Jean 11, auquel il succéda
■j. Michel Castault , du même
Ordre, nommé par iSicolas v, le 18 mars \\%. (AVadinjj. )
CHRODEGAIND (saint, , évoque de Metz , né en liasbagne ou lîrabant vers l'an -12, tut élevé dans le monastère de Saint-Tron, aux confins de cette provmce.
On l'envoya de là à la cour de Charles-Martel, qui lui donna la charge de référendaire ou chancelier. Après la mort de Sigébalde, évêque de Metz , il lut choisi pour le remplacer, et ordonnéle i*'octobre 74^- ^^ fonda l'abbaye de Gorze en Lorraine , et celle de Saint-Pierre, toutes deux de l'Ordre de Saint-Benoit.
Eu 953, il fut choisi par le roi Pépin et l'assemblée des Etats du royaume, pour aller à Rome inviter le pape Etienne 11 à venir en France. Ce voyage lui procura \c palliuTii , que le pape lui accorda avec le titre d'arciievcque. Il persuada à ses clercs de mener une vie commune ; il leur donna pour cela une règle, et les obligea de vivre dans un cloître. En 765, il présida au
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concile d'Attigny, apparemment en sa qualité d'archevêque. Il mourut l'année suivante, le 6 mars, après un éj)iscopat de vingt-trois ans et quelques mois , et fut enterré à Gorze. Son épitaphe, que Ton croit de Théodulphe d'Orléans, le représente comme un prélat qui fut la lumière et l'honneur de l'Eglise, et qui instruisit son peuple , autant par l'exemple de ses vertus que par la force de ses discours.
11 y est fait aussi mention du pallium que le pape Etienne lui accorda , et de la règle que saint Clnoilegand donna à ses chanoines. Elle est tirée, pour la plus {;rande [)artie, de celle d<saint Benoît, et divisée en trentc quatre Chapitres, avec un prologue. Elle se trouve dans le cinquième tome des Annales ecclésiastiques du père Le Cointe, avec de courtes noies de sa façon , et queh[ues variantes. Ln anonyme voulant la rendre commune à tous les chanoines en retrancha tout ce qu'elle avait de particulier pour l'Eglise il«- Metz, et v ajouta beaucoup de statuts tirés principalement du concile d'Aix-la-Chapelle. Elle est divisée en quatre-vingt-six Cliapitres, et se trouve dans le septième tome des conciles, et dans le premier tome du Spicil'ege de dom Luc d'Achéri. On a encore de saint Chrodegaiid li chartre de fondation du monastère de Gorze , qui fut confirmée par le concile de Conqiiègne eu 757, (Meurisse, ///•>/• des é\^crpic^ lie Metz , liv. 2 , pag. 64 et
suiv. Dom Mabillon , lib. 23 , Annal., n. 3i , pag. i83. Dom Ceillier, Hist. des Auteurs sacrés et ecclés., tom. i8, pag. 176 et suiv. )
CHROMACEou CHROMATIUS (saint), évèque d'Aquilée, et confesseur, que saint Jérôme appelle le plus saint et le plus savant évèque de son temps , était fils d'une mère que le même Saint compare à Anne la prophétesse , et dont il dit que le ventre pouvait s'appeler un ventre d'or, à cause des saints enfans qu'elle avait mis au monde.
Car outre Chromace , elle eut encore Eusèbe et des filles, qui consacrèrent à Dieu leur virginité. Chromace fut élevé sur le siège d'xiquilée après l'an 386.
