans le rôle d'Isabelle de Robert le diable. Cette charmante prima dona a obtenu un succès mérité dans un concert où elle chanta dans l'ode-symphonie le Désert, de F. David.
Elle reçut les applaudissements les plus unanimes.
Bousquet (Nicolas), ancien élève du Conservatoire, professeur de chant et d'harmonie à l'école de Sorèze, chevalier de la Légion d'honneur, a composé : La lyre angélique, cantiques nouveaux, ouvrage dédié à Mgr, Vévêque d'Aire, i vol. in-8®. Paris, chez Périsse frères.
BoU'Wmeester (Jean), à Amsterdam, luthier connu pour ses violons, violoncelles et violons di Oamba,
Il vécut à Amsterdam entre 1654 en 1675.
Voici selon la société Vereeniging voor Noord-Nederlands muziek-geschiedenis, quelques luthiers Néerlandais :
Jacob (Henri), à .... , entre 1693 à 1705 ; Kleinman (Corneille), à Amsterdam, entre 1771 à 1790 ; Van den Slagmeulen (Jean-Baptiste), sans date; Stevens (Gérard), à Leiden, en 1743; Verbeek (G.), à Amsterdam, en 1703 ; Walther (Jean-Baptiste), à La Haye, en 1727.
Boyer, composa encore :
Les Etrennes de Vamour, comédie-ballet en i acte, paroles de Cailhava, jouée au théâtre des comédiens-français, le i^ janvier 1769. PariS; chez Le Jay, r769, avec musique.
Brugmans et Van Someren. Over het VoihsUed WUhem
van Nassauwen. Utrecht, L. Bosch, 1834. Etude sur le chant national néerlandais avec le lied : Wilhelmus van Nassoutoen, tel qu'il fut chanté en 1572, ainsi qu'on le chante aujourd'hui. (En notation musicale.) C'est une brochure de 56 pages in-8®, qui mérite sous le rapport historique, une recommandation spéciale.
Bruinsma (Y«), organiste néerlandais, qui avait des connaissances particulières de la facture d'orgues, aussi dans plusieurs expertises d'orgues, on a demandé le concours de ses lumières. Il fut d'abord organiste de l'église Broeder-of Kleine-Kerk, à Nimègue, puisa cause de son talent distingué, on le nomma vers 1773, organiste de la grande église de cette ville.
Il expertisa les orgues de Nimègue (orgue de 3 claviers et pédale de Verhobstad) et de Zoelen, orgue construit par De Craane, de Cuylenburg, en 1768.
Déjà en 1768, donc Bruinsma fut organiste à Nimègue, et en 1774 il occupait encore cette fonction, ainsi que celle de carillonneur de la ville.
Il publia en 1774 un grand recueil de chansons avec basse, dont voici le titre : Nieuwe en eenige bekende Melodyen met eigen gecomponeerde Bassen door Y, Bruinsma. Amsterdam, chez Jean Wissing. 1774.
Cet ouvrage est dédié au fameux carillonneur d'Amsterdam, Jacques Potholt, avec lequel Bruinsma fut intimement lié.
Il y a un grand nombre de vieilles chansons qui offrent de l'intérêt pour l'amateur de ce genre de musique.
Il y a une liste de près de 225 souscripteurs, ce qui prouve qu'on attachait de l'importance à l'œuvre de Bruinsma. Parmi les musicienssouscripteurs, nous rencontrons :
Zacharias Ditloff, maître de chant à Amsterdam; Idtz. Doedes, organiste à Stavoren; J. Potholt, à Amsterdam; J. P. Schill, organiste à Campen ; A. P. Schill, professeur de musique à Amsterdam; M. J. Tibma, organiste à Albama.
Il y avait en tout près de 380 souscriptions, ce qui est considérable pour un ouvrage de ce genre.
Broneau (Alexandre), organiste français à Bourges, professeur à l'école normale, auteur, qui a rendu les plus signalés services à
Tinstruction musicale pendant 30 ans, et dont plusieurs ouvrages méthodiques sont adoptés dans presque toutes les écoles normales de France.
Canaux à Paris, publia de cet artiste :
Recueil d'élévations, communions pour orgue expressif ; Recueil de six offertoires; Six mélodies religieuses pour orgue expressif;- Recueil de Noêlspour offertoires, etc^ pour harmoyiium ou orgue à tuyaux; id. pour élévations, marches, offertoires,
Buet (Jean-Alcide), artiste lyrique, qui donnait les plus grandes espérances, naquit en Ronnais (département de Lot-et- Garonne) en 1836, et entra au Conservatoire de Paris en 1855.
Il a obtenu dans cet établissement plusieurs distinctions en 1856 et 1857. Élève de Bataille il avait une voix de basse d'un timbre assez agréable.
