‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 1 sur 171 · DES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

DES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES

V^HEBP.ON , ville de la tnbii de Juda. [Josuc, i5, 4o.)

CHEnnON, ville. rojezWv-

URON.

CHEimON DU PETIT CHA- TEAU (l'abbé Laurent-Marie) , né à Niort, docteur de Sorbonnc.

Nous avons de lui ; VJdce de hi i<criU' et de la grandeur de la Reli^n'on démontrée par des preuves claires et à la portée de tout le monde.

CHEF ou CllERF (saint), abbé a Vienne en Dauphiné; autrement, Theudier ; Tlicudcrius , Thtiodarnis. {l'oyez Thkldikk.)

CHEF^Snint-^ Sanctus Thciidtrius , ancienne abbaye de l'Ordre de Saint-15enoît, située dans unbourf^dumènie nom, au diocèse de V icnne en Dauphiné. Elle était dédiée à saint Tlieudère, que Ton appelle ordinairement saint Chef. Elle reconnaissait pour fondateur saint Theudère, pénitencier de la ville de Vienne, qui la bâtit dans une forêt jusqu'alors inhabitée. Cette abbave

fut sécularisée sous le règne de François i«', par le pape Paul ni, et changée en un Chapitre noble de vingt-huit chanoines. La mense abbatiale a été unie à l'archevêché de Vienne , ce qui donnait droit à ce prélat d'en conférer tous les canonicats ; mais il ne pouvait lesdonnerqu'i des habitués reçus par le (ihajHlre, devant li'([Url ils faisaient j>reuve de seize quartiers de noblesse. Le doyen , qui était élu par le Chapitre, conférait tous les oflices chiustraux, (Dictionn.

uniW'rst'l de la France. )

C H E F-C E N S , Primigenius census. Le premier cens du sur un héritage, appelé ainsi par opposition à surcens ou second cens, secundarius census. {f^oj'ez Cens.)

CHEFCIER ou CHEFECIER , Capicerius , Capiliarius et Pri' micerins. On est partxigé sur Toftice du chefcier. Les fk'nédictins disent que le chefcier était une espèce de sacristain, et dé-

a CHE

rivent son nom de capitium, qui signifie la pa rtie d'une église qui est derrière l'autel, où est , disent-ils , la sacristie et qu'on appelle en français chenet ou che\.>ais. ( Acta SS. Bened., sœc. JII , part, i, par 3io.) Mais, dans les anciennes églises, la sacristie est à côté , et non derrière l'autel. D'autres tirent le nom de cliefcier , à capienda.

cerâ, de ce qu'il prenait la cire , parce qu'il avait soin des cierges et du luminaire. D'autres disent que le chefcier était la même chose que le Priniiceriiis , c'està-dire, le premier inscrit dans la matricule ou le catalogue appelé cera , parce qu'on écrivait ce catalogue sur une petite planche couverte de cire. On l'appelait donc aussi dans le mènie sens Capicerius y Chefcier y de caput , chef, et de cera, catalogue, parce qu'il était le clief ou le premier du catalogue , ou de la matricule de l'Eglise.

CHEF-D'ORDRE. C'était le nom qu'on donnait dans ce rovaunie aux abbayes et maisons religieuses qui avaient donné naissance à d'autres, et sur lesquelles elles avaient conservé une certaine autorité. De ce nombre étaient les abbayes de Cluny, Cîteaux, etc. jN'os Rois ont favorisé les abbayes et monastères chefs-d'ordre de difFérens ]niviléges; ils les ont exemptés de leur nomination , en vertu du concordat. Ils ont confirmé ex- ])ressément leurs exemptions , jiar rapport aux visites de l'évèque diocésain. ( Article i de l'or-

CHE donnance d'Orléans.) On nomme aussi chef d'ordre les abbés titulaires de ces mêmes abbayes.

CHEFFO>T AINES ( Christophe); autrement Penfentenion^ oxxà capile fontium , était originaire de révêché de Léon en Bretagne, issu de la maison des Esmorus par son père , et de celle des Ésnègues par la dame de Coétguis , sa mère : l'une et l'autre maisons nobles et anciennes de Bretagne. Christophe entra dans l'Ordre de Saint- François, et fit ses études avec beaucoup de succès à Paris. Il fut élu provincial de la Bretagne en 1062, et général de son Ordre en 1571. Grégoire xiii le créa archevêque de Césarée en 1579, pour exercer les fonctions de i'épiscopat dans le diocèse de Sens , en l'absence de l'archevêque , le cardinal de Pellevé , qui résidait ordinairement à Rome. En i586 , il fit un voyage en Flandre, etconvertità Anvers un grand nombre d'hérétiques.

Des envieux, jaloux de ses succès, l'ayant accusé d'avoir lui-même des sentimens peu orthodoxes., il alla à Rome en 1587, et y mourut âgé de soixante-trois ans, le 26 mai iSgS, dans le couvent de Saint-Pierre in Mo?itorio. Outre st\ langue naturelle, qui était le bas-breton , il savait le grec, l'hébreu, le latin, l'espagnol, l'italien et le français. Il était bon philosophe pour son temps, et avait bien étudié la théologie positive et la scholast ique . Il avait composé divers ouvrages avant et durant son épiscopat : savoir,

