Jean i", de Virnembourg, doyen de l'Kglise de Cologne
fut nommé par le Chapitre malgré la réserve du pape , qui ne voulut pas le confirmer. Il devint ensuite évêque de Munster et d'Utrecht.
66. Adolphe 11 , comte de La Marck, évêqu^ de Munster, fut fait archevêque de Cologne par le pape Urbain v; mais il (piitta l'archevêché l'année suivante , pour épouser Marguerite , fille et héritière de Gérard, comte de Juliers et de Berg.
67. Engelbert 111, de La Mark, transféré de l'évèché de Liège par Urbain v à celui de Cologne , mourut en i368.
68. Conon , archevêque de Trêves, était coadjuteur »lu précédent. 11 fut postulé par le Cha- ])itre ; le ])ape y consentit; mais il ne voulut pas ([uitter son archevêché , et se contenta du titre d'administrateur. Il mit les chanoines dans ki disposition d'élire son neveu , «t se relira à Trêves. Il mourut à Coblentz au mois de juin i388.
69. Frideric «ii , comte de Saarwerden , fut élu par les capitulaires, quoique l'empereur (^iiarles IV eût fait Ixiaucoup d'instances pour son neveu Jean de Luxembourg , évêque de Strasbourg. Frideric fut créé cardinal l'an 1 385 , par le pape L rbain vi, qui fonda aussi l'Lniversité de Cologne en i388. Il mourut à Bonn l'an i4ï4-
70. Thierry, comte de fleurs, prévôt de Bonn , eut pour concurrent Guillaume , comte de Ravensberg, évêque de Paderboni. Ils s'accommodèrent en
35o COL
i4î>45 '* condition que Guillaume éj30userait la nièce de Thierry , et qu'il lui céderait l'évêclié de Paderborn et son droit sur le siège de Cologne. Thierry fut aussi évèque de Halberstad. Il soutint plusieurs guerres contre les hérétiques de Bohème , et mourut le i8 février 1462. , après avoir siégé quarante-huit ans.
71. Rupert ou Robert de Bavière , grand-prévôt de l'Église de Strasbourg , élu le 3o mai 1 463. Il eut plusieurs difficultés avec son Chapitre , qui en vint jusqu'au point de lui dénoncer qu'il le forcerait d'abdiquer. Làdessus, Frideric , comte palatin , dénonça à son tour au Chapitre , que puisque son frère avait été élu sans qu'il y pensât, il ne souffrirait pas qu'on l'obligeât à se retirer. Mais , s'apercevant que les mauvais conseils qu'on donnait à Rupert étaient la cause du mécontentement du Chapitre , il mit auprès de lui des personnes prudentes et sages , et un bon général d'armée avec des soldats expérimentés , avec le secours desquels il se fit rendre de force ce qu'on ne voulait pas lui donner de bonne grâce. Cependant , bien loin de suivre les avis de son frère , il se comporta encore si mal, que ses propres sujets se révoltèrent contre lui , et qu'on en vint à une guerre ouverte. Il assiégea Nuis avec le secours de Charles de Bourgogne ; et, ayant levé le siège , ses troupes l'abandonnèrent. Il se retira dans la haute Allemagne , où il tomba entre les mains de Henri ,
COL landgrave de Hesse , qui le fit prisonnier. 11 mourut au bo^t de deux ans en 1480 , et fut enterré à Bonn.
'-2. Herman iv , de Hesse , fils de Louis de Hesse - Cassel et d'Anne de Saxe , chanoine de Cologne , prévôt d'Aix-la-Chapelle et de Saint-Géréon , administrateur de Cologne dès i473, succéda à Robert en 1480, et fut désigné en outre administrateur de Paderborn. H couronna l'empereur Maximilien 1^'^ le 20 septembre i5o8. On le nomma le Pacifique.
-3. Philippe 11, comte de Dhyn et d'Obbersteyn , grand-doyen de Cologne , élu le jour de saint Briet 1 5o8 , mourut en 1 5 1 5 , homme aussi charitable envers les pauvres que magnifique envers son Eglise.
74- Herman v, comte de Wyed , administrateur de Paderborn , élu en i5i5, se montra d'abord fort zélé pour la religion catholique et pour le bien de son diocèse , où il tint un concile provincial Tan i536 ; mais étant séduit ensuite par Bucer et Melancthon , chefs des luthériens , il voulut introduire leur secte dans son diocèse , sous prétexte de réforme. Le pape Paul m et l'empereur Charles - Quint le chassèrent de son siège en i547.
Il mourut en i552, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.
75. Adolphe 111 , comte de Schawenbourg , grand - prévôt de Liège , répara les maux causés par son prédécesseur. Il assembla un concile de sa province eu
COL 1 549 ; il se trouva ù celui de Trente en i55?. , et mourut en i556.
76. Antoine , comte de Schawenbourg , frère d'Adolphe , lui succéda en 1 556 , et mourut deux ans après.
77. Jean Gebhard, comte de Mansfeld, élu en i558, mourut en i562.
78. Fridéric iv , comte de Wied, grand-doyen de Cologne , résigna en 1567, ^^ mourut l'année suivante.
79. Salentin , comte d'Isembourg , auparavant doyen de Saint-Géréon à Cologne ; il fut aussi administrateur de Paderborn ; mais il quitta ses dignités en 1577, pour épouser Antoinette d'Areinbergh.
80. GebliardTrucliscs, baron de Waldpurg , grand -prévôt d'Augsbourg , doyen de Strasbourg et chanoine de Cologne, se fit luthérien l'an i58i , cl se maria en secret avec Agnès , comtesse de Mansfeld , chanoincsse de Gerrisheim près de Dnsscldorp; puis il fit insister fortement à la diète d'Augsbourg pour la liberté de conscience dans son diocèse ; mais le sénat de Cologne et le Chapitre métropolitain s'y opposèrent si généreusement, que l'électeurleva ensuite le masque. Appuyé de quelques princes protestans , il surprit la ville de Bonn , pilla les trésors de son Eglise , et épousa publiquement Agnès le 4 février de l'an i583. Le ])ape Grégoire xni et l'empereur Rodolphe i[ le privèrent alors de
ses dignités. Il fit encore quelques efforts pour se maintenir, mais il fut chassé de son pays , et mourut enfin misérablement en Hollande l'an 1 589 ; il était neveu du cardinal d'.\ugsbourg, nommé Othon Truchses.
81. Ernest de Bavière, fils d'Albert et d'Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand 1*% chanoine de Mayence et de Wrizebourg , élu à douze ans évèque de Frisingue , et postulé à l'administration des évèchés de Munsteretd'Ilildesiieimeni585, évêque de Liège, archevêque de Cologne et abbé de Stavelo , recouvra peu à peu les terres que son ])rédécesseur avait aliénées ou prises, et l'oljligea enfin de passer dans un pays étranger.
Les papes et l'empereur l'employèrent dans d'inq)ortantes afiiilres ])our le bien de l'Église et de l'État , qu'il procura toujours. 11 mourut à Arensber{î en 1612, âgé de cinquante-huit ans.
82. Ferdinand de Bavière, fils de Guillaume v et de Renée de Lorraine , prévôt de Cologne et chanoine de Trêves , coadjuteur d'Ernest son oncle, lui succéda en 1612 ; il fut fait évêque de Liège, dllildesiieim , de Munster, administrateur de Stavelo ^ et mourut à Arensberg en VVestphalie le i3 septembre i65o. Il eut pour l'aider «lans ses fonctions épiscopjh'S Paul Stravius, évêque de Joppé.