Buet s'est fait entendre à Nantes dans un concert organisé par son professeur Bataille en 1858, et sa voix et sa manière de chanter, y provoquèrent de longs applaudissements.
Après avoir chanté sur plusieurs scènes de province, Buet était en 1865 engagé au théâtre royal de Liège, et il décéda en cette ville le 2 mars de la même année.
Enlevé à la fleur de 1 âge, cet artiste fut généralement regretté.
JBurghart(J.), facteur de carillons à Enkhuizen, plaça le carillon à la tour de l'église St. Martin à Sneek en 1771, sous la direction de J. Erunier, excellent organiste et carillonneur à Enkhuizen, et examiné par S. De Vries et Coppenhuisen, de Leeuwarden.
Caignet (Denis), auteur de l'ouvrage:
Airs de court-mis en musique d 4,^,6 et S parties, à Paris, 1597.
CalU'Waert, à Courtrai. En 1815 (le 26 juillet), on a chanté à Courtrai de cet artiste une messe de Requiem, dont les journaux de l'époque font 1 éloge.
Nous avons déjà signalé ce musicien, qui a rendu de grands services à l'art musical et principalement à l'exécution de la musique d'ensemble.
Carnet de Saujon (M"®), artiste du siècle dernier, publia : Fantaisie avec variations sur la romance de Joseph, pour le piano-forté. Paris, chez Pacini.
A rechercher ses œuvres.
Gamoin (i) (M"^ G.-X.-M.), artiste remarquablei nëe en 1813 à .... , fréquenta les cours du Conservatoire à Paris, où elle obtint plusieurs prix. Il est probable qu'elle quitta cet établissement en 1831, pour se vouer au théâtre.
M"* Camoin débuta à TOpéra-Comique de Paris, le 14 janvier 1832, dans le Concert à la Cour et dans la Dame blanche. Elle avait alors une voix très-étendue d'un timbre expressif et distingué.
En 1835, elle créa le rôle principal dans l'opéra: Z'^c/air, d'Halevy, en compagnie de M"* Pradher, MM. Chollet et Couderc.
Voici l'opinion d'un critique expert sur cette excellente artiste :
tt M"*® Miro joint à une voix pure et flexible et à une excellente méthode, une âme d'artiste; elle joue comme elle chante, et elle chante délicieusement; aussi le public lui a-t-il décerné une bruyante ovation.^
Elle épousa Miro, et sous le nom de Miro-Camoin, elle chanta au théâtre d'Anvers, oîi elle remplaça M^*® Flécheux, malade.
C'est elle qui créa alors le rôle de Valentine des Huguenots,
Lors de la représentation de Ouido et Oinevra, cette artiste à reçu des ovations qui ont prouvé à quel degré on appréciait son beau talent.
En 1839, M"* Miro-Camoin était engagée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, en remplacement de M""* Casimir.
Le 4 octobre de la même année elle chanta plusieurs fois sur le Théâtre de Valenciennes.
En 1844 elle s'engagea comme i)rtma dona au théâtre de La Haye.
En 1854, après avoir chanté sur plusieurs scènes de France, elle faisait les délices du théâtre de Bruxelles, et elle termina sa glorieuse carrière au théâtre de Nîmes.
Elle épousa en seconde noce la basse Didot, et^ en 1855, elle décéda à Nîmes.
Nous avons été souvent témoin des succès obtenus par cette grande artiste, qui chantait les vocalises avec un brio surprenant
r Gappeval (Glaude), a écrit : Apologie du goût français^
relativement à Vopéra, etc. Paris, 1754.
Gastellan (M"® J.-A.)* Cette artiste, qui jouit dune réputation justement méritée, naquit vers 1815. et fit de brillantes études.
(1) Une autre artiste de ce nom, M"« Désirée Camoin, obtint au Conserratoire de Paria en 1826, le U prii de chaut.
M"* Castellan a obtenu les distiiKtions suivantes au Conservatoire de Paris :
1833. 1' prix de solfège et 2* de vocalisation.
1834. 2® prix de chant
1835. i' prix de chant et 2® prix d'opéra-comique.
M"® Castellan est mentionnée parmi les meilleures élèves du Conservatoire.
En 1849, elle fit partie du personnel de l'Opéra, et elle y créa le rôle ingrat et difficile de Berthe, dans le Prophète.
Nous avons assisté à la première représentation de cet opéra, et sa voix manquait alors de souplesse pour ce rôle.
En 1849 ^^^^ P^^^ P^^ ^u grand festival de Birmingham et à celui d'Herfor.
M"* Castellan chantait à côté d'artistes de talent, MM. GueymsiTd et Levasseur, et* elle brilla à TOpéra de Londres, à côté des grandes célébrités de l'art lyrique.
