Ranulphe siégea neuf ans neuf mois treize jours
27. Hugues Ier, originaire de la Xaintonge, était d'une famille noble, homme d'esprit, éloquent et savant. On croit que c'est lui qui écrivit la vie de saint Eparque ou Cybar. Il fut ordonné évêque d'Angoulême en 973.
Il lui prit envie d'acquérir le comté d'Angoulême qu'avait Arnauld. Il assembla pour cela des troupes , et réduisit son église à une si grande pauvreté, que ceux qui la desservaient n'avaient pas de quoi vivre.
Il revint cependant à lui-même; et, craignant que Dieu ne le punit, il fit sa paix avec Arnauld, et mena une vie plus digne d'un évêque. I! mourut en 992.
28. Grimoard, Périgourdin, frère d'Aimeric, vicomte de Mucidan et d'Isson , évêque de Saintes, obtint, dit Adémare, l'évêché d'Angoulême par ses présens. Il demanda au comte Guillaume l'abbaye de Saint- Cybar ou Ëparque, et l'obtint. Il la donna quelque temps après à son frère le vicomte, qui, suivant son exemple, fit aussi présent de plusieurs églises à ses serviteurs. Il assista au concile de Poitiers que le comte de Poitou assembla pour la réparation de l'église. Avant sa mort, qui arriva en 1010, il restitua a son église quelques fonds qu'il s'était appropriés.
29. Guillaume Ier, était évêque en 1019. Il ne siégea pas long-temps; au moins ne trouve-t-on rien de lui dans les fastes de l'église.
30. Rohon naquit à Montaigu dans le Poitou. C'était un homme aussi savant que vertueux; il fut unanimement élu. Robert, roi de France, l'estimait beaucoup, et il fit en sa considération de grands biens à l'église d'Angoulême, et lui accorda quelques privilèges. Nous avons des chartes où son nom est signé. Elles
sont de 1021 et de 1024. Il se trouva en io3i au second concile de Limoges, où l'on parla de l'apostolat de saint Martial. On ne sait point en quel temps il est mort. Adémare dont nous avons quelquefois cité la chronique, vivait dans le même temps. II était moine de Saint-Cybar.
3i. E. I«. en io33.
32. Gérard 1er Malart, homme studieux et d'une grande fermeté, siégeait en io38. Il assista en 1040 à la dédicace de l'église de Vendôme, et souscrivit avec plusieurs évoques et abbés au privilège par lequel ce monastère fut exempté de la juridiction de l'évêque de Chartres. Il consentit aussi à la donation que Gaufride, comte d'Angoulême, fit au clergé de cette ville du monastère de Sainte-Marie de Beaulieu, prieuré alors dépendant de l'abbaye de Bourgueil. Il fut vivement persécuté à la fin de son épiscopat, par ses sujets et ses officiers, qui le contraignirent de se retirer en France, où il mourut à Saint-Denis. Il fut inhumé dans cette église du côté du nord. On lisait autrefois en latin sur la pierre de son tombeau : Ici repose Gérard, évêque de la ville d'Angoulême.
33. Guillaume II, de l'illustre maison des comtes d'Angoulême, était fils du comte Gaufride. Il fut substitué à Gérard sur le siège d'Angoulême. On le loue de sa sagesse, de son éloquence et de sa douceur. Il eut beaucoup de part aux bonnes grâces de Godefroy VIII, duc d'Aquitaine , et de grands démêlés avec le comte Foulques, qui lui firent prendre les armes. Il assista au sacre de Philippe Ier roi de France, en 1059, et au concile de Bordeaux, sous Alexandre II. Il mourut en 1076. On dit qu'il siégea trente-trois ans; ainsi il a été fait évêque en 1043.
34. Ademare ou Aimare, frère du précédent, lui succéda en 1076. C'était un homme d'une grande simplicité, appliqué toujours au travail, et très-zélé pour la paix et la religion.
Il s'attacha à Godefroy, duc d'Aqui-
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taine. Il alla même avec lui en Espagne pour faire la guerre aux Sarrasins. Il réforma l'abbaye de Saint- Cybar en 1080, avec le consentement du pape Urbain et l'approbation du comte d'Angoulême, et assista la même année au concile de Saintes, comme à celui de Bordeaux, en ioo3. Il mourut en 1101.
