‹ Bibliothèque sacrée (volume 5)Chapitre 239 sur 347 · Guillaume Bochard de Cham · texte numérisé non relu

Guillaume Bochard de Cham

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pigny, fut redevable tle cet évêché autant au hasard qu'à son propre mérite. Lorsque Daniel de Cosnac, cidevant évêque de Valence et de Die, fut nommé à l'archevêché d'Aix en 1687, on sépara ces deux évêchés qui étaient unis depuis l'an 1275; et, lorsqu'il fut question de les remplir, l'abbé Guillaume Bochard se trouvant sur la liste, le roi le nomma à l'évêché de Valence, et le brevet en ayant été expédié, le nouveau prélat qui ne s'y attendait nullement , alla remercier sa majesté. Mais le roi, qui connaissait parfaitement celui à qui il avait donné l'évèché, n'ayant jamais vu celui-ci, dit qu'on se méprenait, qu'il avait donné l'évèché de Valence à l'abbé Guillaume Bochard. « C'est, sire, » lui dit-on, «le nom de celui qui se présente pour remercier votre majesté, et si elle n'a pas prétendu de lui faire cette grâce, il en est cependant très-digne, et issu d'une illustre maison , toujours attachée au service de votre majesté. » Le roi s'étant fait expliquer d'où venait cette bévue, on trouva que l'oncle de cet abbé s'appelait aussi Guillaume Bochard, et que les deux branches de cette maison étaient distinguées par le nom de Sarron et de Champigny; alors le roi dit très-obligeamment en s'adressant au nouvel évêque : « Je ne suis pas fâché que cette méprise vous soit avantageuse , mais votre oncle n'y perdra que l'attente. » En effet l'évèché de Clermont étant venu à vaquer peu de temps après , le roi y nomma l'abbé Bochard de Sarron.

Guillaume Bochard de Champigny, évêque de Valence, mourut à Paris, oii il était en qualité d'un des <léputés du clergé, au mois de juillet 1705, à l'âge de cinquante-sept ans. (Journ.

de Verdun, août 1706, pp. i5i, iSz et i5?5.)

76. Jean de Catélan ou Catollan , ancien lecteur des enfans de France, et docteur en théologie de la faculté de Paris, aussi illustre ))ar sa ])icté et ])ar son zèle (jue par sa science, fut nommé le i5 d'août 170.5, et mou-

rut en 1735. Nous avons de lui une Lettre pastorale aux nouveaux réunis de son diocèse, qui échauffa Basnage, protestant fort connu, lequel entreprit d'y répondre par plusienrs instructions pastorales, qui ne furent pas sans réplique de la part du prélat. Il donna aussi les Antiquités de l'église de Valence, avec des réflexions sur ce qu'il y a de plus remarquable dans ces antiquités, recueillies par Jean de Catellan , évêque et comte de Valence, pour l'instruction et l'édification du clergé, et du peuple de son diocèse; à Valence, chez Jean Gilibert, 1724, m-4°- C'est un ouvrage censé, j udicieux, plein d'érudition et de recherches curieuses.

77. Alexandre Milon, né à Paris et originaire d'une ancienne famille de Touraine, ci-devant aumônier du roi, docteur de Sorbonne , distingué par son mérite, sa science et sa piété, fut sacré à Paris le 3i mars 1726. Il fut l'un des députés du second ordre à l'assemblée du clergé de France, qui se tint en 1715, où il donna des preuves de sa capacité. Ce fut lui qui iiarangua le roi lorsque l'assemblée du clergé de 17^5 eut sa dernière audience de sa majesté le i4 octobre.

Il donna aussi plusieurs mandemens fort estimés.

78. Pierre -François de Graves, né en 1724, sacré le 26 avril 1772, mort en 1788.

79. Gabriel-Melchior de Messey, comte de Lyon, né en 1748, sacré le 5 octobre 1 788, refusa sa démission en 1801, et signa les protestations t\es évoques non démissionnaires. Il est mort en 18 1 4-

80. Marie-Antoine Larisoire de la Tourette, né à Tournon le i5 septembre 1762, sacré le 7 novembre 1819, ci- devant vicaire -général do Reims et de Mcnde.

Conciles de p^alence.

Le premier fut tenu l'an 874 pour apaiser quelques troubles qui s'étaient élevés dans l'église de cette ville. On y lit quatre canons touchans la discipline de l'Église.