Cette artiste est venue chanter à Bruxelles au Théâtre Italien, dirigé par Bocca. Grâce à son talent fin et distingué, elle a su se faire applaudir. En 1856 elle était engagée à San Carlo à Naples.
Déjà en 1848 (novembre), W^^ Castellan figure parmi les artistes du Théâtre italien à Paris.
Voici le jugement d'un journal sur la rentrée de cette artiste dans VElisire d'Amore^ de Donizetti :
" M"® Castellan a fait une rentrée magnifique. Cette jeune et jolie cantatrice a fait de grands progrès. Sa voix est d'un beau timbre, surtout dans les cordes élevées et dans les tons graves. Elle a dit d'une laçon charmante le duo du i*" acte ; mais c'est surtout dans le duo du 2® acte, avec Ronconî, qu'elle a enlevé tous ses suffrages. Elle a eu les honneurs du rappel. Elle est sobre de fioritures, et chante avec autant d'art que de goût. „
Catel. Cet artiste composa, en 1809, un Chant de triomphe^ paroles de Arnault, exécuté à une grande fête nationale à Paris. En voici le programme :
Programme de la fête destinée à célébrer l'anniversaire du couronnement de S. M. l'Empereur, ainsi que le retour de S. M. dans la capitale de Paris : Chant triomphal^ paroles de M. Arnault, membre de l'Institut, musique de Catel, membre du Conservatoire, chanté par le Conservatoire. Chœur de l'opéra : Uthal^ de Méhul. Chœur des
Danatdes, de Salieri. Trio des Bayadêres, (opéra non représenté), de Catel lîlcho et Narcisse, chœur de Gluck.
Les paroles de l'œuvre de Catel se trouvent dans le Moniteur universel.
Gharlevoiz (Plerre-Pr.). prêtre, né à St. Quentin en 1684, est un des collaborateurs de Vhistoire et description générale du Japon ^ où Von trout^e tout ce qyCon a pu apprendre de la nature et des prodtœt ions du pays, etc., édité en deux volumes, à Paris.
Il a écrit dans ce livre, selon Adlung, un chapitre sur les instruments de musique du Japon.
Il mourut en 1761. Voir le Leœicon de Gerber, T. i, page 689.
Cheresaille (J.)y probablement à Paris. On a de cet artiste: Méthode de guitare, 3"* édition. Paris, chez Joly. Sans date. Méthode de violon, Paris, chez Joly.
Clerc (Don Jacques de), bénédictin français de la congrégation de St. Maur, mort à St. Père de Melun,le l' janvier 1679, auteur de l'ouvrage : La science et la pratique du plain chant ^ par un religieux de la congrégation de St. Maur, imprimé par les soins de Don Benoit de Jumilhac. Paris, 1672, in-4°. Cet ouvrage d'une importance réelle, donne des observations sur le chant d'église. On prétend que ce livre est écrit par Don de Jumilhac.
Gochereau, musicien à Paris vers 1722, attaché au prince de Conti (selon Walther) et fut haute-contre à l'Opéra de Paris et excellent comédien. Le 5 mai 1722, en retournant chez lui, accompagné de quelques amis, il fut grièvement blessé par une voiture qui le renversa à cause de l'état d'ivresse du conducteur. Il a publié quelques livres contenant des airs.
^ Cocquerel (Adrien), un abbé dominicain à Paris, né à Vernou, en Normandie.
En 1647 on publia de lui : La Méthode universelle pour apprendre le plein-chant sans maître. (£chard de Scriptoribus, ordinis Dominicarum).
Collinet (J.)» artiste distingué sur le flageolet, vivait à la fin du siècle dernier à Paris.
Voici le titre exact de son principal ouvrage : Méthode complète et
raisonnes du Flageolet à i, 2 et ^ cleft et sans cleft, suivie de gammes, cadences^ leçons progressives, etc., par Collinet père. Quatrième édition. Paris, chez l'auteur.
Gomln (Glacomo), et peut-être Corning, a publié desCorrenti et Balletti alla Francese^ fut probablement maître de musique de la reine Marguerite, femme de Henri IV, et bien vers 1589, comme on le trouve indiqué dans l'histoire de la musique.
Constantin, musicien français du XVIP siècle, cité dans l'ouvrage : Uitnemend Kabinet, publié à Amsterdam, vers 1650, chez P. Matthysz. On y trouve plusieurs de ses compositions.
Gopin (François), facteur d'orgues à...., travailla aux orgues à l'église Notre-Dame à Namur en 1751, et reçut 40 écus (112 florins) pour raccomoder les orgues. (Collégiale de Notre-Dame à Namur, par M. N. Deschamps.)