Ughel lui donne dix-huit ans et neuf mois d'épiscopat. Oiï trouve aussi , dans la Bibliothèque des Pères , tom. 5, pag. 976, trois discours qui portent son nom , et où il est appelé évèque de Rome ou romain , et non pas d'Aquilée. Le premier est sur les huit béatitudes. Le second est une explication du cinquième chapitre de saintMatthieu, avec une partie du sixième, qui est apparemment un fragment d'un commentaire que ce Saint avait composé sur l'Evangile entier de saint Matthieu. En expliquant ce qui est dit dans l'Évangile du divorce , il parle comme s'il croyait que l'on pût épouser une autre femme après avoir fait divorce pour cause d'adultère ; mais il condamne ceux qui quittent leurs femmes pour d'autres
causes , et ensuite se remarient , quoiqu'il avoue que les lois humaines le permettent. Dans le troisième discours , qui n'est pas entier, saint Chromace explique ces paroles de saint Jean à Jésus- Christ : Cest moi qui dois être baptisé par vous. Ces trois discours ont été imprimés à Bâle en 1628, avec l'apologie de Symmaque ; et en i55i, dans le Micropresbyticon; d'où ils ont passé dans la Bibliothèque des Pères et dans les orthodographes.
Il y en a eu aussi une édition à Louvain en 1649. Nous n'avons plus ni ses deux lettres aux empereurs Honorius et Arcade , ni celle qu'il écrivit avec son frère Eusèbe à saint Jérôme vers l'an 374' 11 paraît que saint Chromace lui écrivit encore vers l'an 390 , avec saint Héliodore , pour lui demander une traduction du livre de Tobie sur le texte chaldaique ; mais cette lettre n'est pas venue jusqu'à nous, non plus que celle que ces deux prélats lui écrivirent vers le même , temps , pour lui demander des 1 commentaires sur les prophètes Osée , Amos , Zacharie et Malachie. Nous avons , dans le cinquième tome des OEuvres de saint Jérôme, de l'édition de Û dom Martianay, une lettre sous ^ le nom de saint Chromace et d'Héliodore à saint Jérôme , pour lui demander l'Histoire de la naissance de la Vierge ; mais on convient unanimement que cette lettre est supposée , de même que celle où il lui demande un Martyrologe. Tl faut porter
CHR le même jugement d*un grand nombre d'homélies mêlées parmi les ouvrages de saint Chrysostôme, et qu'on attribue aussi à saint Chromace. ( Saint-Jérôme, Prœfat. in Paralip. , tom. i , pag. 1022, eiinprolog. in Abacuc, tom. 3, p. 1591. Baronius.
Cave. Dupiii , cinquième siècle.
Dom Ceillier , Histoire des Auteurs sacre's et ecclésiastiques , t. 10, p. 82 et suiv. )
CHRONIQUE , chronica , chronici libri. Histoires selon l'ordre des temps , dans lesquelles on s'applique à marquer le temps des événemens que l'on rapporte succinctement. On donne le nom de chroniques aux deux livres des Paralipoml'nes. Les juiisont sept chroniques ou livres historiques peu corrects et assez modeiTîes.
La chronique du prophète Moïse est un livre fabuleux de la vie de Moïse, imprimé à Venise en i544 » traduit en Kilin par M. Gaulmin.
La chronique des Samaritains a été publiée par M. I^ernard , et communiquée aux journalistes de Leipsick. M. Rasnage Ta insérée avec des remarcjues dans son Histoire des Juifs , t . 6 , liv. 8, ch. 6, p. 640. Elle commence à la création du monde , continue jusqu'à la prise de Samarie par Saladin , en 1187.
Elle est très-cout^ et très-peu exacte. ( Dom Catmet , ^wy^/^/Jnient au Diclwmi. de la Bible y tom. 3, pag. 147 et 148.)
Jules Africain est le premier auteur chrétien qui a fait une
chronique ; Eusèbe et plusieurs autres en ont fait après lui. La chronique scandaleuse est une histoire composée du temps du roi Louis xi , par un officier de la ville de Paris. On appelle figurément chronique scandaleuse , les médisances et les mauvais bruits qui courent dans le monde. Le mot de chronique vient du grec ^(^povùç, temps.