83. Maxiniilien-Hcnri de Rivière , coadjuteur de son oncle dès 1653 , dans l'archevêché de
Cologne, eu 1649 <1^^"^ révèclié de Liège , dont il était granddoyen , prévôt de Magdebourg , de Saiut-Géréon à Cologne , de Berglitolsgraden , abbé de Stavelo , et chanoine dans les principales Églises d'Allemagne , fut sacré à Eonn en i65i par Fabio Chisy, nonce à Cologne , qui fut ensuite pape sous le nom d'Alexandre vu en i683. Il fut fait encore évèque de Munster en i683 , et mourut cinq ans après.
84. Joseph-Clément de Bavière, né le 6 décembre 1671, devint coadjuteur de Frisingue et de Ratisbonne , et l'an 1688 archevêc[ue de Cologne , n'étant âgé que de dix-sept ans. Le cardinal Egron de Furstemberg , évèque de Strasbourg et granddoyen de Cologne, avait un parti considérable dans ce Chapitre, où il avait été coadjuteur par quelques uns l'an 1686; mais le pape Innocent xi cassa cette élection , malgré les protestations du roi de France. Le prince Joseph-Clément fut aussi élu en 1694 évèque de Liège. Il fut sacré archevêque de Cologne à Lille , le i**^ mai 1707, par M. de Fénélon , archevêque de Cambrai ^ assisté des évèques d'Arras , d'Ypres, de Saint-Omer et de Naiiiur. Il eut pour coadjuteur Clément de Bavière son neveu.
{Gallia christ, y tom. 3, p. 620 et suiv.)
Conciles de Cologne.
Le premier fut tenu l'an 346 , sous le ]iape Jules 1"; Maximiu , évèque de Trêves , y présida , et
COL Euphralas , évèque de Cologne , qui niait la divinité de Jésus- Christ , y fut déposé. (Regia e:
Lab. , tom. 2 ; Hard. , tom. i.) Ce concile paraît supposé à plusieurs savans , et les actes de saint Servat , évèque de Tongres , qui le citent , sont faux. [Voyez I>upin , Bibl. ecclésiast. , tom. 2 ^ pag. 834.)
Le second , l'an 782 , par l'ordre et en présence de Charlemagne ; on ne sait à quel sujet.
(Baron. , ad hune anmmi. Regia , 18. Lab. , 6.)
Le troisième, l'an 870, touchant la discipline. (Regia , 22.
Lab. , 8.)
Le quatrième, l'an 873, sur la discipline. Wilbert , archevêque de Cologne , y présida.
(Labbe , 9. Hardouin , 6.)
Le cinquième , l'an 877 , où on approuva la fondation d'un monastère de religieuses faite par Alfride , évèque d'Hildeslieim. (Mansi , tom. i.)
Le sixième , Fan 887 , contre les ravisseurs des biens de l'Église, les ^oppresseurs des pauvres, et les mariages incestueux.
(Regia , 24- Lab. , 29. Hard. , 6.
Le septième , l'an 965 , en faveur du Chapitre de Saint- Martin de Liège. (Martenne , collectio noi'a, tom. 7.)
Le huitième , l'an io56 et non I o55 , comme le dit M. l'abbé Lenglet dans ses Tables chronologiques. Ce fut le jiape Victor qui le fit assembler pour la réconciliation de Baudouin et de Godefroy , tous deux comtes de Flandre ;, avec Henri iv , roi d'Al-
COL lemagne , et non roi île France , comme le dit le même auteur.
(Ibid. , Regia, i5. Labbe , 9, Hardouin , 6. )
Le neuvième , l'an 1 0^6 , par Hidulphe ou Hilduin ou Hildebald , archevêque de Cologne. Il s'y présenta un certain impie pénitent, qui assura avec serment, et confirma par plusieurs témoins , qu'il avait eu les deux yeux miraculeusement arrachés pour ses blasphèmes contre Dieu et saint iinnon , et qu'il avait été guéri miraculeusement après avoir invoqué ce Saint. {Gallia christ., tom. 3, pag, 66g.)
Le dixième , l'an 1 1 15 , contre l'empereur d'Allemagne 1 lenri V.
(Labbe , i o. Hardouin , 6. )
Le onzième , l'an 1 1 16 , sur le même sujet. On y excommunia le même prince. (Regia, 26.
Labbe , 10. Hard. , 6.)
Le douzième , l'an 1 1 18 , sur le même sujet. (Ibidem.)
Le treizième, l'an ii32, où Brunon fut fait évêque de Cologne. (Mansi, tom. 2.)
Le quatorzième , l'an 1 260 , le 12 de mars. Conrad, archevêque de Cologne, y présida. On y fit quatorze réglcmcns pour les clercs, et vingt-huit pour les moines. Le premier est contre les clercs concubinaires. Il leur défend d'assister aux noces de leurs cnfans , ni de leur rien léguer. Le second leur défend l'avarice et la marchandise. Le troisième ordonne que les clercs sauront au moins lire et chanter les louanges de Dieu. Le septième ordonne aux chanoines de faire
réparer leurs dortoirs et d'y coucher , afin d'être toujours prêts à assister à matines , et à s'acquitter de leurs autres devoirs. Les autres réglemens qui regardent encore les clercs , sont sur quelques ofiices de chanoines. Les autres statuti recommandent aux moines Iss célébration de l'office divin, \n pauvreté, la continence, la forme des habits , les jeunes , les abstinences, selon la règle. (Lab. ,11.) Le quinzième, l'an 1266, sur la discipline. Engilbert , archevêque de Cologne , y présida , et l'on V fit quarante-cinq capitules sur la juridiction ecclésiasti(jue y contre ceux <{ui frappent des clercs , contre les incendiaires et les ravisseurs des biens de l'Eglise , contre ceux qui retiennent les dîmes , contre ceux qui tirent les ecclésiastiques devant les juges séculiers , contre ceux qui empêchent qu'on ne tienne les synodes , contre ceux qui célèbrent dansdeslieux interdits,etc.
(Ibidem.)
Le seizième, l'an 1280. Sifroi, archevêque de Cologne, y présida , et l'on y fit dix-huit canons. Le premier traite de la conduite et de la modestie des clercs. Il leur défend les jeux de hasard, les armes , et veut f[u'ils récitent tous les jours l'office de la sainte Vierge, outre le canonial. Le troisième défend aux moines et aux moinesses d'avoir aucun pécule, sous peine d'excommunication. Le quatrième regarde le Baptême , et le cinquième la Confirmation. Le
sixième ordoune qu'on ne recevra pas le sacrement de l'Extrême - Onction avant l'âge de quatorze ans. Le septième porte qu'avant de célébrer la messe, il faut avoir dit matines et prime , et s'être confessé , si l'on en a la commodité. Le huitième défend aux prêtres de dire les messes qu'ils imposent par pénitence. L'onzième ordonne, sous peine d'excommunication, qu'on portera à l'église paroissiale le corps de celui qui aura choisi sa sépulture dans une maison religieuse , pour le transporter ensuite dans le lieu de sa sépulture.
(Lab. ,11. Hard. , 7.)
Le dix-septième, l'an i3oo.
