‹ Bibliothèque sacrée (volume 3)Chapitre 381 sur 473 · S'TO · texte numérisé non relu

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Clairraux. Il fut fait évêque d'Agen en 1233, et passa au siège de Lyon en 1235. Il mourut au mois de mars de l'année suivante.

82. Aimeric, archidiacre de Paris, nommé en iz36> Du temps de ce prélat, le pape Innocent IV, qui avait été autrefois chanoine de Lyon, se retira dans cette ville pour éviter les vexations de l'empereur Frédéric, et y tint en 1245 un concile qu'on appelle le treizième général. Aimeric se démit dans le même temps de son église entre les mains du pape, et se retira au monastère de Grandmont, où, après avoir passé quelques années dans les exercices de la communauté sans changer d'habit, il se reposa dans le seigneur l'an 1257.

Après la démission d'Aimeric, le chapitre postula Hugues de Saint- Cher pour lui succéder; mais le pape, qui avait d'autres vues, éleva Hugues au cardinalat, et donna l'archevêché de Lyon au suivant.

83. Philippe de Savoie, fils de Thomas, comte de Savoie, et de Marguerite de Foucigny, lut lait successivementchanoineetpvimicier de l'église de Metz, prévôt de Saint-Donatien de Bruges, doyen de "Vienne, évêque de Valence et archevêque de Lyon ; il fut transféré à ce dernier siège en

I 246. Philippe ne gouverna point par lui-même, et ne se fit pas même sacrer-, aussi on le trouve partout avec le titre seulement d'archevêque élu.

II eut pour coadjuteur Guillaume Pérarde , pieux et savant religieux île l'Ordre des frères-prêcheurs. Mais enfin, Pierre, comte de Savoie, étant mort sans enfans mâles, Philippe se démit de tous ses bénéfices, et épousa Alexia, fille héritière du comte de Bourgogne l'an 1267.

Après sa démission, les chanoines 4e Lyon n'ayant pu s'accorder sur Je choix d'un successeur, le pape Clément IV, à qui l'élection fut dévolue, nomma en 1268 Guy de Mel- Joto, évêque d'Auxerre. Mais le pape étant mort au mois d'octobre de la même année, et Guy de Melloto n'ayant point voulu accepter l'ar-

chevêché de Lyon, ce siège vaqua jusqu'à ce qu'il y eût un nouveau pape, qui fut Grégoire X, élu le ier septembre 1271.

84. Pierre de ïarentaise, de l'Ordre des frères-prêcheurs, qui fut pape sous 'le nom d'Innocent V, monta sur le siège de Lyon en 1272, suivant Bernard Guidonis. T^oy. Pierre de Tarentaise.

85. Aimai-, ou Aimard, ou Adémar de Roussillon, fils d'Artaud IV, seigneur de Roussillon, était moine de Clugny quand il fut nommé à l'archevêché de Lyon en 1274. H mourut en 1283.

86. Rodul plie ou Rodolphe et Radulphe Raoul de la Torrète, succéda à Aimard eu 1283. Il prit possession par procureur au mois de juillet

1283, et par lui-même sur la fin de

1284. Il tint un concile provincial à Mâcon l'an 1286 ou 1287, et mourut à Paris le 7 avril 1287. Il avait eu pour coadjuteur le célèbre Hugues Séguin de Clermont, dominicain, qui devint cardinal en 1288.

87. Béraud ou Bérard de Goth ou de Gouth, originaire de Bordeaux, fils de Bérard, seigneur deVillandran, et frère de Bertrand, archevêque de Bordeaux, qui fut pape sous le nom de Clément V, obtint l'archevêché de Lyon sur la fin de 1 288 ou au commencement de 1289. Il lut fait cardinal et évêque d'Albano parCélestinV l'an 1294. Boniface VIII le nomma légat en France avec Simon, évêque de Palestrine, pour traiter de la paix entre les rois de France et d'Angleterre. Il mourut le 27 juillet 1297.

88. Henri de Villars, fils d'Etienne II, seigneur de Thoire et de Villars, et de Béatrix de Foucigny, abbé de la Cassaigne, chanoine et comte de Lyon, nommé à cette église en 1296, alla à Rome pour faire confirmer son élection, et y assista à la canonisation de saint Louis en 1297. De retour dans son église, il tint un concile à Anse en 1297. Il mourut à Anagni en i3oi, dans le second voyage qu'il fit en Italie, à l'occasion des différends qu'il eut avec Philippe-le-

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Bel, et auxquels Boniface VIII prit beaucoup de part.

