‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 15 sur 171 · Jean B. Castrucci , de Lacques , siégea six ans · texte numérisé non relu

Jean B. Castrucci , de Lacques , siégea six ans

10. Horace Saminiatus , de Lucques , nommé le 20 mars i5gi, mourut en i5g2.

1 1 . Matthieu Saminiatus, cousin du précédent , mort en 1607.

12. Fr. Anselme Marzati de Monopoli , capucin , nommé cardinal par Clément viu en 1604 ^ fut pourvu par Paul v de l'archevêché de Cliiéti , et mourut le dernier septembre 1607.

i3. Horace MafFei , de Rome, cardinal en 1606, nommé l'année suivante pour succéder à Marzati, mourut le 11 janvier

i4- Ulpien, de Côme, abdiqua en 1616.

i5. Paul Tolosa, de Naples , clerc régulier théatin , évêque de Bovino , transféré en 1616 , mourut en 161 g.

16. Marsilius Pérutius de Mandulpho, nommé le 26 novembre 1619, siégea douze ans.

17. Antoine , cardinal de Santa-Crux , nommé par Urbain viii, transféré à Urbin le 22 mai i636.

18. Etienne Saulius, de Gènes, nommé par Urbain viii le i o novembre , mourut à Naples en

19. Vincent Rabatta, de Florence , nommé par Innocent x , mourut en i653.

20. Fr. Ange-Marie de Ciria , de Crémone , général de l'Ordre des Servites, nommé en i654, mourut le 4 avril i656,

21. Fr. Modeste Gavasi , de Ferrare , de l'Ordre de Saint- Fiançois, nommé par Alexan-

dre vu le 1 9 février 1657 , mourut quinze jours après.

22. Nicolas Radulovich , nommé par Alexandre vu au mois de février lôSg , siégea quarantetrois ans, et mourut le 21 octobre 1702.

23. Vincent, de l'illustre maison Capycia , de Naples , nommé le 23 avril 1703, siégeait encore en 1720.

CHIFFLET (Jean - Jacques) , médecin , était de Besançon , où il prit naissance l'an i588. 11 était fils de Jean Chifflet , aussi médecin , et petit-fils de Laurent , conseiller de Dole , tous gens de lettres et de mérite , extrêmement affectionnés à leur patrie. Il étudia à Besançon , et après avoir voyagé en divers royaumes de l'Europe, dont il visita les bibliothèques et les cabinets curieux , il prit le parti de se fixer dans le lieu de sa naissance, et d'y exercer la médecine, n y fut élu consul. Peu de temps après , ayant été député par la ville de Besançon vers l'archiduchesse Élisabeth-Claire-Eugénie , princesse des Pays-Bas , cette princesse le retint auprès d'elle en qualité de son premier médecin. Elle l'envoya depuis en Espagne , où il fut encore médecin de Philippe iv. Il embrassa vivement les intérêts de l'Espagne, et écrivit contre les Français un livre intitulé , Vindiciœ hispanicœ , imprimé à Anvers en 1645. Blondel et d'autres lui répondirent , et il leur répliqua. Nous avons encore de lui d'autres ouvrages de littérature ,

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comme l'Histoire de Besançon et (les archevêques de cette ville , sous le titre de Vesuntio civitas imperialis libéra , sequanonnn metropolis ,plurimis nec non viilgaribus sacrœ et profanœ historiœ monumeniis illiistrata , et in duas partes distincta , à Lyon , i6i8 , in-4°, et i65o; l'Histoire de la Toison-d'Or ; le port Iccius de Jules César démontré ; la généalogie de la maison d'Autriche , depuis mille ans , défendue et illustrée ; quch^ues autres qui sont d'histoire ou de politique.

