‹ Bibliothèque sacréeChapitre 118 sur 174 · AILE DE SAINT MICHEL · texte numérisé non relu

AILE DE SAINT MICHEL

Ordre militaire de Portugal institué l'an ii65 ou 1171 par Alphonse-Henri 1"% roi de Portugal, en mémoire d'une victoire qu'il remporta sur le roi de Séville et les Sarrazins , et dont il crut être redevable à Saint-Michel qu'il avait pris pour patron dans cette guerre contre les infidèles.

Les chevaliers de l'Aile de SaintjMichel furent ainsi nommés , jîarce que dans leur enseigne ils portaient une aîle en forme de celle de cet Archange , laquelle était de couleur de pourpre , environnée de rayons d'or. Ces chevaliers avaient la règle de Saint-Benoît , suivant l'institut de Cîteaux. Ils faisaient vœu de défendre la religion chrétienne et les confins du royaume , et de protéger les veuves et les orphelins. Dans leur étendard , on voyait d'un côté un saint Michel terrassant le Démon , et de l'autre la croix de l'Ordre en forme d'épée, avec ces mots, Qiiis ut Deus , qui est semblable à Dieu.

Cet Ordre ne subsiste plus. J^oj.

le père André Mendo, jésuite, de Ordi'n. niilit. Joseph di Michieli , Tesoro iinlitar de Cavalleria aiuiquaj- moderna.

AIG AILLI ( Pierre d'), cardinal, né à Compiègne en 1 35o , d'une famille assez obscure , doit son élévation au collège de Navarre qui le reçut au nombre de ses boursiers l'an i3';2. Il fit dans la philosophie et la théologie de si grands progrès , que trois ans après , il se vit en état de donner lui-même des leçons et de prêcher en public. 11 n'était encore que sous-diacre lorsqu'il fut apj^elé pour assister à un synode d'Amiens , dans lequel il fit un discours aux prêtres de ce diocèse. Il reçut le bonnet de docteur à Paris l'an 1 38o , le 1 1 avril , et fit l'année suivante, en présence du ducd'Ajou , un discours au nom de l'Université, dans lequel il montra qu'il était nécessaii-e d'assembler un concile pour faire cesser le schisme.

Il fut fait cette même année chanoine de Noyon , et y demeura jusqu'à l'an i384 , qu'il fut rappelé à Paris, pour être supérieur du collège de Navarre. Il s'acquitta de cette charge avec dignité , et se rendit recomman— dable par ses leçons et ses prédications. C'est de son école que sortirent Jean Gerson , Nicolas Glémangis et Gilles Deschamps, les plus célèbres théologiens de ce temps-là. L'Université de Paris ne trouva personne plus capable de soutenir sa cause contre Jean de Monteson , au tribunal du pape Clément vn , que ce docteur. Elle le députa à la cour de ce pape à Avignon où il plaida lui-même la cause de l'Uni- '^ vcrsité contre Montesou avec-

AIL tant de force /que le pape cl les cardinaux confirmèrent le jugement de l'Université. Étant de retour de sa légation , il fut honoré l'an 1 389 de trois dignités considérables; savoir, de chancelier de l'Université , d'aumônier et de confesseur du roi Cliarles VI en 1394. Il fut nommé trésorier de la sainte Chapelle , et envoyé par le Roi vers Benoît xiii pour travailler à la paix de l'Eglise. Il fut ensuite élu successivement à deux évèchés, à celui du Puy-en-Velay et à celui de Cambrai dont il prit possession en 1396, après s'être démis de sa diarge de chancelier de l'Université en faveur de Jean Gerson .

Il employa ses soins dans la suite à l'extinction du schisme et assista au concile de Pise. Enfin , Jean xxni le nomma cardinal du titre de Saint- Ciirysogone l'an 141 1 . Il assista en cette qualité au concile général de Constance, et fut un de ceux qui eurent plus de part à tout ce qui s'y passa.

