Jean-François Dondel, sacré le 16 février
70. Urbain -René de Hercé, né à Mayenne en 1726 , sacré le 5 juillet 1767, fusillé après l'affaire de Quibéron, à Vannes, le 3 juillet 1793. Il avait été nommé vicaire-apostolique pour la Bretagne. Ce prélat , d'une piété remarquable, a été le dernier évèque de Dol.
Conciles de Dol.
Le premier se tint l'an 1094, sur l'abbaye de Marraoutier près de Tours' (Hard.,t. 6.)
Le second l'an 1128. (Baluze, t. 1, Miscellan.)
EMBRUN, Ebrodunum , ville du Dauphiné, aux confins de la Provence et du comté de Nice, et située à cent soixante lieues de Paris, sur un rocher inaccessible d'un côté, qui descend en manière de terrasse dans le milieu d'un vallon arrosé par la Durance, était autrefois métropole des Alpes-Maritimes. On prétend que ses habitans étaient alliés des Romains, et que Néron et Galba leur accordèrent de grands privilèges. La juridiction y était partagée entre deux magistrats, dont l'un exerçait pour le roi et l'autre pour l'archevêque, qui était co-seigneur avec le roi. Lescliguières la prit sur la fin de l'année i585; 1rs huguenots s'en emparèrent ensuite; le duc de Savoie s'en mit en possession en 1693 ou 1694 '• depuis ce temps elle est demeurée à la France. C'est aujourd'hui le chef-lieu d'une des souspiéfccturcsdu département des Hautes-Alpes.
On croit que l'Évangile a été an-
zaire du temps de Néron. Mais le culte des faux dieux s'y étant rétabli dans la suite à la faveur des persécutions , saint Marcelin , qui en fut le premier évèque, y ralluma le flambeau de la foi vers le quatrième siècle. L'archevêque d'Embrun était tout à la fois prince, comte de cette ville et métropolitain des Alpes-Maritimes; il avait autrefois droit de faire battre monnaie. L'église cathédrale, monument remarquable, est dédiée à la sainte Vierge; son chapitre était composé d'un prévôt, d'un sacristain, d'un chantre, d'un archidiacre et de douze chanoines, au nombre desquels était le roi, depuis François Ier. La théologale et la préceptoriale avaient été unies au collège des jésuites par l'archevêque Guillaume d'Hugues. Il y avait encore d'autres chanoines sans prébendes qu'on appelait honoraires; le nombre en était déterminé par le chapitre. On comptait environ trente chapelains qui étaient distingués des bénéficiers. Ceux-ci étaient les ministres ou officiers du chapitre , comme ses diacres, sous-diacres, etc.
Ils avaient droit aux distributions ; les chapelains ne les recevaient que par grâce, et après avoir été examinés par le chapitre. Il y avait cent vingt-une paroisses dans le tliocèse; il renfermait aussi des dominicains à Briançon et à Barcelonnette, des trinitaires déchaussés, des cordeliers, des capucins à Embrun et à Briançon, des insulines à Briançon, des religieuses de la Visitation à Embrun, deux collèges de jésuites, un de prêtres de la doctrine chrétienne à Barcelonnette.
L'archevêque d'Embrun était métropolitain de Digne, Antibes ou Grasse, Vence, Glandève, Senez et Nice. Il n'y avait dans tout le diocèse qu'une abbaye d'hommes, appelée Boseaudan, de l'Ordre de Saint-Benoit, L'archevêque jouissait de vingt-deux mille livres de rente, et payait deux mille quatre cents florins de taxe pour ses huiles en cour de Rome.
DES ÉVÈCI1ÉS DE FRANCE
Ce siège a été supprimé en 1801 , «.'t réuni à celni d'Aix.
Archevêques d'Embrun.