CHRONOLOGIE, chronologia, descriptio temporum , rationarium temporum. Ce mot vient de ;j^pévos, lejnps , et Xoyaç , discours. La chronologie est proproment l'histoire, la science ou la doctrine des temps passés et des époques. Elle a soin de ranger la suite des temps et des épo- ([ues ; elle marcjue les jours et les années où les plus grands événemens, tant sacrés c[ue profanes, sont arrivés. La chronologie a ses difficultés et ses incertitudes , mais elle a aussi ses règles et ses fondemens. Les difficultés de la chronologie naissent du fond même de cette science, qui est souvent éloigné, obscur, embarrassé. Le monde n'est pas éternel; ce n'est que depuis un certain nombre de siècles que Dieu, cet être infiniment sage, bon, puissant , a tiré du néant , par sa seule parole , c'est-à-dire par sa seule volonté et pour sa gloire, ces cieux , cette terre , ces mers, ce monde entier qui étale à nos yeux tant de grandeur et de magnificence. On compte depuis la création du monde jusqu'à cette année de Jésus-Christ 1822, 5822 ans. Or, quelle diflicuUé pour
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marcher sûrement dans cet obscur, vaste et prescjue immense pays de lantici u i té? Plus les temps sont reculés, plus aussi il est difficile de les mesurer, de les combiner , de fixer les épocjues ; et il faudrait un miracle pour que les di/Férens cbronologistes cle tous les temj)s et de tous les pays s'accordassent parfaitement sur des faits arrivés quelc[uefois plusieurs milliers d'années avant eux. De là la diversité d'opinions qui se trouve parmi les cbronologistes sur un très-grand nombre de points , et entre autres sur le calcul des années depuis la création du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Cbrist , toucliant lequel seul on compte jusqu'à quatre-vingt-dix opinions difiPérentes , selon dom Calme t et M. l'abbé de Yence. Quelle diversité encore sur la distinction des années sacrées et civiles parmi les juifs , le séjour des Israélites en Egypte , la chronologie des juges, celle des rois de Juda et d'Israël , le commencement des années de la captivité, celui des septante semaines de Daniel , etc., sur l'origine de l'empire des Chinois, les dynasties d'Lgypte , l'époque du règne de Sésostris , le commencement et la fin de l'empire d'Assyrie , la chronologie des rois de Babylone , des rois Mèdes , des successeurs d'Alexandre, etc. î Ceux qui voudront connaître à fond les sentimens des divers cbronologistes pourront consulter leurs ouvrages. Nous nous bornerons ici à donner une idée de
CÏIR la chronologie sacrée , comme la plus importante , et de nommer à la fin de cet article les plus célèbres chronologues.
La chronologie sacrée est celle qui se trouve dans les livres de l'Écriture-Sainte. Cette chronologie est vraie, puisqu'elle a Dieu pour auteur, et le plus ancien peuple pour possesseur. Tout ce qui y est contraire, ou c[ui n'y est pas réductible , est faux. Elle comprend tout ce qui regarde la science des temps marqués dans les livres saints, soit historicmes, soit prophétiques -, car la science des temps n'est pas moins nécessaire pour rintelligence des prophéties que pour celle de l'histoire : sans cette connaissance , on s'expose à confondre souvent dans les prophéties des choses fort différentes et fort distinguées. L'histoire sacrée remonte jusqu'à la création du monde, et elle se termine aux temps apostoliques : de sorte que si l'on ne considère dans les livres sacrés que ce qu'ils renferment d'historique , on peut terminer la chronologie sacrée aux temps apostoliques , c'est-à-dire, à la ruine de Jérusalem par les Romains en l'année 70 de l'ère chrétienne vulgaire, qui est en effet l'époque où s'arrêtent Ussérius et Lancelot. Mais si l'on considère avec M. Bossuet et de La Cl^tardie ce que les livres sacrés renferment de pro- ])hétique , la chronologie sacrée s'étend jusqu'à la fin du monde, et comprend toute la durée des siècles. Nous ne parlons ici que