Il y composa des Traités et y fit plusieurs Sermons sur les matières qui étaient traitées dans le concile. Il revint ensuite à Cambrai où il mourut Tan 1^25.

îfous allons donner la liste de ses ouvrages, tant imprimés que manuscrits. Des Commentaires abrégés sur les quatre livres des Sentences, imprimésséparément en i5oo, in-4° , et à Strasbourg, 1490 , avec les Traités suivans :

Questions ou Principes sur les quatre livres des Sentences. Recommandations de la Sainte- Ecriture ; Principes sur le cours

AIL

de la Pible , et principalement sur l'Lvangile de saint Marc ; Question de vespérie , savoir si l'Église de Jésus-Christ est réglée par la foi ? Question de résompte ; savoir si l'Église de Saint-Pierre est gouvernée par un Roi , réglée par une loi , confirmée par la foi , et dominée par le droit ? Traité de piété du même auteur , réimprimé à Douai , en i634 ; savoir , le Miroir de considération qui contient douze chapitres. L'Abrégé de la contemplation , divisé en trois Traités : le premier sur la 2. 2. de saint Thomas, le second sur la Généalogie spirituelle de Jacob. Le troisième , des Sens spirituels de l'homme. Un ouvrage des quatre échelons de l'échelle spirituelle , tiré de saint Bernard. La Parole abrégée sur le livre des Psaumes. Méditation sur le psaume 3o , sur le psaume Judica me Deus , sur les psaumes pénitentiels , sur le Cantique des Cantiques , sur l'Ave-Maria , sur les Cantiques de la Vierge , de Zacharie et de Siméon , avec un Épilogue des exercices spirituels. Un Traité sur l'Oraison Dominicale , un Ecrit des douze honneurs de saint Joseph. Le Traité de l'àme , réimprimé à Paris en i5o5. ^ ingt Sermons entre lesquels est un sermon de la Trinité, prêché l'an i^oSà Genève, devant Benoît XIII , par lequel il lui persuada de faire célébrer cette fête dans toute l'Église , avec la constitution de ce pape sur ce sujet, et un Traité de la forme ou de la

manière d'élire le pape, qu'il fit dans le temps du concile de Constance , aussi bien que son Traité de la réforme de l'Eglise , présenté aux Pères de ce concile l'an i4i5 , imprimé dans le Recueil intitulé , Fasciculits renim expetendarum , et un Traité de l'autorité de l'Église et des cardinaux. Parmi les œuvres de Gerson , on a encore un Sacramentel qui porte le nom de Pierre d'Ailli , imprimé à Louvain en 1 487 , et la Vie de saint Pierre de Moron ou Célestin , imprimée à Palis en iSSg ; un Traité de la puissance ecclésiastique, un Traité de l'interdit , un Traité de la permutation des bénéfices , un Traité des lois , un Traité du concile général , des Questions sur la création. Une Réponse aux conclusions de frère Matthieu pour la secte desFlagellans, avec le livre de la Concorde , de l'Astrologie et de la Théologie. Ces deux derniers sont parmi les ouvrages de Gerson. Les autres ont été imprimés à Cologne avec quelques autres Traités d'astrologie. Un Traité de la sphère , imprimé à Paris en 1494? ^^ ^ Venise en 1 5o8. Un Traité sur les météores d'Aristote et les impressions de l'air , imprimé à Strasbourg en i5o4 , et à Vienne en iSog. U a beaucoup estimé l'astrologie judiciaire , et rapporté aux astres non-seulement les événemens civils , mais aussi les changemens de religion et la naissance des hérésies , et a mèjne cru que , par les principes de cette science, on pouvait prédire

AIL

la naissance des hérétiques , des prophètes , et de Jésus-Christ même.(Dupin, Biblioth. eccîts.y sess. i5. )

Ses manuscrits sont gardés dans la bibliothèque du collège de Navarre , et en voici la liste rapportée par M. De Launoy, ( Histoire du collège de Navarre, tom. 2 , pag. 479-) Question pour savoir si on est hérétique , pour assurer qu'on peut donner ou recevoir de l'argent pour le droit d'enseigner. Questionsurla répréhension que saint Paul a faite à saint Pierre. Deux Traités des faux prophètes, trois Traités contre frère Jean de Montéson , et plusieurs Sermons, etc.