1** une lettre française qu'il écrivit sur le libre-arbitre et sur les mérites, pour répondre à la lettre qu'un jurisconsulte huguenot avait écrite à son frère, afin de l'oblifïer à quitter l'Eglise romaine, en voulant lui persuader <[ue sa foi sur cet article était contraire à l'Ecritnre-Sainte et à l'ancienne doctrine. Clieffontaines lui (it alors une réponse française au nom du frère de ce jurisconsulte; il l'a depuis mise en latin et dédiée au pape Grégoire Mil , étant {général de son Ordre l'an 15^5. 11 y prouve le libre-arbitre de l'homme par les passages de l'i'xriture et des Pères, et répond à ceux que le jurisconsulte avait objectés :

l'homme, selon lui, avait été créé parfaitenKmt libre, cette liberté a été affaiblie par le péché d'Adam ; mais elle est rétablit; par la grâce de Jésus-Christ. Il tcàche ensuite d'accorder la Grâce et le libre-arbitre , sans entrer dans les cjuestions épineuses de l'école. Il traite assez succinctement (hi mérite des bonnes œuvres , en prouvant ([ue la vertu <loit avoir une récompense éternelle. 2" Vers le même temps, il donna un autre traité de controverse intitulé: Dcfinsc de la foi di^ nos ancctrcs touchant la prtscncc n'cl/c du corps dcJc^us- Christ dans le sacrement de rEucJiarisiie , en deux livres qui ont été traduits en latin. 3° De la correction nécessaire de la théologie scholastique ou de la nécessité d'accorder les opinions contraires de la scholastique.

Son but principal est de faire voir que le sentiment des théologiens, qui soutiennent que la consécration de l'Eucharistie se fait par les paroles de Jésus- Christ , ne peut s'accorder ni avec l'Ecriture, ni avec le concile de Trente. Il veut que Jésus- Christ ait consacré avant de prononcer ces paroles : ceci est mon corps j etc. Car, dit-il, i" Jésus- Christ bénit le pain ; l'ayant béni, il ordonna à ses apôtres de le prendre et de le manger , et leur déclara en même temps que c'était son corps par ces paroles : Ceci est mon corj)s. Quand il a dit à ses apôtres : Prenez et mangez , il ne leur a pas voulu dire de prendre et de manger du ])ain , mais son corps. i" Le concile de Trente suppose qu'avant l<i distribution le corps de Jésus-Cihrist était dans l'Eucharistie. Or ces paroles , ceci est mon corps, accompagnaient la distribution. Ce n'est donc point par ces paroles que Jésus-Christ a fait le pain son corps. Voici , selon cet auteur, toute la suite des actions de Jésus-CJirist. 11 prit du pain et rendit grâces à son père. Il bénit ce pain, et le consacra par cette bénédiction.

11 offrit son corps au Seigneur sous les espèces du pain. Il rompit l'Eucharistie, se communia le premier, communia ensuite ses apôtres en leur disant : Prenez et mangez; ceci est mon corps ; faites ceci en mémoire de moi. Il est très-difiicile de trouver des exemplaires de son ouvrage , de tiece<!sariâ correct ione

Theolo^ice, qui ne soient lacunes depuis la page 33 jusqu'à la quarantième inclusivement. Les feuilles qu'on a ôtées de cet endroit se trouvent communément remplacées par autant de feuillets d'un autre ouvrage du même auteur , qui n'a de rapport à celui-ci cjue par les chiffres des pages. 4° On a encore de cet auteur : Chrétienne confutation du point d'honneur, etc., traduite en latin sous le titre de Confutatio puncti quod dicunt honoris, à Cologne. 5" Perpetuœ T^irginis Mariœ ac Joseph sponsi ejusdem Virginis catliolica defensio. 6° Un dialogue intitulé : Hjperapistes , 6.'Ve propugnator libri perpétuée Virginia ^ etc., à Lyon, ■j" Un supplément contenant les privilèges concédés de nouveau , et qui ont été omis dans le recueil des monumens de l'Ordre de Saint- François , intitulé : Monwnenta ordinis Minorum. 8" CompendiumprivilegioruniFratrumMinorum etaliorum FratrumMendicantiwn et determinationum multarum quœstiomnn super regulam sancti Francisci à saucto Bonaventura editam. 9". Noi>a illustratio fidei adversiis impios, athées y et omne genus injidelium conscripta^ avec deux discours sur la Vierge, à Paris, lo" Nova illustratio fidei adversus improbos , en quatre dialogues.

11° Varii tractatus. 12** Les troisième , quatrième , cinquième livres de la défense de la foi de nos ancêtres. i3° De Sanctorum invocatione. i/j" De indul-

genticî et de jubileo. i5° De ve~ teri celebrandi missam ri tu. 16* De certis capitibus decreti à Concil Trid. facti. 17° De la Philosophie chrétienne. 18° Un traité sur ces paroles du symbole : Credo Ecclesiam. ig° De la vertu des paroles par lesquelles se fait la consécration du saint Sacrement. 20° Dispute de ce qui est utile et nécessaire , à Paris, en i586. 21° Dissertation sur la prophétie du sceptre de Juda. 22° Traité de la vraie religion quon doit tenir, étant au sacrifice de la divine messe., 1577, in-8°. Extrait d'un sermon qu'il avait prêché en 1571 dans l'église de Saint-Eustaclie à Paris. Cheffontaines écrit bien en latin , et il est fort dans le raisonnement. Il a laissé plusieurs autres ouvrages qui sont demeurés manuscrits jusqu'à présent. (Wadingue, pag. 90.

Dupin, Biblioth. des Aut. ecclés.

du seizième siècle, part. 5, et Table, pag. i3i4- Le père Jean de Saint -Antoine , Biblioth.

francise. y tom. i, pag. 261.)

CHEF-LIEU. On appelait ainsi, en matière bénéficiale , le principal lieu ou mailoir d'un bénéfice qui avait d'autres bénéfices ou annexes dans sa dépendance.

Régulièrement, la disposition des bénéfices annexes ou dépendans d'un autre aurait dû se régler par les lois du pays où ce dernier se trouvait assis. C'est le sentiment de plusieurs canonistes , et entre autres de Gonzales, in Regul. de Mensib., ^\os.iOyn.3o.