Vibold , archevêque de Cologne , y présida , et l'on y fit vingtdeux statuts. Le second veut que les doyens donnent les noms des curés qui ne résident pas. Le cinquième porte que les clercs laisseront les biens ecclésiastiques par leurs testamens à l'Eglise ou aux pauvres , et non à leurs parens ; mais qu'ils disposeront , comme ils voudront , des autres biens qu'ils ont par héritage ou par industrie. Le sixième ordonne aux prêtres d'avertir les clercs et les laïques de ne pas attendre à la mort à faire leurs testamens. Le douzième est contre les usuriers. Le treizième est contre les quêteurs. (Lab. ,11, Hard., 7.)
Le dix-huitième, l'an i3o6, contre les Béguards.
Le dix-neuvième, l'an i3io.
Henri, archevêque de Cologne, l'assembla par les ordres du pape
COL Clément v. On y fit vingt-huit canons. Le premier ordonne , sous peine d'excommunication , d'annuler toutes les lois et toutes les coutumes contraires aux libertés de l'Église. Le troisième défend aux avoués des Églises de ne rien exiger pour leurs fonctions. Le dixième défend d'imposer aux clercs des pénitences qui les rendent infâmes. L'onzième ordonne qu'on ne laissera lire les Épîtres et les Évangiles qu'à ceux qui sont dans les Ordres sacrés. Le douzième défend, sous peine d'excommunication , à qui que ce soit , d'accepter de bénéfice-cure qu'il ne soit installé par l'évêque ou par son archidiacre. Le seizième porte que les sonneurs sauront lire , afin de répondre aux prêtres, et qu'ils seront revêtus d'aubes pendant l'office divin. Le dix-septième ordonne que les doyens ruraux et les curés auront soin de faire pourvoir les églises d'ornemens convenables. Le vingt-unième défend de faire des imprécations ni déclamations contre qui que ce soit dans l'Église , sans la permission de l'évêque. Le vingttroisième ordonne qu'à l'avenir on commencera l'année à la fête de Noël , suivant la coutume de l'Église romaine. Le vingt-huitième ordonne aux religieux et religieuses , sous peine d'excommunication ipso facto , de remettre leurs pécules dans le mois,, et de garder les clôtures , suivant la constitution de Boniface VIII, qui commence Periculoso. (Lab. ,11. Hard. , 7.)
Le vingtième, l'un i32?. , par le même Henri. On y étendit à toute la province les statuts synodaux d'hlngilbert, archevêque de Cologne. (Ibidem. )
Le vingt-unième, l'an 1423, par Thierry , archevêque de Cologne. On y Ht onze canons. Le second excommunie les seigneurs qui détendent à leurs sujets d'avoir commerce avec les ecclésiastiques , ou de leur rendre les respects qu'ils leur doivent. Le cinquième fait défense de nommer d'autres j)ersonnes que des prêtres pour prêcher les indulgences, et pour rannsser les aumônes. Le sixième défend aux chanoines et autres clercs, sous peine d'être privés pendant huit jours des distributions, de causer pendant l'oftice. Le onzième ordonne la (•élél)ration de la fête de Notre-Dam<'-«le-Pitié.
(Labb., 12.)
Le vingt-deuxième, l'an i452, par le cardinal ^icolas de Cusa, légat en Allemagne , pour le pape Nicolas v. On y statua qu'on tiendrait le concile provincial à Cologne, de trois ans en trois ans, tous les ans le synod«,'dans chaque diocèse ; (ju'on lirait dans ces synodes, l'ouvrage de saint Thomas d'Af[uin , sur les articles de foi et les sacremens de l'Église; que les juifs, tant hommes ({ue femmes , ])orteraient une marque qui les ferait connaître; <[ue les clerci» porteraient l'iiabit long et les cheveux coupés jusqu'au-dessus des oreilles, etc. (Labb., i3. Hard., g.)
Le vingt-troisième , l'an 1470,
par l'archevêque Kobert, touchant la juridiction de l'Église , et la manière de procéder. (Ibidem . )
Le vingt-quatrième, l'an 149* , par l'archevêque llernian de Hess , qui renouvela tous les sLituts des conciles précédens.
Le vingt-cinquième, l'an i536, par l'arclievêque Hermati de Meurs, qui tomba quelque temps après dans l'iiérésie de Luther.
Ce concile est divisé en quatorze articles, et chaque article contient de très-sages décrets sur \\ discipline et les cérénioniis de l'Fglise. Le premier article traite du devoir des évoques, et renferme trente -six canons. Le second parle de l'ollice jtublic et j)arliculier de l'Eglise, de la conduite des clercs , et contient trente-deux canons. Le troisième concerne les églises cathédrales et collégiales avec leurs desservans , et contient trente-un canons. Le (juatrième renferme di.x-huit canons sur les curés, les vicaires et les prériicateurs.
Le cincjuième traite des tlevoirs et tles mœurs des curés , en Jiuit canons. Le sixième, de la manière dont ils doivent prêcher la parole de Dieu, en vingt-sept canons. Le septième de l'administration des sacremens, en cinquante-deux canons. Le huitième , qui a sept canons , pourvoit à la substance,- des pasteurs Le neuvième parle des constitutions et des coutumes de l'Église, en vingt-un canons. Le dixième concerne les moines. Il a dix-neuf canons. Le onzième ,
cjui a huit canons , parle des hôpitaux et des autres pareils établissemens. Le douzième traite des écoles, des imprimeurs et des libraires, en neuf canons.
Le treizième regarde la juridiction contentieuse des ecclésiastiques, en quatorze canons. Le quatorzième parle des synodes et des visites, en vingt-quatre canons. (Regia, 35. Labb., 14.
Hard., 9. Idem, in-foL, Colo- 7iiœ, 1537.)
Le vingt-sixième , Tan 1 5^9 , par Adolphe, archevêque de Cologne. On y fit plusieurs statuts pour la réforme de l'Église. On y ordonne le rétablissement des écoles , l'examen des écoliers sur la foi et sur les mœurs ; l'institution des théologaux et des professeurs en théologie ^ la proclamation d€S bans des ordinans ; le choix judicieux des ministres de l'Église ; la résidence des doyens , des abbés , des supérieures de chanoinesses ; les visites des diocèses sans vexation ; la réforme des abus des ojtïicialités ; la communion sous une seule espèce ; la décence et le bon ordre des processions , etc.
(Regia, 35. Lab., i^, Hard., q. )
COLOMB ou COLM, COLM- KIL , COLUMCILLE , et par corruption COLUMBAN (saint) , Columba, Columbus, Columbanus, naquit en Irlande le 7 décembre de Tan 52 1, d'une des meilleures noblesses de toute l'île. Il quitta de bonne heure le sein de sa famille et tous les avantages du siècle, pour se donner à Dieu, sous la conduite d'un abbé de
COL grande vertu , nommé Finnen , qui fut fait évêque de Clunard en Irlande quelque temps après.
Colomb fit de si grands progrès dans la piété sous la direction de cet habile maître , qu'on le jugea digne d'être prêtre l'an 546, et qu'il fonda aussitôt le monastère deDiarouDair-maigh, près de la ville de Derry, aujourd'hui Durrog dans l'Ulster ou rUltonie , province d'Irlande.
Il en bâtit encore d'autres dans les provinces de Connaugh ou Connacie , de Meath ou Médie , et passa dans la petite île de Hy ou Jona , au nord d'Irlande , où il instruisit les habitans et bâtit un monastère célèbre. Il alla enr suite, avec douze de ses disciples, dans les montagnes d'Ecosse prêcher l'Évangik aux Pietés.
