Etienne, en 1371, le 21 janvier
34. Hugues 1er, Faydit ou Defay, le 16 juillet 1371, transféré de l'église d'Orléans, soit après la mort d'Etienne, soit de quelqu'autre manière.
35. Pierre VI, Masuyer, docteur ès-lois, grand-chantre de l'église de Girone, ensuite archidiacre d'Anvers, chanoine et théologal de Cambrai , maître du pape Grégoire XI , fut fait évêque d'Arras en 1372 ou 1373. Il fit son entrée dans la ville à petit bruit le 22 mars de l'année suivante. Il composa plusieurs traités sur l'un et l'autre droit , et mourut en 1391.
36. Jean V, Canard , moine de l'abbaye de Saint-Denis en France, chancelier du duc de Bourgogne et du comte d'Artois, fut fait évêque d'Arras en 1392, et mourut le 7 octobre i4°7-
37. Martin Pore ou Poiré, né à Sens, religieux de l'Ordre de Saint- Dominique, docteur en théologie de l'université de Paris, fut confesseur de Jean, duc de Bourgogne, et son prédicateur ordinaire ; c'était un
DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE
homme adroit et bon politique, que ce prince sut employer heureusement à diverses négociations. Il le fit élire en 1407 évèque d'Arras. Revêtu de cette dignité, il alla au concile de Pise l'année suivante, où il lit briller son esprit et sa prudence.
De retour du concile, il alla en Angleterre pour y traiter, de la part du duc de Bourgogne, avec le roi , d'affaires assez délicates , et il réussit.
Ce prince l'envoya aussi vers Charles VI, roi de Fiance, pour lui faire ses excuses de ce qu'il était parti si promptement de sa cour. Il alla en i4i5 au concile de Constance, où les pères lui donnèrent toutes les marques d'une parfaite confiance; ils le chargèrent de persuadera Jean XXIII de se démettre du souverain pontificat, et il prononça lui-même de dessus l'ambon la sentence de déposition qui avait été dressée contre lui le 29 mai, dans la douzième session. Le concile l'envoya ensuite avec le prévôt de saint Donatien de Bruges vers le roi d'Angleterre, pour lui rendre compte de ce qui s'était fait à Constance. Il fut encore député en 1418 avec Henri, archevêque de Sens, Claude de Langres et Louis, évèque de Boulogne-sur-Mer, pour traiter de la paix entre le dauphin et le duc de Bourgogne. Enfin il revint à son église, et mourut le 6 septembre 1426. Il fut enterré dans le chœur sous une tombe de cuivre.
On le dit auteur de quelques ouvrages, et il l'est certainement de quelques statuts synodaux de l'église d'Arras.
38. Hugues II , fils de Jean , seigneur de Cayen, de Mouchi, et de Jacquette d'Ailly , prévôt de Saint- Omer, conseiller du roi, fut pourvu de l'église d'Arras eu 1426. Il envoya au concile de Basle Gilles Carlier, doyen de Cambrai, ne pouvant y aller
le i3 janvier i438, etfutinhumédans le chœur de sa cathédrale.
3y. Fortigaire, île Plaisance, fut élevé sur ce siège par le concours unanime de tous les suffrages du chapitre en 1439, le 24 janvier. Il était archidiacre d'Arras, prévôt de Saint-Pierre de Lille et de Sainte- Walburge «le Fumes, confesseur de Philippe, duc de Bourgogne , son aumônier et son premier chapelain.
Il mourut le 21 février 1452.
40. Jacques II, de Portugal, était fils de Pierre ou de Philippe, duc de Coïmbre, et «l'Isabelle d'Arragon. Il s'appliqua d'abord auxarmes, ensuite il prit le parti de l'église. Le pape le fit tout jeune protonotaire apostolique. Il donna dans cet emploi des marques d'uu esprit mûr et formé; on le fit évêque d'Arras en i453 , et quelques mois après le pape Nicolas V le créa archevêque de Lisbonne en Portugal. Calixte III le fit cardinal. Il mourut à Florence le 16 avril
4i. Denis de Montmorency, était fils de Jacques, gentilhomme de la chambre du roi Charles VI et de Philippe, duc de Bourgogne, et «le Puilippète de Melun. L'archevêque île Reims, auquel l'élection d'un évèque d'Arras était dévolue, en vertu île la pragmatique-sanction, nomma Denis., mais les chanoines s'y opposant, il abdiqua pour le bien de la paix; cependant il est appelé évèque dans le procès-verbal de la translation du corps de saint Martin de Tours. Voyez Baluze, in append.