Cette maxime n'était pas indis-

linctement reçue eu France ; c*est-à-dire , que ce n'était pas un principe toujours sûr que la collation des bénéfices se réglât par lesloisduclief-lieu. Si cela était, dit M. Pialès en sou Traité des Collations sur vacances par mort, part, i, ch. 21, il en résulterait bien des inconvéniens.

L'abbé de Cluni avait des bénéfices à nommer et à conférer dans les pays de concordat français ; il en avait dans les pays de concordat germanique ; il en avait dans les pays d'obédience; il en avait dans les pays étrangers.

L'abbaye de Cluni était située en pays de concordat où les ex jicctatives des gradués , des indultaircs et brevetai res étaient reçues.

Si la loi du clief-lieu devait régir tous les membres, Ic'scxpectatives desgraduésauraient du avoir lieu eu Bretagne oùTon ne connaissait pas le concordat ; les expectatives des indultaireset des brevetai res auraient dii être admises dans les pays sdulnis à une domination étrangère, par rapport aux bénéfices dépendans de (lluni : ce qui ne pouvait s'allier avec les maximes du droit public , suivant lesquelles la puissance d'un souverain est bornée aux [)ays et terres de sa domination. (Répondant si le principe dont il s'agissait avait eu lieu , il aurait attribué au Roi un pouvoir indirect sur des terres et des sujets soumis à une puissance étrangère : les lois de l'insinuation , et toutes les autres concernant les présentations et les collations particulières à la France, et établies parles ordon-

nances royales , auraient obligé les sujets des autres provinces.

L'induit de Messieurs du parlement de Paris , le brevet de joyeux avènement auraient été encore des lois qui auraient étendu leur empire au-delà des limites du royaume.

Il fallait donc établir pour maxime générale , que les patrons et les collateurs fussent tenus , dans les présentations et collations, de se conformer aux lois qui étaient en usage et en vigueur dans les lieux où étaient situés les bénéfices, à moins que ces lois n'eussent été si exorbitantes du droit comnmn, que ré<|uité aurait exigé que l'on en eut restreint la disposition autant f[u'il aurait été possible , comme au cas des bénéfices situés en pays de réserve.

C'est sur ce principe qu'il a été jugé au grand Conseil, le 3i mai 1701, que lescollateursdont le clief-lieu était soujuis au concordat n'éUiient pas soumis à l'expectative des gradués, pour les bénéfices situés dans la province de Bretagne. Par les mêmes raisons, un bénéfice situé dans un pays de concordat, et dont le collateur et le cliuf-lieu auraient été dans la province de Bretagne, aurait été déclaré sujet à l'expectative. ( M. Durand de INIaillane , Dïctionn. de Droit canonique, au njot CfiEF-LiKu. )

CHEF-SEIG>ELR. Seigneur féodal, suzerain, censier , foncier. Ce mot signifiait aussi seigneur du fief-cbevel d'où dépendaient les autres.

CHELCHIT, certain lieu du

6 CliE

Cuiiihciland, province d'Angleterre. 11 y eut un concile l'an ^87, du temps du pape Adrien l«^ On y fit vin[jt canons. Le premier ordonne de garder la foi deNicée. Le second, débaptiser selon les canons. Le troisième porte que l'évèque tiendra son synode deux fois par an. Le quatrième, cinquième et sixième, regardent les mœurs et la conduite des évèques, abbés, abbesses, prêtres , diacres, moines.

Le dixième défend aux prêtres de célébrer la messe les jambes nues , et aux fidèles , d'offrir des morceaux de pain. Il défend aussi de se servir de corne pour le calice ou la patène. Le onzième traite des devoirs des Rois et de l'excellence des prêtres. Le treizième parle de la justice qui doit régner dans les jugemens sans acception de personne. Le c£uatorzième condamne les fraudes, les rapines, les tributs injustes , imposés à l'Église. Le quinzième défend les mariages incestueux, et le seizième ne veut pas que les bâtards héritent. Le dix-huitième ordonne d'accomplir exactement les vœux qu'on a faits. Le dixneuvième commande d'abolir les restes des rits païens. Le vingtième traite de la conversion , de la pénitence , de la confession, et défend de prier ]>our ceux qui meurent impénitens.

(Spelman, Conc. angl. Regia, 18, Labbe,6.Hard.,3.)

CHELEAB , fils de David et d'Abigail, auparavant femme de Nabal. (:>.. Reg. 3, 3.)

CHELIAU. (hébr., tout luimême ou consommation) , nom d'homme, (i. Esdr. 10, 35.)

CHELÏDOINE, martyr, aussi bien c[ue son frère Émétère ou Hémitère ; après avoir servi avec honneur, dans les armées de l'Empire romain eu Espagne , renoncèrent à cette milice séculière , et eurent la tête coupée , en suite de plusieurs autres tourmens ,pour n'avoir point voulu sacrifier aux idoles. Dans le moment que le bourreauleur abattit la tête, on vit l'écliarpe de l'un et la bague de l'autre enlevées par le vent jusqu'aux nues : ce qui fut pris pour une assurance de la gloire dont Dieu récompensait leur pureté et leur foi , dont l'écliarpe blanche et l'anneau d'or étaient les symboles.

Ceci arriva au quatrième siècle à la Calalîorra , ville de la vieille Castille, où l'on faisait leur fête dès le même temps , et où les miracles qui s'opéraient à leurs tombeaux attiraient na grand concours de peuples. On y montre encore aujourd'hui, une grande partie de leurs reliques dans la cathédrale en une chapelle qui porte leur nom. On dit que leurs têtes ont été transportées à San-Tonder, ville du diocèse de Burgos. C'est le poète Prudence qui nous apprend ce que jioussavons de cessaints martyrs, dans son poëme des Couronne.^ , divisé en f[uatorze chants ou hymnes à l'honneur de quelques martyrs d'Espagne. Le premier de ces clianls est consacré à la mémoire des deux saints frères

Éiuétère cl (^liélidoinc , et. l'on y voit et' que noxi^ avons rapporté de leur martyre sur la tradition qui s'en était conservée; car les actes judiciaires en avaient été déchirés et brûlés par les bourreaux , comme Prudence s'en plaint avec chaleur. Ceux qu'on lit j.ar conséquent dans le recueil de 1,'ollandus n'ont tl'autorité que ce qui est conforme au récit de Prudence. (Baillet , 3 mars.)

