Daniel-Joseph de Cosnac, sacré le 14 octobre
DE FRANCE. a73
73. Gaspard-Alexis de Plau des Augiers, sacré le 20 février 1742.
DIGNE, ville de Provence, autrefois capitale des Sentiens ou des Bodiontiens, appelée en latin JDinia, JDignia, Dïgna, Dine, civitas Dinensium, Dienensium, maintenant cheflieu de préfecture du département des Basses-Alpes, à cent quatre-vingtdix-sept lieues de Paris. Elle est située au pied des montagnes sur la rivière de Bleone. On la divisait depuis huit ceuts ans en ville et bourg:
la juridiction de la ville appartenait aux évêques et aux comtes de Provence , et celle du bourg au prévôt de l'église cathédrale, par la cession que lui en fit Rainiond Bérenger en
Digne avait toujours été sous la métropole d'Embrun, et il n'y a nulle apparence qu'elle ait jamais été honorée du titre d'archevêché. Aujourd'hui son évêché, érigé dans le quatrième siècle, est sous la métropole d'Aix. L'église cathédrale, dédiée à la sainte Vierge, fut bâtie, à ce qu'on prétend, par Charlemagne. Son chapitre, autrefois composé d'un prévôt et de treize chanoines, l'est aujourd'hui de huit seulement.
Il y avait dans la ville et dans les faubourgs trois couvens d'hommes ; savoir, des cordeliers, de la rédemption des captifs, des récollets-, deux de filles, l'un de la Visitation, l'autre de sainte Ursule. Les jésuites avaient le collège depuis 1652. Il est bon de remarquer que le bourg de Digne ayant été pillé avec la grande église par les calvinistes en i5Ô2, et pour la quatrième fois en 1592, les chanoines jugèrent à propos de se transporter a^ec les reliques et les 01nemens dans la ville, et s'établirent dans l'église appelée de Saint-Jérôme ; et que depuis ce temps, quoique l'évéque, le prévôt, et tous les bénéluiers prissent possession dans l'église de la Vierge, qui était toujours censée cathédrale, il était cependant d'usage qu'ils la prissent aussi dans l'église de Saint -Jérôme , quoique cela ne fut point exprimé dans les.
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bulles, et qu'elle ne lût nullement appelée cathédrale.
L'évêché île Dignecontenaitvingtsept paroisses-cures, douze prieurés, vingt-une chapelles. Il renferme aujourd'hui trente -tleux cures, deux cent quatre-vingt-cinq succursales et trente-sept vicariats. L'évèque jouissait de dix mille livres de rente, et oayait quatre cents florins de taxe pour ses bulles en cour de Rome.
Evoques de Digne.
i . Saint Domnin, appelé aussi Donin, non pas celui qui est célèbre en Italie, et qui a dopné son nom au bourg de Saint -Domnin, comme le pense Papyre Masson, mais un autre qui vint d'Afrique avec Marcellin , depuis évêque d'Embrun, et qui alla porter plus loin la foi en Jésus- Christ. Gassendi, dans sa notice de l'église de Digne , met le commencement de son pontificat vers l'an 3i3 , et sa mort vers l'an 34o; mais cela ne s'accommode point avec ce que nous avons dit de Marcellin d'Embrun, qu'il fut ordonné parEusèbe de Verceil, après son retour de l'exil, sous l'empire de Julien , en 362. Il faut donc dire qu'il fut fait évêque par Marcellin en 364; et c'est |e sentiment de Bollandus dans la Vie de saint Domnin, au i3 février.
a. Vincent, aussi d'Afrique, compagnon de voyage de saint Domnin, et son successeur sur le siège de Digne, On assure qu'il assista au concile de Valence en 374i
3. Nectaire, succéda immédiatement à Vincent. Il assista au concile de Riez en 43c, à celui d'Orange en 4 i1 - Il en est k'it encore mention un 455.