35. Gérard II de Blaye, fut trèscélèbre dans son temps, comblé d'éloges par quelques-uns, et traité j usqu'à l'infamie par d'autres. Arnould, archidiacre de Seez et ensuite évêque de Lizieux, en lait un monstre dans l'épiscopat, et l'auteur de l'His* toire des évêques d'Angoulême l'élève jusqu'au ciel. Nous éviterons ces deux extrémités.
Gérard était Normand, du diocèse de Bayeux. Il fut nommé en 1101 à l'évèché d'Angoulême. En 1112 il as*sista au concile de Latran, dans lequel il se distingua par une rare sagacité. Il abandonna le parti d'Innocent pour celui de l'antipape Anaclet, et il usa de violences envers plusieurs de ses confrères. Arnould assure qu'il mourut dans l'impénitence et sans sacremens ; l'historien des évêques d'Angoulême rapporte, au contraire, qu'il lit sa confession, et que, la veille de sa mort, en n36, il célébra les saints mystères avec une grande dévotion et une amère pénitence.
36- Lambert succéda à Gérard en n36, dans le gouvernement de l'église d'Angoulême. C'était un homme sage et prudent , d'une grande éloquence , rempli de religion, et le modèle de toutes les vertus. Il lit de très-grands biens à son église, dont il défendit la préséance sur toutes celles de la province, après la métropole. Il s'opposa avec vigueur aux entreprises de Guillaume Taillifer, comte d'Angoulême, qui pillait les églises , et en porta ses plaintes au roi de France, qui les lit cesser.
En 1 j 4.8, il tomba malade et mourut, dit l'auteur de l'Histoire des Évêques d'Angoulême, dans une sainte vieillesse, en présence des évêques
de sa province qui étaient venus lui rendre visite.
37. Hugues II de la Rochefoucault, après avoir été grand-chantre de l'église d'Angoulême, en fut fait évêque par un consentement unanime du clergé. L'archevêque de Bordeaux ne se trouva pas au jour nommé pour son ordination; ce qui engagea Pierre de Clugny d'écrire une lettre assez vive au pape Eugène contre ce prélat, qui se rangea enfin à son devoir. Hugues étant à Bordeaux en n58, les chanoines de cette ville ne convenant pas d'un sujet pour remplacer Gaufride , leur archevêque, qui était morr, le prièrent avec les évêques d'Agen, de Poitiers, de Saintes, etdePérigueux, de leur en nommer un. Comme ils étaient ensemble à délibérer sur ce sujet, Henri II, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre, entra, et les pria de nommer Jean Sechius, recteur du collège de Poitiers. II s'assit dans l'assemblée, et témoigna qu'il voulait y demeurer pour être témoin de ce qu'on y allait faire. Chacun garda alors un profond silence, ne sachant que répondre au roi. Il n'y eut que Hugues qui osa lui parler en ces termes : « C'est a nous qu'a été donnée la commission d'élire. Il ne nous est pas permis de le faire en votre présence. Que Votre Majesté sorte, afin que nous nous acquittions tranquillement et librement du devoir qui nous est imposé. Les honneurs ecclésiastiques ne s'accordent ni aux recommandations, ni aux présens, mais à la science et à la vertu. »Le roi sortit outré de colère, et il eut le chagrin d'apprendre qu'ils avaient élu Haimond, évêque de Périgueux.
Hugues mourut regretté de tous les gens de bien au mois d'août iiSçj.
38. Pierre 1er, de Laumont, dit de Sonaville ou de Sanaville, moine, puis abbé de Saint- Amand de Boisse, succéda à Hugues en 1 159. Il exempta le monastère de Saint -Cybar de la juridiction des abbés de Saint-Jeand'Angely.Onmct la mort de cet évêque en n8a.
DES ÉVÊCHÉS
38. Jean I«r de Saint-Val, abbé de Sainte-Mariedelacouronne, homme recommandable pour sa vertu et pour la pureté de ses mœurs, fut fait évêque d'Angoulême en 1182. Il mourut le 7 mars i2o3.
39. Guillaume III, homme de bien et très-savant, en 1206. Carlon lui donne ao ans d'épiscopat.
4°« Jean II Guilloti , moine de Saint-Maixent, en i23o. On ne sait pas combien de temps il fut évêque.
41 ■ Radulphe, en 1242.