89. Louis de Villars, fils de Humbert IV', seigneur de Tboire et de Villars, archidiacre de l'église de Lyon, élu archevêque en i3oi, fut sacré archevêque de Vienne en i3o2.

Il reçut les carmélites dans la ville en i3o3, et érigea la paroisse de Saint- Nicet en collégiale l'an i3o5. Il mourut le 4 juillet i3o8. Du temps de ce prélat, le pape Clément V fut couronné à Lyon le 11 novembre i3o5.

90. Pierre de Savoie, fils de Thomas, prince de Piémont, fut d'abord doyen de Salisbury eu Angleterre, puis chanoine et comte de Lyon, et ensuite doyen de la même église. Il siégea au mois de décembre i3o8, et mourut en i332.

91. Guillaume de Sure, chanoine et comte de Lyon, puis chantre, et enfin archidiacre, fut sacré archevêque en i333. Il tint un synode à Lyon en i337, et mourut en i3.j.o.

92. Gui, de Boulogne ou d'Auvergne, fils de Robert VII, comte d'Auvergne et de Boulogne, fut élevé sur le siège de Lyon à l'âge de vingt ans, en 1340. On voit un bel éloge de ce jeune prélat dans la bulle de Benoit XII, au roi Philippe VI. Clément VI le -fit cardinal du titre de Sainte-Cécile en 1342. Il se démit la même année de son archevêché entre les mains du chapitre, et se donna ensuite tout entier au service du saint-siége, dont il remplit plusieurs légations avec succès. Il mourut en i373.

(p. Henri de Villars, fils d'Humbert IV, seigneur de Thoire et de Villars, fut il'abord chanoine, et ensuite camérier de l'église de Lyon, Il fut nommé aux évèchés de Viviers, de Valence et de Die, et enfin à l'archevêché de Lvon en 1342. Il lut gouverneur du Dauphiné avant et après la cession de cette province au roi par Humbert, dauphin, et mourut en i355 ou i356.

94. Raymond Saquet, conseiller au parlement, devint évèque de Térouane en i334, passa à l'église de

Lyon en i356, et mourut deux ans après.

9j. Guillaume de Turay, doyen de la même ég:isu de Lyon, nommé en i358, mourut en i365.

Après la mort de ce prélat, on fit trois élections en très-peu de temps; la première, le 20 mai, en laveur de Jacques Co'.igny, la deuxième, au commencement de juillet, en faveur de Jean de Talaru; et la tioisième, le i3 du même mois, en faveur de Charles d'Alençon. Il n'v eut que cette dernière qui fut confirmée par le pape Urbain V, à la demande du roi.

96. Charles d'Alençon, fils aiué de Charles, comte d'Alençon, dégoûté du siècle par les grands troubles qui arrivèrent après la mort de sou père, entra dans l'Ordre de Saint-Dominique à Paris. JMarie d'Espagne , sa mère, qui s'opposait à son dessein , en fit de grandes plaintes au pape, qui députa le marqnis de Montferrat pour examiner la vocation de ce novice. Ce seigneur avant reconnu qu'elle était bonne, Charles d'Alençon fit profession dans cet ordre , où il vécut avec piété. Il fut élevé ensuite sur le siège de Lyon en i365, et mourut dans son château épiscopalde Pierre-Encisele5juillet 1375.

97. Jean de Talaru , fils de 31atthieu Ier, seigneur de. Talaru, fut d'abord pendant plusieurs années chanoine de l'église de Saint - Just de Lyon , ensuite chanoine et custode de la cathédrale , puis doyen de la même égUse. Il siégea en i3j5.I1 tint son synode en i3y6, devint cardinal en 1389, et mourut en 139J. Tous ceux qui ont écrit des cardinaux de l'église romaine , parlent avec éloge de Jean de Talaru.

98. Philippe de Turey, chanoine de Lyon, neveu de Guillaume, archevêque de Lyon, succéda à Jean de Talaru, après la promotion de ce dernier au cardinalat, l'an 1389. Il assista au concile de Pise en 1409, et mourut eu i4<5.