CHÉLION, (hébr., consommé, parfait , ou tout colombe), fds d'Elimelech et de Noémi , de la ville de Bethléem de Juda , qui, pendant une (jrande famine , se retira avec son père et sa mère dans le pays de Moab, où il épousa une femme moabite, nommée Orpha , et mourut sans enfans. {Puitli., 1,2.)

CIIELLES, bour^ dans l'ile de France, près de la Marne, à quatre lieues de Paris. Il y av.tit une abbaye de relijiieuses bénétlictijies, fondée l'an 66?. par la reine sainte i'athilde ou l'autlour , femme de (llovis n. Il y eut un concile l'an 1 008 , en présence et dans le palais du roi Robert , où Lutherie de Sens , Fulbert de Chartres, et les autres prélats confirmèrent les donations <|ue ce rt'li{;ieux prince avait faites à l'abbaye de Saint- Denis. Ce concile s'appelle en latin , Conclmim Kalensc. (Lab. , i).

Hard.,6.)

CHEL.M ou ( JIELME , ville de Poloj^ne dans la Rus.-ic , avec titre de palalinat. Elle a été tellement ruinée par les Cosaques,

que l'évèque latin qui y fut établi en 1375, sous la métropole de Gnesne , a transféré sa résidence à Cranoslau ou Kranostaw, bourg de son diocèse. Il y a aussi à Chelm un évèque grec , suffragant de Kiovie. Jean-Félix Szaniawski , ci-devant évèque de Capse , et sutfragant de l'archevêché de Léopold , fut nommé à l'évèché de Chelm le 6 décembre 1722. Il avait eu pour prédécesseur Alexandre Frédro de Ludinghausen , administrateur de l'Ordre Teutonique en Livonie , tjui fut transféré à Presmislier.

CIIELMAD, ville. {Ézéch. .

CHELMON, ville qui est visà-vis d'Esdrelon, et près de la- (juolle une partie de l'arinéc (niolofernc était campée avant (pi'il vint assiéger Béthulie. {Judith. ,7,3.)

(IIELSMESTON (Jean), Anglais, natif d'York, religieux (le l'Ordre des Carmes , et docteur d'Oxford , vers l'an 1290, a laissé : Dctcrminationcs theolo^'iciv ; Lcctitrœ scholasticœ ; {Juœstioncs onlinnriiV ; Qiiodlihcta; Sermones , etc. (Lucius, /hùl. carm. Alègre, in Parùd.

carm. Pitscus , de Script. Augl)

CIIEIX H ( hébr. , chien ou panier , père d'Esri. i\. Paralip. , 27, 26.)

CHEMIN , roule pour aller d'un lieu à un autre. Les coutumes distinguent trois sortes de chemins ; les chemins royaux , les chemins publics, et les chemins particuliers.

Les chemins royaux , dit Loyseau, sont ceux ([ui conduisent d'une bonne ville à, une bonne ville.

Les clieniins publics sont ceux qui conduisent d'un village à uu autre village , et généralement tous les chemins qui sont à l'usage public, pour passer de tout lieu à tout autre. Ils aboutissent ou à d'autres chemins , ou aux portes des villes , ou à la mer, ou à des rivières.

Les chejuins particuliers sont , 1° ceux qui sont propres à quelques personnes pour l'usage de leurs héritages , et qui aboutissent d'une part à de grands chemins , et de l'autre finissent aux héritages où ils conduisent; 2° les chemins qui servent de servitude et de droit de passage entre voisins.

Les particuliers peuvent s'accommoder comme bon leur semble pour les chemins qui les regardent ; mais pour les chemins publics, il faut s'en tenir aux règles suivantes :

1 . Tout chemin public appartient au Roi , et il n'y a que le Roi ou son autorité royale qui puisse changer les chemins publics , les ruelles , les sentiers , les voies et les rues. (DeFerrière, Dict. de Droit , au mot Chemin.)

2. Autrefois lesseigneurs hautsjusticiers , dans la seigneurie desquels passaitun cliemiu public, et même un chemin royal, avaient droit de veiller à sa conservation , et d'empêcher qu'on y fit aucune entreprise ; mais ils ne j)Ouvaient ni l'allércr, ni le diminuer, ni,

CHE à plus forte raison , le supprimer ; ils avaient ce qu'on appelle jus pz-ohibendi , et non pas ;?/>• irmovandi. Un seul habitant peut se plaindre de la suppression d'un chemin ; c'est une espèce d'action que les lois appellent populaire , et guœ daLiir cuili-bet e populo. (M. Denisart , Collect.

de Jurispnid. , au mot Chemin.)

3. Un chemin particulier devient chemin public , par la seule possession du public ; et quand il est une fois chemin public , il n'est plus sujet à près?

criptiou. (Ibid."!

4. La police des grands chemins consiste à les tenir dans un état où ils puissent être utiles au public , tant par rapport à la largeur et autres commodités , que par rapport au pavé où il est nécessaire , aux réparations qu'il convient d'y faire , et au soin d'empêcher qu'on n'y mette rien qui incommode le passage.

Toutes ces choses regardent les officiers du Roi , préposés pour cette police. (De Perrière, ubi supr.)

5. Quand un gTand chemin est emporté par un débordement , les voisins sont obligés de contribuer à en refaire un autre sur des terres voisines , en dédommageant les propriétaires des terres sur les([uelles il est pris. (Ib.)