Il y fit un grand nombre de conversions , y bâtit plusieurs églises , et travailla pendant plus de trente ans à déraciner l'idolâtrie et les vices de toute 1*Ecosse , avec un succès qui lui mérita le titre d'apôtre du pays. Il se délassait des fatigues de la prédication en copiant les livres de l'Éeriture-Sainte , et il en était au dixième verset du trentetroisième psaume , lorsqu'un pressentiment de sa mort lui fit dire : Cessons d'écrire , et que mon successeur Baithen coniinue. Il alla aux vêpres, se coucha sur la terre nue , car il n'avait point d'autre lit, exhorta ses disciples à l'union entre eux, se trouva encore le premier à l'église à l'heure de matines, et
rendit l'esprit en priant devant l'autel, avant que l'office fût commencé, le 9 de juin de Tan 597 , ou , selon d'autres , le 1 6 de mars de l'année suivante. Son corps fut enterré dans son monastère de Hy, d'où plusieurs ontprétenduqu'ilavait été transféré à Downe , et ensuite à Glassenburg. Mais ces translations sont incertaines. On fait sa fête le 9 de juin. Sa vie , écrite en trois livres par saint Adamnan , l'un de ses successeurs, qui vivait cent ans après lui , se trouve au cinquième tome des leçons antiques de Canisius et dans Surius. On peut voir aussi Bède , dans son Histoire , liv. 3 , ch. 4- Ussérius , dans ses Antiquités des Églises britanniques. M. l)ulteau, ch. 46, n. 4 du deuxième livre de son Hist. Dénéd. Dom Mabillon , slU. premier Siècle Bénédictin. Les Bollandistes et Baillet, 9 juin.
COLOMB. L'Ordre de Saint- Colomb , que Bède appelle aussi Colomban, était autrefois fort étendu en Irlande ; car il avait plus de cent abbayes ou monastères qui en dépendaient , dans toutes les îles britanniques. Le principal monastère ou chefd'Ordre était à Dair-maij^h ou à Derry, aujourd'hui Londondery, ou , selon la plus commune opinion , dans l'île de Hu ou de Hy ou de Jona , qui depuis a été appelée, du nom de ce Saint, Ycolnikil, au nord de l'Irlande, peu loin d'Ecosse. 11 se trouve une règle en vers hibernais , que saint Colomb avait dictée, et qui fut
en usage non -Seulement dans l'île de Hy , mais encore dans les autres monastères d'Ecosse, qu'il fonda ou qui furent bâtis par ses disciples. Cet Ordre fut réuni à celui des chanoines réguliers.
(Ussérius, de Antiquit. eccles.
britannic. Bulteau , Histoire de l'Ordre de Saint-Benoit. Alleman , Hist. monastique d'Irlande. Dom Mabillon, Annal.
Ord. sancti Bened. , tom. i .
Le père Hélyot , Histoire monastique, etc., tom. 2, c. 20, pag. 142.)
COLOMBAN (saint) , abbe de Luxeuil, naquit en Irlande vers l'an 566, dans la province de LagenicouLeinster, qu'il quitta pour aller, dans une autre province d'Irlande, se mettre sous la conduite d'un homme vénérable nommé Silen ; il entra ensuite dans le monastère de Bancor , le plus célèbre d'Irlande ; mais le désir de se détacher de plus en plus du monde lui fit prendre la résolution de passer en France vers l'an Syo avec douze autres religieux de son monastère. 11 était alors dans la trentième année de son âge. Il s'établit d'abord dans un vieux château nommé Anagrates , aujourd'hui Anegrai , situé dans le désert de la Vosge ; mais ne pouvant loger tous les disciplo «(ui venaient à lui, attirés par l'odeur de ses vertus, il bâtit à huit milles d' Anegrai le célèbre monastère de Luxeuil, et ensuite un autre à une lieue de ce dernier, qu'il nomma Fontaines à cause de l'abondance des eaux. Tliéo-
doric , roi d'Austrasic , l'ayant exile à la sollicitation de la reine f'runeliaut , il alla trouver le roi (^lotaire, fils de Chilperic , qui léjjnait alors sur les Français de IS'eustrie, à Textrémité de la Gaule, sur la côte de l'Océan. Il passa ensuite dans les Etats du roi Tliéodebert , et s'établit à Zug , dont il convertit une partie des babitans aui étaient idolàtrcL'. De là il passa à Bregents, où il demeura environ trois ans , c'est-à-dire, j usque vers l'an 6 1 2 qu'il alla en Italie, et s'établit eu un lieu nommé Dobbio , dans le désert de l'Apennin, vers l'an 61 3. Il bâtit en ce lieu, qui est près de la Trébia , un monastère qui subsiste encore. 11 bâtit aussi un oratoire en l'honneur de la sainte Vierge sur une montagne voisine , avec une caverne de sa grandeur où il se retirait pendant le Carême, pour y vivre dans le jeune et dans la prière , ne revenant au monastère que le samedi et les jours de fêtes. Il mit un moine auprès de l'oratoire devant lequel il fléchissait souvent les genoux (car c'était la coutume des gens de piété en Irlande de faire au moins cent génuflexions par jour. ) Saint Coloinban mourut à Bobbio le 21 novembre 6i5. Nous avons de lui les ouvrages suivans :
i". Une règle pour ses religieux , qui est très-sage et trèsinstructive. On peut la diviser eu deux parties, dont la première regarde la pratique des vertus essentielles à un moine; la seconde , les pénitences qu'on
lui doit imposer pour ses fautes. Les vertus essen tielles à un moine sont l'obéissance prompte, sans contrariété ni murmure ; le silence, qui ne doit être rompu que pour des choses utiles ou nécessaires ; la pauvreté , le dénuement et le mépris des richesses ; l'humilité , la chasteté de corps et de cœur ; l'assiduité à la prière, l'abstinence, la mortification et la discrétion qui tient le juste milieu entre les deux extrémités. L'autre partie de la règle de saint Colomban est le Pénitentiel , c'est-à-dire , les corrections des fautes ordinaires des moines. Il distingue deux sortes de péchés : les péchés mortels que l'on confessait aux prêtres , et les moindres péchés que l'on confessait à l'abbé ou à d'autres qui n'étaient pas prêtres , avant que de se mettre à table ou au lit. Les corrections ordinaires sont les coups de fouet, six pour les fautes légères ; pour les autres à proportion, quelquefois jusqu'à deux cents , mais jamais plus de vingt-cinq à la fois. On compte pour une faute légère, qui était punie de six coups de fouet , de ne pas répondre amen à la bénédiction de la table ; de parler sans nécessité pendant le repas; de ne pas faire le signe de la croix sur sa cuillère , sur sa lampe ; car les moines en faisaient sur tout ce qu'ils prenaient.
7P. Un second Pénitentiel. Fleming l'a donné le premier sur un manuscrit de Bobbio, où il est attribué à saint Colomban.