ClIR <le la partie historique de la chronologie sacrée , et non de la partie prophétique , sur laquelle on peut voir une dissertation sur les sept âges de l'Église , et une autre sur le sixième âge de l'Église , qui se trouvent au treizième tome de la sainte Bible , en latin et en français , avec des notes littérales , critiques et liistoriques , des préfaces et des dissertations tirées des Commentaires de dom Augustin Calmet, de M. l'abbé de Vence et des auteurs les plus célèbres , pour faciliter l'intelligence de l'Écriture-Sainte. Le quatorzième et dernier tome de cet ouvrage est de l'an 1750, in-4°, à Paris, cliez Gabriel - Martin , J. B. Coignard , etc. C'est donc dans les fastes du peuple de Dieu , c'est dans les livres saints qu'il faut chercher la véritable chronologie , qui fixe l'époque et la durée de chacun des six âges (jui partagent la durée des siècles depuis la création du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. Mais parce que nous avons trois exemplaires différens des livres saints; savoir, l'hébreu, le samaritaiu et les septante , qui sont ou trois textes ou trois copies d'un premier original , et que ces exemplaires varient entre eux sur la chronologie des premiers âges du monde , il est nécessaire de marquer ici ces différences. Le texte hébreu de la Massore abrège les temps; il ne compte qu'environ quatre mille ans depuis Adam jusqu'à Jésus -Christ. Le texte .samaritain donne plus d'étendue
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à ces époques , et les Septante font remonter la création du monde jusqu'à six mille ans avant Jésus-Christ. Il y a, selon le texte hébreu , i656 ans depuis Adam au déluge ; 1 807 , selon le samaritain; et 2242, selon Eusèbe et les Septante; ou 2266, selon Joseph et les septante ; ou 2262, selon Jules Africain , saint Kpiphane , le père Petau et les Septante. Si les chronologistes sont divisés sur le choix des textes et sur les temps écoulés , ])Our l'intervalle de la création au déluge , ils ne le sont pas moins pour les temps postérieurs au déluge, et sur les intervalles
les de ce temus. Nous
(les epocpies ae ce lempi ne les suivrons pas dans leurs dilVérens systèmes ; on peut consulter leurs ouvrages. Nous remarquerons seulement ici que la chronologie ne se borne pas aux temps reculés et à la fixation des anciennes époques; elle s'étend au<<si à d'autres usages, et particulièrement aux usages ecclésiasti(jues. (i'est par son secours ([ue nous fixons les fêtes mobiles , entre autres celle de Pâ(|ues, et que par le moyen des cpactes , des périodes, des cycles, etc., nous construisons le calendrier. Ainsi, il y a proprement deux espèces de chronologie; l'une purement liistorique , et fondée sur les faits que l'antiquité nous a transmis; l'autre mathématique et astronomique, qui emploie les observations et les calculs, tant pour débrouiller les époques que pour les usages de la religion.
La chronologie a donc de grands avantages ; et sans elle l'histoire n'est c[u'un amas confus de faits et de récits entassés pêle-mêle , l'un avec l'autre , plus propre à mettre le désordre dans nos idées et à brouiller notre imagination , qu'à former le jugement. Elle a aussi ses difficultés et ses incertitudes. Mais enfin , elle a encore ses règles et ses fondemens ; savoir, le témoignage des auteurs , les observations astronomiques , certaines époques incontestables dansl'histoire , les médailles et les inscriptions anciennes.
I. Le témoignage des auteurs est si universellement reçu parmi les nations policées , que ce serait blesser l'honnêteté publique de douter de certains faits rapportés dans l'histoire. Quoique faie vu Rome de mes jeux , dit saint Augustin , et que je Tiaie jamais été à Constanti- 7iople , fondé sur la foi des témoins qui en parlent , je me tiens aussi assuré quil j a une ville de Constantinople que je le suis qu'il j a une ville de Rome.
(Lib. i3 , Je Civit Dei , cap. 3. ) Ce serait néanmoins agir fort imprudemment et s'exposer visiblement à être trompé, que de recevoir sans examen et sans choix tous les faits que rapportent les historiens. M. De Launoy , docteur de Navarre , et célèbre par un grand nombre d'ouvrages de critique sur plusieurs points de l'Histoire ecclésiastique, nous donne les quatre règles suivantes pour discerner la
vérité d'avec le mensonge dans les faits historiques.
Première règle.
Dans les choses qui appartiennent à l'histoire et à la tradition , il en faut croire surtout ceux qui ont écrit dans les temps que les choses se sont passées :
si d'ailleurs ils ne sont contredits par aucun auteur contemporain, qui soit d'une probité et suffisance reconnues.