( M. Cave. )

AILMER au EIMER, religieux de l'Ordre de Saint-Benoît et Anglais de nation, vivait dans le douzième siècle. Nous avons de lui quelques ouvrages dont l'un est intitulé, de la Recherché de Dieu , et l'autre , de son Absence. Au moins Pitseus en fait mention dans son Histoire des écrivains d'Angleterre. 11 mourut vers l'an I i3o.

AILRÈDE ou EALRÈDE , second abbé de Riéval ou de Re— verbi de l'Ordre de Cîteaux , au diocèse d'Yorck , était Anglais.

Il fut élevé avec Henri , fils de David , roi d'Ecosse , dès sa plus tendre jeunesse. Étant plus avancé en âge , on lui proposa plusieurs évèchés qu'il refusa toujours avec modestie. De retour en Angleterre , il souhaita d'entrer dans le monastère appelé vulgairement Reverbi; il y fut

AIL admis et tâcha d'imiter les vertus de saiiit Eeniard , aussi bien que sa manière d'écrire ; ce qui le fit bientôt choisir pour abbé. Il mourut l'an 1166. Nous avons de lui trente Sermons sur le treizième chapitre d'Isaïe, touchant les malheurs de Eabylone , des Philistins et des Moabites ; un traité iutitulé , le Miroir de la charité , divisé en trois livres , avec l'abrégé de ce traité. Trois livres de l'amitié spirituelle et un discours sur ces paroles de saint Luc , Jésus - Christ étant îigé de douze ans. Un fragment de son Histoire d'Angleterre , et vingt-cinq Sermons imprimés dans la bibliothèque de Cîteaux.

Son Miroir de la charité est un très-bel ouvrage, plein de maximes solides sur l'amour de Dieu et sur les autres vertus chrétiennes. Le Traité de l'amitié est composé en forme de dialogue.

Il y fait voir qu'il ne peut y avoir de véritable amitié qu'entre les personnes chrétiennes et vertueuses. Surius a donné plusieurs Vies des Saints d'AngleteiTe sous le nom decet auteur , mais qu'il a lui-même accommodées à son style. Nous avons parmi les historiens d'Angleterre U Vie de saint Edouard , composée par saint Ailrède, et quelques autres Traités d'histoire de (;e royaume. Ses autres ouvrages ont été donnés au public par le V. Gilbon , jésuite, et imprimé ù Douai l'an i63i , dans la bibliothèque de Cîteaux et dans la dernière biblioth.desPP.La règle des religieuses , attribuée fausse-

ment à saint Augustin, se trouve sous le nom de saint Ailrède dans le Recueil des règles donné par lîolsténius. Gilbert d'Hor^ lande a fait l'éloge d'Ailrèdedans la continuation du commentaire de saint Augustin, sur les psaumes. Cave. Dupin, 1 a' siècle.

ALASTOR. Nom appellatif de certains esprits malins ou de démons qui ne cherchent qu'à nuire , qui causent des orages , des pertes , etc. Plutarque les appelle Telchines , Alastoros, que Tiiomas Morus traduit malins esprits.

AIMOIN, moine de Fleury , vint au monde sur la fin du dixiè;ne siècle. Il entra fort jeune dans ce monastère, et apprit la vie religieuse sous Oybolde qui en était alors abbé. Il vécut ensuite sous Abbon et Gauzlin , et suivit le premier dans le voyage qu'il fit au monastère de Squirs oii il fut témoin de sa mort , ou plutôt de la manière dont il fut tué. Il avait déjà adressé à cet abbé quatre livres de V Histoire de France. Il la commence à la prise de Troie et la conduit jusqu'au règne de Pépin , en n^i.