Cor de Milan. A quel pays appartient ce musicien du seizième siècle. A la France ou à la Belgique ? Dans le second recueil de chansons françaises, publié à Louvain en 1553, par Phalèse, nous rencontrons une chanson de ce maître : Le despartir et sans département a ung bon cuer aymant pafaictement , etc.
Cornu (R.), musicien de la chapelle du roi, composa encore : Voeu des Français, Cantate d 2 voix, Paris, Fray. 1821.
Corret, probablement Corette, à Paris. La Prise du port MaKon, 22™* concerto comique pour le violon, flûte, hautbois, par-dessus de violes avec basse. Il faut y joindre dans un grand concert, les trompettes, timbales et tambourin. Concerto de clavecin avec quatuor. Paris.
Cortlvll, flûtiste français, probablement établi à Londres. Il publia en cette ville : VI dtws pour violon ou fliite. 1720. Etienne Roger, à Amsterdam , en fit une seconde édition.
Costeley (Guillaume), organiste du roi Charles IX, a fait publier d'après La Borde, un ouvrage concernant la musique et bien en 1570. Verdier dit que l'ouvrage est imprimé en 1579, chez Adrien le Roij.
Courbois, vivait au commencement du siècle dernier, et publia à Paris, Tan 1729, des cantates.
Crinon (Jean), facteur d^orgues de Mons, né au commencement du XVP siècle, qui jouissait d'une grande renommée.
Selon De Villers (i), il se rendit à Bruxelles en 1536, pour monter à la cour plusieurs orgues, et en 1538, il répara Torgue de la chapelle du palais. En 1545, il plaça à l'église de Sainte-Waudru à Mons un semblable instrument, qu'on lui paya 450 livres tournois. En 1585, le même artiste livra des orgues à l'église de Saint-Nicolas-en-Havré à^ Mons.
Dalayrac (Nicolas), mort à Paris, le 27 novembre 1809, âgé de 56 ans.
On Ht dans le Moniteur universel :
" L'art musical vient de perdre dans Dalayrac un compositeur qui, pendant trente ans, a marché de succès en succès sur notre seconde scène lyrique, et qui, admirateur passionné de Grétry, et observateur de l'effet des compositions de ce dernier, étudia son génie et se rapprocha de sa manière plus qu'aucun des maîtres de cette École. En récoutant, il dit : Et moi aussi je suis musicien; il Tétait en effet.
Rapprochement singulier I l'Opéra-Comique place dans son foyer la statue de Grétry vivant, que lui élève le zèle éclairé d'un amateur, au même moment où Dalayrac succombe. Les auteurs dramatiques se sont réunis pour lui élever un monument de leur reconnaissance. Son buste paraîtra près de la statue de son maître ; et il y aura dans le rapprochement de ces images vraiement chéries, quelque chose de l'analogie comme de la distance qui existait entre ces deux célèbres artistes.
Un concours nombreux d'hommes de lettres et d'artistes ont accompagné à sa dernière demeure l'homme dont ils étaient les admirateurs et les amis. C'était à MarsoUier à leur servir d'interprète ; il lui appartenait de rendre à son ami, à celui qui a partagé ses succès, ce triste et dernier hommage. MarsoUier n'a pas pu dire qu'il était une partie essentielle de la réputation de son ami, que cette réputation était inséparable de son nom; mais il est juste que nous le disions pour lui, avant de le laisser parler. „
Voici le discours que MarsoUier a prononcé sur sa tombe à Fontenay-sous-Bois, où Dalayrac avait désiré recevoir la sépulture :
(1) Voir : Etêai sur rhutoire. de Ut musique à Mon$.
" Depuis plus de vingt-cinq ans ami de Dalayrac, confident de toutes ses pensées, chaque jour n*a fait qu'arcroître mon estime et mon amitié pour lui. Compositeur célèbre de productif ns aimables, oîi Ton voit tour à tour briller le goût, 1 esprit, la grâce, le gén'e, ayant enrichi le théâtre de cinquante-cinq ouvrages, dont la majeure partie a complètement réussi, il nous. est enlevé dans un âge où il pouvait encore espérer de nouveaux triomphes. Ses talens sont connus de toute TEurope : ses vertus, ses qualités n'ont pu être appréciées que par sa famille et ses intimes amis. Plus d'une fois témoins des bonnes actions qu'il nous aurait cachées, si cela lui eût été possible, nous l'admirions en silence, pour ménager sa modestie, qui égalait sa sensibilité. Je lui obéis encore en ne révélant pas plusieurs traits de sa vie, qui prouvent autant la beauté de son âme que la bonté de son cœur.