Voici ceux qui peuvent avoir quelque rapport à la théolo{;ic :

le Traité des Linceuls dans lesquels Jésus-Christ était enseveli , imprimé à Anvers en 1624, in-^**, en latin, et traduit en français, sous ce titre : Ilic'rotonie de Jésus - Christ , ou discours des saints Suaires de Notre -Seigneur, à Paris, i63i , in-8°; un livre latin de la sainte Ampoule de Reims, avec un discours sur le sacre des Rois , imprimé à Anvers en i65i , iii-fol. ; un écrit sur le lieu du concile d'iqjaoïie, à Lyon, 1621, in-8'' (le sentiment de Chifllet est que ce concile s'est tenu à Nyons , sur le lac de Genève) ; un conseil sur le refus de l'administration du sacrement de Pénitence et de l'Eucharistie aux criminels. Jean - Jacques Chifflet étant revenu en Flandre, où il fut premier médecin du cardinal Ferdinand , gouvernent des Pays-Bas, y mourut en 1660, âgé de soixante-douze ans. Sa famille a été féconde en hommes de lettres.

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CHIFFLET (Jean) , fils du précédent, se signala dans le barreau de Besançon ; et ayant appris les langues orientales , principalement l'hébraïque , il composa plusieurs ouvrages ; savoir :

1° jépologetica parœnesis ad linguam sanctam , à Anvers , 1642 , in.-4°. 2° Conciliwn de sacramento Eucharistiœ uitirno supplicio o/Jicieudis non dene~ gando , à Bruxelles, i644> in-S®.

3° Palmœ Cleri aîiglicani , à Bruxelles, 164 5, in-8°. 4° ^^ sacris Inscriptionibus quibus tabella de Virginis Camerncensis illuslratur , lucubratiuncula , à Anvers, 1649, i""4**- ^" ^po loge tica disserta tio deJuris utriusque Architectis , Justiniano , Triboniano, GratianoetS. Rajjnundo, à Anvers, 1641, in-4°- 6^ Aimulus Pontijicius Pio Papd fl adsertus , à Anvers, i658.

CHIFFLET (Jules), son frère, avait aussi beaucoup de mérite.

A l'étude des langues, il joignit celle du Droit, et il se distingua dans l'une et dans l'antre. Philip[)e IV, l'ayant apj)eléà Madrid en 1648 , le fit chancelier de l'Ordre de la Toison-d'Or. >ous avons de lui un commentaire sur la Croix de saint André, vue au ciel pendant le siège d'Aire ; une relation du siège de Saint- Omer; Aula suncla principum JJclgii, sive commentarius de capellœ regiœ in Delgio principiis, ministris , ritibus , etc. , in-4° ; Breviarium historicum velleris aurei, à Anvers, i652, in-4°.

CHIFFLET (Philippe), frère de Jcan-Jactiues , né à Besançon

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le 10 mai 1597 , fut estimé pour sa piété , pour son zèle et pour sa doctrine. Voici les ouvrages que nous avons de lui : un écrit en français de la Piété envers les âmes du Purgatoire , imprimé à Anvers en i635 , in-12 ; une préface et des notes latines sur les décrets du concile de Trente , réimprimée à Anvers en 1640 ; une traduction française du livre de l'Imitation de Jésus-Christ , qu'il soutient être de Thomas à Kempis ; un avis sur la nomination à l'archevêché de Besançon en faveur de Sa Majesté catholique , imprimé à Dole en i663 , in-4° , et une histoire en français du prieuré de Notre-Dame de Eellefontaine au comté de Bourgogne , imprimée à Anvers en i63i. Philippe Chifflet mourut peu après, l'an i663.

CHIFFLET (Laurent), frère de Jean-Jacques , né à Besançon en 1598 , se fit jésuite en Flandre l'an lôi-j , et mourut à Anvers le 9 juillet i658. On a de lui plusieurs ouvrages de piété , entre autres , 1° Idea prœcipuovimi actuwn ad invocandam iniscri^ cordiœ matrem , à Bruxelles , 1640. 2° Historia miraculosœ curau'onis cœlestis 7Wcationis , missionis opostolicœ et gloriosœ mortis Patris Marcelli Francisci Mastrillii e Societ. Jesu , à Douai, 1G40, in-8°. 3° Exercices spirituels. 4" Psautier de la Vierge. 5'^ La Doctrine chrétienne. G'* Exercices pour les malades. 7" Pratique cle dévotion.

