Michel II, de Pontorson, sié
gea un an cinq mois-, il mourut les ides de décembre i3ia.
3g. Jean III, la Mouche, fut pourvu de ce siège après Michel, au mois de mars suivant. Jean Tesson, curé de Gothfride , y lit opposition ; ce qui causa une vacance de quatre ans.
Jean, ayant gagné son procès, siégea onze ans quinze jours, c'est-àdire depuis i3i6 jusqu'au i3 mars 1327, qu'il mourut. Il fut inhumé dans l'église de l'abbaye de la Luzerne, près de son père, devant la chapelle de saint Michel.
4o. Jean IV, de Vienne, fut élu le 17 mai 1728. Robert Gaguin dit que Philippe VI, dit le Valois, roi de France, l'envoya en Flandre la même année pour y faire démolir les fortifications de Courtray, ce qui lut apparemment la cause qu'il ne fut pas sacré. A son retour, il l'ut pourvu à l'évêché de Boulogne-sur-Mer ou de Térouane , et ensuite transféré à l'archevêché de Reims.
4i. Jean V, Hautlrine, ou Austfrien ou Haufïune, après la translation de Jean, fut mis sur le siège d'Avranches en i33i. Il assista au concile de Reims de l'an i335, et fut envoyé la même année au roi d'Angleterre par Philippe, roi de France.
Il fut député par les évêques et barons du duché de Normandie auprès du roi Philippe, pour faite des remontrances à ce prince sur ce qu'il prétendait imposer des taxes générales sur le royaume indistinctement; ce qui était contre le privilège de la province conlirmé par les rois précédens. L'ancienne chronique manuscrite de Normandie rapporte ce fait, et ajoute que le roi se désista de sa demande. Jean mourut le 4 juin i358, après avoir siégé vingtsept ans et trois mois. Il fut enterré dans l'église de l'abbaye de Saint- Oiien de Rouen.
42. Foulques Bardoul , de Rennes en Bretagne, fut fait evéque d'Avranches en i358.
43. Robert de la Porte , de Caen , professeur en droit canonique , et chancelier du roi de Navarre, fut
i oo CATAL
élu en i35y , et mourut en 1^79. 44- -Laurent de Faye . tlu diocèse de Tours, en 1079, mort en 1391. Il avait été évêque de Bayeux.
45. Jean VI, de Saint -Avit, né à Châteamlnn , dans le diocèse de Chartres, siégea quarante-neuf' ans, et mourut le 22 de juillet 1442- H tut inhumé à Saint-Oiien de Rouen.
46. Martin Pinard, de Nonant, proche de Bayeux, gouverna dix ans, et mourut au mois de janvier i^52.
47- Jean Bochart ou Boucart VII , dit de Vau.celle , confesseur et aumônier du roi très -chrétien, archidiacre d'Avranches, fut pourvu de ce siège le 28 avril i453. Il se trouva en 1470 avec les autres évêques aux états- généraux du royaume assemblés à Tours. Louis XI le chargea de réformer l'université de Paris. Il mourut à Saint-Laud le 28 novembre 1484» ayant siégé trente ans neuf mois vingt-un jours. Il est enterré dans le cœur de sa cathédrale à gauche, sous une tombe de pierre blanche.
48. Louis 1er, de Bourbon- Vendôme , abbé commendataire de Sainte?- Marie de Savigny , grandchantre de l'église de Vendôme , prieur d'Epernon , conseiller tlu parlement de Paris, prince légitimé par lettres de la chambre des comptes de i499 , comme étant né sans mariage de Jean, comte, et de Guidone Peignée, autrement de Vieuxville, fut nommé par le roi, et sacré évêque d'Avranches en 1484. Il mourut après avoir fait beaucoup de bien à son église le 21 octobre i5io. V^oyez l'Histoire générale de la maison de Fiance.
49. Louis II , Herbert , né à Paris de parens distingués dans l'épée et dans la robe, était fils de Jean Herbert, surintendant des finances de France, et de Jeanne Guérin, frère de Goffride, évêque de Coutances, et de Jean, chevalier, seigneur d'Ossonvilliers, baron de Courcy, chambellan du roi, et de François, baron de la Hogue. Etant archidiacre de Coutances, et abbé de Saint-Laud, il fut
OGUE
élu par le chapitre évêque d'Avranches le 21 janvier i5io, prit possession le 3 juin i5ii, et fit son entrée solennelle le 23 mai i5ia. Il mourut le 4 avril 1526, et fut inhumé dans la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié , qu'il avait fait rebâtir toute en neuf.