1. Saint Marcellin, dont nous avons la vie dans Bollandus, 20 avril, p.
75 1, que le P. Mabillon croit écrite au sixième siècle. Tiilemont prétend qu'elle est plus ancienne, et écrite environ cent ans après la mort de ce saint. Voici ce que nous y lisons de plus remarquable : « Saiut Marcellin était Africain, noble de naissance, et élevé dès sa jeunesse dans la religion chrétienne. L'esprit de Dieu le conduisit dans les Gaules et lui associa Vincent etDomnin. Il arriva à .Nice, et parcourut les Alpes avec ses compagnons, annonçant la foi aux peuples, et eu convertissant un grand nombre. Il se fixa à Embrun , où il bâtit contre les murs un oratoire clans lequel il priait nuit et jour. Les habitans de cette ville, édifiés d'une si sainte conduite , renoncèrent au culte des idoles et se firent chrétiens. Marcellin voulut alors consacrer son oratoire, ce que ne pouvant faire par lui-même, il appela Eusèbe, évèque de l'église de Verceil, qui vint aussitôt avec Emiiien, évèque de Valence. Ils dédièrent la chapelle , et ordonnèrent en même temps Marcellin evêque d'Embrun. » Les sentimcns sont partagés sur le temps de cette ordination ; Tiilemont la met après l'an 36i , qu'Eusèbe étant revenu de son exil en Italie , après avoir remporté la victoire sur les ariens, était regardé comme la lumière de toute l'Eglise, et un cligne confesseur de la divinité de Jésus -Christ; car c'est ainsi que s'exprime l'auteur de la Vie de saint Marcellin, et il n'y a pas lieu de s'étonner qu'un si saint évèque ait consacré une église et ordonné Marcellin dans une province qui ne lui était pas soumise, surtout dans un temps où l'hérésie arienne avait troublé l'ordre de la discipline, et où les évêques orthodoxes avaient été la plupart chassés de leurs sièges. Quelques-uns disent que saint Marcellin souffrit beaucoup sous
l'empereur Constance , qu'il fut envoyé en exil, et y mourut en 34o; ce qui n'est guère probable , puisque Constance ne régna sur les Gaules qu'en 35i ou 352, après la mort de son frère Constant et celle de Magnence.II faut donc différer la mort de saint Marcellin jusqu'en 374, s'il est vrai qu'Artemius, son successeur, ait assisté, comme on le dit, cette année au concile de Valence. Quoi qu'il en soit, son histoire et tous les martyrologes disent qu'il mourut à Embrun.
On racontait quelque chose de merveilleux du baptistaire que ce saint évèque fit construire à Embrun, c'est que tons les ans, aux fêtes solennelles où l'on administre le baptême, il se Croîtrait rempli d'eau sans que personne y en mit. Adon et Grégoire de Tours l'assurent expressément. On veut que son corps ait été transféré à Ctianteuge en Auvergne, et on fait la tète de cette translation le 5 niai.
2. Alterne, suivant l'opinion commune, succéda à saint MarCellin en 374, ou un peu auparavant. Ce qu'il y a de certain, c'est que son nom se trouve parmi ceux des évêques qui souscrivirent au concile de Valence tenu cette année. Il fit bâtir une église qu'il dédia à la sainte Vierge, et dans laquelle il mit les reliques des saints Nazaire et Celse, martyrisés à Embrun vers l'an 392.
3. Saint Jacques Ier , dont on ne trouve que le nom et le titre de saint qu'on lui donne, vécut en Tannée 400.
4. Armentier, était un jeune homme assez bien élevé et de bonnes mœurs, mais ambitieux; il fut mis sur le siège d'Embrun par une faction de gens séditieux qui se trouvaient à l'élection. Deux évêques, ou par crainte, ou par ignorance, l'ordonnèrent sans le consentement des autres évêques de la province. lis ne furent pas long-temps à s'en repentir, et ils demandèrent pardon de leurfaute.