Personne, dans la carrière qu'il avait embrassée, n*a porté plus loin l'amour pour les arts, l'attachement, le respect même, j'ose le dire, pour les artistes : personne n'a rendu p'us de justice, soit aux maîtres qui l'ont précédé sur la scène lyrique, et qu'il a souvent pris pour modèles; soit à ses rivaux, soit à ses critiques même : toujours impartial envers ses confrères, il ne leur faisait point de perfides complimens ; il ne se permettait point d'amères censures ; il louait ce qui lui semblait bon, il se taisait quand il ne trouvait point d'éloges à donner. Plus il comptait de succès, plus il devenait sincère pour ses propres ouvrages, indulgent pour ceux des autres ; et je l'ai vu dans les jours les plus brillans de sa gloire, étudier encore le goût du pablir, et chercher de nouveaux moyens de lui plaire et de l'intéresser.
De quelle utilité il était aux auteurs auxquels il associait son génie ! Que d'excellens conseils, d'observations fines, de réflexions sages, nous lui avons dus mille fois! Que de mauvaises nuits il a passées pour chercher à améliorer l'ouvrage, à effacer la tache la plus légère, pour en assurer enfin la réussite, aux dépens quelquefois de sa santé et de son repos ! D'une loyauté à toute épreuve, en affaires, dans la société, au théâtre, on pouvait compter sur fa sincérité, comme sur sa bonne foi : serviable, obligeant, et quittant ses occupations les plus chéries pour rendre uii bon office, pour être utile à un parent, à un ami.
J'en prends à témoins tous ceux qui m'entourent, et qui ont vécu journellement avec lui : je 1« Jure sur ces restes inanimés qui font
encore couler nos larmes, il ne fut jamais un artiste plus estimable, un frère plus tendre, un ami plus sûr, un meilleur mari, un plus honnête homme ! Vingt-cinq ans son amitié a fait mon bonheur, et sa perte est pour moi la source d'une douleur éternelle.
Dalayrac était Tun des compositeurs français que le monarque avait jugé digne d'une distinction glorieuse, en le nommant membre de la Légion d'honneur ; les honneurs funèbres lui ont été rendus en cette qualité ; il a été enlevé par une mort rapide et bien précoce ; il n'avait que 56 ans. Il laisse une famille inconsolable ; et quand il est pleuré par elle, il est sincèrement regretté par la grande famille des artistes, au sein de laquelle il a long-tems brillé, et vivra plus long-tems encore. „
A propos de Dalayrac, nous lisons dans un journal :
" Au moment où les amateurs des arts dans la capitale décernent un buste à Grétry, il est curieux de voir à quels excès peut se porter le fanatisme d'une secte musicale pour qui le nom de Grétry est un sujet de chagrin. Les musiciens de Perpignan, sectateurs exclusifs de Mozart, se sont réunis solennellement, ont saisi le buste de Dalayrac, et l'ont plongé dans un égout où il est encore. „
Nous avons de ce maître :
Six quatuors concertants à 2 violons^ alto et basse^ dédiés au comte d'Artois^ Vun de ses gardes du corps. Op. IV. Paris, chez Jolivet, 1777.
A rechercher ses œuvres antérieures,
Daneely facteur d'orgues au Pays-Bas. Dans les comptes de Bergen-op-Zoom de 1472 on trouve indiqué :
" Bet. M*" Daneel de orghelen makere van denselyen orghelen te maken voor VII J maenden bynnen dese rek. elcke maent IJ L vutghenomen de leste maent toen XXXV ^. „
Communiqué par Mr. Fréd. Caland.
Daubonne (Herminie], composa une cantate à l'occasion de l'inauguration et du couronnement du buste de S. A. R. M"* la Duchesse de Berri à l'Ermitage d'Enghien, paroles de L. V. Flamand* Gréiry. L'ouvrage a été gravé pour le piano. In-8^ 1823.
Le Passage de la Bidassoa, composé pour la fête de Mgr. le Dauphin, en 1825, musique et paroles de Herminie Daubonne. Gravé.
Daussoigne-Méhul (Alexandre), pianiste-compositeur,
** Depuis plus de vîngt-clnq ans ami de Daîa)rrar, confident de toutes ses pensées, chaque jour n'a fait qu*arcroître mon estime et mon amitié pour lui. Compositeur célèbre de productic ns aimables, oîi Ton voit tour à tour briller le goût, Tesprit, la grâce, le gén'e, ayant enrichi le théâtre de cinquante-cinq ouvrages, dont la majeure partie a complètement réussi, il nous. est enlevé dans un âge où il pouvait encore espérer de nouveaux triomphes. Ses talens sont connus de toute l'Europe : ses vertus, ses qualités n'ont pu être appré<:iées que par sa famille et ses intimes amis. Plus d'une fois témoins des bonnes actions qu'il nous aurait cachées, si cela lui eût été possible, nous l'admirions en silence, pour ménager sa modestie, qui égalait sa sensibilité. Je lui obéis encore en ne révélant pas plusieurs traits de sa vie, qui prouvent autant la beauté de son âme que la bonté de son cœur.