8" Méthode pour réciter le Rosaire.

CHI CHIFFLET (Pierre-François), aussi jésuite, et frère de Jean- Jacques , né à Besançon en 1 592 , entra dans la société en 1609, âgé de dix-sept ans , et s'y distingua parmi les gens de lettres par plusieurs auteurs qu'il a donnés au public , et par ses propres ouvrages. Il donna en 1649 ^^^ collections des Canons de ierrand , diacre , et de Cresconius, à Dijon, in-4*', en i656; cinq Opuscules ou confesssions de foi anciennes, en 1657; ^^ Manuel des Solitaires , en 1660 ; uneDissertationtouchantl'église de Saint-Etienne de Dijon , en 1657 , in-8° ; en 1660 , la vie de saint Bernard , avec un traité de la noblesse de ce Saint , et quelc{ues opuscules d'Odon de Deuil , de Jean Hermite , la vie de saint Pierre , prieur de Julier ; et le traité d'Humbert sur les miracles , en i665 ; Victor de Vite et Vigile de Tapse. Il a composé encore de son chef plusieurs ouvrages de critique ; savoir, trois dissertations, imprimées en 1 676; la première sur saint Denis de France , qu'il soutient être l'Aréopagite ; la seconde sur l'empereurConstantin,etla troisième sur saint Martin ; quatre opuscules de l'âge et de la chronologie de saint Denis , de sainte Cyrie , vierge , de l'origine des comtes de Valence, extraite de la vie de saint Bernard , avec une addition du concile de Nimègue, à Paris, en 1679 » ^^^ notes sur saint Paul, intitulées : Paulinits illustratus . swe appendix ad opéra et res gestas saucti Pau—

h'ni , noleusis Episcopi , à Dijon , 1662, in-4°; une histoire des Anglais, avec une dissertation sur Dagobert , et la concorde de fiède et de Frédegaire , pour établir la concorde de la monarchie; une addition sur saint Denis l'Aréopagite et sur sainte Geneviève , et l'histoire de l'abbaye de Tournus, en français, en 1 G64- Il a encore donné un livre de piété qui a été imprimé en latin et en français , intitulé, de V offrande de soi-même à Dieu ; et un autre, de ta Pratique quotidienne de V amour de Dieu , et de la dévotion envers la Vieri^e , les Anges et les Saints , à Dole , 1629, in-i2. En 1675, le père Chifflet fut appelé à Paris pour mettre en ordre les médailles ilu Roi , et y mourut le 5 ou le I I d'octobre 1682. (Valère André, Biblioth. bclg. Alegaml)c , de Script. Societ. Jesu. Le Mire, de Script. Eccl. Dupin , dixseptième siècle, part. 1. Le père Nicéron , tome 25 de ses Mémoires. )

CHIGNAN ( Saint-} , abbaye de l'Ordre de Saint-Pcnoit , tlans le bas Languedoc , au diocèse de Saint-Pont. ( Voj. Saint-Agnav.)

CllILIASTES. Forez Millénaires.

CHILIEN , moine bénédictin du monastère d'Iniskeltre en Hibernie , écrivit en vers la vie de sainte Brigitte , vers le milieu du huitième siècle , et peut-être plus tard. (Doin Ceillier , Ilist.

des Aut. sacr. et ecclts. , t. 18, pag. 217. )

CHILPERÏC ou IIELPERIC ,

moine de Saint-Gai, a composé l'an 980 un traité du Calendrier, dont le père Mabillon a donné la préface dans le tome i"^ de ses Analectes , et qui se trouvait en manuscrit dans la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés.