DES ÉVÉCHÉS DE FRANCE

Le premier défend d'oidonner à l'avenir ceux qui ont été mariés deux fois, ou qui ont épousé une veuve, soit qu'ils l'aient fait avant ou après leur baptême; mais on y déclare qu'on entend point toucher aux ordinations des bii^ames, faites avant cette décision, de peur de troubler l'Eglise.

Le second défend d'accorder surle-champ la pénitence aux lilles qui, après avoir fait vœu de virginité, se sont mariées, et veut qu'on ne les reçoive à la communion qu'après qu'elles auront entièrement satisfait.

Le troisième diffère l'absolution jusqu'à la mort à ceux qui, après avoir été baptisés, ont participé aux sacrifices profanes des démons, ou à leurs ablutions impies, et les exhorte de faire cependant pénitence de leur faute et d'en attendre le pardon de celui qui est riche en miséricorde, et qui ne se réjouit point de la perte des âmes.

Le quatrième ordonne qu'on dépose tous les diacres, les prêtres et les évêques qui se confessent de quelque crime, soit qu'ils l'aient commis efléctivement, soit qu'ils s'en accusent iaussement. (Reg. 3. Lab. 2.

Hard. !.)

Le second concile fut tenu l'an 529 ou 53o. Les actes en sont perdus ; mais on voit par un fragment qui en

«rapporté dans la vie de saint Géra par le diacre Cyprien, qu'on y agita les matières de la grâce, et que saint Cyprien, évêque de Toulon, prouva par l'Ecriture et par les Pères, que l'homme ne peut rien faire dans l'ouvrage de son salut s'il n'est appelé par une grâce de Dieu prévenante. (Concil. p. 1C78. )

Le troisième, l'an 584 o" ^^5, qui était le vingt-troisième ou le vingtquatrième du règne de Gontran. Sapaudus, évêque d'Arles, y présida à la tête de seize autres évèques; qui conhrmèrent toutes les donations faites aux lieux saints, avec défense, sous peine d'anathème, aux évêques des lieux et aux rois de rien ôter ou diminuer de ces biens à l'avenir.

(Tom. 5. Concil. p. 976.)

Le quatrième , l'an 689, sur les biens de l'Eglise. (Reg. i3. Lab. 5.

Hard. 3.)

Le cinquième, l'an 855, par l'ordre de l'empereur Lothaire. Il s'y trouva quatorze évêques îles trois provinces de Lyon, de Vienne et d'Arles. On y fit vingt trois canons. Les six premiers contiennent des décisions sur la grâce.

Le premier défend la nouveauté des expressions sur la grâce, le libre arbitre et la prédestination, et ordonne qu'on suivra la doctrine des Pères latins.

Le second déclare que Dieu a prévu de toute éternité les biens que les bons doivent faire par la grâce , et tout le mal que les méchans feront par leur propre malice ; que les premiers recevront la gloire éternelle pour récompense du bien qu'ils auront fait, et que les derniers seront condamnés justement en punition de leur crime ; que cette préférence n'impose point de nécessité , personne n'étant condamné que pour le péché originel ou pour les péchés actuels.

Par le tJipisième, les évêques reconnaissent la prédestination des bons à la vie éternelle, et celle des méchans à la mort éternelle ; en sorte toutefois que dans le choix de ceux qui doivent être sauvés, la miséricorde de Dieu précède leurs mérites; et qu'au contraire dans la damnation de ceux qui doivent périr, leur crime précède le juste jugemenj de Dieu; mais que Dieu ne prédestine point au péché par sa puissance, en sorte que ceux qui y seraient prédestinés fussent dans la nécessité de périr.

Dans le quatrième, qui est sur la mort de Jésus-Christ, les évêques se contentent de dire que, pour éviter les contestations, il suffit de reconnaître sincèrement que Jésus-Clirist est mort pour tous ceux qui croient en lui. Ils rejettent les quatre chapitres de Quercy comme inutiles, nuisibles et contraires à la vérité, et condamnent le Traité de Jean Scot.

Dans le cinquième ils assurent que

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tous ceux qui ont été baptisés et régénérés, ont eu j)art à la rédemption de Jésus-Christ, quoiqu'ils aient ensuite perdu l'innocence de leur baptême, et qu'ils soient du nombre des réprouvés.