6. Ceux ([ui ont côiipé et rogné les grands chemins pour agrandir leurs terres peuvent être contraints de les remettre, nonobstant la prescription. (Rouvot, tom. > , au mot Chemin- , quest. 7.;

ClïE

-. Un voisin peut être contraint de donner pour argent, tiiemin sur son héritage à son voisin , pour aller au sien , s'il n'a autre chemin pour y aller.

(Papon,liv. 14, tit. i, nomb. 3.)

Pour ce qui est de la largeur des chemins , voj-cz la Conférence des Coutumes , au mot Chemin. On peut voir aussi un livre in-i2, imprimé à Paris en 1687 , qui a pour titre : Expositions des Coutumes sur la largeur des chemins , sur la destination des pcages , etc.

CHEMIN (Michel du) , avocat.

Il est éditeur du Mémorial al- ])habétique des Tailles. La prélace est de Claude-Joseph Prévôt.

M. du Chemin a aussi donné le Journal des Audiences du parlement, 7 vol. in-l'ol. ; Traité des Donations enlrtî-viis , »'t testamentaires , par Ricard , avec la coutume d'Amiens, commentée par le même auteur, nouvelle édition augmentée, 9. vol.

in-fol. , i-^S-î- {La France littiraire.)

CHEMINAIS (Timoléon) , jésuite, né à Paris (quehjues uns disent à Chàteaudun) , le 3 janvier 165?. , entra le 25 septembre i(")C)7 dans la couq^agi.ie de Jésus, où il brilla par son esprit , <t s'acquit en peu «le tenqis la léputation d'un célèbre prédicateur, jusque-là qu'on l'appelait le Racine des Prédicateurs. Paris et la cour l'ont entendu avec beaucoup de satislaction. Il mourut à la fleur de son âge, le 1 5 septembre 1 689 , âgé de trentesept ou trente-neuf ans. On dit

(.lîE p

que lorsque ses infirmités lui eurent interdit la chaire, il allait tous les dimanches , autant qu'il le pouvait , instruire les pauvres de la campagne. Le père Bretonneau, son confrère, fit imprimer deux volumes in-i:i de ses Sermons en 1690, un troisième en 1691. Il en parut un quatrième et un cinquième en 1729 , qui ne sont ni de la composition du père Cheminais , ni de la révision du père Eretonneau. On a encore tlu père Cheminais , des Sentimens de piété, inq)rimés en iC)9i, in-12, où l'on trouve plus de brillant qu'il ne convient à des ouvrages qui doivent surtout intéresser le cœur. Les sermons du père (dieminais sont ordinairement divisés en deux parties ; quelques uns cependant le sont en trois , selon l'ancienne méthode. On y remarque beaucouj) de délicatesse et d'onction , mais pointa.ssez de fond. Il n'approfontlit pas toujours son sujet , et le rhéteur panùt trop à découvert dans ses discours. {lîibliotJi. française , tom. 2, pag. 29^. Dictionn. des Prédic. , au mot Cheminais.)

CIIEMINON , Chemina et Cheminio , abbaye de l'Ordre de Citeaux , fille de Trois-Fontaines, au diocèse de Chàlons-sur-Marnc, entre Vitry et Par-le-Duc. Eli.fut d'abord de l'Ordre de Saint- Augustin, et fondée auxzommencement du douzième siècle. Les frères Alard et Alberic , suivis de quelques autres personnes de piété , s'étant retirés dans la forêt de Luiz pour y vivre dans les

exercices de la pénitence , et sous la règle de Saint-Augustin , ils bâtirent une maison avec une église sous le nom de Saint- Sauveur, sur un fonds qui leur fut donné par Alix, comtesse de Champagne , et ses deux fils , Philippe , évèque de Cliâlons , et Hugues, comte de Champagne.

Le pape Paschal n confirma en iio3 cet établissement, et le nouveau monastère fut soumis à l'abbaye d'Arouaise eu Artois.

Pour rendre cette maison plus nombreuse , le comte Hugues lui céda en iiio une autre terre voisine , appelée Cheminn , à la charge d'y bâtir une église à l'honneur de Saint-Nicolas , et d'y assembler des religieux pour y vivre régulièrement avec frère Alard, qui en fut le premier supérieur. L'église fut en effet bâtie, et Richard, évèque d'Albano, légat du Saint-Siège , en fit la dédicace au mois de décembre de la même année , et l'exempta de toute juridiction épiscopale , avec la participation et du consentement de Févèque de Cliâlons. On met au nombre des principaux bienfaiteurs de Cheniinou les chanoines de Saint- Corneille de Compiègne , qui en augmentèrent les revenus, par une donation qu'ils lui firent en

1 1 r6. Quelques années après , ce monastère quitta la règle de Saint-Augustin pour embrasser celle de (iîteaux , comme il paraît par une bulle du pape Innocent 11, en date du 17 février ii4o. L'abbaye de Cheminon était autrefois si nombreuse, que

les moines regardaient comme une réduction considérable la résolution qu'ils avaiçnt prise de ne pas excéder le nombre de soixante religieux , et de cent quarante-six convers, si ce n'était que le revenu augmentât.

Il n'y eut dans la suite que huit religieux qui firent entièrement rebâtir les lieux réguliers. (La Martinière , Dictionnaire géo^ grajjh. Gallia christ. , tom. 9, col. 964.)

CHEMINOT ou CREMINET (Jean) , carme , dont parle Trithème dan s son ouvrage des Ecrivains de l'Ordre des Carmes , sous le nom de Jonnnes de Cimineto , fut professeur dans le couvent de Metz , et se distingua par son savoir , ses sermons et son éloquence. lia composé , 1" Spéculum institulionis ordinis sui , lib. 1 . 2° Sennones de tewpore , lib. 1 . 3° Sennones de Snnctis .

lib. 1. ^° Sermones per quadragesiniam , lib. i , et quelques autres ouvrages. (Dom Calmet , Bihiioth. lorraine.')

