‹ Bibliothèque sacréeChapitre 1 sur 174 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'ouvrage que nous proposons au public se recommande déjà par l'immense variété' des matières que suppose son titre qui ne peut en offrir qu'un sommaire très-abre'gë. Les travaux de nos ancieng Cénobites, de ces hommes qui, dans des siècles de te'nèbres^ de désolation et de ruines, sauvèrent des mains des barbares et emportèrent dans le fond de leurs solitudes un feu plus sacré que celui de Vesta , le feu de la religion et des sciences; ces travaux, disons-nous, ne seront point sans fruit pour nos derniers neveux. De toutes parts on s'empresse de déblayer les décombres dont la France a été couverte pendant nos troubles, et d'en tirer une foule d'qeuvres dignes d'un meilleur sort, pour les rendre à leur première destination, celle de répandre des lumières également précieuses à la religion , à la morale publique et aux belles-lettres. Le goût des sciences avait persévéré dans nos cloîtres jusqu'à leur anéantissement qui eut lieu dès la seconde année de la révolution . Aussi devonsnous regarder ce Dictionnaire comme un des derniers efforts de ceux de nos savans religieux qui ont tout à la fois édifié et illustré l'Église universelle par la sainteté de leurs veilles et la noblesse de leurs travaux.

Cette immense compilation ne pouvait être que le fruit de travaux extrêmement pénibles , même pour toute réunion d'hommes ayant le courage de s'y livrer. Mais elle était, ce qu'elle serait encore aujourd'hui, impossible à un seul, quelque érudijt^

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([uelque savant qu'on pût se l'imaginer. Les meilleurs livres de ce genre, qui ont paru parmi nous depuis la renaissance des lettres , sont dus exclusivement aux veilles laborieuses d'un petit nombre d'hommes sépares du monde, et par conséquent e'trangers à ses inquiétudes, à ses embarras, et à toutes ces passions tumultueuses qui troublent l'esprit le plus porté à la méditation , et lui enlèvent sans retour la paix et l'amour du travail. Ces deux dernières qualités sont nécessaires aux succès des belles-lettres qui, selon nous, de quelque point qu'elles partent, doivent tendre au même but, à Dieu, source unique de la science qu'il ne fait découler sur nous que pour nous la faire remonter vers lui , et nous avec elle. Privés que nous sommes de ces Congrégations religieuses qui ont brillé avec tant d'éclat dans la littérature sacrée et profane, les ouvrages les plus considérables par leur étendue , les plus importans par leur utilité, que nous possédions de nos jours , ne sont que des réimpressions, et les nouveaux qui leur ressemblent par l'étendue du travail, ne peuvent encore aujourd'hui se recommander plus efficacement , parmi nous , qu'en s'annonçant comme sortis d'une Société de gens de lettres.

Ce fut aussi une Société de gens de lettres qui produisit ce Dictionnaire universel des Sciences ecclésiastiques. Voués par état à la prédication, plusieurs religieux Dominicains se réunirent pour donner à leurs contemporains cet excellent ouvrage que nous ne nous sommes décidés à réimprimer sous un format plus commode et généralement adopté, que parce que nous le voyons recherché par la postérité déjà commencée pour ces sa vans auteurs, et que nous le croyons

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digne de celle qui nous suivra. Les RR. PP. Ricliard et Giraud conduisirent cette belle entreprise. Ils possédaient toutes les ressources littéraires qui ne se trouvent re'unies que dans une grande nation ayant le double avantage, au sacre' et au profane, d'être régie par une même foi et soumise à un même sceptre ; ils vivaient dans la capitale où se concentrent encore plus fortement les véritables lumières répandues sur toute la surface de ce vaste royaume. Aussi leur édition fut-elle bientôt épuisée. La variété et l'importance des matières dont ce précieux ouvrage est rempli porta tous les Ecclésiastiques de France, et même des pays étrangers, à considérer ce travail comme le guide le plus sûr et le plus fidèle qu'ils pussent suivre; et c'est avec une juste confiance qu'accroît encore la paix dont nous jouissons, que nous présentons notre édition aux Ecclésiastiques et aux Laïcs , et aussi aA'ec l'espoir d'un succès dont Thonneur appartiendra tout entier aux savans Religieux qui en ont été les premiers auteurs. Cependant, malgré tous nos soins pour donner au Public un ouvrage si important, et qui est si loin de démentir son titre, nous nous sommes trouvés subitement arrêtés par une réflexion que nous soumettons au jugement de nos futurs lecteurs. Dans cette immense Collection des Sciences ecclésiastiques, se trouvent comprises les Églises de France , telles qu'elles existaient avant nos troubles. Que de droits perdus î que de privilèges anéantis ! Toute cette nomenclature est à refaire et nous avons pris les moyens de reproduire la France ecclésiastique moderne, sans oublier ses relations avec l'ancienne. Ainsi toutes les Eglises de France seront provisoirement supprimées.