5o. Jean VIII, de Langeac, fils de Tristan, seigneur de Langeac, et d'Anne d'Alègre, tous deux de noble maison d'Auvergne, après avoir passé plusieurs années à la cour, et s'être dignement acquitté de diverses négociations, fut pourvu du siège d'Avranches, qu'il gouverna avec beaucoup de succès durant environ sept ans, ayant été élu en 1527. Il passa à l'évêché de Limoges.
5i. Robert II, Cénalis, originaire de Paris, docteur en théologie dès l'an i5i3, fut nommé d'abord évêque de Vence par François Ier, en i523, ensuite de Riez en Provence , enlin d'Avranches en i532. C'était un homme d'une grande érudition, profond théologien, très -savant dans l'histoire de France , et dans la connaissance des antiquités ecclésiastiques. Nous avons de lui une histoire de France en deux tomes, qu'il dédia à Henri II, un catalogue de tous ses prédécesseurs sur le siège d'Avranches. Il écrivit aussi contre Vinterim de Charles-Quint; il fit un ouvrage sur les poids et sur les mesures, et un traité de controverse contre Calvin. Il mourut en i56o, et fut enterré à Saint -Paul à Paris le 27 avril. On voit tlans cette église son tombeau de marbre, et sa statue en airain , foulant deux serpens, avec une très-belle inscription.
52. Antoine le Cirier, conseiller au parlement, et doyen de l'église de Paris , prit possession de l'église d'Avranches, par procureur, le 28 novembre i56i. Il se trouva au concile de Trente, et à l'assemblée du clergé de Paris en 1573. Il mourut le 17 janvier i5j5 , et fut enterré dans le chœur dé la cathédrale de Paris.
53. Augustin le Cirier , neveu du précédent , conseiller au parlement, doyen d'Avranches , chanoine de la
DES ÊVÉCHÉS
Sainte-Chapelle de Paris, et doyen de l'église métropolitaine, lut nommé par le roi Charles IX pour succéder à son oncle. Il prit possession le i3 août i575, par procureur. Il mourut le 3 ou le 23 mars i58o. Il fut inhumé clans sa cathédrale , vis-àvis de la chaire épiscopale.
54. Georges Péricard , conseiller au parlement de Normandie, théologal d'Avranches, abbé de Saint- Etienne de Caen, et de Saint-Julien de Tours, succéda à Augustin, et prit possession, par procureur, le ier juin i583. Il mourut à la fleur de son âge, et fut inhumé dans la cathédrale dans la chapelle de Saint- Georges, le 9 ou le 22 juillet 1587.
55. François Péricard , frère du précédent , théologal d'Avranches, ensuite doyen ; après avoir été conseiller au parlement et chanoine de Rouen, fut fait évêque en i588. Il se trouva à l'assemblée de Surenne, près Paris, au mois de mai 1593, avec les autres prélats et grands du royaume , sous Henri-le-Grand. Il assista aux assemblées du clergé de i6i5 et 1625. Il introduisit les capucins et les religieuses bénédictines à Avranches le i5 juillet 1618. Il fit beaucoup de statuts synodaux, et gouverna son diocèse dans une grande paix durant cinquante ans et plus. Il mourut le doyen des évêques a Condé, proche Evreux , le 25 novembre 1639. Il fut inhumé à Evreux dans la cathédrale, àcôté de son frère Guillaume, qui en avait été évêque. Son cœur fut porté à Avranches dans la chapelle de Saint- Georges. Il mit au mont Saint -Michel les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur.
56. Henri Boivin, doyen de l'église métropolitaine de Rouen, fils de Jean Boivin, conseiller au parlement de Normandie, abbé de Montmirel, prieur de Sainte-Marie du Rocher, proche Mortain , évêque deTarfe, coadjuteur de son oncle François Péricard , le 28 mai 1617. Il assista à l'assemblée générale du clergé en i635, et mourut l'année suivante le 12 février i636, au Rouvray, proche
de Rouen, et fut inhumé dans la paroisse de Saint-Étienne du même lieu.