CHEMNITIUS (Martin), ministre luthérien d'Allemagne , et disciple de Mélancthon , naquit en i522 à Britzen , village de la Marche de Brandebourg, et mourut le 8 avril i586. On a de lui , Harmonia Evangeliorum; Examen ConciliiTridentini , etc. C'est une théologie protestante divisée en quatre parties, qui forment quatre volumes in-8" , dans l'édition faite à Francfort-sur-le- Mein en 1599. (De Thou , HisL. .

liv. 64. Mclchior Adam , /// vi( Theolog. germon.)

ClIE CJIEMNIÏICJS (Cliiistian ou Chrétien) , ué le 17 janvier 161 5 à Konigsfeld , fut recteur au collège d'Iéna en i638 , ministre de "Weimar en i643 , professeur de théologie en i652, et surintendant en 1654. ïl mourut à léna le 3 juin 1666. On a de \iiï,Prœleclioiies in Hullericowpcndium; lireifia Instructio fiituri 3Iinistri Kcclesiœ; Dissertationes de Prœdestiuatione; de Arbore Scientiiv boni et mali : de. arbore J'^ilœ ; de '^rentatioiiibus spirilitalibus ; et plusieurs écrits sur la dispute entre lui et Jean Schelller, <[ui avait embrassé la religion catholique. (Moréri, édit. de 1759.) CHENARD (Eaurent) , docteur tle Sorbonne, a donné (jualrc volumes in- 12 de Serinons impri- )nés à Paris chez Edme Coulerot en 1693 , sous le titre de Discours de momie sur divers sujets , en faveur des curés , i.'icaires ecclésiastiques de la campagne, jwur l instruction des peuples , et trèsutiles à ceux qui s'emjtloient dans les missions. {Dict. des Prédic. , part. 2 , au mot Discours i>e Morale, j)ag. 32-?.)

CHENNE, nom de ville.

{Ezéch., 27, 23.)

CHENU (Jean' , avocat au parlement de Paris, né à Pourgis le 29 décembre 1 559 ' ^*^ Claude Chenu , marchand de cette ville , se livra tout entier à la jurisprudence , d'abord dans le lieu de sa naissance, et ensuite à Paris, où il mourut le 16 déuiiubre 1627. On a de ce laborieux auteur, 1" Notables et singulières questions de Droit , décidées par

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arrêts mémorables des Cours souveraines de France, etc., à Paris , 1620 , in-4''- H y en avait eu un [)remier volume imprimé dès 1602 , aussi in-4". 2° Recueil général des édits , arrêts et réglemens notables , concernant les ecclésiastiques. Universités, baillifs , sénéchaux et autres juges , et généralement tous les ofllciers de France , pour les droits et fonctions de leurs charges , rangs et séances , tirés des Ollices de Jean Chenu , et continués depuis i(>2o jusqu'à présent , par Jean Filleau , à Paris , 1 63o et 1 63 1 , in-fol. , 2 volumes.

3" Des Oflices de France , ou continuation du recueil d'Kdits faits sur les créations d'Etats et Ollices de judicature , réglemens des Cours souveraines entre les ecclésiasti([ues , pourla célébration du service divin , juges , magistrats et autres ofliciers royaux, à Paris, 1720, in-4''. 4" i^''^^'^ civilis universa, canonica , Jbri Ecclesiostici gallici , actionum et judiciorum Ecclesiasticorwv formas contincns, à Paris, 1621 , in-8°. 5" V:n traité de l'aliénation du bien d'I-^glisc et des baux enq)liyléoti{[ues, contenant Ils solennités requises pour la validité desdites aliénations, ensemble plusieurs arrêts sur cette matière , à Paris, in-8°, 1625 et iG-îJ. (')'' Recueil d'arrêts, par Jean Papon, avec lesobservations de Jean (>lienu , donné par M. Ea Fa>e, à Paris, 1G21, in-4". ^" trouve aussi dans ce recueil une dissertation où Jean (lienu a rassemblé tous les auteurs (]Ui

ont écrit de la résignation des.

cures sans pension. 7° Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bour-;es, et autres capitales du royaume , à Paris, en 1621, in-4°. 8° Arcluepiscoriim et Episcoporum Golliœ chrono^ logica historia , à Paris , 1621, in-4°. 9° Privilèges octroyés à la ville de Paris , avec le catalogue des prévôts des marchands, à Paris, 162 1, in-4°. Les mêmes privilèges sont imprimés avec les ordonnances de la ville de Paris , ibid. , 1676, in-fol. 10° Privilèges de la ville de Tours , à Paris , 1620, in -4°. 11° Chrouologia historica Patriarcharimi , Jrchiepiscoporimi Bituricensiwn et Aquitaniarum Prùnatum , seconde édition, à Paris, 1621 , in-4''- 12° Notœ ad stjlumjun'sdiclwms Ecclesiœ bhuricensis , à Paris, i6o3, in-8°. {Voyez V Histoire duBerrj, par Thomas de La Thaumassière , où l'on trouve l'éloge de Jean Clienu , pag. 75, et son testament qui est du 1 5 septembre 1627. Voj.

aussi le quarantième tome des Mémoires du père Nicéron.)

CHEPTEIL ou CHEPTEL ou CHETEL , bail de bestiaux qui se fait lorsqu'un maître donne à un fermier un certain nombre de bœufs ou de moutons , à condition qu'il les nourrira , et qu'en les rendant à la fin du bail, il en partagea le croît et le profit. Ce contrat est licite à trois conditions. La première , que si les bestiaux viennent à périr par cas fortuit sans qu'il y ait de la faute du fermier ou du preneur,

CHE la perte tombera sur le bailleur^ qui en est le maître , selon cette maxime, res périt Domino. La seconde condition est que le preneur ait un grand soin des bestiaux , et qu'il rende un compte exact du profit. La troisième condition est que le profit se partage également , et à proportion du capital et de la peine , entre le bailleur et le preneur.