Personne, dans la carrière qu'il avait embrassée, n*a porté plus loin l'amour pour les arts, l'attachement, le respect même, j'ose le dire, pour les artistes : personne n'a rendu p'us de justice, soit aux maîtres qui l'ont précédé sur la scène lyrique, et qu'il a souvent pris pour modèles; soit à ses rivaux, soit à ses < ritiques même : toujours impartial envers ses confrères, il ne leur faisait point de perfides complimens ; il ne se permettait point d'amères censures ; il louait ce qui lui semblait bon, il se taisait quand il ne trouvait point d'éloges à donner. Plus il comptait de succès, plus il devenait sincère pour ses propres ouvrages, indulgent pour ceux des autres ; et je l'ai vu dans les jours les plus brillans de sa gloire, étudier encore le goût du piibli<*, et chercher de nouveaux moyens de lui plaire et de l'intéresser.
De quelle utilité il était aux auteurs auxquels il associait son génie ! Que d'excellens conseils, d'observations fines, de réflexions sages, nous lui avons dus mille fois! Que de mauvaises nuits il a passées pour chercher à améliorer l'ouvrage, à effacer la tache la plus légère, pour en assurer enfin la réussite, aux dépens quelquefois de sa santé et de son repos ! D'une loyauté à toute épreuve, en affaires, dans la société, au théâtre, on pouvait compter sur fa sincérité, comme sur sa bonne foi : serviable, obligeant, et quittant ses occupations les plus chéries pour rendre un bon office, pour être utile à un parent, à un ami.
J'en prends à témoins tous ceux qui m'entourent, et qui ont vécu journellement avec lui i ^e 1« jure sur ces restes inanimés qui font
encore couler nos larmes, il ne fut jamais un artiste plus estimable, un frère plus tendre, un ami plus sûr, un meilleur mari, un plus honnête homme I Vingt-cinq ans son amitié a fait mon bonheur, et sa perte est pour moi la source d'une douleur éternelle.
Dalayrac était Tun des compositeurs français que le monarque avait jugé digne d'une distinction glorieuse, en le nommant membre de la Légion d'honneur ; les honneurs funèbres lui ont été rendus en cette qualité ; il a été enlevé par une mort rapide et bien précoce ; il n'avait que 56 ans. Il laisse une famille inconsolable ; et quand il est pleuré par elle, il est sincèrement regretté par la grande famille des artistes, au sein de laquelle il a long-tems brillé, et vivra plus long-tems encore. „
A propos de Dalayrac, nous lisons dans un journal :
" Au moment où les amateurs des arts dans la capitale décernent un buste à Grétry, il est curieux de voir à quels excès peut se porter le fanatisme d'une secte musicale pour qui le nom de Grétry est un sujet de chagrin. Les musiciens de Perpignan, sectateurs exclusiis de Mozart, se sont réunis solennellement, ont saisi le buste de Dalayrac, et l'ont plongé dans un égout où il est encore. „
Nous avons de ce maître :
Six quatuors concertants à 2 violons, alto et basse, dédiés au comte d'Artois, Vun de ses gardes du corps. Op. IV. Paris, chez Jolivet, 1777.
A rechercher ses œuvres antérieures,
Daneely facteur d'orgues au Pays-Bas. Dans les comptes de Bergen-op-Zoom de 1472 on trouve indiqué :
" Bet. M' Daned de orghelen makere van denselyen orghelen te maken voor VII J maenden bynnen dese rek. elcke maent IJ L vutghenomen de leste maent toen XXXV ^. „
Communiqué par Mr. Fréd. Cdland.
Daubonne (Herminie), composa une cantate à l'occasion de l'inauguration et du couronnement du buste de S. A. R. M"*" la Duchesse de Berri à l'Ermitage d'Enghien, paroles de L. V. Flamand* Gréiry. L'ouvrage a été gravé pour le piano. In-8°. 1823.
Le Passage de la Bidassoa, composé pour la fête de Mgr. le Dauphin, en 1825, musique et paroles de Herminie Daubonne. Gravé.
Daussoigne-Méhal (Alexandre) , pianiste-compositeur,
fils de Joseph Daussoigne-Méhul, (ancien directeur du Conservatoire de Liège), né à Liège, le 20 mars 1830, commença ses études au Conservatoire de cette ville, où il apprit avec feu son père l'harmonie, le contrepoint et la fugue.