Il est conforme d'ailleurs à celui dont nous venons de parler , eu ce qui regarde Içs moines. Il est vrai qu'il comprend les peines canoniques pour toutes .sortes de personnes, clercs, moines, laïques , et pour toutes sortes de crimes : ce qui ne paraît pas être du fait d'un supérieur de monastère. Mais il faut remar([uer que ce Pénitentiel est moins un nouveau règlement de discipline ([u'un recueil des pénitences ini- })osées par les anciens Pères , soit d.uis leurs écrits , soit dans les conciles. Saint Colomban n'est pas le seul qui ait fait un semblable recueil. Saint Cuméen, abbé d'Irlande dans le même siècle , en composa un dans le même goût que celui de saint Colomban , excepté qu'il est plus dilFus et plus détaillé , et qu'il y cite plusieurs fois les conciles et les décrets du siège apostolique ; ce que ne fait pas saint Colomban qui se contente de rapporter les peines pour chaque crime, sans marquer parqui elles avaient été réglées, si ce n'est en général, en disant qu'il va rapporter les pénitences que les saints Pères ont prescrites pour chaque péché.
3". Un discours ou instruction sur l'unité de Dieu et la Trinité des personnes. Un autre sur la mortification des vicesct l'acquisition des vertus. Un autre sur le mépris du monde et l'amour des biens éternels. Un sur le> travaux de la vie présente; deu\ sur la nature de la vie présente; deux sur l'aveuglement
des mondains et le désir de la félicité éternelle ; un sur le jugement dernier; un sur les moyens d'éviter la colère du souverain juge ; un sur l'amour de Dieu et du prochain ; un sur la componction et la vigilance ; un sur la Fontaine de vie qui est Jésus- Christ ; un en forme de lettre à un jeune homme auquel il recommande d'être simple dans la foi , docte dans la science des mœurs, tardif à se fâcher, aimable aux gens de bien, doux envers les infirmes , sobre , chaste , patient , libéral , fort et constant dans les tribulations, infatigable dans les œuvres de charité ; un sous le titre (ÏKxhortatinn aux frères assemblés ; un en forme d'exiiortalion, dans lequel, en faisant un parallèle de la ra[)idité avec laquelle les choses du monde passent , avec l'éternité des biens de l'autre vie , il donne du mépris pour les unes, et de l'amour pour les autres. Il y a une dix-septième instruction <jui , dans le manuscrit de Hobbio , se lit ajirès le second Pénitentiel , à cause ([ue le sujet n'était pas le même qu(r celui des précédentes , et à cause de (juelque différence de style.
On l'a quelquefois attribuée à Fauste de Riez. Elle est trèscourte et ne contient <[u • ks passages de l'Écriture où il est parlé des huit péchés capitaux , et des vertus qui leur sont o}>posées. Car les anciens comptaient huit péchés capitaux ; savoir , la gourmandise , la fornication , la cu|)idité , la colèiv ,
36o COL
la tristesse , la paresse , la vaine
gloire et l'orgueil.
4". Cinq lettres , dont la première, suivant Tordre chronologique , quoique la dernière dans l'impression , est adressée à saint Grégoire , pape. Le motif de cette lettre est de défendre l'usage d'Irlande , de célébrer la Pâque le quatorzième de la lune.
Saint Colomban y prend le nom de Bargoma, ou plutôt de Barjona, fils de la Colombe , par allusion au nom de Colomban ou Colomba qu'il portait. Elle est écrite avec beaucoup de liberté , et toutefois avec respect. Ou l'a imprimée diverses fois , et toujours avec une grande quantité de fautes c[ui la défigurent entièrement.
La seconde lettre est adressée aux évêques de Gaule assemblés eu concile , vers l'an 602 , et roule aussi sur la question de la Pàque. Saint Colomban renvoie, pour le fond de la question, à la réponse qu'il avait faite à ces évèques trois ans auparavant, aux trois lettres qu'il avait écrites au pape, et au mémoire qu'il avait avait adressé à l'évêque Arigius.
La troisième lettre est au pape Boniface iv. Saint Colomban lui demande qu'il lui soit permis de s'en tenir, sur l'observation dé la Pâque , à la tradition de ses anciens, au cas qu'elle ne soit point contraire à la foi ; et pour engager le pape à lui accorder sa demande , il lui fait entendre (jue faisant corps à pai t dans la solitude avec ses moines , il n'é-
COL tait point obligé à se conformer à l'usage des provinces où il n'était pas né.
La quatrième lettre est adressée aux moines qu'il avait laissés à Luxeuil en partant pour son exil en 610. Il l'écrivit de Nantes, au moment qu'il allait s'embarquer pour passer en Irlande .
et ne comptant plus de les revoir. Il les exhorte à la patience en la persécution que le roi Théodoric et la reine Brunehautleur faisaient souffrir, et surtout à l'union entr'eux , disant que s'ils n'avaient pas un même cœur et une même volonté , il était plus expédient qu'ils se séparassent de demeure.
La cinquième lettre est adressée au pape Boniface iv , en faveur des défenseurs des trois Chapitres, et à la demande d'Agi- m lufe , roi des Lombards , qui les " avait pris sous sa protection. On voit par cette lettre que le saint abbé n'était point au fait de la question , et qu'il n'eu savait que ce que les schismatiques lui en avaient appris. Cette lettre est semée de termes peu ménagés, qui avaient échappé à un zèle plus ardent qu'éclairé. Il en fait par avance ses excuses au pape , comme de tout ce qui aurait pu le choquer dans une autre lettre adressée à un nommé Agrippin , qui l'avait aussi contraint d'écrire sur l'afifaire des trois Chapitres. Il donne dans cette lettre l'explication de son nom en grec , en hébreu et en latin ; et , au lieu que dans les autres il prend le nom de Co- m
COL hmiba, ici il prend le nom de Palumhus , pigeon ramier.
5°. Plusieurs poèmes très-instructifs et très-utiles. Il y en a un qui est adressé à Hunald , que quelques exemplaires nomment Secle , disciple de saint Colomban. Il est précédé d'une petite préface en vers acrostiches , où saint Colomban se nomme lui-même , et où il met aussi le nom d'Hunald en cette sorte : Columhanus Hunaldo. Il y en a un autre à Fédolius ; un sur la femme. C'est une antithèse entre les maux que la première femme a causés au genre humain , et les avantages que la seconde , c'est-à-dire la sainte Vierge , lui a procurés ; un intitulé : Monostichon. Cliaquevers de ce poëmc renferme une sentence ou une maxime de morale; et c'est ce que signifie le titre de Monostichon.
6°. Saint Colomban avait encore composé d'autres ouvrages ([ui sont perdus ; savoir : un commentaire sur les Psaumes , qu'ilcomposa étant eiRorejeune, et avant que d'entrer dans le monastère de Pancor ; un écrit contre les Ariens ; une lettre au roi Théodoric , et une au roi Clotaire ; deux à saint Grégoire, ]>ape , sur la Pàque ; une aux évèques des Gaules , et une contre Agrippin sur l'affairedes trois Chapitres ; un mémoire qu'il ivait adressé à Arigé.
Saint Colomban avait étudié l'.intiquité profane et ecclésiastiqi|p , et appris , dans les écrits dos meilleurs maîtres, à parler et
à écrire avec élégance et avec noblesse , soit en prose , soit en vers. Mais il réussissait surtout dans la morale. Ses discours en ce genre sont vifs , pressans , animés, naturels, persuasifs et pleins d'onction. Ses lettres ont moins d'agrémens; le tour en est plus embarrassé, le style plus enflé et plus guindé.