99. Amédée de Talaru, fils de Matthieu II , seigneur de Talaru , et de Béatrixde Maicilly, dame de Chalma-

zel, fut d'abord chanoine de l'église de Saiut-Just, et ensuite comte, chnnoine, chantre et archidiacre de l'église cathédrale de Lyon. Le chapitre de cette église le nomma pour assister de sa part au concile de Constance en i4x4 > et l'année suivante il reçut la nouvelle de son élection à l'archevêché de Lyon. Il fut sacré dans sa métropole le 16 janvier 1416, assista au concile de Bàle en 1436, ■fut lait cardinal par l'antipape Félix V le 12 novembre i44°> et mourut le 11 février i443-

100. Gaufrède Vassali, président au parlement de Paris, ayant embrassé l'état ecclésiastique, fut nommé d'abord à l'archevêché de Vienne , et passa ensuite à celui de Lyon en i444- Il mourut le 18 octobre 1 44^-

101. Charles de Bourbon, iils de Charles, duc de Bourbon et d'Auvergne, chantre de l'église de Lyon, abbé de l'Ile -Barbe, etc., nommé à l'archevêché de Lyon par Eugène IV, après la mort de Gaufrède, tint cette église en commende jusqu'à ce qu'il fut en état de gouverner, n'ayant alors qu'onze ans. Il fit son entrée publique à Lyon en i456; mais il ne fut sacré qu'en 147°- Sixte IV le nomma cardinal , administrateur de l'église de Clermont, et légat d'Avignon e^ i47°- I' mourut à Lyon le 17 septembre 1488.

102. Hugues de Talaru , fils de Matthieu, et de Jeanne de la Pallu, chanoine de Lyon , abbé de Compiègne, élu en 1488, eut pour compétiteur le cardinal d'Espinay, auquel il céda enfin, et mourut en 1517.

io3. André d'Espinay, fils de Richard , seigneur d'Espinay en Bretagne, et de Béatrix de Montauban , fut prieur de Saint- Martin -des- Champs, abbé de Sainte -Croix de Bordeaux, archevêque de cette église et de celle de Lyon, et cardinal. Il mourut à Paris le 10 novembre i5oo, et fut enterré dans l'église des célestins.

io4- François de Rohan , fils de Pierre de Rohan, seigneur de Gié, maréchal de France, etc., et de Fran-

çoise de Penhoét, abbé de Saint-Albin d'Angers, fut fait administrateur de l'église d'Angers en 1499 par le pape Alexandre VI, à la demande du roi Louis XII, quoiqu'il fût encore fort jeune, élu ensuite archevêque de Lyon le i3 février i5oi, et sacré trois ans après en i5o4- Il accepta ce dernier siège sans se démettre du premier. Il fit son entrée à Angers le 7 septembre i5o5, et à Lyon le 14 août i5o6. Il fut présent ensuite au concile national qui se tint à Tours en i5io. Il tint un concile provincial k Lyon en 1527, et se trouva i'année suivante à l'assemblée qui se tint à Paris, et à laquelle le roi François présida. Il mourut en i536.

io5. Jean de Lorraine , fils de René II, duc de Lorraine et de Calabre, et roi de Jérusalem, de Sicile et d'Airagon, prit l'habit clérical, et fut d'abord chargé de bénéfices. Il posséda en même temps les archevêchés «le Lyon et de Narbonne, et fut administrateur des églises de Metz , de Verdun, de Térouane, de Luçon et d'Alby , cardinal du titre de saint Onuphre, et légat à laterc en Lorraine. C'est Je premier qui ait été nommé à l'archevêché de Lyon après le concordat. Il en prit possession par procureur le i3 août i537, et s'en démit deux ans après en faveur d'Hyppolite d'Est. Il mourut à Nevers, en venant de Rome en France, l'an i55o.

106. Hyppolite d'Est, dit le cardinal de Ferrare, fils d'Alphcnrse Ie', duc de Ferrare, et de Lucrèce Borgia , abbé d'Aisnay et de Flavigny, fut fait administrateur des églises d'Auch, de Narbonne, de Milan et d'Autun, et devint archevêque de Lyon par la démission de Jean de Lorraine, l'an 1539. Pau' IH Ie fit cardinal du titre de Sainte -Marie- Nouvelle. Il permuta en i55i avec le cardinal de Tournon, archevêque d'Auch.