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ail Corps de ce Dictionnaire; il en sera dressé un nouveau Catalogue raisonné cjue nous ajouterons dans le dernier volume , et dans lequel nous espérons ne rien laisser à désirer au public avide de s'initier dans cette partie si intéressante de notre science nationale.

Chaque nouvelle édition d'un ouvrage doit être plus parfaite que la précédente. Le Public s'y attend avec justice, et nous le mettons à même de juger de nos soins pour le satisfaire, sous ce rapport, par la comparaison de l'ancienne édition avec la nôtre. Ce Dictionnaire, tel qu'il existait, se composait, i». du Dictionnaire primitif en 5 vol. in-folio; 2». d'un sixième vol. tout entier de supplément; 3°. d'un tiers de vol. d'additions et corrections, placées à la fin du cinquième; 4°« enfin d'autres additions et corrections en plus petit nombre, mises à la fin du second, et destinées par conséquent aux deux premiers. Il a donc fallu jusqu'ici, en lisant un article, s'assurer s'il n^était pas contredit, en tout ou en partie , par le Supplément, ou par le Supplément du Supplément , autrement dit Additions et Corrections. C'était là le défaut unique, il est vrai, mais essentiel, de ce Dictionnaire, et qui est assez commun à tous les ouvrages de ce genre, faits à plusieurs reprises , continués par différens auteurs, retouchés successivement par différentes mains, et auxquels il manque la qualité première, l'unité du travail. Nous avons refondu le tout dans celte nouvelle édition qui prouvera jusqu'à quel point nous ambitionnons de mériter les suffrages du Public éclairé, et avec quelle ardeur nous désirons de contribuer, autant qu'il est en nous, au plus grand bien de la Religion et des Belles-Lettres.

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Pour donnnér a MM. les Ecclésiastiques une idée de cet ouvrage , nous présenterons ici l'analyse du plan sur lequel il est forme', avec les noms des principaux auteurs qui ont été consultés dans le temps par les RR. PP. Dominicains.

1°. Écriture Sainte. Elle tient le premier rang dans cet ouvrage. On y trouvera généralement tous lés noms, soit d'hommes, soit de lieux, sacrés et profanes , qu'elle renferme. Dans cette partie , ainsi que dans les autres , on ne parle que d'après les meilleurs auteurs , et surtout d'après dom Calmet , dans son Dictionnaire de la Bible. On y trouvera aussi l'explication des noms hébreux , telle que l'a donnée M. de Sacy. Outre un Traité de V Ecriture-Sainte , et un autre Traité de la Bible , qui ont leur place sôus leur nom propre , on rapporte tout ce qui concerne en particulier chaque livre de l'Ecriture sous leurs noms respectifs , comme Genèse , Exode y Lévitique , etc.

2°. Histoire Ecclésiastique. Elle renferme celle des Saints et Saintes , des Papes , des Pères de l'Eglise et des Écrivains Ecclésiastiques , des Conciles , des Schismes, des Hérésies, des Ordres militaires et religieux , des Patriarchats , des Sièges métropolitains ou épiscopauX de toutes les régions de la terre , avec la succession chronologique de leurs Patriarches , Archevêques ou Évêques; et elle est tirée des auteurs les plus exacts et les plus judicieux, tels que MM. de Tillemont , Fleuri , Bossuet , Baluze de Sainte- Marthe, Dupin, Richard Simon, les PP. dom Mabillon , dom Ceillier , Alexandre , Echard , Touron , Lequien , Labbe , Hardoin , Mansi, Martenne, le Cai^

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