Nous n'avons que deux éditions complètes de ses œuvres :
l'une dans les Collectanea sacra de Fleming , cordelier hil)ernais, imprimécsà Augsbourg en 1621, in-8°, et réimprimées à Louvain en 1G67 , in-folio; l'autre dans \c douzième tome de la liibliothcfjuc des Pires y A Lyon, en 1G77. Avant ce temps-là Golstad avait rendu publique la règle de saint Colomban , avec i|uelques autres de ses opuscules. Son édition est de Lille en 1604, et comprend d'autres anciens monumens sous le titre de Paranceticoruni ve ter uni. Cette règle se trouve aussi dans le Florilcgium Sanctorimi JliOcrnïœdc Thomas Messinghani, à Paris, en 1624; dans le Corona lucida de Stengel ; et dans le Code des règles de saint Benoît d'Aniane , par Holstenius, à Paris en 166 3. La lettre au pape saint Grégoire n'est point dans le recueil de Fleming, mais on l'a mise dans le neuvième livre de celles de ce pape de la nouvelle édition, où elle est la cent vingt -septième. { Vojez Jonas, moine de Bobbio, dans la Vie de saint Colomban. Sigehexi, de Script, eccles. Surius, ad diem 21 novemb. Stengelius ,
in Cor. lue. Baionius. Possev.
Le Mire. Doiii Mabillon , Annal. ^ tom. I et tom. 2. A et. Ord.
S. Bened. Cave. Dupin, septième siècle. Dom Ceillier, Hist. des Aut. ecclés., tom, 17 , pag. 482 et les suiv.)
C 0 L 0 M B A N ( Corneille- Wrank) , de Deiidermonde, chanoine de Gand , et ensuite bénédictin , élu abbé de Saint- Pierre en i597, mourut le i5 août 161 5, âgé de quatre-vingtquatre ans, et laissa : 1° Le Marteau des Calvinistes sur l'Eucharistie , tiré de saint Chrysostôme, de saint Ambroise et de saint Cyprien , à Anvers, en 1607.
2" La Consolation des âmes du Purgatoire. 3° Traité des Sacremens de l'Eucharistie. 4** ï^i^~ cours sur les miracles et les éloges de la Vierge , en flamand , à Gand, 161 2. (Dupin, Table des Auteurs ecclés. du dix-septieme siècle, pag. 1923.)
COLOMBE , vierge et martyre à Sens , confessa généreusement la foi de Jésus-Christ , et fut couronnée par le martyre l'an 273, au premier voyage que l'empereur Aurélien fit dans les Gaules, ou Tannée suivante, le 3i de décemlDre, à moins qu'on ne fasse remonter sou martyre sous l'empereur Valérien , à Tan 259, auquel Aurélien, qui la condamna, étaitactuellement gouverneur de la province de Sens , ou même de toute la Gaule Celtique. Ses reliques se conservaient à Sens , dans l'abbaye qui portait son nom , et non pas à Rimini en Italie , comme quelques uns le
COL prétendent. C'est tout ce que l'on sait de sainte Colombe, dont les actes , rapportés dans le Recueil de Mombrice , n'ont point d'autorité. (Baillet, 3i décembre. )
COLOMBE , vierge et martyre à Cordoue en Espagne , dans le neuvième siècle , se mit sous la discipline de sa sœur Elisabeth, abbessedu monastère de Tabane, à deux lieues de la ville. Elle y édifia long-temps cette communauté par sa douceur, son humilité , sa modestie, sa régularité , sa pénitence, jusqu'à ce que ne pouvant plus résister à la force de l'attrait qui la poussait à l'oraison et à une solitude entière, elle obtint la permission de se renfermer dans une cellule écartée , pour s'y appliquer uniquement à la contemplation des choses du ciel. Elle vivait dans ce saint commerce avec Dieu , lorsque les Maures obligèrent les religieuses de Tabane de se réfugier à Cordoue. Elle n'y fut pas long-temps sans se sentir intérieurement pressée d'aller se présenter au martyre. Elle courut au lieu où l'on rendait la justice sans consulter personne , y publia les louanges de Jésus-Christ, y cria contre les impostures de Mahomet , et l'impiété de sa secte ; ce qui lui fit trancher la tête l'an 853. Son corps fut jeté dans la rivière de Guadalquivir, et retrouvé six jours après pai des religieux qui le rapportèren i secrètement au village de Fragelles, près de Cordoue , où il fut enterré dans l'église de sainte
COL Eulalie. On -fait sa icte le 17 septembre, qui est le jour de sa mort. Sou histoire est au ch. 10 du troisième livre du Mémorial de saint Euloge de Cordoue , auteur contemporain , et témoin de la plupart des choses qu'il y rapporte. M. Bulteau en parle aussi dans son Hist. bénéd. , liv. 5, chap. 81. (Baillet, 17 septembre.)
COLOMBE (Bienheureuse), vierge de l'Ordre de Saint-Dominique , vint au monde à Riéti, ville de l'État ecclésiastique dans le duché de Spolette. Elle n'avait que dix ans lorscju'elle fit à Dieu le sacrifice de sa virginité, et elle le soutint avec un courage invincible, soit contre les importun i tés de ses parens qui voulaient la marier , soit contre les tentations et les attaques du démon. Ayant embrassé la vie religieuse dans le tiers-Ordre de Saint-Dominique, elle se dévoua tout entière à la ])énitence. Elle portait un rude cilice avec des cercles et dos chaînes de fer. Elle couchait sur la terre nue , et quelquefois sur des épines, lors même qu'elle avait la fièvre. Elle prenait la discipline trois fois toutes les nuits, et visitait souvent l'église les pieds nus, même riiivcr. Elle ne vivait ordinairement que de pain et d'eau ; et elle en vint jusqu'à se retrancher entièrement l'usTige du pain, se contentant de quelques fruits qui a'étaien t pas mil rs. Elle priait continuellement, et s'attachait surtout à contempler la passion de Notrc-Seigneur Jésus-(ihrist ,
qui lui fit de grandes grâces dans l'oraison , et qui lui accorda le don de prophétie avec celui des miracles, avant et après sa mort, qui arriva à Pérouse où elle avait fondé un couvent sous le nom de sainte Catherine de Sienne, l'an i5o2, dans sa trente-quatrième année. Urbain viii approuva son culte , et Benoît xiii permit d'en faire la fête le 20 de mai, jour de sa mort, à tout * l'Ordre de Saint-Dominique , et aux villes de Pérouse et de Kiéti.
COLOMliE, pigeon , columba.
Oiseau domestique, déclaré pur par la loi de Moïse. Noé fit sortir la colombe de l'Arche pour savoir si les eaux du déluge s'étaient rétirées. Elle revint d'abord à l'Arche, n'ayant pu trouver où asseoir son pied. Il la renvoya une seconde fois , et elle revint portant en son bec un rameau d'olivier vert. Il la renvoya une troisième , et elle ne revint plus , parce que le déluge était cessé. {Gen.^ 8,8.) Quand une femme juive allait au temple après ses couches , elle devait offrir au Seigneur un agneau et une colombe, ou une tourterelle , ou bien un jeune pigeon , ou un petit de tourterelle. Que si la personne était pauvre, au lieu d'un agneau elle offrait deux pigeons ou deux tourterelles : il n'importait de quel sexe ils fussent. {Levitic, 12,8, Num., 6, I o.) La sainte Vierge offrit deux pigeons ou deux tourterelles.
L'agneau était offert en Jiolocausle , et le pigeon en hostie pour le péché. Le prêtre lui tor-
dait la tète et le cou. Il lui faisait avec les ongles une ouverture , pour faire couler le sang aux côtés et au pied de l'autel , jetait les plumes et le jabot à l'orient de l'autel, au lieu où l'on mettait les cendres qu'on ôte de l'autel ; ensuite il rompait les ailes de l'oiseau ; et sans diviser riiostie avec le fer , il la mettait sur le feu de l'autel où elle était entièrement consumée.