Deuxième règle.
Après les auteurs contemporains , il faut s'en rapporter plutôt à ceux qui ont vécu plus près du siècle où la chose s'est passée, qu'à ceux qui en ont été plus éloignés.
Troisième règle.
Les histoires qui paraissent apocryphes , et qui sont d'un auteur qu'on ne connaît pas bien , ou qui est nouveau , ne doivent être d'aucun poids et d'aucune considération , si elles choquent la raison et la tradition des anciens.
Quatrième règle.
Il faut se défier de la vérité d'une histoire qui nous est rapportée par des auteurs modernes , particulièrement quand ils ne conviennent pas entre eux , ni avec les anciens, sur plusieurs circonstances.
Ces règles sont sûres et conformes à la raison naturelle. H faut les mettre en usage pour ne point s'égarer dans le labyrinthe
CHR de l'Jiistoire ancienne. On doit y ajouter cette excellente observation de saint Augustin , et dont ce Père fait même une règle trèsimportante. « A l'égard, dit-il, » des auteurs profanes , quand » ils nous rapportent des choses » contraires à l'histoire conte- » nue dans la Bible , il ne faut »» point hésiter à croire qu'elles >• sont fausses : car le bon sens »- dit que l'esprit de Dieu , qui » parle dans les Écritures , nié- » rite, préférablement aux hom- >» mes , d'être cru , lorsqu'il ra- » conte ce qui s'est passé, puis- » qu'il prédit même si certaine- » ment tant de choseslong-tenips )/ avant ([u'elles arrivent. » {De Ci^. Dei, lib. 8, cap. 48.)
Sur cela , quoi de plus étonnant que le dessein du père Pezron dans son livre de Y Antiquitt' des temps rétablie, si opposé à cette règle de saint Augustin , puisqu'il rejette la chronologie de la Bible hébraïque et de notre Vulgate , parce qu'elle ne s'accorde pas avec les antiquités des Chaldéens , des Égyptiens et des Chinois, et qu'il donne au monde environ quinze cents ans d'ancienneté plus que la chronologie ordinaire ne lui en donne : ce qui rend cet auteur d'autant plus blâmable, qu'il ne convient pas pour cela avec les Chaldéens et les Égyptiens. On sait que les Chaldéens ou Babyloniens donnaient à leur monarchie des myriades d'années, et qu'ils se vantaient d'avoir des obsers'atiôns astronomiques d'une infinité de siècles. Leur histoire est toute
pleine de mensonges ; et Aristote même a rangé , parmi les conteurs de fables, ceux qui ont écrit les Assjrriaques. ( Aristote, Polit., v. 1 o. ) A l'égard des Égyptiens, comme il y avait entre eux et les Chaldéens une émulation d'ancienneté , ils se sont jetés dans des fables même extravagantes, pour emporter la prééminence sur leurs rivaux.
Entêtés de vouloir passer pour la première nation du monde , ils disaient que les dieux et les demi -dieux avaient régné en Egypte 4^,984 ans avant que les hommes en tinssent l'empire.
Chercher la vérité dans ce qu'ils disent de leur nation , c'est la chercher dans les romans. Platon dit ouvertement que les prêtres égyptiens, qui étaient consultés si souvent par les Grecs sur It'S origines du monde , ignoraient profondément les antiquités. (Plato, in Tïm.)
Quant aux Chinois, outre que leurs chronologistcs ne s'accordent pas entre eux , c'est que quand ils s'accorderaient , la raison et la religion ne permettraient pas de préférer leur chronologie à celle des livres sacrés.
Nous disons que leurs chronologistcs ne s'accordent pas entre eux , car Sumaquain, célèbre annaliste des Chinois, qui vivait vers l'an 1 066 de l'ère vulgaire , ne fait pas leur empin^ si ancien que le font les autres historiens de cette nation. Ceux-ci le font commencer à Folii , qui, selon eux , a régné quelques siècles avant le déluge , et Sumaquam