‹ Bibliothèque sacrée (volume 3)Chapitre 371 sur 473 · Jacques du Plessis-Richelieu · texte numérisé non relu

Jacques du Plessis-Richelieu

26. François Yver était curé eau s le diocèse de Poitiers, lorsqu'on lui conlia cette église ; mais il ne fut pas sacré.

27. Alphonse-Louis du Plessis-Richelieu, frère aîné du cardinal , ministre de ce nom, abdiqua cet évêché environ l'an i6o5, avant d'être sacré. Il fut dans la suite forcé d'accepter l'archevêché d'Aix , d'où il fut transféré à Lyon, et fait cardinal.

28. Armand-Jean du Plessis-Richelieu, sacré évèque de Luron à Rome au mois de juin i6of>, pat dispense d'âge. En ayant pris possession le 9 1 décembre 1608, il s'appliqua a préserver son diocèse i\u venin de l'hérésie, et ne cessa pendant seize ans de visiter les églises confié» s ,1 ses

DES ÉVÈCHÉS

soins; il fut appelé aux états-généraux du royaume en 1 6 1 4 ■. ou il harangua très-éloquemmeut au nom <lu clergé. Il fut créé cardinal en 1622 ; et !e roi l'ayant établi ministre de tout le rovaume , il abdiqua cet évèché. Ce fut lui qui lit bâtir la maison île Sorbonne, dont la faculté l'avait élu proviseur. Il mourut le 4 décembre 1642. On doit à son grand génie la destruction de la faction huguenote, et la fin des guerres civiles.

29. Emeric de Bragelone était doyen de Saint-Martin de Tours, lorsrju'en 162$, il fut fait évêqne de Luçon. Il fut sacré le 24 juin; et après avoir assisté l'année suivante à l'assemblée du clergé, il résigna â celui qui suit, et se retira à l'abbaye de Moreuil, où il mourut.

30. Pierre III de Nivelle, abbé de Citeaux en 1625, fut ensuite élevé sur ce siège, et sacré dans l'église des bernardins à Paris le 25 janvier 1637. Il mourut à Luçon le 11 février

3i. Nicolas Colbert , frère du ministre de ce nom , fut sacré évéque de Luçon le 24 juillet 1661, et transféré sur l'avis de pieux et savans personnages, à l'église d'Auxerre le 16 juillet 1671. Partout il donna d'éclatantes preuves de ses vertus pastorales.

32. Henii de Barillon , dont la science et les vertus engagèrent Nicolas Colbert à demander qu'il fût placé sur ce siège, que sa mauvaise santé l'obligeait de quitter. Ayant été en effet désigné eu 1671 pour le remplacer, il fit tout ce qu'il put pour éviter d'être chargé de ce redoutable fardeau; mais il fallut céder, et il fut sacré à Paris. Avant d'accepter l'épiscopat, il se tiémit d'un riche prieuré qu'il possédait, et ne voulut jamais accepter d'autie bénéfice. Résolu de répandre tous ses revenus épiscopaux dans le sein des pauvres, il s'en tint poursa personne à. sou simplapatrÛHoine. Cette église qu'il avait gouvernée vingr-sept/ans, perdit un si bon père le 7 mai 1699.

33. Jean-François de l'Escure de VaUleril, nommé par le roi le 7 juin 1699, fut sacré le 8 novembre suivant, et prit possession le 7 décembre. Il augmenta de beaucoup les bàtimens de son séminaire et de l'hôpital, et contribua magnifiquement à l'ornement de son église, après avoir bâti en entier la maison épiscopale de Chàteauroux. Il est mort dans son diocèse au mois de juin 1723. (G ail. Chr., nov. edit. t. 2, pag. 1406 et seq.)

34. Michel-Celse-Roger de Bussy- Rabutin, fils du célèbre Roger île Rabutin, comte deBussy, fut nommé à l'évèché de Luçon le 17 octobre 1723. Il eut l'honneur de complimenter le roi sur son mariage, au nom du clergé, fut reçu à l'académie française à la place de La Motte, et mourut à Paris à l'âge de près de soixante-douze ans, le 3 novembre 17J6.