Il paraît qu'on y a ajouté quelque chose , surtout le cinquième livre. Elle est dans le Recueil des historiens français de Du Chêne , tome 3. Il a fait aussi la V ie d' Abban , abl »é de Fleury, qui est dans les Siècles des Bénédictins , aussi bien que deux livres des Miracles de saint Benoît , un Sermon sur ce saint et l'histoire de la translation de ses reliques en France, avec des poèmes. Tout

cela est aux Siècles deux etquatie , téiiédictins.

AIMOIN , dit de Paris , parce qu'il était moine de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés , plus ancien que celui dont nous vciious de parler , puisqu'il vivait au milieu du neuvième siècle, a écrit une Pvelation de la translation du corps de saint Yincent, deux livres des Miracles de saint Germain , éveque de Paris , et d'autres écrits sur différentes reliques qui avaient été apportées en cette abbaye , de saint George moine, de saint Aurèle , et de sainte oSatlialie ou ISoèlle. Ces pièces ont été données par le père Mabilloo , en trois ou quatre tomes des Siècles Bénédictins.

AIMON , moine de l'abbaye de Savigny , de l'Ordre de Cîteaux, était Breton et natif de Landacob. Il prit l'habit de religieux dans l'abbaye de Savigny au diocèse d'Avranclies en Normandie , différente de l'abbaye de ce nom qui est dans le diocèse de Lyon , de l'Ordre de Saint- Benoît. Il écrivit divers ouvrages de piété , et mourut en odeur de sainteté vers l'an 1 171. ( Séguin, Devir. illust. Ord. cister., liv. 3, cap. 67. Mariquez , t. 2 , Annal. , ad an. 1 147 , cap. 7 , jium. 6, 7. Carol. de \ isch. , Biblioth. cistér. , etc.)

AlNÉ. Est le premier né d'entre les màks en loyal mariage , quoiqu'il ait des sœurs nées avantlui. Celui des deux jumeaux qui est venu au monde le premier est réputé l'aîné; mais si

AIN l'on ignore lequel des deux est venu au monde le premier , le droit d'aînesse doit eji ce cas être partagé entre l'un et l'autre. (Tiraqueau , en son Traité du droit d'aînesse, quaest. 17 , in fine.) Ce droit ayant été partagé entre eux par moitié, si l'un des deux vient ensuite à décéder sans enfans, la part que le défunt avait dans ce droit d'aînesse doit appartenir à celui qui survit par droit de non-décroissement, attendu la conjonction naturelle et légale qu'il y avait entre ces deux frères. ( Tiraqueau, ibid. , quaest. 20.

AÎNESSE. Droit d'aînesse est une prérogative cjue la loi donne à l'aîné dans la succession de ses ascendans, comme étant le chef de la famille. Cette prérogative qui consiste dans un préciput et dans une portion plus considérable que celle de ses cohéritiers, adjugés à l'aîné dans les succescessioas de ses père et mère , n'a pas lieu pour les pays r^is par le droit écrit ; on ne la connaît qu'en pays coutumier.

C'est principalement sur les fiefs que les coutumes accordent un préciput et une portion avantageuse à l'aîné ; mais leurs dispositions diirèrent beaucoup les unes des autres sur ce point , et chaque coutume a réglé ce droit comme bon lui a semblé. 11 y a néanmoins certains principe?, généraux cjui conviennent presque à touttsles coutumes, quelque diversité qui se rencontre entre leurs dispositions particulières.

AIN Il y a des coutumes qui dans le partage des successions distinguent la qualité des personnes et veulent que les successions des nobles se partagent d'une manière et celles des roturiers de l'autre ; mais la coutume de Paris donne un droit d'aînesse aux roturiersaussibien qu'auxnobles et elle ne l'accorde que sur certains biens. Les héritages roturiers se partagent également entre l'aîné et ses cadets ; il n'y a que les fiefs et les franc-aleux nobles sur lesquels le droit d'aînesse ait lieu.

