DEPARTEMENT DE L'ARDÈCHE
(VIVIERS.) NOMS OBSERVATIONS
DES ivEQTJES. PARTICULIERES.
DE SAVINES (Charles Lafont), né à Embrun en 1 74^, sacré évêque de Viviers le 26 juillet 1778, donna en 1791 la démission de son évêché entre les mains des électeurs du déparlement, afin, apparemment, qu'ils réparassent les vices de son institution, fut confirmé par eux, prêta le sermentcivique, ne s'intitula plus, suivant l'usage, qu'évêque de l'Ardèche, publia une défense de la constitution civile du clergé, où il établissait que tout évêque et tout prêtre pouvait exercer son ministère partout, osa, le 24 juin 1792, assisté de deux prêtres, donner la consécration épiscopale à deux curés de son département (Chaussy etPerbost; ce dernier se maria depuis), leur disant qu'ils avaient désormais autant de pouvoir que lui , à la seule réserve cfun reste de privilège que lui accordait la nouvelle constitution ^ et qui, vraisemblablement, allait bientôt finir avec elle ; sacra depuis les constitutionnels delaVaucluse et de l'Isère, vint renoncer à ses fonctions devant l'administration départementale le i^' décembre 1793, et là, se dépouillant de ses habits pontificaux, livra sa crosse, ses mitres, son calice, son vase aux saintes huiles, et toutes les autres marques de sa dignité, écrivit contre l'autorité de l'Église,
IJOMS OBSERVATIONS
DES ÉvÈQUES. PAHTICVI.liTlB8.
la discipline, les empèchemens du mariage, la célébration des fêtes, la loi du jeûne et de l'abstinence, se retira à Embrun, où il acheta, dit -on, sa tranquillité par une deuxième abjuration, revint en 1797 dans son diocèse, dont il parut vouloir reprendre la conduite sans rétracter aucune de ses erreurs, autorisa, dit-on, des changemens dans tous les rites, la langue vulgaire dans les offices, le mariage des prêtres, le divorce, enfin donna dans de telles aberrations et de tels excès, qu'il aliéna tout le monde, quitta son diocèse et se retira à Paris, d'où il ne se mêla plus de ses fonctions. Il avait refusé, en 1797, d'assister au concile des constitutionnels. On ne voit pas qu'il ait donné sa démission en 1801. M. l'archevêque de Vienne était chargé de l'administration du diocèse de Viviers, et avait établi à cet effet un conseil dont on assura que M. de Savines dénonça les membres après le 4 septembre 1797 (18 fructidor), et quelques-uns furent, en effet, déportés à rile-de-Rhé. M. De Savines se rétracta depuis, et mourut à Embrun à la fin de 1814.