Armentier même sortit d'Embrun, écrivit au clergé qu'il était complice du crime de ces évêques, et qu'il re-
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Donnait à une dignité mal acquise; mais par le conseil de quelques malintentionnés, ou par légèreté d'esprit, il revint et prétendit faire les fonctions sacrées. On tint un concile à Riez en Provence, à la fin de novembre 439, dans lequel saint Hilaire «l'Arles présida : Armentier y fut cité et déposé ; mais parce qu'on ne voulait pas tant punir les coupables, qu'apporter quelques remèdes aux maux présens de l'Eglise, on permit à Armentier de faire les fonctions de cor-évêque, et de prendre l'administration de quelques églises de campagne hors de la province. Pour ce quiregarde Jes évêques qui lui avaient imposé les mains, quoiqu'ils méritassent d'être aussi déposée, on les admit à la communion, et il leur fut seulement défendu de se trouver a aucune ordination, ni à aucun concile de la province.
5. Ingéniais, fut fait évèque d'Embrun vers l'an 44°» et probablement ordonné par saint Hilaire, archevêque d'Arles. Il assista en cette qualité au concile d'Orange, célébré le 8 novembre 45i. Il fut un des dixneuf évoques qui, en 45o, écrivirent au pape saint Léon, en faveur de la primatie d'Arles, dont ils regardaient l'évêque comme leur métropolitain, reconnaissant qu'ils avaient reçu de
ui l'imposition des mains. En 45i il assista au concile d'Arles, clans lequel la lettre de saint Léon à Flavien de Constantinople reçut de grands applaudissemens. On croit qu'il a vécu jusqu'en 475.
6. Catulin, élu évêque d'Embrun par le.s soins de SigUmond, fils de Gondebault, assista au concile drEpaone, tenu le 19 septembre 527, et y souscrivit avec Ariste de Vienne , Viventiole de Lyon, et plusieurs autres évêques de Bourgogne, de Provence et du Dauphiné. Tandis qu'il s'appliquait à faire exécuter les décrets de ce concile dans son diocèse, il en fut chassé par les ariens, q ni étaient en plus grand nombre à Embrun, et il se retira à Vienne, auprès de saint Alcinie Avite , où après avoir beau-
coup travaillé pu nr leJuen de l'Eglise, il mourut en odeur de sainteté.
7. Gallican Ier. On croit qu'il s;égea depuis 5e4 jusqu'en 55.5, ou environ.
8. Pallade ou Pelade, en 556, selon le P. le Cointe, dans ses annales.
9. Gallican II. Il y a ici de l'erreur, ou il faut dire que c'est le même que li- précédent, à qui Pallade succéda en 556, puisque ce Gallican se trouve sur le siège en 55|. Mais nous suivons l'ordre observé dans le Gallia christiana, nouv. édit.
io. Salon, frère de Sagittaire, évêque de Gap, ne s'est pas fait sur ce siège une trop bonne réputation , quoiqu'il eût été disciple de Saint- Nicet. Il fut plusieurs fois déposé avec son frère, principalement dans le second concile de Lyon, assemblé par l'ordre du roi Gontran en 567, à son sujet. Il appela au saint-siége du jugement de ce concile, et il eut l'adresse d'obtenir du pape Jean des lettres de rétablissement. Grégoire de Tours (Z. 5, Hist. c. 21.) dit qu'on ne les accusait de rien moins l'un et l'autre que d'homicide, d'adultère, etc.
Il ajoute que les Lombards étant entrés clans les Gaules, et ayant été battus par les Bourguignons, Salon et Sagittaire s'étaient trouvés dans le combat, non pas armés de la croix, mais en casque et l'épée à la main , et qu'ils y avaient fait un grand carnage. Salon se trouva avec son frère au concile de Paris en 573, et il signa la lettre qti'bn y écrivit au roi Sigebert ; et comme ils se trouvèrent l'un et l'autre coupables de trahison, ils furent de nouveau déposés clans le concile de Châlons en 579, et étroitement renfermés clans le monastère de Saint-Marcel, d'où ils s'évadèrent sans qu'on ait pu savoir ce que Salon était devenu. Voyez Grégoire de Tours, /. 5, c. 8. Baron, et Spond., in annal.
11. Emérite, succéda à Salon. Il assista au second concile de Màcon en 583, et il tint lui-même un concile de sa province en 588.