35. Samuel-Guillaume de Vertbamon de Chavagnac , auparavant grand-vicaire de Limoges, fut sacré évêque de Luçon le 2 février 1738, et mourut au mois d'octobre 1758, âgé de soixante-cinq ans.

36. N... Jacquemet Gautier, cidevant vicaire-général de Bourges.

37. Marie -Charles-Isidore de Mercy, né dans le diocèse de Vienne le 3 lévrier 1736, sacré le 18 février 1776, député aux états-généraux, démissionnaire (?n 1802, fut nommé a cette époque à l'archevêché de Bourges.

(Le siège, supprimé par le concordat de 1802, a été rétabli par celui de 1817; mais l'érection n'a eu lieu qu'en 1820.)

38. René-François Soyer , né à Thouars le 6 septembre 1767 , sacré le 21 octobre 1821 , ancien vicairegénéral de Poitiers.

LYON, Lugdunum, grande, riche, ancienne, très belle et l'une des plus considérables villes de France, autrelois capitale du Lyonnais, fondée par ie consul Lucius-Munatius-Plancus, quarante-un ans avant Jésus-Clirist , embellie par Claude , brûlée par Se-

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vère, ravagée par les barbares. Après avoir été soumise aux Romains, elle passa aux Bourguignons , puis aux Francs, en 532. Ils la cédèrent en 955 à Conrad Ier, roi cle la Bourgogne Transjurane ; mais le royaume de Bourgogne ayant été divisé , les archevêques de Lyon et les comtes de Forez se disputèrent long- temps la possession de cette ville : ces derniers eu jouirent jusqu'en 1173; elle fut alors cédée à l'archevêque qui en fut le maître jusqu'à Philippe-le-Bel, qui acquit de l'archevêque Pierre de Savoie le temporel de Lyon, sur lequel il avait déjà les droits de souverain. C'est ainsi que le Lyonnais et sa capitale furent réunis à la couronne. Lyon était bâti presque sur la coltine à la droite de la Saône , lorsqu'il fut détruit dans une nuit par un incendie extraordinaire. Il offre de beaux restes d'antiquités :

théâtres, cirques, bains, amphithéâtres ; il y a une bourse, un hôtel des monnaies, une école vétérinaire, un jardin de botanique, un conservatoire îles arts et métiers. On y remarque l'église de Saint-Jean, celle de Saint-Nizier, le collège, l'hôtel de ville, la place des Terreaux, celle de Belle -cour, les hospices des vieillards, des enlkns trouvés et l'hôpital.

La situation de Lyon , au confluent du Rhône et de la Saône, l'avait rendue une des premières places de commerce de l'Europe. Lyon est dans un territoire fort agréable, à cent onze lieues de Paris ; c'est la patrie de Claude et de Marc-Aurèle, de Jussieu, de l'abbé Térasson, des Coustou, etc.

L'archevêché de Lyon, érigé dans le deuxième siècle, a pour suffragans Autun, Langres, Dijon, Grenoble et Saint-Claude. L'église de Lyon passe avec raison pour la première et la plus ancienne des Gaules. Saint Photin et saint Irénée , successeurs des disciples des apôtres, en jelèrent lesfondemens, et ehe a la gloire d'avoir été arrosée par le sang de plus de vingt mille martyrs. La cathédrale de saint Jean-Baptiste, dé-

diée autrefois sous le nom de Saint- Etienne, est composée de trois églises qui sont sous un même clocher, savoir , Saint-Jean-Baptiste , Saint- Étienne et Sainte-Croix. Elle est grande, belle et fort éclairée. Il n'y avait ni musique, ni orgues dans cette église ; on ne s'y servait point de livres, tout y était chanté de mémoire. Le chapitre était divisé en trois corps, et chaque corps en trois ordres. Le corps des chanoines, dits comtes, était divisé eu dignités, hôteliers et bacheliers. Les dignités étaient au nombre de neuf , y compris un personnat, qui était le maître du chœur. Les autres dignités étaient le doyen , l'archidiacre , le précenteur, le chantre, le camérier, le sacristain, le grand-custode, le prévôt.