Plus tard, il eut des leçons de M°*® Pleyel; et des conseils du célèbre Mendelssohn, qui est venu à Liège en 1847.
En attendant, le jeune artiste fut répétiteur de la classe de piano et professeur-adjoint au Conservatoire de Liège jusqu'en 1849. ^ ^^^^^ époque, il se fit entendre dans plusieurs concerts de bienfaisance de sa ville natale.
Étant à Paris, il eut la protection d'Ad. Adam, élève de feu Daussoigne, et il se lia avec plusieurs éminents artistes. Il étudia l'orgue Alexandre, alors en vogue, et obtint du facteur de toucher l'instrument, dont l'idée appartient à Liszt, et auquel on donnait le nom de Piano- Liszt,
Il eut l'occasion de se faire entendre sur cet instrument, après une année sérieuse d'études, d'abord à la salle Herz, puis au concert de Pasdeloup.
Retourné en province, il eut occasion de jouer au festival Berlioz à Baden-Baden vers 1859.
En 1860^ il se rendit à Londres, et fut invité à se faire entendre chez la reine, et le prince Albert, qui témoignaient au jeune artiste le plus grand intérêt.
Après le premier pas dans cette capitale, il se fixa définitivement à Londres. Finalement, il accepta des engagements de concerts à Edimbourg, à Glasgow, etc., avec Mario et Grisi, et se fixa en cette dernière ville, où pendant 13 ans, il était considéré comme le premier professeur. Pendant plusieurs années il y a dirigé l'orchestre de la Société philharmonique et une société chorale importante.
Pendant son séjour en Angleterre, Daussoigne composa un grand nombre de more eaux de piano, des duos et trios pour instruments à cordes, piano et harmonium.
En 1861, il remporta la i*"® médaille d'or au i^ concours ouvert par la ville de Paris peur la composition d'un chœur à 4 voix d'hommes, destiné à être chanté aux solennités des orphéons de Fran^' e. Ce < hœur était intitulé : Le Printemps, Un autre choeur : En guei^e, dont il composa aujisi îes paroles, obtint une mention honorable.
En 1874, Daussoigne fut chargé de la direction du festival de Spa,
et y fit entendre la belle symphonie de Raff : Im Walde, œuvre inconnue en Belgique alors. Il a été correspondantjde V Avenir musical, publié par Stéphen de la Madelaine.
Voici les œuvres de cet artiste :
Quatre romances sans paroles. Schott frères.
Elégie, trio pour piano, violoncelle et harmonium. Paris, Al. Leduc.
Etude pour piano, Paris, Heugel.
Scherzo-m,enuety pour le piano. Hutching et Romes, Londres.
Romance originale variée ; Pendant la retraite, deux mazurkas.
Six mélodies sans paroles. Metzher, à Londres.
Trois nocturnes pour piano. Londres, Chappell & O*, etc., etc.
Davesne, musicien à Paris, né vers 1725, publia :
Œuvres d^art italiennes mises en symphonies. Paris, chez l'auteur.
Un journal de Paris écrit :
" Cest un nouveau genre dont l'effet est très agréable et fort pittorresque. Il y a 6 s)rmphonies. „
Davlon (JO9 musicien à Paris, s'est fait connaître par : Recueil d'airs et de romances avec clavecin ou harpe. Paris, 1801.
Deblois (Charles), né en 1737, à Lunéville, s est fait connaître par l'œuvre smvajïte: Feuilles de Terpsichore pour le clavecin (1798) et beaucoup de romances.
DedieUy musicien à Paris et auteur de : U Hymne d Mirabeau ; les regrets de la France, publiés en partitions (1792).
Délavai (M"*®), virtuose distinguée sur la harpe et qui vers 1794 débuta avec grand succès à Londres. On a publié de cette artiste dans le Journal des Lurus, Juin 1794 : Les adieux de Vinfortuné Louis XVI.
De Bar (C-C), ordinaire de l'Académie royale de musique en 1777.
6 dwos pour deux violons, dédiés à Perseval, écuyer du roi. Paris, chez l'auteur.
De Bruin (B.-!F.)t musicien néerlandais inconnu, qui composa plusieurs pièces pour l'ouvrage : Uitnemend Kabinet, publié vers 16501 chez P. Matthysz à Amsterdam.
De fiUS (JOOS)) (acteur d'orgues en 1874.
Dans les comptes de l'église St. Jacques de Bruges, on trouve des mentions de paiements jusqu'en 1494. Voici un extrait :
" 1488. Meester Joos Debus dorghelmaker zyne gagen 4 se. gr. „
De Gleve (Léonard) 9 facteur d'orgues àGandeni59o, qui fut chargé du placement des premières orgues à l'église St-Sauveur.
