‹ Bibliothèque sacrée (volume 3)Chapitre 221 sur 473 · Jean-Baptiste du Chilleau, sacré en · texte numérisé non relu

Jean-Baptiste du Chilleau, sacré en

Conciles de Châlons-sur-Saâne.

Le premier fut célébré l'an 47°, pour l'élection d'un évèque. L'archidiacre Jean, depuis canonisé en 879, y fut élu et consacré par saint Pacien, évêque de Lyon, son métropolitain. (Sidoine Apollinaire, 1. 45, ép. 25.) Le second, l'an 579, par les ordres du roi Gontran, contre Salone, d'Embrun, et Sagittaire, de Gap, qui y furent déposés sur l'accusation du crime de lèze-majesté, et d'autres méchantes actions. ( Grég. de Tours, L. 5. JUst.y c. 29. Gall. Christ., t. 4, pag. 866. )

Le troisième , l'an 589 ou 590.

On y examina la cause de Basine, fille du roi Chilpéric 1er, et de Chrodielde, fille du roi Charibert, religieuses du monastère de Sainte- Croix de Poitiers, qui avaient accusé Lubovère, leur abbesse, avec laquelle elles ne vivaient pas bien, mais qui fut cependant déclarée innocente. ( Grég. de Tours, lib. 9 et 10. Histor. )

Le quatrième, l'an 6o3. Saint Didier, évêque de Vienne, y fut déposé par les intrigues de la reine Brunehaut, pour lui avoir reproché ses désordres. Saint Aride ou Arige ou Arrey , évèque de Lyon , y présida comme métro polit -à\n. (Voyez Arige.

Reg. 14. Lab. 5. Hard. 3.)

Le cinquième, l'an 65o, sous le régne de Clovis II. Candoric, archevêque de Lyon, y présida, et en lit l'ouverture le a5 d'octobre dans l'église de Saint-Vincent. On y publia vingt canons. Le premier ordonne que l'on suivra la doctrine du concile de Ni-

cée, conlirmée par celui de Chalcédoine. Le quatrième défend d'ordonner deux évêques en même temps dans une même église. Le cinquième défend de donner le gouvernement des paroisses ou bien des églises aux laïcs. Le neuvième ciéfend «le vendre les esclaves chrétiens à des étrangers ou à des Juifs. Le quatorzième ordonne que les clercs qui desserviront des chapelles, seront soumis aux évêques en toutes choses.

Le seizième ordonne qu'on prive de l'honneur et des fonctions du sacerdoce, ceux qui se seront fait ordonner par argent.

Le dix-neuvième veut que l'on excommunie ceux qui ne se corrigeront point de leurs danses lascives, et des chansons dissolues qu'ils chantent dans l'enceinte ou aux portails des églises les jours de dédicace et des fêtes des saints. Agapius et Bobon , évêques de Digne, furent déposés dans ce concile pour avoir violé les canons; et Théodose, évêque d'Arles, y fut suspendu de ses fonctions. (Reg. tom. i5. Lab. 6.

Hard. 3.)

Le sixième concile fut tenu l'an 8i3, par ordre de Charlemagne, pour la réforme de l'Église, et surtout du clergé. Les évêques et les abbés de toute la Gaule lyonnaise s'y trouvèrent, et l'on y fit soixante -six canons. Les onze premiers canons regardent les évêques : ils leur ordonnent de lire l'Écriture - Sainte , les conciles, le pastoral de saint Grégoire, de prêcher à leurs peuples et de les édifier, d'établir des écoles, de s'abstenir de tout gain honteux et de grosses provisions de blés, à moins que ce ne soit pour en assister les pauvres dans les temps de disette, et de porter leurs causes aux tribunaux séculiers , si ce n'est pour secourir les pauvres, les veuves et les orphelins. Le douzième défend aux pn-tres, aux diacres et aux moines d'être fermiers. Le quatorzième, le quinzième et le seizième défendent aux évêques d'être à charge aux curés, dans leurs visites, et à leurs aï-

DES ÉVÈCHÉS DE FRANCE

chidiacres d'exiger d'eux des redevances, ni de rien demander poulie saint chrême.