Dans le sixième ils déclarent que sur la grâce par laquelle les hommes sont sauvés, et sur le libre arbitre de l'homme affaibli par le péché d'Adam et réparé par la grâce de Jésus- Christ, ils s'en tiennent à ce qui a été enseigné par les saints Pères, décidé dans les conciles d'Afrique et d'Orange, et soutenu par les évoques du saint-siége apostolique.

Dans le seiJtième on déclare que pour empêcher que des gens igno-

rans et incapables soient pourvus des évèchés, on priera le roi de permettre que l'évêque soit élu par le clergé et par le peuple, qui choisira ime personne île l'église ou du voisinage propre pour remplir cette place; que si l'empereur envoie quelqu'un de ses officiers pour être évêque, on examinera soigneusement sa vie et sa doctrine; que le métropolitain aura soin que celui qui sera ordonné évêque soit digne de cette charge.

Le huitième excommunie ceux qui s'emparent des biens de l'Église.

Le neuvième soumet à la censure des canons ceux qui prennent les revenus des chapelles, et qui oppriment lus prêtres des paroisses.

Le dixième ordonne que l'on paiera les neuvième et dixième des biens de l'Étllise aliénés, et condamne l'usure.

Le onzième défend de recevoir les sermens des deux parties en justice, et excommunie celle qui en fera un contraire à celui de sa pratie.

Le tlouzième défend, sous peine d'excommunication, les comjjats singuliers qui étaient alors en usage pour servir de preuves.

Le treizième porte que les évoques s'aideront les uns les autres pour i)unir ceux qui sont rel)elles à leurs évèques, et que ceux qui sont excommu-

niés dans une église, ne seront point reçus dans une autre.

Le quatorzième recommande aux évéques de ne point donner lieu par leurs vexations aux clercs et aux moines de se plaindre d'eux.

Le quinzième enjoint aux évêques de mener une vie exemplaire.

Le seizième leur ordonne de prêcher et d'instruire leurs peuples, tant ceux des villes que ceux de la campagne.

Le dix-septième leur enjoint d'être soigneux de visiter leur diocèse sans être à charge à personne.

Le dix-huitième porte que l'on rétablirades écoles pour enseigner leslettres divines et humaines et le chant.

Le ilix-neuvième veut que les métropolitains et les évêques aient soin que le clergé soit bien réglé.

Le vingtième ortlonne qu'on ait soin de conserver les ornemens et les trésors de l'Eglise, et que l'on n'en fasse point d'autre usage que celui qui est ordonné par les canons.

Le vingt -unième porte que l'on n'aliénera point les biens de l'Église, qu'on n'ait pris auparavantdegramles précautions, de peur que l'Église n'en reçoive de dommage.

Le vingt-deuxième remédie à un abus qui s'était introduit, qui était que les évêques ne laissaient pas d'exiger des droits de visite, quoiqu'ils ne la fissent pas. ^

Le vingt-troisième et le dernier est en faveur de l'archidiacre de l'église lie Vienne , que l'on revendiquait comme esclave. On justifie qu'il ne l'est point, et ou menace d'excommunication ceux qui le persécuteront pour ce sujet. ( Reg. 21.

Lab. 8. Hard. 5.)

Le sixième concile fut tenu l'an 890. On y reçut Louis, fils de Boson, pour roi d'Arles. (Reg. 24. Lab. 9.

Hard. 6.)

Le se])tième, l'an 1100, contre Nérigaud, évêque d'Autun, et Hugues, abbé de Flavign y, simoniaque. (Hard.

tom. 7.)

Le huitième, l'an 1248. Pierre,cardinal-évêque d'Albano , et Hugues ,

cardinal-prêtre du litre de sainte Sabine, légat du saint-siége, tinrent à Valence un concile des évêques des provinces de Narbonne , de Vienne en Dauphiné, d'Arles et d'Aix. L'ouverture s'en lit dans le mois de décembre, et on y publia vingt -trois canons.

Le premier ordonne qu'on observera inviolablement les canons des conciles ci-devant tenus par les légats du saint-siége.

Le second , que tous les trois ans on renouvellera le serment de garder la paix, et qu'on y ajoutera qu'on ne favorisera en aucune manière l'empereur Frédéric, ni qu'on ne lui fournira aucun secours.

Le troisième porte qu'aucun clerc dans les ordres sacrés, les chanoines des églises cathédrales, ni les autres bénéfi^ciers, n'exerceront aucun office public dans les juridictions séculières, sous peine de suspense.