Ce droit consiste , i° dans le jjréciput que la coutume donne à l'aîné des enfaus mâles ; 2.° dans la plus grande partie qu'elle lui donne dans les fiefs et francaleux nobles , outre lepréciput.

L'article i3 delà coutume de Paris détaillant ce que c'est c{ue le préciput qu'elle accorde pour droit d'aînesse, dit qu'au Jîls aîné appartient un château tenu en fief , et à son choix , s'il y en a plusieurs dans la succession , avec toutes les dépendances c{ui consistent dans la cour , les fossés , la basse- cour , l'enclos ou jardin, jusqu'à la concurrence d'un arpent ; et si le jardin est plus grand , pour conserver l'ornement du château, la coutume permet à l'aîné de retenir le jardin en entier , en re'compensqnt ses puînés en terres du même fief si tant y en a , sinon en autres terres ou héritages de la succession, à la commodité des puînés tant que faire se peut , au dire 4f experts ; mais il pe peut Ls

contraindre de recevoir leur récompense en argent.

L'aîné ne peut j^rendre qu'un château tenu en fief ; et si dans l'étendue du fief il y avait uns maison bieir bâtie tenue en roture , il ne pourrait pas la choisir pour son préciput. Tout de même il faut que le jardin ou la basse-cour soient tenus en fiaf pour que l'aîné puisse les prendre à titre de préciput ; si c'était des héritages roturiers , il faudrait les partager par égales portions. Mais comme il arrive souvent que dans l'étendue du préciput de l'aîné il se trouve, ou un moulin , ou un pressoir , ou uii four qui quelquefois sont bannaux et dont les profits porteraient un trop grand préjudice aux puînés , la coutume de Paris a ajouté, par l'article 1 4, que l'aîné aurait seulement le corps du moulin , four ou pressoir ; mais que le prof t , c'est-à-dire le revenu du moulin bannal, ou non bannaV, et du four Ou pressoir ùannaux, se partageraient com^ me le reste du fief

S'il se trouve dans le préciput de l'aîné un colombier , une garenne et des fossés , les pigeons, les lapins et les poissons appartiennent à l'aîné , sans cju'il soit pour cela obligé de récompenser ses puînés, (Ricard, sur l'article 14 de la Coutume de Paris. ) Les droits seigneuriaux dusau fief depuis l'ouverture de la succession, comme les lods et ventes , les reliefs , quints , etc. , n'entrent jjoint dans le préciput de l'aîné ; mais conuiie ils sont

dus aux fiefs, ils se partagent comme le domaine du fief, et l'aîné y prend la même part qu'il a dans le fief , abstraction faite du préciput.

A l'égard du patronage des bénéfices attachés aux fiefs , Chopin , Charondas et Duplessis estiment que ce droit ne produisant rien de réel, et n'étant qu'honorifique, il ne peut pas se diviser comme les droits utiles ; et que , quoiqu'il dépende de la totalité du fief , c'est cependant une espèce de nécessité qu'il demeure à l'aîné pour le tout, par la même raison qu'il reçoit seul l'hommage des vassaux qui ne le portent qu'au principal manoir. Dumoulin pense autrement.

Dans les successions où il y a des fiefs sans château ou principal manoir , la coutume règle en ce cas le préciput de l'aîné , par l'article i8 , à un arpent de terre , en tel lieu qu'il voudra le choisir. Dumoulin, sur cet article , estime que l'aîné peut choisir un arpent , soit de terres labouralîles , soit de vignes , soit cle bois ou prés. Brodeau et Ricard croient au contraire qu'il doit prendre seulement un arpent de terre , parce que, disentils , l'intention de la coutume est de donner cet arpent à l'aîné pour bâtir. Le sentiment de Dumoulin doit prévaloir , selon M. Denizart, Collection de jurisprudence , au mot AîxEssE.

