Jean du Doucet
87. Jean-Antoine Tinseau , sacré le la septembre 1745, fut transfère a
îsevers en 1751. Ce prélat, voulant donner à sa première église des marques de son attachement, lui fit présent d'un ornement complet, consistant en six chappes , une chasuble et deux dalmatiques uniformes, estimées plus de cinq mille livres. Il établit les chanoines réguliers de Saint- Antoine pour directeurs du séminaire et du collège.
88. Gabriel Cortois de Quincey, né à Dijon en 1714. sacré le 22 août 1751, conseiller honoraire au parlement de Dijon, ci -devant grand archidiacre et vicaire-Hénéral de Dijon, rebâtit à neuf son palais épiscopal. Cette construction, commencée en 1766, fut achevée en 1780. Il fit faire le maitre-autel en marbre, et parqueter en marbre le sanctuaire et le chœur.
Les stalles anciennes placées en l'an 1000, furent remplacées par d'autres plus belles, faites k Dijon sur le modèle de celles de la sainte Chapelle.
Il répara aussi la chapelle de la Sainte-Vierge, et y fit placer une belle statue en marbre blanc de Carrare , ébauchée a Rome, et finie à Lyon par Cliinard, laquelle existe encore. Ce digne prélat mourut à Belley, le>5 janvier 1791, après avoir refuse le serment, et fut enterré dans la chapelle de la sainte Vierge, derrière le grand autel.
En 1802 le diocèse de Belley fut réuni à celui de Lyon, et rétabli en 1817; mais les deux évêques nommes successivement à cette époque, ne prirent pas possession (i)«
89. Alexandre-Raymond Dévie, né ■ Montélimar le 23 janvier 1767, cidevant vicaire-général de Valence, a été nommé évèque de Belley par S. M, Louis XVIH, le i3 janvier
(1) On ne place pas au ranç; des évémes de Belley, Jean-Baptisie Royer, cure de Cba vannes , nommé en 179»
e'vèque constitutionnel par les électeurs de Bour?. 11 quitta Belley en 1794, P°ur aller a Paris, et mourut ù Besançon, après avoir reconnu et abjure ses erreurs.
i5o CATALOGUE
1823, préconisé dans le consistoire «lu 10 mars, sacré dans Ja chapelle de Lorctte à Issy, le i5 juin, par M. Frayssinous, évêque d'Hermopolis, aujourd'hui ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique, et intronisé le 23 juillet de la même année.
BESANÇON, Vesontïo, belle, grande et très-forte ville, ancienne capitale de la Franche-Comté de Bourgogne, avec une bonne citadelle sur un rocher , aujourd'hui chef-lieu de préfecture du département du Doubs, est située sur la rivière de ce nom à quatre-vingtquatorze lieues de Paris. Elle avait autrefois une université et un parlement pour toute la province. Elle était au rang des villes libres et impériales, et un magistrat avait le gouvernement absolu en forme de république. Ensuite le roi d'Espagne y fut reconnu pour souverain seigneur et protecteur, jusqu'à ce que Louis XIV, roi de France, se fût rendu maître de toute la Franche- Comté.
L'archevêché de Besançon est fort ancien. Ses évêchés suffragans étaient Belley, Bâle en Suisse et Lausanne, dont le siège est à Fribourg. Maintenant les suffragans sont Strasbourg, Metz, Saint-Dié, Verdun , Nancy et Belley. Il y a eu à Besançon deux anciennes églises, l'une dédiée à saint Jean l'évangéliste, l'autre à saint Etienne, qui se sont bien long-temps disputées le droit de métropolitaine. Aujourd'hui la métropole est sous l'invocation de ces deux saints. Celle de saint Jean se glorifiait d'avoir été bâtie par saint Lin vers l'an 55 ; que saint Maximin, second archevêque y avait fondé un collège de clercs séculiers vers l'an 285, et que les actes et assemblées les plus solennelles s'y étaient faits depuis plusieurs siècles.
Celle de saint Etienne avait été bâtie sur une hauteur vers l'an 33o par saintHilaire, cinquième archevêque; et saint Fromenius, un de ses successeurs, y avait établi un collège
de chanoines qui s'était acquis dans la suite beaucoup de lustre. Il y a eu aussi, par un privilège du pape Léon IX, donné en 1048, sept chanoines qu'on nommait prêtres-cardinaux, qui avaient droit d'officier pontificalement, comme il se pratique encore dans les églises de Cologne, de Reims et d'Aix-la-Chapelle; de sorte que si l'église de Saint-Jean se vantait de son ancienneté, celle de Saint-Etienne se pouvait glorifier de sa splendeur et des richesses de son chapitre.
