A BRUXELLES
Après les brillants résultats obtenus au Conservatoire de Paris, dirigé par Gossec, Grétry, Méhul, Sarrette et Cherubini, le Gouvemenement français avait un devoir à remplir vis-à-vis la Belgique, où renseignement classique de la mussique était dans un état fort médiocre au commencement de ce siècle.
Le Gouvernement français, d'accord avec la municipalité de Bruxelles, décréta la création d'une école de musique, espèce de succursale du Conservatoire de Paris. Cette école a été principalement établie dans le but de former des chanteurs , des musiciens, de généraliser sur des bases solides, un enseignement régulier, et de développer ainsi chez les personnes des deux sexes, leurs dispositions naturelles.
M. Jean-Baptiste Roucourt, natif de Bruxelles, élève du Conservatoire de Paris, dans la classe du célèbre Garât, et du chanteur Fiocchi, avait' déjà conçu le plan de fonder, à l'aide de quelques ressources particulières, une école de musique élémentaire, en 1812, alors qu'il était le seul professeur de chant réputé à Bruxelles.
Roucourt sollicita plus tard la direction de l'école de musique, et vu ses grandes capacités dans l'art du chant, il l'obtint.
Tous les amis dévoués à l'art musical de la capitale belge, s'intéressaient particulièrement à la fondation d'une école de musique, la seule en Belgique, et après bien des efforts et des pourparlers, l'ouverture eut lieu en présence du délégué de la ville, M. le baron De Vos, adjoint au maire de la ville de Bruxelles, le 20 octobre 1813.
Les cours se donnaient alors au local du Musée.
En cette année,ily avait vingt élèves des deux sexes, et sous l'habile
directîc n de Roucourt et de son sous-mattre Van Helmont, cette école porta bientôt ses fruits.
Plus tard, le Gouvernement hollandais prit sous sa protection rétablissement, et, en 1823, il accorda à Roucourt un subside; l'école reçut alors le titre de : Ecole royale de musique, (1)
En cette même année, sous le Ministère du baron de Falck, l'excellent violoniste N. L. Wery, fut nommé professeur de violon.
Roucourt donna plus d'extension aux études générales des cours en y ajoutant des classes d'instruments ainsi qu'un cotus d'harmonie dont Charles Hanssens jeune fut nommé le titulaire, à la suite d'un concours public ouvert en 1827.
Les classes se répartirent comme suit: Platel (violoncelle), Michelot (piano), Bachmann (clarinette), Bertrand (cor), Lahou (flûteX et Friard (hautbois).
M. Michel, organiste et excellent musicien, était l'accompagnateur.
Avec un tel ensemble de musiciens de talent et d'expérience, l'école-Roucourt a produit une pléiade d'artistes, qui ont contribué au progrès de l'art musical en Belgique, et qui sont devenus la plupart des sujets de premier ordre.
Un des protecteurs les plus généreux de cette école de musique, iut le prince de Chimay, amateur de musique lui-même. Ce mélomane éclairé présidait généralement la distribution des prix et on donnait aux élèves comme récompense des partitions»
A la révolution belge de 1830, cet établissement si utile à tant de titres, fut supprimé, (t)
Les cours se donnaient alors au local des Finances, rue de l'Impératrice.
Lors de la création du nouveau Conservatoire de Bruxelles, en 1832, Roucourt en fut nommé professeur honoraire.
Pour récompenser les longs et lo3raux services de ce respectable
(1) En 1816, Joseph Mees, conjointement avec J. Snel, de Bruxelles, fonda une Académie de musique d*aprè8 la méthode du Méloplaste. Snel doqna également un cours de musique à Técole rue des Minimes, d'après la méthode mutuelle et simultanée de Bocquillon-Wilhem de Paris.
(t) 0*aprës VAlmanach royale un aixété royal du 13 févoier 1832: porte la création d'un Conservatoii« royal de qiusique en.i^eiQplacenieQt de l'écQle de musique instrumentale et vocale, fondée & Bruxelles, le 29 janvier 1826.
artiste, le Gouvernement le nomma en iB^ chçv^er de Tordre de Léopold.
Voici maint«Bant qu^^quc^ éli^ves^ sortis d^ cet exceUoBl établissement:
Ottmaa (M"^), attachée au théâtie de la Monnaie à Bruxelles, en 1829. Elle y débuta le 28 octobre 1829, dans le rôle de Célestine du Bouffe et le tailleur.
Langle (Héloïse)^ attachée au thé&tce d'Anvers, en 1824, puis à celui de Bruxelles. Elle naquit en 1808^ et lit so&di^but, à Bruxelles, le 8 janvier 1824^ dans le rôle d'Antigone ^ Œdipe à Colone.
Heyvaert (A. F.)» mort à Bruxelles, en 1829, excellent musicfen, qui fut très regretté.
Jannin, chanteur, qui se Rt entendre dans les concerts à Bruxelles, en 1825.
Schubert (F. J.), professeur pensionné du Conservatoire de Bruxelles, et maître de chant à Téglise des Jésuites. (1)
De Glimes Qules), professeur de chant à Bruxelles et à Londres Vanderfossen (M™*), qui chanta dans les concerts à Bruxelles, en 1825. Costermans (François), compositeur, mort à Bruxelles, en 1856. Kerckx (Nicolas), chanteur et artiste lyrique. Sacré (L. J.), compositeur et ancien directeur des Bals de la Cour.
Singelée (t) (J. B.), ancien violon-solo et chef-d*orchestre de la Monnaie à Bruxelles, mort à Ostende, en 1876.
Demunck (François), fameux violoncelliste, mort en 1854.
Servais (Fr.), célèbre violoncelliste, mort à Hal, en 1867.
Blaes (Joseph), clarinettiste, et professeur retraité du Conservatoire de Bruxelles.
Artot (Montagney dit), professeur pensionné de cor au Conservatoire de Bruxelles.
Schepens, d'Ostende, violoniste, qui obtint le i' prix d*harmonie.
Raoux (Louis-Alexis), (s) compositeur, fut répétiteur à TEcole de musique, et il est mort à Evere lez-Bruxelles, le 15 novembre 1855.
(1) Le 16 mai 1849, il fut nommé professeur de solfège du Conservatoire de Bruxelles. Le 7 mai 1874, M. J. Vienne le remplaça, (t) Notice dans V Annuaire dramatiques 1840, .page 2S5. (3) Notice dans VAnnuaire dramatique, 1843, page 170,
Bosselet (Charles), ancien professeur d'harmonie au Conservatoire de Bruxelles, mort en 1873.
Li ntermans (François), propagateur du chant d'ensemble à Bruxelles.
De Mameffe (François), chanteur et un des fondateurs de la société lyrique à Bruxelles, né le 21 janvier 1793, mort à Bruxelles, le 24 août 1877.
Bemier (J.-F.), professeur de contrebasse au Conservatoire de Bruxelles.
Lambelé (Gabriel), clarinettiste, attaché aux Guides à Bruxelles.
Godineau, professeur de piano à Bruxelles, mort en cette ville.
Masset (Nicolas), de Liège, jadis attaché à TOpéra-Comique de Paris comme chanteur. Actuellement professeur de chant au Conservatoire de Paris.
Depas, de Liège, violoniste.
Batta (Alexandre), violoncelliste à Paris.
Friard (Joseph), ancien professeur de hautbois au Conservatoire de Bruxelles.
Collin, alto au théâtre de la Monnaie.
Jansen, ténor, attaché à plusieurs théâtres.
Arnaud (Etienne), compositeur connu de roman» es.
Linsel (Caroline), cantatrice.
De Pauw sœurs, cantatrices.