107. François île Tournon , cardinal d'Ostie, fils de Jacques de Tournon et de Ji aune de Polignac, entra fort jeune dans l'Ordre de Saint-An-

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toine île Viennois, Il devint clans la suite commandeur de Feurs, et général de l'ordre , et fut élevé à des charges très-honorables dans l'Eglise et dans l'État; car il lut doyen des cardinaux, arch \éqtu> i. 'Embrun, d'Aucli.de Bourges, de Lyon, abbé <e T'innns, d'Ambournay , de la Chaise-Dieu, d'Aisnay, de Saint-Geimn in-des-Prés, de Saint-Antoine, etc.

Il fut ambassadeur en Italie, en Espagne et en Angleterre , puis gouverneur de Lyon , du Lyonnais, Forez et Beaujolais. Il prit possession de l'archevêché de Lyon en i55i, et le gouverna avec une sollicitude vraiment pastorale. Il fut le protecteur des savans ; et pour témoigner son amour pour les sciences , il fonda le collège de Tournon , qu'il donna depuis aux jésuites. Il mourut le 23 avril i56a, avec la réputation d'un des plus grands hommes de son temps.

108. Hyppolite d'Est, cardinal de Ferrare, reprit le siège de Lyon par droit de regrès, après la mort du cardinal de.Tournon, l'an i5Ô2; mais il le permuta contre celui d'Arles la même année, et mourut à Rome l'an 1572.

109. Antoine d'Albon, fils de Guillaume d'Albon , seigneur de Saint- Forgeux, et de Gabrielle de Saint- Priest de Saint-Cliamond, se fit moine bénédictin en i5io dans l'abbaye de Savigny, que François d'Albon, son grand-oncle, qui en était abbé, lui résigna dèsqu'il eut fait profession.il fut encore pourvu de l'abbaye de l'Ile— Barbeeni5a5.il lia ensuite une étroite amitié avec son cousin Jacques d'Albon, favori du dauphin et maréchal de France. Pour se produire à la cour avec plus de liberté, il obtint de Rome la dispense de ses vœux, et lit séculariser son bénéfice. Après s'être fait connaître sous le nom d'abbé de Savigny, il commença d'être employé, lorsque son cousin Jacques d'Albon alors gouverneur de Lyon , fut fait prisonnier à la bataille de Saint-Quentin. Le comte de Giignan nommé par le roi pour commander dans Lyon en sa place, étant venu à mourir, l'abbé de Savigny fut substitué en son lieu

l'an i558, et prit possessiou de son gouvernement dans un temps où il y avait tout à craindre de la part «les protestans , qui n'épargnaient rien pour s'emparer de Lyon. Ce sage gouverneur lit échouer l'entreprise du sieur de Maligny, qui avait fait prendre les armes aux protestans, croyant s'en rendre le maître par force ; mais il fut repoussé avec tant de vigueur, qu'il fut contraint de se sauver en sautant les murailles de la ville, pour éviter le supplice qu'endurèrent les complices de son attentat. Après cette action, on tira l'abbé de Savigny de son gouvernement de Lyon , et ou lui donna l'archevêché d'Arles, qu'il permuta contre celui de Lyon en 1 562.

Dès qu'il eut pris possession de cette église, il s'appliqua avec un zèle infatigable à réparer les maux que les calvinistes y avaient faits, et à y faire observer la plus exacte discipline. Ce digne prélat aimait les sciences : il fit imprimer à ses dépens les Commentaires de Ru fin sur les pseaumes.

On lui doit aussi une édition du poète Ausone.

1 10. Pierre d'Espinac, né le 10 mai i54o, de Pierre, seigneur d'Espinac, et de Guicharde d'Albon, fut comte, puis doyen de l'église de Lyon, et archevêque de cette ville, après Antoine d'Albon, frère de sa mère, en 1574. Ce prélat était éloquent et très-spirituel. Il assista aux états de Blois en ^5, publia des ordonnances synodales en 1577, et présida à diverses assemblées du clergé de France, où ses discours charmaient les auditeurs. Il fut aussi abbé d'Aisnay , de l'Ile - Barbe , de Bénissons- Dieu , de Joug -Dieu, prieur de Rembert, et il aurait souhaité d'être promu au cardinalat. Le roi Henri III avait même promis de demander le chapeau pour lui-, mais ce prince changea de sentiment, ce qui fut, dit-on, une des causes pour lesquelles Pierre d'Espinac se jeta dans le parti de la ligue, dont il fut partisan opiniâtre jusqu'à sa mort, qu'on met le 9 janvier 1599.

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