CHINE (la ) , ])artie très-ample de l'Asie , qui s'étend beaucoup, particulièrement au levant, arrosée d'un grand nombre de rivières , et très-fertile. Les Tartares l'appellent Han ou Cataj; les Cliinois 7\miin , royaume lie lumière. Ses bornes sont au septentrionlcs royaumes de Tangui et deNiulliam dans la grande ïartarie, dont elle est séparée ])ar de hautes montagnes et par une muraille de cinq cents lieues (le longueur. Elh; est séparée à l'occident de l'Itide hors du Cange, et du royaume de la Cochinchine, au midi de la mer des Indes ou orientale , qui la sépare aussi du Japon à l'orient. Elle a eu de tout temps ses Empereurs (|ui tenaient d'abord leur cour à Nankin , et qui l'ont transférée depuis à Pékin. Mais depuis iG3o , cet Empire a été violemment agité par les Tartares, qui l'ont enfin soumis, et depuis ce temps-là c'est un Tartare qui le gouverne et qui tient sa cour à Pékin, dans la j)rovince de ce nom. {\ osez Allant, finie. Martini Martinii. )

Les Nestoriens font de ce vaste royaume la douzième province du diocèse de Chaldée, qu'ils mettent aussi devant celle des Indes , apparemment afin de faire croire que la religion chrc-

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tienne a passé du Chorosan en Taitarie, et de là dans le Catay, avant que de pénétrer dans les Indes. C'est la commune opinion des chrétiens de Clialdée , que l'apôtre saint Thomas prêcha d'abord aux Indes , et que de là , il se rendit à la Chine ; et ce sentiment est conforme à ce qu'on lit dans l'Office de l'Église de Malabar au jour de la fête de ce saint apôtre : Par saint Thomas V erreur de Vidoîdlrie a e' té dissipée dans les Indes ^ par saint Thomas les Chinois et les Ethiopiens ont été com'ertis à la connaissance de la vérité 'y par saint Thomas ils ont reçu le sacrement du Baptême , et V adoption des enfans — ; par saint Thomas le roj^aume de Dieu a volé et est monté jusquà la Chine , etc. Je ne doute pas que les Indiens n'aient été instruits de la religion chrétienne par cet apôtre.

Les écrivains ecclésiastiques sont d'accord sur ce point : mais il n'est pas moins certain que les Chinois étant les mêmes peuples que les Sères , si connus des anciens , et qui étaient au-delà de ce que nous appelons aujourd'hui la Chine ; ceux-ci avant *reçu la foi dans le troisième siècle, il est à présumer que ceux-là ont dû la recevoir aussi à peu près dans le même temps.

Arnobe , dans son second livre contre les Gentils, le dit expressément des Sères. D'ailleurs , quelle difficulté y a-t-il que la lumière de la foi ait passé des Indes à la Chine? Les Chinois n'a])portaient-ils pas leurs mar-

CHI diandises à l'île de Trapobane , voisine de la côte de Malabar, où il y avait une église de Persans avec un prêtre et des ministres au milieu du sixième siècle , comme le rapporte Corne Indico Pleusta?

Je ne vois donc point d'autre raison pourquoi on a placé le métropolitain des Indes après celui de la Chine, si ce n'est c[u 'anciennement les Eglises des Indes étant soumises au gouvernement et à l'ordination du métropolitain de Perse , qui les négligeait si fort qu'à peine trouvait-on un évêque dans tous ces vastes pays; Timothéei^'', catholique de Séleucie , crut qu'il était de son intérêt de donner un métropolitain aux Indiens , de même que l'Église de la Chine avait le sien long-temps auparavant ; ce qui a pu arriver après l'an 780.

Comme il s'agit ici d'un pays très-éloigné de nous , il n'est pas possible que nous puissions au juste marquer le temps auquel la religion chrétienne y a pris naissance. Nous pouvons pourtant assurer qu'elle y était connue au septième siècle au plus tard. Le monument c^ui a été trouvé au milieu du dernier siècle, ou plutôt en 1625 dans la ville de Sigharfe , en est une preuve indubitable. C'est une grande table de marbre marquée en haut d'une croix , et sur laquelle sont écrits en caractères chinois les principaux articles de notre foi.

Nous n'en rapporterons que ce

qu'il y a de plus essentiel dans chaque colonne.

