‹ Bibliothèque sacrée (volume 3)Chapitre 213 sur 473 · Anne-Antoine-Jules de Clermont-Tonnerre, sacré en · texte numérisé non relu

Anne-Antoine-Jules de Clermont-Tonnerre, sacré en

DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE

(Le siège de Châlons , supprimé par le concordat de 1801, devait être rétabli d'après celui de 1817, qui ne fut exécuté qu'en 1823.)

94. Marie- Joseph-François-Victor Monyer de Prilly, sacré le 18 janvier

Concile de Châlons- sut- Marne.

L'an ni5, Conon, évêque de Preneste et légat du saint siège eu France, assembla un concile en cette ville, comme il avait fait en plusieurs autres, contre l'empereur Henri V, que le pape Pascal II avait excommunié , au sujet de leur dispute touchant les investitures. ( Hard. 6, part. 2.)

CHALONS-SUR-SAONE, Cabillonum et Cavillonum , suivant Grégoire de Tours, et suivant d'autres, Cabilunnum, ou Capilunnum et Cavilunum , anciennement château , bourg et ville des Eduens, sur le fleuve Arar, aujourd'hui un des chefs-lieux de sous-préfecture du département de Saône-et-Loire, est situé à quatre-vingt-quatre lieues de Paris, dans une campagne qui produit tout ce qui est nécessaire à la vie. La Saône, qui le traverse, en fait une ville de commerce; ce commerce consiste en grains, vins, charbons, bois, fer, fourrages, légumes et laines. Châlons fut successivement possédé par les Romains, les Bourguignons et les Français. Les Vandales et les Huns le renversèrent en différens temps. Chramnus, fils de Clotaire I« le mit à feu et à sang.

Les Sarrasins, au 8e siècle, y commirent d'horribles excès; et Lothaire, au neuvième, en haine du comte Warin, qui avait délivré Louis-le- Débonnaire de la persécution de ses enfans, le consuma par les flammes.

I! n'y resta que l'église deS. Georges, que le feu parut respecter. Les Hongrois le traitèrent de la môme façon au siècle suivant. Enfin les calvinistes profanèrent ses églises et pillèrent ses vases sacrés dans le seizième.

La tradition du pays, comme dans quelques autres villes de France, est

que l'évangile y a été prêché dès les premiers siècles de l'Eglise par Marcelle et Valérien, qui étaient du nombre des martyrs de Lyon : les prisons où ces saints personnages étaient renfermés s'étant ouvertes miraculeusement, dit-on, l'un vint à Châlons , et l'autre alla à Tournus, et ils souffrirent le martyre, en ditférens temps, sous le président Priscus. Ce qu'il y a de certain, c'est que nous ne connaissons point d'évêque qui y ait siégé avant le quatrième siècle. Cet évêque était letroisième de la province de Lyon. Depuis plus de cinq cents ansil était en possession de laqualité de comte de Châlons, et avait droit do séance au parlement de Bourgogne et aux états de la province. La cathédrale fut d'abord dédiée à S. Etienne, premier martyr; mais depuis que Childebert , étant passé en Espagne, eut pris Sarragosse et en eut apporté les reliques de saint Vincent, qu'il donna à l'église de Châlons vers l'an 5qi, elle commença à en porter le nom, qu'elle a conservé depuis. Elle était desservie par vingt-cinq chanoines, dont sept étaient en dignité. On voyait dans la ville un monastère très-célèbre et une église collégiale dédiée à saint Georges, plusieurs maisons religieuses, des cordeliers, des carmes, des capucins, des minimes, l'oratoire, les jésuites , les claristes, qui furent depuis bénédictines, les carmélites et les ursulines.

On comptait dans le diocèse environ deux cents paroisses, divisées en cinq archiprêtrés , qui étaient ceux de Montigny, Migny, Bresse, Tournus et Ouches, avec six abbayes, savoir, Saint-Pierre, Tournus, Citeaux , chef d'ordre , la Ferté , Maizières, Molèze, auxquelles on peut ajouter Sainte-Marcelle, qui fut d'abord une abbaye, et qui est piésentement un prieuré dépendant de Cluny. ( Gall. Christ., tome 4» nov.

edit., p. 861. ) L 'évêque jouissait de 14.000 liv. de revenu, et payait de taxe pour ses bulles en cour de Rome 700 florins.

L'évêché de Châlons a été supprimé en 1801.

Evêques de Chûlons.

1 . Donatien, dont le nom se trouve inscrit au concile de Cologne contre Euphrate, en 346, et dans celui de Sardique, auquel assistèrent trentetrois évoques français.

Page 1