Les hôteliers et bacheliers étaient les autres comtes, et ces trois ordres faisaient le nombre de trente-deux.

Ces trente -deux chanoines avaient Je titre de comtes , et devaient faire preuve de noblesse de quatre races du côté du père, et d'autant de celui de la mère •, ils étafcnt dans l'usage d'officier avec la mître. Il y avait de plus trente-deux autres bénéficiers, et environ soixante-douze prêtres habitués , outre plusieurs autres clercs, et les enfans de chœur : le roi était chanoine honoraire. Le chapitre ne se compose plus que de dix chanoines. L'archevêque est assisté de trois vicaires - généraux. On remarque que parmi les prélats qui ont tenu le sié-e primatial de Lyon, il y en a eu plus de trente reconnus saints, quinze nés princes, et la plupart des autres, de grandes et illustres familles; un pape, neuf cardinaux, plus de quinze légats apostoliques, des ministres d'état, des grands-aumôniers de France , îles lieutenans de roi, des ambassadeurs , etc. Il y avait à Lyon , outre la cathédrale, quatre collégiales, Saint Juste , Saint-Paul , Saint-Thomas-dc-Fourvière et Saint-Nizier; quatorze paroisses, quatre abbayes il quatre prieurés, deux ou trois séminaires, dix congrégations lai-

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ques, cinq compagnies de pénitens, deux collèges de jésuites , environ cinquante maisons religieuses, parmi lesquelles on distinguait celle des dominicains, qui avaient des écoles publiques de philosophie et de théologie depuis Humbert de Romans, enfant du couvent de Lyon , qui y était prieur l'an 1236, et qui y donna des leçons, dit le P. Echard {script, ord. Prœdiç., t. i, p. 142, col. 1.)

Le diocèse de Lyon qui contenait sept cent six cures et cent trentequatre annexes, renferme aujourd'hui trente cures, deux cent vingtneuf succursales et quatre-vingt-quatorze vicariats. Il contient deux congrégations religieuses, sa\oir, les sœurs de Saint-Charles et celles de l'Ordre de Saint-Joseph : écoles gratuites, service des hôpitaux et secours à domicile, tel est le but de ces institutions. L'archevêque prenait le titre de primat des Gaules, et sa primatie s'étendait sur les archevêchés de Sens, Tours et Paris. Sens et Rouen avaient refusé de la reconnaître depuis longtemps; et par un arrêt du conseil du 12 mai 1702, l'archevêque de Rouen avait été maintenu dans la possession de ne point reconnaître d'autre supérieur immédiat que le pape. Pendant la vacance du siège , Pévèque d'Autun avait l'administration du spirituel , et la jouissance du temporel de l'archevêché ; mais pendant la vacance de l'évêché d'Autun j l'archevêque de Lyon n'avait que l'administration spirituelle du diocèse. Cet archevêque jouissait de cinquante mille livres de revenu, et payait trois mille florins pour ses bulles à la cour de Rome.

archevêques de Lyon.

1 . Saint Photin souffrit le martyre pour !a foi de Jésus-Christ l'an 177.

Tous les martyrologes et toutes les histoires ecclésiastiques en fout mention. Voyez saint Photin.

2. Saint Irénée , dont le nom est aussi célèbre dans l'histoire de l'Église, succéda à saint Photin vers l'an 178. Il souffrit le martyre en 202. Les

Latins en font la fête le 28 juin , et les Grecs le 2J août. Voyez saint Irénée.

S. Zacharie , ordonné prêtre par saint Irénée, fut ensuite son successeur dans l'épiscopat.

4. Hélius ou Hélie, dont Grégoire de Tours fait mention , {De gloriâ Confess. cap. 62.)

5. Faustin écrivit a saint Cyprien et au pape saint Etienne, contre Marcien, évoque d'Arles, qui tomba dans les erreurs des novatiens.

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