La colombe est le symbole de l'innocence , de la douceur , de la simplicité , de la candeur , de \a fidélité. L'épouse du Cantique est souvent comparée à la colombe. Le Saint-Esprit parut en forme de colombe sur la tète du Sauveur, lorsqu'il futbaptisé par saint Jean. [Matt., 3, i6; etio, 16. ) Jésus-Christ recommande à ses disciples la ruse du serpent et la simplicité de la colombe. L'Écriture, en quelques endroits, semble attribuer à la colombe de la réflexion et de la méditation, meditabor ut columba.
{Isaie , 38, 14.) Cela doit s'entendre de ses gémissemeus. La colombe et la tourterelle gémissent et roucoulent. C'est pour cela que la colombe est aussi le symbole des gémissemens et des prières que l'Église adresse à Jésus-Christ. Le cardinal Bellarmin a composé trois livres du gémissenrent de la colombe , ou du bonheur des larmes , dans lesquels il traite de la nécessité , des sources et du fruit des larmes. Jéréiuie parle en plusieurs endroits du glaive de la colombe. {Jérém., 4^, »b; 5o , 16.) On
COL doit entendre par-là un ennemi , un destructeur, un ravageur, tel que Nabuchodonosor ; c'est le sens le plus naturel du mot hébreu Jona. (Dom Calmet, Dictionnaire de la Bible y au mot Colombe.)
Les Syriens adoraient les colombes aussi bien que les poissons , parce qu'ils croyaient que Sémiramis avait été changée en colombe comme Dercetosa mère le fut en poisson. Les Samaritains, qui étaient des Assyriens, adoraient aussi une colombe sur le mont Garizim, si nous en croyons les juifs. (Maïemonide, sur la Mischne , traité Berachot, c. 8. )
Colombe, dans les églises des chrétiens. Anciennement, chez les Grecs et les Latins , il y avait au milieu des ciboires ou dais qui couvraient l'autel , une colombe d'or ou d'argent suspendue , dans laquelle on conservait l'Eucharistie. lien est parlé dans l'acte 5 du cinquième concile général de Constantinople, dans la vie de saint Basile, dans le Testament de Perpétue , cinquième évêque de Tours après saint Martin , où elle est appelée Columba ad repositorium , pour la distinguer de celles qui n'étaient que représentatives. (Bocquillot, Liturg. sacr., pag. 107.
Moléon, Voyage liturg., p. 1 o3.) Les luthériens mettent des figures de colombe dans leurs baptistères et sur les chaires des prédicans. Cet usage excita du bruit en Allemagne , et occasiona des écrits pour et contre.
COL COLOMBE , Ordre de la Colombe. Ordre de chevalerie fondé
en 1879 P^*' ^^^^^ ï*' > o^ ^" ^^993 par Henri m , fils de Jean i*', roi de Castille, ou enfin par Pierre.
Les chevaliers portaient , pour marque de leur Ordre, une colombe d'or émaillée de blanc , la tète en bas. Ils faisaient vœu de chasteté conjugale ; ils devaient communier tous les jeudis , défendre la foi catholique , protéger les veuves. Cet Ordre, qui ne se conférait qu'à des personnes de considération , ne dura pas long-temps. (Favin , liv. 6, pag. 1229. L'abbé Justiniani , tom. 2, c. 64- Le père llélyot, Ord. monast., etc., t. 8, c. 4^, pag. 293.)
COLOMBE (la), Columbn , abbaye régulière et réformée de l'Ordre de Cîtcaux , fille de Preuilly. Elle était située dans un bourg qui en portait le nom près de la rivière de Cliauderet , sur les lisières des diocèses de Limoges et de Bourges. Elle était d'abord autrefois tout entière de ce dernier ; ensuite elle fut de celui de Limoges. L'église était bâtie dans le Limosin ; mais une partie des jardins et enclos était dans le Berry, assez près de la Marche. Cette abbaye fut commencée d'être bâtie le i5 juin 1 146. On y fit venir des moines de Preuilly , auxquels on donna quelques biens pour en faire achever les bâtimens. On cite entre ses principaux bienfaiteurs les seigneurs de La Tremouille, (jui par la suite en furent les restaurateurs et la dotèrent ri-
chement ; on y voyait les tombeaux de plusieurs d'entre eux devant la chapelle de la Vierge, surnommée pour ce sujet la Chapelle de La Tremouille. { Dictionnaire unii>. de la France.
Gallia christ., tom. 2 , col. 629.)
COLOMBE (Brusson), prêtre de Fréjus, a donné : Traités du péché originel et actuel , et des vertus, à Avignon, i528. (Dupin , Table des Aut. ecclés. du seizième siècle , pag. 997-)
COLOMBE (Jean de) , jésuite , a donné : 1* deux volumes sur l'Écriture-Sainte, à Lyon, i656.
2° Notre-Dame-dc-Manosque en Provence, ibid., i638. 3*^ Quatre livres des évèqucs de Viviers , ibid., i65i , 4° Les Nuits de Blanchelande, ouest rapporteur l'histoire de plusieurs arclievèques et évèqucs, ibid., i(')()0. S'' Traité pour montrer ([ue Jean Monluc , évèque de Valence , n'a point été hérétique , ibid., i6jo. (Dupin, ibid. , dix - septième siècle ,
pag. 227.2. )
COLOMBE (Jérôme) , de Pérouse , a donné : i ° Disquisitions sur la puissance de Jésus-Clirist, où il c\|jlu{ue en quelle manière les planètes et les astres lui obéissent , à Bologne , en 1619. 2" La hiérarchie angélique et humaine , en huit livres, à Lyon, en 1647. ^^ Deux livres du gouvernement de l'Eglise. 4° 1^^~ position en vers sur le Cantique des Cantiques , à Urbain vin.
S" Les Psaumes de David , en vers italiens. (Dupin, ibid.,
pag- 17940 COLOMBF^LEZ-SENS (sainte)»
sancta Cohmiba propt Scnonas, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoît , située près de la ville de Sens. Il y avait la réforme de la congrégation de Saint-Maur. Les auteurs ne conviennent pas sur le temps de la fondation de cette abbaye. Les uns la mettent en 620 , par Clotaire 11 , roi de France ; les autres en 986. Il est sûr cependant qu'elle existait avant cette dernière époque ; car le concile de Savonières près de Toul , tenu l'an SSg , en fait mention. Ce monastère était beau et magnifique ; l'église a été consacrée par le pape Alexandre III. On y voyait dans la nef le tombeau de saint Loup , archevêque de Sens , et ses reliques y étaient conservées dans une trèsbelle châsse d'argent qui était dans le trésor , ainsi que celles de sainte Colombe et de saint Flavet. Les reliques de Thibaud i^"", comte de Champagne, y étaient aussi dans une châsse de bois. Raoul , roi de France , et Richard , duc de Bourgogne , choisirent leur sépulture dans cette église. Ce n'est pas une petite gloire à l'abbaye de Sainte- Colombe d'avoir servi d'asile à saint Thomas, archevêque de Cantorbéry , lorsque cet illustre prélat fut obligé de sortir de son diocèse. ( Gallia christ., tom. 3 , veteris edit. La Martinière , Dictionn. géogr.)