57. Charles Vialart, de Paris, fils de Félix, seigneur de la Forest, maître des requêtes, et de Jeanne Hennequin, abbé de Sainte-Marie de Feuillans en Occitaine, et supérieur général de toute la congrégation du même Ordre , fut nommé pour succéder à François en 16^0, et ordonné évêque deux ans après dans l'église des Feuillans de Paris, avec son neveu Félix, comte et évêque de Chàlons-sur-Marne. Il ne siégea que deux ans, et mourut n'en ayant que cinquante-deux en i6(4> 'e x^ seP" tembre. Il est enterré dans la cathédrale au pied du grand autel.
58. Roger d'Aumont, frère d'Antoine, maréchal de France, fils de Jacques, baron de Chapes, lieutenant-général au Châtelet de Paris, et de Charlotte de Villequier, neveu de Jean d'Aumont, comte de Chateauroux, colonel de cavalerie, sous les rois très-chrétiens Henri III et Henri IV, abbé commendataire des abbayes de saint Pierre d'Userche , diocèse de Limoges, de Beaulieu, de Barzelles et deLongueil, fut nommé par Louis XIV, encore très-jeune, évêque il' Avranches en 1644 > au mois de novembre. Il fut sacré l'année suivante au mois. ...dans l'église des chanoines réguliers de la Couture à Paris. Il porta son zèle pour la discipline jusqu'à visiter les églises des exempts dans son diocèse, même celle de l'abbaye du mont Saint-Michel, s'y faisant autoriser par un arrêt du conseil du roi. Il quitta son évêché en i65i, et mourut à Paris le 25 mars i653. Il est enterré dans l'église des pénitens de Picpus, où sont les tombeaux de ses ancêtres.
59. Gabriel Boylesve , abbé de Saint-Georges- sur-Loire, de Saint- Albin de Bose, et de Sainte-Marie de Bardone:, diocèse d'Auch , originaire d'Angers, d'une famille qui a donné aux parlemens de Paris et de Bretagne un grand nombre d'excellens juges, conseiller lui-même au parlement de Paris, fut nommé après
ioa CATALOGUE
ta démission de Roger, évoque d'Avranches le 26 septembre i65i, et sacré le 10 décembre suivant. Il mourut le 3 décembre 1667, et fut inhumé chez les cordelicrs d'Angers.
60. Gabriel-Philippe de Froulay de Tessé , iils de René de Froulay, comte de Tessé , et de Marie d'Escoubleau Sourdis, sœur de Charles, marquis de Sourdis, fut sacré le 20 janvier 1669 ('ans l'église des Feuillans de Paris , et mourut le 27 avril ou le 4 mai 1689.
61. Pierre-Daniel Huet, l'un des plus savans hommes de son siècle, nommé en i685 à l'évêché de Soissons, qu'il permuta sans en avoir pris possession, avec M. Brulart de Sillery, nommé à l'évêché d'Avranches. M. Huet gouverna pendant dix ans ce diocèse , et se retira ensuite chez les Jésuites de la maison professe de Paris, où il mourut le 2.5 ou le 26 janvier 1721. (Ployez Hukt.)
62. Roland-François de Kerhoen de Coëttenfau, frère du marquis de Coëttenfau, docteur de la maison de Navarre, fut sacré le 29 novembre 1699. Il assista à l'assemblée du clergé de 1715, et mourut à Paris au mois d'octobre 1719- Il fut enterré à Saint-Sulpice.
63. César-le-Blanc, né le 19 novembre 1672, de Louis-le-Blanc , maître des requêtes, et de Susanne Bazin de Bezons , sœur de l'archevêque de Rouen, fut sacré le ieT mai 1726 à l'hôtel royal des Invalides, à Paris, et mourut le i3 mars 1746- Il était docteur de la faculté de Paris et avait été d'abord chanoine régulier de Sainte-Croix de la Bretonnerie.
64. Pierre-Jean-Baptiste Durand de Missy, né à Rouen en 1692, sacré le 9 octobre 1746.
65. Raymond de Durfort, né en 1725, sacré en 1764, transféré à Montpellier en 1766.
66. Joseph-François de Malide, né en 1730, sacré le 3i août 1766, transféré à Montpellier en 1 774*
67. Pierre- Augustin Godard de Belbeuf, né en 17^0, sacré le i5 mai
1774, émigré pendant la révolution, mort en Angleterre. C'est le dernier évoque d'Avranches.
Conciles d'Avranches.