La première établit le fondement de la religion chrétienne, qui est l'existence d'un seulDieu en trois personnes , créateur de toutes choses. Il est à remarquer que ceux qui ont écrit ce monument se sont servis du mot Aloho pour signifier Dieu , parce qu'ils n'en trouvaient point dans la langue chinoise qui répondît à l'idée que les ciirétiens ont du vrai Dieu. Il est donc à présumer querauteurderinscriptionétait d'une Eglise où l'on parlait syriaque— La seconde et troisième colonne continuent à expliquer le mystère de la création du inonde , la chute du premier homme par la séduction du démon , qui est appelé Satan , mot étranger dans la langue chinoise, et la corruption générale du genre humain par les erreurs et

parles vices La quatrième

explique Vavénement de Jésus- Christ par son incarnation , en ces termes : Douer personarimi triurti unacornnjunicai'ït seipsani clurissimo , vencrabilissimoquc iinxio ( Mtssiœ ) , opcriendo abscondendoque veram majestalem , simul honto prodiit m sœculutn. Ces mots marquent clairement la manière dont les Nestoriens expliquent le mystère de l'Incarnation , ne reconnaissant l'union du Verbe et de riiomme que dansl'inhabitation par une plénitude de grâce supérieure à celle de tous les Saints.

Dans la même , spiritus de cœlis significav'it Ic^litiam ; ce qui

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marque l'Annonciation par un ange : Virgo fœmina peperit sanctimi in Tacim {Judœa) , cla^ rissima conslellatio annunciavit felîcitatem potu. Reges ex illa terra orientait videnint clarita-^ tem , et vsnerunt offerre mimera siibjectionis compléta, bis decem quatuor sanctarum. On reconnaît aisément c^ue ces paroles signifient l'apparition de l'étoile aux mages , et l'adoration qu'ils vinrent rendre à Jésus-Christ; mais comme ce qui suit est fort obscur, voici comme les interprètes les ont paraphrasées : Ut sex et Prophetœ ou Prophetiœ viginti " quatuor Prophctarum adimplerentur. Le père Kircher, dans sa China illustrata, y ajoute ce commentaire : Il fait allusion, dit-il, aux quatre grands prophètes et aux douze petits ; et si on y joint Abraham, Isaac , Jacob , Job , Moïse , Samuel , David et Zacharie, père de saint Jean-Iiaptiste, on aura vingt- (juatre prophètes. Ce commentaire n'est pas beaucoup plus clair que le texte. Ce nondjre de vingt-quatre prophètes est inconnu également dans la synagogue et dans l'Église , aussi bien que celui des vingt-quatre prophéties que MuUcr a substituées, et personne n'a jamais mis dans le nombre des prophètes ceux que le père Kircher y veut faire entrer. 11 serait bien plus naturel de dire que cela doit s'entendre des livres de UÉcriture-Sainte. Les Syriens , véritables auteurs de cette inscription, en comptent vingt-quatre dans

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Vancien Testament, traduit selon riiélDreu , et vingt-sept dans le nouveau. Yoilà tout le mystère , dit l'abbé Renaudot , que le père Kirclier et M. MuUer

n'ont pu découvrir Dans la

sixième colonne , il est parlé du baptême, et, dans les suivantes, de diverses cérémonies pratiquées par les chrétiens dans la suite de la première prédication de l'Évangile dans la Chine ; il est dit que du temps du roi Taïcun-Yin, il vint de Tacini un saint homme nommé Olopuin ou Lopueii , conduit par les nuées bleues, et en observant la règle des Yento. Suivant le calcul de tous ceux qui ont travaillé sur la chronologie chinoise, cette date répond à l'an de Jésus- Christ 636.

Depuis l'érection de ce monument, la religion chrétienne a dû s'entretenir encore c[uelque temps parmi les Chinois. Nous voyons, par deux voyageurs arabes dont M. Renaudot nous a donné la traduction , l'un de 85i , et l'autre de 877, qu'il y avait encore des chrétiens à la Chine , et qu'il en périt un grand nombre dans la révolution qui arriva dans cet empire en 877.