Le dix-neuvième ordonne aux évêques et aux abbés de faire payer la dime à leurs fermiers. Le vingt-septième défend de se faire confirmer plusieurs fois. Le trente-deuxième déclare qu'il faut confesser les péchés spirituels aussi-bien que les corporels. Le trente-quatrième exhorte les prêtres à imposer aux pécheurs des pénitences salutaires et proportionnées. Le trente -cinquième cond unne ceux à qui l'usage du vin et des viandes étant interdit par la pénitence qu'on leur a imposée, recherchent des délices dans d'autres mets et d'autres boissons. Le trentesixième déclare qu'il n'y a que les péchés légers qui se commettent par fragilité, qu'on puisse racheter par les aumônes. Le trente-neuvième porte (jue dans toutes les messes, on priera pour les morts. Le quarantième ordonne qu'on enfermera les clercs dégradés dans des monastères, pour y faire pénitence. Le quarante - deuxième défend de donner ou d'ôter des églises à des prêtres, sans le consentement des évéques. Le quarante- troisième déclare nulles les ordinations des prêtres et îles diacres, faites par certains évoques d'Hibernie , sans le consentement île» évêques diocésains, parce qu'on les soupçonnait d'erreurs et île simonie. Le quarante -quatrième enjoint aux prêtres de quitter l'exercice de certains métiers qui leur étaient défendus. Le quarante-cinquième condamne les pèlerinages que l'on fait pour obtenir la rémission des péchés que l'on commet plus librement sous ce prétexte, et approuve ceux qui le font dans un véritable esprit de pénitence et de >iion. Le quarante-septième ordonne à tous les chrétiens de recevoir l'Eucharistie le jeudi-saint, excepté ceux auxquels il est défendu de la recevoir, à cause de leurs crimes. Le quarante- neuvième défend de célébrer la messe dans des

maisons particulières. Le cinquante quatrième avertit les abbesses de donner le nécessaire à leurs religieuses pour ne point les exposer au péché. Le cinquante-cinquième et le cinquante-sixième défendent aux abbesses et aux religieuses de parler à des heures indues et sans témoin, a des clercs ou à des laïcs. Le cinquante-septième défend aux abbesses ce sortir de leurs monastères, sans la permission de l'évêque ou de son grand-vicaire. Le soixante-troisième défend l'entrée des monastères de iilles aux clercs et aux laïcs, si ce n'est pour y travailler. (Reg. 20.

Lab. 7. Hard.4.)

Le septième fut tenu !'an 33g, sur quelques affaires ecclésiastiques et politiques, surtout pour apaiser les troubles causés par la révolte de Louis, fils de Louis Ier, surnommé le Pieux et le Débonnaire , roi de France et empereur d'Occident.

(Reg. ai. Lab. 7. Hard. 4.)

Le huitième, l'an 873. Rémi de Lyon y présida, et l'on y rendit l'église de Saint-lauréat, où le concile était assemblé, aux chanoines de Saint-Marcel, sur lesquels on l'avait usurpée. (Reg. a4- Lab. 9. Hard. 6.

Le neuvième, l'an 875, touchant les biens de l'abbaye de Tournas .

Ordre de saint Benoit. On lui confirma ses possessions. (Lab. 9. H. 4-^ Le dixième, l'an 880. L'évêque de Langres y revendiqua l'église de Saint-Martin, et l'abbé de Chailieu y fut confirmé dans ses biens. {Gall.

Christ., t. 4, p. 66.)

Le onzième, l'an 886. On y accorda leprivilége de l'exemption à l'abbaye de Charlïeu, de l'Ordre de Saint-Benoit, dans le diocèse de Màcon.

(Reg. 24. Lab. 9. Hard. 6 )

Le douzième, l'an 887, touchai. t les biens"et les'immunités de l'Eglise.

(Martenne, in Thesauro, t. 4-)

Le treizième, l'an 894, dans l'église de Saint -Jean -Baptiste. Le Moine Gerfroy, du couvent de Flâ'vi gnjj s'y purgea du crime qu'on lai imputait, d'avoir empoisonné l'év èqued'Autun.(Reg. 24. L. 9. H. Si)

CATAI.

Le quatorzième, l'an 915, clans l'église de Saint-Marcel. On y lit rendre une métairie qui avait été usurpée sur l'église de Saint -Clément, par un certain prêtre nommé Yves.

Le comte de Màcon y restitua aussi des biens qu'il avait pris à l'Église.

(Ibid.)