Pour accorder ces différends des chanoines, le cardinal Hugues de Saint- Cher, de l'Ordre de Saint-Dominique, légat du pape, réunit les deux chapitres l'an 1253, leur donnant un droit égal d'élection. Ainsi les chanoines de ces deux églises, au nombre de quarante-trois , n'ont fait dans la suite qu'un même corps. Ils avaient le rochet et Je camail d'étoffe de soie bleue doublé d'un taffetas rouge comme les évêques ; ils officiaient avec la mitre et la crosse qu'ils portaient aussi au dessus de leurs armes ; leurs offices se font avec magnificence. Ils ont vécu en commun jusqu'environ l'an i3oo, et leur église est une des dernières de la France qui ait quitté cette sainte pratique établie dans la règle dressée au concile d'Aix-la-Chapelle, qui y était observée, et qu'on lisait tous les jours après le martyrologe. On comptait à Besançon quarante mille âmes partagées en sept paroisses, une collégiale, vingt maisons religieuses d'hommes ou de filles , quatre hôpitaux , une université composée des quatre facultés qui y fut transférée de Dole vers l'an 1421, et une académie de sciences, belles-lettres et arts, composée de quarante académiciens, qui y a été établie en 1752.
Le chapitre de la métropole était composé de huit dignités et quarante-trois canonicats. 11 se compose aujourd'hui de dix chanoines 1 il y a en outre quatre vicaires-généraux et une oflicialité. Le diocèse, érigé
DES ÉVÈCHÉS DE FRANCE
dans le 3e siècle, et qui comprend les départemens du Doubs et de la Haute-Saône, était partagé en quinze doyennés ruraux. Il y avait huit cent-trente-huit paroisses ou succursales , quatre - vingt - quatorze prieurés et trente abbayes. Le nombre des cures est maintenant de cinquante-quatre, et celui des succursales de six cent quarante-neuf- Le diocèse comprend aussi centtrente établissemens formés par des congrégations religieuses pour l'éducation des enfans et le soin des pauvres. Il faut y ajouter une maison de la Providence, plusieurs établissemens de sœurs de Snint-Charles, et un du sacré-cœur. Des religieux <le l'institut de Marie ( de Bordeaux) ont formé en 1824, dans le château de Saint- Remy (Haute- Saône), un établissement pour former de jeunes instituteurs.
Louis XIV , roi de France , ayant conquis en i6681a ville de Besançon, y ht bâtir une grande citadelle sur la montagne de Saint-Etienne, au lieu où était l'ancienne église archiépiscopale que l'on détruisit pour ce sujet, ainsi que les maisons des chanoines qui occupaient une partie de la place où est à présent la citadelle. On ôta de cette église toutes les reliques et le saint-Suaire, pour les transporter dans l'église de Saint- Jean; qui était beaucoup plus belle, et qui a demeuré ensuite le seul siège archiépiscopal.
Parmi les archevêques de Besançon il y a eu huit cardinaux. Ils furent élus autrefois par le chapitre, comme il se pratique encore aujourd'hui en Allemagne, quoique du temps de l'empereur Charles-Quint et de ses successeurs, rois d'Espagne, ils furent comme obligés d'élire celui qui leur était présenté par la cour. Pendant le siècle précédent , les panes n'ont plus voulu laisser à ce chapitre le droit d'élire , selon le concordat d'Allemagne , ce qui y a causé de grandes difficultés dans l'élection de quelques archevêques et dovens de cette église. Maintenant qu'elle
est à la France, le roi nomme à l'archevêché de son plein droit, comme aux autres évêchés de son royaume.
L'archevêque jouissait de trente-six mille livres de revenu, et payait mille vingt -trois florins pour ses bulles à la cour de Rome.
archevêques de Besançon.
1. Saint Ferréol, disciple de saint Irénée, évêque de Lyon, fut envové à Besançon pour y annoncer la foi de Jésus-Christ. Il souffrit le martyre l'an 211 ou 212, et on y célèbre sa fête le 16 juin. On doit le regarder comme le premier évêque de cette ville. Voyez S. Ferréol.
2. Saint Lin. Tous les anciens catalogues de l'église de Besancon nomment saint Lin pour évêque.
Cela prouve qu'il y a eu en effet un Lin, évêque de Besançon, mais nullement que ce Lin ait été le disciple de saint Pierre et son successeur sur le siège de Rome. On doit dire au contraire que, quoique saint Lin, évêque de Besançon, n'ait été que le successeur immédiat de saint Ferréol sur le siège de cette église, on l'a cependant mis avant lui dans les catalogues, par une erreur commune à plusieurs églises, qui ayant eu des évèques du nom des disciples de Jésus-Christ ou des apôtres, ont supposé qu'ils avaient été leurs premiers évèques.
3. Saint Antide, qui fut décapité par les Vandales, commandés par Crocus, l'an 267. On fait sa fête à Besançon le 27 juin, quoique le martyrologe romain la mette au z5 du même mois.
4- Saint Germain, martyr, dent on fait la fête le 11 octobre.