Nous apprenons encore^ par un autre auteur que nous ne connaissons que par une note de la main de M, Golius, à la marge d'un endroit de ses notes sur Alfragan , que plus de cent ans après le catliolique envoyait des ecclésiastiques à la Chine. Yoici la traduction : « Abulferge rapporte sur le témoign>i(;e d'un

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moine de ÎSagerau ces propres paroles : qu'il revenait de la Chine Tan 887 , c'est-à-dire de Jésus-Christ 987 , où il avait été envoyé il y avait sept ans ou environ par le catholique , avec cinq autres personnes, et que le nom de la ville où il avait été était Taiouna , aujourd'hui Pient-Choun, ville assez considérable de la Chine. »

Il parait par ce témoignage que dans la fin du dixième siècle les catholiques ou patriarches nestoriens envoyaient encore des ecclésiastiques à la Chine , comme avaient fait leurs prédécesseurs : mais depuis ce temps-là on ne trouve rien dans les histoires de leurs Eglises, ni dans^ les autres, qui puisse donner aucune lumière sur la suite de ces premiers établissemens ; de sorte qu'il y a toute apparence que le christianisme était entièrement péri en ce pays-là , sans qu'on en puisse découvrir la raison. Il est vrai que Marco Paole , de Yenise, c[ui voyagea à la fin du treizième siècle dans presque tous les pays de l'Orient , rapporte qu'il avait encore vu deux églises à Sighanfu, bâties par Mar-Sargis ou Mar-Sergio , faitévèque de cette ville parle Grand-Chan en 1 288; mais ce n'était que des restes d'un christianisme cxj)irant , et qui tirait à sa fin ; de sorte que quand les Portugais entrèrent à la Chine en i5i7, sous la conduite de Fernand Perez d'.Andrade, qui arriva le premier à Canton , il ne se trouva aucun vestige de la religion ; et les pre-

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iiilers missionnaires de cette nation , aussi bien que les Castillans qui y passèrent des Pliilip])ines, ne trouvèrent partout que des idolâtres. Quelquescroix qui ont été trouvées ensuite, étant dénuées d'inscriptions et de dates, ne donnèrent aucune lumière sur cette matière jusqu'en Tan 1625 que celle dont il a clé parlé ci-dessus fut trouvée. Nous donnerons au mot Sij^hanfu la succession des évoques de cette ville, et des métropolitains de toute la Chine.

( Vcyez SlGIlAXFL'. )

Il ne sera pas inutile de faire ici une observation sur les premiers prétiicateurs de laCliine.

l'Llle se tire naturellement du monument dont nous avons parlé ci-dessus. H jiaraît donc <iue c'étaient des Syriens, puisque la date, qui est comme le sceau de l'acte contenu dans l'inscription , aussi bien que les siffnatures qui rej)résentent parfaitement ceux (jui se dressent encore dans les É{^lises d'Orient, est en langue syriaque. Si les prêtres et les autres dont il est parlé dans le corps de l'inscrij)lion étiiieiit venus d'Kjjypte , la date et leurs noms auraient été écrits en {;rec ou en coplile. Ils étaient di- la mèmeÉglise([ue les premiers prédicateurs, et soumis au même patriarche ; et on ne le peut contester, puisqu'ils regardaient les autres comme leurs pères.

Il y avait des Syriens de différentes communions, comme il y en a eu jusqu'à présent des Mel-