Il y eut un concile dans cette ville l'an 1172, le 27 et 28 septembre.
Thédouin et Albert, cardinaux et légats du saint-siége, y présidèrent.
Henri II, roi d'Angleterre, qui y avait amené son lils Henri, s'étant purgé par serment de la mort de saint Thomas de Cantorbéry, y fut absout. On y lit treize canons.
Le premier défend de donnera des enfans des bénéiices à charge d'âmes.
Le troisième défend de donner a des laïcs une partie des offrandes.
Le quatrième porte qu'on ne donnera point d'églises à desservir à des vicaires annuels.
Le sixième défend d'ordonner des piètres sans titres.
Le septième défend de donner des églises à ferme pour un an.
Le dixième fait défense au mari d'entrer en religion quand sa femme demeure dans le monde , s'ils ne sont tous deux hors d'âge d'avoir des enfans.
Le douzième défend aux clercs de faire l'oflice de juge dans les tribunaux civils , sous peine de la privation de leurs bénéiices. (Reg. 27., Lab. 10. Har. 7, Bessin, in concil.
Norm.)
AUCH, Augusta, Auscorum, ville archiépiscopale et capitale du ci-devant comté d'Armagnac, aujourd'hui chef-lieu du département du Gers, est située sur la croupe d'une montagne , au bord de la rivière du Gers , à cent soixante-dix-sept lieues de Paris. On la divise en ville haute et ville basse. La cathédrale est dédiée à la sainte Vierge , sous le titre de la Nativité, et elle se glorifie de posséder les reliques des saints Taurin, Léotade et Austinde. L'architecture en est des plus belles , et on y voit un grand nombre d'ornemens qui sont dus à la libéralité de ses archevêques. Son chapitre était un des plus nobles de France. Il
DES É VÉCUES
fallait, pour y être admis, ou faire preuve de noblesse , ou s'être rendu recommandable par sa science.
Il était composé de quinze dignités, de vingt chanoines ecclésiastiques et de cinq laïcs, savoir du comte «l'Armagnac , des barons de Montault, de Pardaillan , de Montesquiou et de Lisle , qui prêtaient, comme les autres , serment de fidélité , avaient place dans le chœur, et recevaient les distributions. L'archevêque nommait toutes les dignités, excepté le prieuré des Neiges, et le plus ancien nommé était prévôt du chapitre, avait la première place au chœur, et possédait en titre l'église de Saint-Justin , qui avait droit de conférer dix prébendes.
Les autres dignités étaient les abbés de Faget, d'Idrac et de Cère. Il y avait huit archidiacres; savoir , d'Angles, de Sabane, de Sos, de Vie, d'Armagnac, de Magnoac, d'Astarac et fle Pardaillan. Deux prieurés de Montesquiou et de Notre-Dame des Neiges. Un sacristain qui est chargé du soin des âmes, un théologal , trente-six sémi-prébendés de la communauté de Saint-Martial , de Saint- Barthélemi et de Saint-Jacques. Huit chapelains, dits dn Saint-Esprit et de Saint-Denis. Enfin trente-sept chapelains et d'autres clercs pour le service de l'église. Tout ce chapitre était anciennement régulier. Ce diocèse relevait du parlement de Toulouse , et renfermait plusieurs abbayes et prieurés; trois cent cinquante-deux paroisses , deux cent soixante-dix-sept annexes, dont les vicaires sont amovibles. Il y avait dans la ville des dominicains, «les cordeliers, des capucins, des jésuites qui avaient le collège et le séminaire, des carmélites et des ursulines.
Le métropolitain avait pour sufîragans les évêchés d'Acqs, de Lectoure , de Cominges , de Conserans , d'Aires, de Basas, de Tarbes, d'Oleron, «le Lescar, de Bayonne. Le diocèse contenait trois cent soixantedouze paroisses. Aujourd'huiil compte 29 cures, et 393 succursales. L'ai-
DE FRANCE. io3
chevêque d'Auch a pour suffragans les évêques d'Aire, de Tarbes et de Bayonne.
Ce siège fut supprimé en 1801 et réuni à celui d'Agen ; mais il fut rétabli parle concordatde 1817, dont la plupart des dispositions furent conservées par les conventions de 18a 1.
Le revenu de l'archevêque est de cent cinquante mille livres. La taxe en cour de Rome est de dix mille florins.
Archevêques d'Auch.