Quand il n'y a qu'un fief dans la succession , et que ce fief ne contient que ce que la coutume

donne par ce préciput, il appartient tout entier à l'aîné, suivant l'art. 17 de la coutume de Paris , sauf toutefois la légitime des autres enfans et le douaire ; et ou, ajoute cet article, il y aurait d'autres biens qui ne fussent suffisans jjourfoumir lesdits droits aux enfans, le supplément de ladite légitime ou du douaire se prendra sur lefef.

Le second avantage que donne la coutume à l'aîné , est une plus grande part dans les fiefs et dans les héritages nobles. La coutume fait cette part plus ou moins grande selon le nombre des enfans ; car s'il n'y a que deux enfans ( ou souches ) , l'article 1 5 donne à l'aîné les deux tiers des héritages nobles , outre le préciput qu'il prend hors part , et elle n'accorde en ce cas que le tiers au puîné. Mais s'il y a trois enfans ou plus, l'article 16 ordonne le partage par moitié ; en sorte que tous les puînés n'auront qu'une moitié des terres en fief.

Lorsqu'il n'y a que des filles venant à la succession directe , il n'y a point de droit d'aînesse entre elles dans la coutume de Paris ; mais elles partagent également les fiefs et terres nobles , comme les immeubles roturiers.

La raison de cet article est que le droit d'aînesse n'a été accordé aux mâles que pour soutenir la dignité des familles. Cet article n'a cependant lieu que lorsque les filles viennent de leur chef à la succession de leur père ou nacre ; car lorsque les filles vien-

AIN ncnt à la succession de leur aïeul , par représentation de leur père qui était l'aîné ; alors , suivant l'article 324 > elles représentent leur père au droit d'aînesse qu'elles prennent comme leur père l'aurait pris , mais sans droit d'aînesse entre elles.

Cette disposition de l'art. Zi^ de la coutume de Paris doit être étendue aux autres coutumes qui ont admis la représentation aux termes du droit , quoiqu'elles n*aient pas réglé que les enfans , soit mâles, soit femelles, doivent représenter leur père aussi bien à l'égard du préciput qu'à l'égard de la portion héréditaire. Pour celles qui ont des dispositions contraires , comme Mclun , Meaux , Vermandois , Noyon , Saint - Quentin , Ribemont , etc. on peut voir Guyné , dans son Traité de la représentation.

Lorsqu'il y a des filles et des mâles, c'est l'aîné des mâles à C[ui appartient le droit d'aînesse.

Mais si l'aîné renonce , soit gratuitement , soit pour quelque donation à laquelle il se tient , alors il n'y a plus de droit d'aînesse entre les puînés. C'est la disposition des articles 2^ et 3io delà coutume de Paris.

Quand l'aîné est inhabile par quelque crime , ou par profession monastique, ou par une juste exhérédation , le mâle suivant doit avoir le droit d'aînesse; parceque l'inhabile n'est point compté , et est tenu pour mort et pour non existant. M. de Fer-

rière , Dictionnaire de droit et de pratique , au mot Aîné.

La légitimation n'attribue pds le droit d'aînesse à celui qui étant né avant ses frères procréés d'un légitime mariage, a été depuis légitimé ; parce que la légitimation n'a pas un effet rétroactif au préjudice d'un tiers et d'un droit qui lui a été acquis dès le moment de sa naissance. Ainsi le bâtard légitimé par mariage subséquent jouit du droit d'aînesse sur ses frères nés depuis le mariage, mais non pas sur ceux qui sont nés d'un autre légitime mariage intermédiaire. M. Le Brun , en son Traité des Successions , liv. 2 , chap. 2,sect. i , nombr. i5, est d'avis contraire; mais son opinion n'est pas suivie. {Voj. Belordeau , en ses Observationes forenses , lettre E , art. 6 , et lettre L , art. i . Brodeau , sur l'art. 1 3 de Z(2 Coutume de Paris, et sur M. Louet, lettre D , sommaire 52 ; Charondas , liv. 2 , rép. 3i ; Berauld , sur l'art. 2^5 de la Coutume de Normandie ; Argou , liv. I , chap. 10.