ad hist. tutel. page 756. II mourut le 23 août 1 474-
42. Jean VI, Géofro: , dont nous avons déjà parlé dans les évêques d'AIbi, docteur en droit et t-n théologie , naquit à Luxeuil , dans le comté de Bourgogne. Il se fit moine dans cette abbaye; d'abbé de Luxeuil
lui-même. C'est sous son pontificat il fut tait évoque d'Arras par un bref
que se tint à Saint-Vast cette fameuse assemblée d'Arras, qui fit la paix entre Charles VII, roi de France, et Philipc, duc de Bourgogne. Hugues, après avoir siégé douze ans, mourut
i\u pape. 11 eutun concurrent, comme nous avons dit, dans la personne de Denis de Montmorency ; mais celuici ayant cédé, il monta sur le siège en i453. Nicolas V le fit aussitôt
8f CATAT.
lû^nt avec Guillaume, évêque «le Toul, auprès de Philippe, duc de Bourgogne, leur ordonnant de ne le point quitter, et de l'assister de leurs conseils. Les filles de Sainte-Claire s'établirent de son temps à Arias. Jean tut encore chargé de plusieurs négociations en 1^61 et \^f>2.
Louis XI, roi de France, à qui il avait suadé d'abroger la pragmatiquesanction, l'envoya à Rome pour traiter sur ce sujet avec le pape, à qui cette disposition lit beaucoup cle plaisir, aussi-bien qu'à toute la cour de Rome. Il tut honoré en conséquence de la pourpre. Peu satisfait de cet honneur, il voulut posséder trois évêchés tout à la t'ois, celui d'Arras, d'Albi et de Besancon ; mais il fut refusé, et il fallut qu'il se contentât d'Albi, en 1462. Pie II disait de lui qu'on le regardait comme un savant; mais qu'il se regardait Jui-inême comme le plus savant homme de son temps, et que, parce qu'il avait quelque connaissance des lettres sacrées et profanes, il croyait que tout lui était permis.
Les filles de Sainte-Claire s'établirent de son temps dans l'ancienne ville d'Arras.
4^. Pierre VII de Ranchicourt , chancelier d'Amiens, chanoine-théologal de l'église de Cambrai, et archidiacre de Valenciennes dans la môme église, succéda à Géofroi en 1472, et fut sacré par le pape. Il gouverna ce siège pendant vingt-six ans avec toute la sagesse et la prudence d'un bon pasteur, malgré toutes les traverses qu'il eut à essuyer dans les temps de guerre qui affligèrent son diocèse. Il mourut le 26 août 1409. Il fut enterré derrière le chœur.
44- Jean VII Ga\- et, chanoine il'Arras, ne put être consacré à cause des contestations qui survinrent entre Louis XII et l'aichiduc Philippe, au sujet du domaine de cette ville. Il l'ut obligé de renoncer en faveur du suivant en i5m.
45. Nicolas le B uistre, né àLuxembourg, après un au de vacance, fut élevé sur ce siège en i.5oi. Il avait
OGUE
été conseiller et ambassadeur de trois différens princes de Flandre, prévôt de Saint-Pierre de Louvain, chanoine de Ténermonde, archidiacre de Bruxelles dans l'église de Cambrai. C'était un homme d'une vie irréprochable et rempli de toutes les vertus de son état. Il fonda un collège à Louvain pour les pauvres en fans, fit beaucoup de bien à son église, et mourut à Malines en J509. Il fut enterré k Louvain dans le chœur île l'église de Saint-Pierre.
46- François de Melun, fut prévôt de Saint-Omer et de Saint-Pierre de Lille , chanoine d'Arras , trésorier de l'église de Cambrai , et protonotaire du saint=siége. Le chapitre l'élut le 4 janvier 1Ô10. Deux ans après il quitta Arras pour aller à Boulognesur-Mcr, ayant permuté, selon toute apparence, avec Philippe de Luxembourg, son neveu.
47- Philippe de Luxembourg , fils de Thibauld, seigneur de Fienues et d'Armentières , et de Philippète de Melun, sœur de François ci-dessus, évêque auparavant du Mans et de Boulogne-sur-Mer, fait cardinal par Alexandre VI, le 21 janvier i497, fut élevé sur le siège d'Arras en i5ia. Il ne siégea qu'environ trois ans, après lesquels il fut pourvu des évêchés d'Albano et de Tusculum.
48. Pierre VIII, de Accoltiis, Italien, évêque d'Ancone, cardinal, obtint l'évêché d'Arras, par la cession de Philippe, en i5i5. Il gouverna ce diocèse par un vicairergénéral. Il abdiqua entre les mains du pape , le io avril i523, et mourut à Rome eu i53a.
49. Eustache de Croye, était prévôt d'Aire et de Saint-Omer, quand il fut fait évêque d'Arras en i5i5, deux ans après Pierre VIII. Il obtint en i53i de l'empereur Charles-Quint que sou église jouirait de toutes les franchises et exemptions dont elle jouissait sous la puissance des Français, et les libertés de l'église gallicane. Il mourut au mois d'octobre ]538.