COLOMBET (Claude) , habile jurisconsulte du dix- septième siècle , et professeur en Droit dans la Facultéde Paris, adonné :
1° une édition des œuvcs de Cu-
COL jas en six vol. in-folio , Paris , 1634. 2^ Des Paratitles sur le jj)igeste , et un abrégé de la Ju- Tisprudence romaine , divisé en sept parties , à l'imitation des Pandectes de Justinieu , avec son rapport à l'usage de la France.
3° Sj'pnotica institutionuni imper aliinn descriptio per diffiiiitiones et divisiones , in-i 2. (Taisand , dans ses 7nes des JurirconsuUes , iu-4'', édit. de 1787 , pag. I 29. )
COLOMBIER , columbarium .
lieu bâti pour y nourrir et entretenir des pigeons. On en distingue de deux sortes; savoir, les colombiers à .pied qui sont bâtis en forme de tour et qui ont des boulins ou paniers à tenir pigeons depuis le haut jusqu'au rez-de-chaussée , et les volières ou colombiers sur piliers et sur solives, qu'on appelle aussi volets etfuj'és , c[ui n'ont point de boulins depuis le haut jusqu'en bas ; mais qui , étant bâtis sur piliers ou sur solives, ont un cellier ou une étable dessous.
Quoique" les colombiers fussent préjudiciables à plusieurs particuliers , ils furent cependant permis , à cause de la coutume universelle , et parce cju'ils tournent à l'avantage du public en général.
Mais autrefois ils n'étaient pas permis à tout le monde indifféremment ; il n'y avait que ceux à qui les lois , l'usage , une prescription légitime lesaccordaient Dans la plupart des Coutumes de France, le droit de colombier n'était pas un droit féodal. L < Coutume de Paris , art. 69 , doi -
COL uait droit de colombier à pied au seigneur haut-justicier qui avait censive. L'article suivant ne donnait ce droit au seigneur non haut-justicier que quand il avait fief, censive et terre en domaine jusqu'à cinquante arpens. A l'égard des colombiers non à pied , tout particulier pouvait en avoir, si ce n'est dans les coutumes qui défendaient toutes sortes de colombiers , pourvu qu'il fut propriétaire de 5o arpens de terres labourables , situés aux environs de sa maison et sur le territoire où était la volière. En Normandie, le droit de colombier était attaché au plein fief de Haubert. 11 n'était pas permis de bâtir un colombier sur une roture. On péchait donc quand on bâtissait des colombiers sans qu'on eût droit de le faire, et on était oblijjé à restitution envers ceux à qui les pigeons causaient du dommage. On pèche aussi , et on était obligé à restitution quand on mettait des amorces dans son colombier pour attirer les pigeons des autres ; mais non pas quand on ne donne qu'une meilleure nourriture à ses propres pigeons , ou qu'on place son colombier dans un lieu plus commode. Ceux qui tuent les pigeons des personnes qui ont droit d'avoir des colombiers sont obligés à restitution. Il en est de même , selon plusieurs théologiens, de ceux qui connaissent ces sortes de voleurs et qui ne les découvrent pas, lorsqu'il y a des munitoires publiés contre eux. Les pigeons qui sont trois ou quatre jours de suite
SGt
sans retourner à leur colombier sont censés avoir quitté la coutume d'y retourner , et recouvrent leur première liberté ; ce qui fait qu'ils appartiennent à celui qui s'en empare le premier. Au reste , il faut remarcjuer que le droit de colombier était personnel , et qu'aucun seigneur ne pouvait le concéder à qui ce fût; s'il l'accordait, les habitans avaient le droit de s'y opposer.
(M. Collet , Moral, i. i , p. 189 et suiv. f^oyez aussi MM. de Perrière ctDenisart, au mot Colombier. )
COLOMHIÈRE .'Claude de La), jésuite, né à Saint-Syniphorien, à trois lieues de Lyon , se distingua dans le ministère de la chaire, et se fit écouter avec fruit pendant deux ans à la cour d'Angleterre ; il mourut à Paray en Bourgogne , âgé de quarante ou (|uarante-un ans, le i5 février 1682, avec la réputation d'un religieux de piété et d'esprit. Il était en commerce de lettres avec le célèbre Patru , qui en parlait comme d'un «les hommes de son temps qui saisissait le mieux les finesses de notre langue. On a de lui , 1° Ans Seimons en quatre volumes in- 8*, et un cinquième volume contenant des réflexions morales et les harangues latines qu'il prononça en professant la rhétorique à Lyon, imprimés dans cette ville en 1684 , chez Anisson ; et à Paris, chez François Muguet.
Ils ont été mis en bon français par un Père de la même compagnie , et réimprimés en six voK
in- 12 , en 1767 , à Lyon , chez Pierre Bruyset Ponthus. 2** Des Réflexions chrétiennes. 3° Deux volumes de Lettres spirituelles avec une retraite, in- 12 , Lyon, 1725. 4* Un livre publié en 1726, qui contient l'office , les prières et les pratiques de la solennité du sacré cœur de Jésus , dont le père de La Colombière a été l'introducteur. Ce prédicateur avait l'esprit fin et délicat, et on le sent malgré l'extrême simplicité de son style. Il avait surtout le cœur vif et sensible; c'est l'onction du père Cheminais , mais avec plus de feu ; l'amour de Dieu l'embrasait. Tout dans ses sermons respire la piété la plus tendre et la plus vive. Il y en a peu qui aient ce mérite dans un degré égal , et qui soient , si l'on peut s'exprimer ainsi , plus dévots sans petitesse. (M. l'abbé Trublet , Réflexions de V Eloquence, pag. 76. Le père Colonia, jésuite, Histoire littéraire de Lj'on, t. 2.
Le Dictionnaire des Prédicateurs y pag. 78 et 79.)
COLOMBIN ou COLOMBINI (^. Jean), instituteur de l'Ordre des Jésuates, était d'une des plus nobles et des plus illustres familles de Sienne. Il épousa une demoiselle de qualité , dont il eut un fils et une fille , et passa par toutes les charges de la ville jusqu'à la première magistrature. Il fut converti par la lecture de la vie de sainte Marie Égyptienne , que sa femme lui donna un jour pour l'amuser en attendant que le dîner fut prêt.
Depuis ce moment , il résolut de
se consacrer uniquement au service de Dieu , commença à fréquenter les églises , à faire de grandes aumônes , et à pratiquer la pénitence avec une ardeur incroyable , ne couchant que sur des ais de bois , portant un rude cilice , et se déchirant le corjts à coups de disciplines. Il fit de sa maison un hôpital où il servait les pauvres et les malades sans se rebuter jamais, et il ne rougit pas d'y porter un jour sur ses épaules un lépreux couvert d'ulcères infects qu'il avait trouvé à la porte de l'église. S'étant associé François Vincent, nol:»le vénitien , il parcourut les bourgs et les villages d'une grande partie de la Toscane , prêchant la pénitence , et fonda l'Ordre des Jésuates , ainsi nommés parce qu'ils prononçaient souvent le nom de Jésus. Il mourut à Sienne le 3 1 juillet de l'an 1 367 , jour de sa fête. (Baillet, 3i juillet. Voy.
Jésuates.)
COLOMBNA , ville épiscopale du diocèse de Moscovie sur l'Occa , un peu avant que cette rivière se jette dans le Wolga, à dix grandes lieues de Moscow sa métropole. On lui a uni l'Église de Kochire dans le duché de Rezan. Voici ses évêques que nous connaissons :