Le quatrième enjoint aux bénéliciers de recevoir les ordres sacrés , lorsque la nécessité le requiert, et que l'évêque le commande.

Le cinquième veut qu'on oblige les juifs à porter une marque qui les distingue d'avec les chrétiens.

Les sixième, septième et huitième portent que, suivant les constitutions canoniques, on punisse les parjures, et qu'on les dénonce publiquement.

Le neuvième ordonne qu'on fera exécuter les sentences portées par les inquisiteurs , en se servant des censures ecclésiastiques.

Le dixième déclare qu'on doit refuser l'entrée de l'Eglise aux évêques qui ne voudront pas les faire exécuter.

Le onzième dit qu'il ne faut pas souffrir, dans les at'taires qui regardent le tribunal de l'inquisition , les avocats qui , par leur chicane, retardent les causes.

Le douzième porte qu'on remettra entre les mains des évêques les sacrilèges et les sorciers ; et que, s'ils ne veulent se convertir, on les condamnera à une prison perpétuelle, ou

à quelque autre peine, au choix des évêques.

Le treizième ordonne des peines contre ceux qui ôtent les croix qu'ils portaient sur eux pour marque qu'ils avaient abjuré l'hérésie, ou qui se sauvent des prisons, ou qui méprisent les excommunications.

Le quatorzième défend d'élever aux magistratures et aux charges publiques les excommuniés.

Le quinzième veut qu'on excommunie ceux qui font quelques ordonnances contraires, ou qui mettent au banc les personnes qui fulminent les sentences d'excommunication.

Le seizième porte que les ])rélats éviteront ceux qui oiitété dénoncés et excommuniés par leur évêque , sous peine d'être privés pour un mois de l'entrée de l'église.

Le dix-septième déclare que ceux qui, ayant été excommuniés, ne laissent pas de faire les fonctions de leur ordre, tombent dans un péché réservé au siège apostolique.

Le dix- huitième veut qu'on empêche l'entrée de l'église a ceux qui communiquent sciemment avec des excommuniés.

Le dix-neuvième commande qu'on observe exactement les règlemens des canons portés contre ceux qui sont homicides des clercs, qui enlèvent les biens ecclésiastiques, qui violent les libertés de l'Eglise, etc.

Le vingtième veut qu'on abolisse, sous peine d'excommunication , les confréries.

Le vingt - unième porte la même peine contre ceux qui refusent de jurer de garder la paix.

Le vingt-deuxième et le vingt-troisième lancent les foudres de l'excommunication contre l'empereur Frédéric et ses fauteurs ou adhérens.

(Lab. ] I. Hard. 7.)

VANNES, Fenetiœ , ville épiscopale sous la métropole de Tours , aujourd'hui chef - lieu de préfecture du département du Morbihan, est située à vingt -trois lieues de Rennes, à vingt-six de Nantes, à cent quatre-vingt de Paris, et à deux

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fie la mer, avec laquelle elle communique par le canal de Morbihan. C'est une des plus considérables île Bretagne et des plus anciennes, ayant été la capitale des Vanètes, le plus célèbre peuple des Gaules. Elle est d'un petit circuit, mais fort peuplée, et ses faubourfis sont forts étendus.

L'évêque était seigneur en partie de la ville. Le chapitie de la cathédrale (Siint-Pierre), composé autrefois de cinq dignités et quinze chanoines, consiste aujourd'hui en liuit chanoines-, l'évêque est assisté de deux vicaires-généraux. Les jésuites y avaient un collège, et il y avait ])lusieurs autres maisons religieuses. Le diocèse, établi dans le cinquième siècle, et qui comprend le départem. du Morbihan, contenait cent soixante parcàsses. Il renferme maintenant trente -sept cures, deux cent soixante-deux succursales et deux cent cimiuante-sept vicariats. Il y aussi dans ce diwcèse vingt -trois établissemens religieux de femmes. L'évêque jouissait de vin>n-quatre mille livres de revenu, et ne payait que trois cent cinquante florins pour S(!S bulles, selon l'Almanach royal et l'Europe ecclésiastique.

Evoques de J^anne^.

\, Saint-P.iterne souscrivit au con- <ile de Vannes, célébré pour son ordination par Perpétue, son métropolitain, en 465.

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