Le quinzième, l'an io56, en faveur des chanoines de Romans. (Martenne, in Thés., t. 4-)

Le seizième, l'an 1 o63. Le B. Pierre d'Amien, cardinal et légat apostolique, y présida à la tête de treize évêques. Le sujet du concile fut la confirmation des privilèges de l'abbaye «le Cluny, que Drogon , évêque de Màcon, avait violés, en s'y présentant a main armée. Le concile rétablit la paix entre lui et l'abbé de Cluny. (Ibid.)

Le dix-septième l'an io64- (Gall.

Christ., t. 4» P- 44^0

Le dix-huitième, l'an 1072, en faveur des chanoines de Romans. (Martenne, in Thés. t. 4-)

Le dix-neuvième, l'an 1070. {G ail.

Christ., t. 4-, p. 885.) Le vingtième, l'an 1129.

CHARTRES, Carnutum ou Autricum Carnutum, ville de la Beauté, autrefois capitale du Pays-char train, aujourd'hui chef- lieu du département d'Eure-et-Loir, et l'une des plus anciennes villes des Gaules, est située ikms une plaine très-fertile, à vingt lieues de Paris, sur la rivière d'Eme , qui la partage en deux parties , dont la principale , qui s'étend sur une colline, a des rues fort étroites. Elle a eu depuis la lin du neuvième siècle des comtes héréditaires, qui le furent aussi de Blois, et qui devinrent comtes de Champagne.

Le comté île Chartres vint ensuite dans la maison de Châtillon. Le roi Philippe- le-Bel l'ayant acquis, le donna au comte de Valois, son frère, et le roi Philippe de Valois le réunit 1 la couronne. François Ier l'érigea en duché en 1528 pour Renée de Fiance, duchesse de Ferrure , à laquelle il l'engagea, et d'où il vint au duc de Nemours, qui le vendit au

OGUE

roi Louis XIII en 1623. Il fut ensuite donné en apanage aux ducs d'Orléans.

L'opinion commune est que saint Potentien et saint Savinien fondèrent l'église de Chartres, et y laissèrent pour premier évêque saint Aventin •, mais on ne sait pas au juste quand ces deux saints fondateurs furent envoyés dans les Gaules pour y prêcher l'Evangile. L'évêché de Chartres, érigé dans le deuxième siècle, était autrefois suffragant de Sens; mais depuis 1620 il dépend de la métropole de Paris. Sa cathédrale, qu'on croit être la plus ancienne église de France, est une des plus belles du royaume; son chœur, son église souterraine et surtout ses deux clochers, sont un sujet d'admiration pour les étrangers. Elle est dédiée sous l'invocation delà sainte Vierge. Elle avait un chapitre composé de dix-sept dignités et soixante-seize canonicats , sans compter les abbés de Clugny et de Saint- Jean en Vallée, qui jouissaient chacun d'une prébende. Il se compose maintenant de neuf chanoines : l'évêque est assisté de sept vicaires-généraux. Il y avait île plus, trois églises collégiales à Chartres, sept paroisses dans la ville, sans celles des faubourgs, quatre abbayes situées dans les faubourgs ou hors des faubourgs, et plusieurs autres maisons religieuses de l'un et de l'autre sexe.

Les chanoines étaient habillés de rouge les fêtes les plus solennelles; les fêtes moins solennelles, le doyen était habillé de violer.

Avant l'érection de Blois en évêché, le diocèse de Chartres était un des plus étendus du royaume; après cette division il contenait encore huit cent dix paroisses. Il contient aujourd'hui vingt-quatre cures, trois cent vingt-huit succursales et vingtquatre vicariats. Il y avait de plus environ trente abbayes et deux cent cinquante-sept prieurés. Le nombre des établissemens religieux est en ce moment de deux, savoir : une congrégation des Sœurs de la Cha

DES ÉVÉCHÉS

rite de Saint-Maurice, et une des Sœurs de la Providence. L'évêque jouissait de vingt- cinq mille livres de revenu, et payait quatre mille florins pour ses bulles en cour de Rome. Il nommait tous les chanoines de sa cathédrale, excepté le doyen, qui était à la nomination du chapitre. (GalL. Christ., tom.7, nov.édit.)

Evêques de Chartres.

1. Aventin (saint). Si l'on en croit la légende de cette église , Eodalt!

et Altin, envoyés à Chartres par saint Potentien et saint Savinien,y trouvèrent saint Aventin déjà évêque , à la tète d'un clergé et d'un peuple chrétien.

Page 1