(Pontas , au mot Société , cas 23, 24, 25, 26.)

Le mot de chepteil vient de capitale et de capiteaii , qui se trouve dans les coutumes, à cause que chepteil est composé de plusieurs chefs de bètes , qui forment un capital. M. Du Cange prétend qu'il vient de catallimi, qu'on a dit pour capitale, d'où on a fait chaptel , chatelet catel.

D'autres disent qu'il vient de chatal , vieux mot celtique ou bas-breton , qui signifie un troupeau de bêtes.

CHERBOURG ou NOTRE- DA:ME - DU - YOEU , Cœsaris- Burgus , ou B. Maria de Voto , abbaye de l'Ordre de Saint-Augustin , située sur la côte septentrionale de la Normandie , au diocèse de Coutanccs. Elle est appelée Notre-Dame-du-Vœu , parce c[u'elle fut fondée par Guillaume , duc de Normandie , en conséquence du vœu que ce prince avait fait de bâtir à Cherbourg une église en l'honneur de la Vierge , s'il revenait d'une maladie dangereuse dont il était attaqué. L'église fut en effet bâtie ; mais cent ans après , savoir, vers l'an 1 145, Tinipératrice Ma-

CHE thilde la fit rebâtir avec un monastère dans l'île de l'Ormeau , près de Cherbourg ; et Algare , évêque de Coutances , y mit des chanoines réguliers de Saint-Augustin , qu'il fit venir de Saint- Victor de Paris. Pour rendre cette abbaye l'une des plus considérables de la Normandie, Henri u, roi d'Angleterre, lui fit unir en 1187 le monastère de Saint-Hélier , de la congrégation d'Arouaise , situé dans l'île de Gersey. Le relâchement s'étant depuis introduit dans l'abbaye de Cherbourg , on y établit sur la fin de l'autre siècle des chanoines réguliers de l'étroite observance de Bourg-Achard , par les soins de Charles-François de Loménie, évèque de Coutances, et d'Alexandre-le-Jay, abbé commendataire de Cherbourg, mort en 1704. {Galba christ., toni. 2, col. 940.)

CHERCHEUR. Les chercheurs étaient une secte de gens eu Angleterre qui disaient qu'aucune i\es religions établies parmi les chrétiens n'est la vraie religion que J.-C. a enseignée comme nécessaire au salut. Ils ajoutaient cependant que cette vraie religion était révélée dans l'Kcriture , quoiqu'on ne l|^eùt pas encore trouvée. C'est pourquoi ils lisaient assidûment les livres saintspourla découvrir. [Sloupp, Religion des Hollandais.) ,

CHEREM, anathtnie. Les Hébreux distinguaient trois sortes d'anathèmes ou d'excommunications : le niddui ou séparation , la première et la moindre des

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trois ; le cherem , «jui était la grande exconimujiicalion, et qui privait l'excommunié de la plupart des avantages de la société civile , à peu près comme notre excommunication majeure ; le schammata , qui était une excommunication qui emportait la peine de mort. La sentence de cherem ne pouvait être portée qu'en présence de dix personnes; mais l'excommunié |)ouvait être absous par trois juils , ou même par un seul , pourvu (ju'il fut docteur de la loi. (Bartolocci, Bibl. rabbin. Rasnage, Hist.des Juifs, tom. 5, liv. 7, ch. 20, édit. par. ;

CHEREMON , évèque de Nilople en 1 -gyj)lc , et martyr au troisième siècle , fut un de ceux qui s'enfuirent durant la persécution de Dèce , comme nous l'apprend saint Denis dans sa lettre à Fabius , évèque d'Antioche , dont Eusèbe nous a conservé \\\\ extrait considérable dans le ch. f\i du sixième livre de son Histoire eccU^siastique.

Plusieurs lie ces chrétiens fugitifs moururent par la faim ou la soif , le froid ou le chaud , les bètcs sauvages, les voleurs, etc. ; ce ([ui les fit regarder comme martyrs ))ar l'Eglise. Cheremon , évèque de Nil ou de Nilope en Egypte , s'étant enfui avec sa femme dans les montagnes d'Arabie, exposées aux courses des Sarrasins et des autres barbares , y périt avec plusieurs chrétiens qui allèrent pour le chercher après sa persécution , sans qu'on pût apprendre aucune

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nouvelle d'eux. L'Église les honore tous comme martyrs le 22 décembre. (Baillet, 22 déc.)

CHERET Cl'abbe'), chanoine de Notre-Dame de Chartres , auteur d'un panégyrique de saint Louis, prononcé devant l'Académie Française , et imprimé cliezJ.B.Coignard,in-4°, 17 18.

CHERI , Catherimn , abbaye de l'Ordre de Cîteaux , située dans le pays d'Argonne , sur l'Air , entre Mont - Faucon et Grandpré , au diocèse de R.eims.

Elle fut fondée par le Cb.apitre de l'Église de Reims eu 1147?

pour des religieux de l'Ordre de Saint-Eenoît qu'on y fit venir de La Clialade, et qui n'y demeurèrent que jusqu'à l'an 1 189 , ce monastère étant passé cette année à rOrdre de Cîteaux , sous la dépendance de l'abbaye de Trois-Fontaines. {G allia christ., tom. 9, col. 309.)

CHÈRICATO, CHERICATI, CHERICATUS (Jean) , né à Padoue le 8 décembre i633 , de parens pauvres, originaires d'Angleterre , trouva dans la charité d'une religieuse le moyen de faire ses études. Il s'appliqua particulièrement au Droit civil et canon , fut reçu bachelier à Padoue en i65i, et nommé ensuite coadjuteur de la chancellerie épiscopale de la même ville.