De Croes (Henri), à Bruxelles. En 1756, on a donné de lui au grand théâtre de cette ville : Les amours de Colin et de Colette, pastorale en musique. De Croes était maître de musique de la Cour. Cet opéra a été donné à l'occasion de la fête du prince Charles, duc de Lorraine, et fit grand plaisir. (Non renseigné par Fétis.)
De Cillant (Marquis). Au Concert Spirituel du 23 avril 1756, M*^ Eugénie Dugazon chanta un de ses motets : Regina cœli, édité à Paris. M. le Marquis envoya à cette occasion ces vers suivants :
A M^^® Dugazon.
Esprit, beauté, grâces, talens, Réunis pour vous rendre aimable, Embelissent votre printemps; Vertu sans fard, chose admirable!
Eloigne de vous les amans :
Dédaignant leur frivole encens; A la seule amitié vous êtes favorable Par ses liens, mon cœur au vôtre s'unira ; Jamais le fol amour ne les profanera.
Vous préférez un doux chant d'allégresse Aux langueurs de notre opéra; Recevez donc mon Regina.
De Jong (Corneille), organiste à l'église Saint-Martin à Groningue en 1685. Cet artiste a fait parvenir aux Magistrats de la ville, une requête sur la vicieuse interprétation des Psaumes dans les églises de Groningue. Elle date du i6 novembre 1685. La ville nomma une commission pour délibérer sur cette requête, et par ordre des Magistrats daté du 4 février 1686, De Jong fut chargé d'enseigner les chants des Psaumes aux préchantres, aux maîtres d'écoles, au prceceptor MtisicuSf etc.
On comprendra aisément, que cet enseignement exerça une influence salutaire sur le chant choral des églises et sur le goût musical en général.
De la Borde, de la compagnie de Jésus.
Le clavecin électrique, avec une nouvelle théorie du méchanisme et des phénomènes de Félectricité. A Paris, chez Guerin et de la Tour, in-12®, 1760.
De Lalande (Michel), composa encore :
Ballet de la jeunesse, en 3 actes, divertissement mêlé de comédie et de musique, représenté devant le roi à Versailles, le 28 janvier 1686, et depuis tous les lundis jusqu'au Carême. Paris, Ch. Ballard, in-4**, 1686. Les vers sont de Dancourt.
Cest le premier ouvrage de ce musicien, un des quatre maîtres de la musique de la chapelle.
Beauchamp composa les entrées du ballet, qui étaient en partie exécutées par les seigneurs et les dames de la cour.
L'amour berger, pastorale en 3 actes avec prologue, représentée à Paris pendant le Carnaval, à Thôtel de Daras, par d'illustres et de jeunes acteurs, en 1683.
L'amour flêchu par la Constance, pastorale, chantée à Fontainebleau en 1697, et divisée en neuf scènes. Paris, chez Christophe Ballard.
Eglogue ou Pastorale, chantée à Fontainebleau, devant le roi, le .... octobre 1697. Paris, id.
Les stratagèmes de Vamour, ballet, représenté à l'Académie royale au mois de mars 1726. Avec Destouches. Paris, P. Ribou, in-4^.
Lalande est mort le 28 juin 1726, âgé de 69 ans.
Les données de M. Fétis sont fautives.
Delisse (Paul), né à Longwy, (département de la Moselle), le 12 avril 1817, d'un père belge qui vint s'établir à Namur, sa ville natale. Le jeune Paul y resta jusqu'en 1839, alors qu'il se fixa à Paris, pour entrer au Conservatoire.
Il doit son instruction en grande partie à J. Lanny, artiste très estimable, à Namur.
En 1840 il obtint déjà le 2^ prix de trombone, puis l'année suivante on lui accorda le i' prix. H entra ensuite dans la classe d'harmonie» de contrepoint et de fiigue de Ed. Batiste.
Delisse a été attaché comme tromboniste depuis 1841 à 1870, au
Théâtre italien, à rOpéra-Comique, à l'Opéra, à la chapelle du roî Louis-Philippe, de Napoléon III, et membre de la Société des concerts.
En 1871, il a été nommé professeur de trombone au Conservatoire à Paris.
Cet artiste composa plusieurs morceaux restés inédits et il a transcrit pour différents instruments, 40 sonates d'Haydn, de Mozart et Van Beethoven, toutes avec accompagnement de piano et publiées pax O'Kelly.
Cet artiste distingué et modeste, doit en grande partie à lui-même la position qu'il s'est acquise, et où d'ailleurs il faut beaucoup plus de talent qu'en d'autres parties tout en faisant beaucoup moins de bruit.
Delisse forma plusieurs élèves qui se distiuguent dans leur carrière.
On lui doit :