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chites ou orthodoxes, des Nestoriens, des Jacobites. Dès qu'on sait de quelle secte était celui qui est nommé comme patriarche , on connaît certainement de quelle communion étaient ceux qu'il envoyait. Le seul titre de catholiciue , joint à celui de patriarche, est une })reuve certaine que le catholique des Nestoriens qui était patriarche à leur égard, n'était soumis à aucun autre , d'autant plus que jamais patriarche d'Antioche ni d'Alexandi itî ne s'est appelé Catholique. Mais la question est entièrement décidée par le témoignage de l'Église nestorienne, qui reconnaît parmi ses patriarches ou catholiques un Jésuiab , (jui vivait à ])eii près dans le temjis aU([U('l le monument avait été érigé , c'està-dire en 636. Parmi les noms qui remplissent les marges de la ])ierre, il s'en trouve plusieurs composés de deux mots; ce qui est beaucoup plus ordinaire aux Svriens de Mésopotamie et aux Nestoriens (ju'à tons les antres , ce qui, joint aux autres preuves, confirme que ces prédicateurs étaient de leur communion, ('c qui le prouve encore davantage est la manière dont le mystère de l'Incarnation est expliqué, puisqu'en déveloj>pant les énij;mesdu style chinois , on reconnaît l'opinion de cette secte , qui n'admet l'union que dansl'iidiabitation du Veibe , et la communication de sa dignité et de sa ])uissance infinie. ( Oriens christ. , tom. 2, pag. i?69. Bihl.

orient. Diss. de Sestor. An-

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tienne relation de la Chine, traduite de l'arabe . )

Nous avons dit que, lorsque les Portugais pénétrèrent dans la Chine en iSj^, ils ne trouvèrent aucune marque de la religion clirétienne qui y avait été établie autrefois : c'est ce qui excita le zèle de quelques uns de nos missionnaires pour convertir à la foi des peuples dont on connaissait d'ailleurs la docilité.

Saint François Xavier en conçut le dessein ; mais la mort le prévint et l'empècba de l'exécuter.

Il mourut dans une île voisine, le 2 décembre i552. Les pères Michel Rugier et Matthieu Ricci, de la compagnie de Jésus , furent plus heureux. Ils entrèrent dans ce vaste royaume en i582. Mais la vérité m'oblige , en rendant justice à une société qui a donné à l'Église tant d'excellens ouvriers , de dire qu'ils n'ont pas été les premiers qui ont travaillé à la conversion de ces idolâtres.

L'Ordre de Saint - Dominique peut se flatter de les avoir prévenus dans cette ample moisson.

Le père Gaspard de La Croix , Portugais, étant arrivé à Goa en i548, avec onze de ses compagnons , tous de l'Ordre de Saint-Dominique, et y ayant fondé un monastère de leur Ordre , alla d'abord dans le royaume de Caiiiboye , dans l'Inde ultérieure , d'où il passa à la Chine en i556, et y souffrit beaucoup pour la foi. La relation de son voyage et de ses travaux apostoliques , qu'il a dédiée au roi Sébastien , a été imprimée à

Évora , in-4<' , en i56g. Le père Échard observe encore, après Dominique jN'avarette, que les pères Martin de Rada et Jérôme Marin, étaient entrés dans ce vaste royaume en 1075, et par conséquent avant les révérends Pères jésuites. Or , depuis ce temps, on y a créé quelques évèques pour les besoins spirituels de ces peuples, sous le titre de vicaires apostoliques.

Voici ceux de notre connaissance.

1. Jacques de Grangia, de l'Ordre de Saint - Dominique, nommé par Sivte iv à l'évêché de Xousi ou Xunti. C'est , selon Baudrand , la cinquième ville de la Chine dans la province de Pékin , au pied des monlagnes

aux confins de cet Empire

( Bull. , tom. 3 , pag. 648.)

2. Ignace Cosoleudi , évêque de Metellepole , vicaire apostolique dans la Chine en 1667, eut pour successeur Fr. Grégoire Lopès , de l'Ordre de Saint-Dominique. Il était de la Chine même , et fut nommé par Clément X en 1673. ( Font. Mon.

donnuic. Voy. Diplom. , p. 607.)

3. François Varo, Espagnol du même Ordre , nommé par Innocent xi. Il avait exercé longtemps auparavant le ministère apostolique de la Chine. ( Voyez Gazette de France , 1 688 , pag. 4o4; i6g4, pag. 102. )

4- Ciceri , jésuite , préconisé en présence d'Innocent xiii pour l'évêché de Nankin.

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