En i656, il fut élevé au sacerdoce , et mourut en 1 7 19, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, avec la réputation de l'un des plus habiles hommes de son temps dans les matières ecclésiastiques. On a de lui , 1 " Discorâiœ foren-

ses , ï vol. in-fol. , réimprimé en 1 7 1 7 . L'auteur en a laissé trois autres volumes qui n'ont point paru. 2° Une édition des Decisiones Cleri patavini ., à Venise , in-fol. , chez le célèbre Paletti.

3^ De Sacramentis tractatus 7.

4° Erotemata Theologiœ incralis. 5° J^ia lactea , sive insiilutiones Juris canonici. 6" Decisiones Juris ciuilis. 7" La vie du cardinal Barbarigo , dont l'auteur avait mérité l'amitié et la confiance par l'étendue de ses lumières, la solidité de son esprit , et la sagesse de sa conduite.

{Giornale de letterati d'Italia , t. 29, part. 12 , p. 307 et suiv.)

CEERLIEU , Carus - Locus , abbaye de l'Ordre de Cîteaux , dans la Franche-Comté , diocèse de Besançon , doyeimé de Traves, sur la rivière d'Ayron. Elle était de la filiation de Clairvaux, et fut fondée l'an ii3i. (Dict.

unJv. de la France. ) ,

CHERON, Caraïauis , martyr aupays Chartrain , était Romain, c'est-à-dire, né de parens gaulois , c£ui avaient été sous l'obéissance des Romains , selon la manière de parler qui était en usage sous la première race de nos Rois. 11 vivait vers la fin du cinquièni^jlsiècle , dans le temps que les Gaules étaient partagées entre les Français, les Bourguignons et les Visigots. Après la mort de ses parens, il vendit tout son bien, en donna le prix aux pauvres , et se retira dans la solitude pour se cacher entièrement au monde ; mais Dieu permit que l'évèque du lieu où il

s'était rétiré, connaissant son mérite , l'ordonnât diacre. Revêtu de ce caractère et brûlant dudésirde faire connaître Jésus- Christ , Cheron prêcha d'abord la pénitence dans les lieux voisins de son pays. Il passa ensuite dans les provinces des Gaules c[ui appartenaient aux Français, dont la pUipart étaient encore idolâtres. Il entra dans le pays Chartrain , où il trouva ([uehjues chrétiens , dont le nombre surpassa bientôt celui des idolâtres ])ar ses soins et ses travaux.

Quel([ues disciples (jii'il avait avec lui pour l'aider dans le ministère de la prédication , l'ayant engagé d'aller prêcher à Paris , il fut tué en chemin dans une lorèt, à trois lieues de (^harlivs , par une tioupe de voleurs, fâchés de ne jioint lui trouver tout Targent qu'ils souliaitaient , et de ce qu'en les amusant il avait facilité à ses compagnons le moyen de s'enfuir , comme il en était convenu avec eux. C'est ainsi qu'il devint le martvr de la charité en donnant sa vie pour sauver celle de ses frères. Son corps fut reporté à Chartres et enterré sur une éminence hors de la ville , qui fut appelée la Montagne Saïnie , à cause de lui et de plusieurs personnes de piété qui s'y firent iiduimer par dévotion- Un riche bourgeois de la ville , nommé Ségran ou Siran, y fit bâtir une église dès le temps des enfans ou des petitsfils de Clovis, qui depuis a été une abbaye de chanoines réguliers, {|ui conservaient les reli-

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qu es du Saint. On fait sa fête le 28 de mai , que l'on croit être le jour de son martyre ou de sa première sépulture. Les actes du Saint ne sont pas jugés absolument faux , quoiqu'ils ne soient que d'un auteur du neuvième siècle. On les trouve dans la continuation de I^ollandus , avec les remarques de Henschénius.(Baillet , 28 mai.)

CHERON {S:\\nt-) , Sanctus- Carniimis , abbaye de l'Ordre de Saint-Augustin, située j)rès de la ville tle Chartres. On lit sur une pierre du chœur ([ue ce fut le roi Clotaire qui la dota. Il y eu a qui disent ([ue l'église fut hàtie par saint Papoul , évêque de Chartres, (pii vivait sur la llu du sixième siècle. Il est cert.iin «[u'oUc t'iail <h'jà érigée eu abbaye au neuvième siècle; car il y avait, en 885 , un abbé nommé llaimeric. On y mit ensuite , vers l'an 1016, des chanoines séculiers, dont celui qui était à la tête portait le titre de prévôt. Ce monastère demeura dans cet état jusque.' vers l'an 11 jf), (jue Goslen de Leugis , évê([ue de Chartres , y introduisit des chanoines réguliers, et y rétablit la dignité abbatiale (ju'on avait abolie en faisant passer le monastère aux chanoines séculiers.

Lors de ce rétablissement l'abbaye de Sàint-Cheron jouissait d'une prébende dans la cathédrale de Chartres. Cette abbaye a été possédée par les chanoines réguliers de la congrégation de France, {Gallia christ., tom. 7, col. i3o4 , nov. odit.;

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CHERSONÈSE. On distingue quatre Chersonèses : celle de Tlirace, la Cinibrique, aujourd'iiui Danoise ou le Jutland; la Taurique, proche le marais Mœotide ; et la Dorec dans l'Inde , qu'on croit être Malaca.

CHERSONÈSE , ville de Crète, appelée communément Chironis ou Spinalonga, sous la métropole de Candie , a eu ses évèques latins.

1 . Fatius ou Boniface , surnommé Donoratio, d'une illustre maison de Toscane , de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, évêque de Sagone , transféré à Chersonèse en 1 3o6. Il y eut un autre Boniface du même Ordre qui fut pourvu de la même dignité par Pierre de Corbaria , anti-pape , et même fait cardinal; mais il eut le même sort que son patron.

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