Le droit d'aînesse a paru d'abord et pourrait peut-être encore paraître à quelques uns une prérogative injuste et contraire à l'égalité que la nature semble inspirer aux pères et mères pour tous leurs enfans. Mais on a considéré que toute une famille est représentée par l'aîné des mâles qui , comme chef de la maison , est obligé de défendre l'État , de suivre son prince à la guerre , et a par conséquent

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besoin de plus grands biens , étant obligé de faire de])lus grandes dépenses que les puînés. C'est aussi par cette prérogative attachée aux aînés , que les familles conservent leur splendeur , qu'elles perpétuent leurs noms , et qu'elles en transmettent la mémoire à. la postérité avec plus d'écLit. Voilà les raisons qui justifient le droit d'aînesse , et qui l'ont fait introduire dans la plupart de nos coutumes. ( M. De Ferrière , Dictionnaire de droit et de pratique , au mot Droit d'aî>"f.ssé. )

AIN-TANUR. Quelques uns écrivent Hain - Tamnur , comme si c'étaient deux villes différentes , mais mal à propos. On doit dii'e Ain - Tanur , qui signifie , en langue du pays , fontaine ou bourg Tanur , proche i\'Améda , ville épiscopale du diocèse de Chaldée ; on ne sait sous quelle métropole. Les chrétiens chaldéens y sont en grand nombre , comme le marque positivement une lettre du patriarche ou du catholique Élie , écriteen i6i5 aux frèresMineurs, demeurant à .4lep. Basile en fut fait dernièrement évêque , après qu'il eut envoyé sa profession de foi à la congrégation de la Projjagande. Joseph m , catholique orthodoxe , l'ordonna. Tome 3 , Jjibl. orient. , part. 2 , pag. 71 5.

AION ou AHION ou EIN ou EN AN , frontière de Damas, (4- Jieg. , cap. i5 , V. 29. ) . AIOSSâ (Antoine), clerc régulier de Naples , auteur de plusiem-s traités dlfféiecs, dont l'un

AIR a pour titre : Disjjut. deSS. Trinitatis niysterio , impr. à Rome en i63i, etc.

AIR , Aër, corps léger, fluide, transparent , capable de compression et de dilatation , qui sert à la respiration , et qui environne le globe terrestre jusqu'à une certaine hauteur.

L'air est souvent désigné sous le nom de Ciel dans l'Ecriture, ( Gen. 19,24); les oiseaux du ciel , pour les oiseaux de Vair.

Dieu fit pleuvoir du ciel , c'està-dire de Y air , une pluie de soufre et de feu sur Sodome, etc.

Les puissances de l'air sont les démons qui exercent principalement leur puissance dans l'air , en V excitant des tempêtes , des vents , des oi'ages. Ephés. JJ , "i.

Dom Calmet , Diclionn. de la Bible , tome i . A , pag. 89 et supplément. A , pag. 28.

AIRED'ATHAD ( Gen. , c. 5o, V. II- )> ^^GU où les enfans de Jacob firent le deuil de leur père avec les Égyptiens qui les accompagnaient , et qu'on appela depuis A bel-Mi zràim, le deuil des Égyptiens. Saint Jérôme et Pro— cope de Gaze le placent entre le Jourdain et Jéricho , à deux milles du fleuve, et à trois milles de Jéricho , au lieu où l'on bâtit depuis Betli-Agla. Procop. Gaz., ad Gen. 5o. Iliéron, in lac. hcb.

in ared a th.

AIRE DE NACIION ( 1 1 . Reg., c. 6, V. 6.), lieu oùOza fut frappé de mort , pour avoir imprudemment porté la main à l'Arclie.

Elle est appelée, dans les Paralipoincnes , l'aire de Chidon.

AIR ( I . Par., c. i3 , T. 9. ) Tous les deux sont inconnues. Les uns croient que Nachon est le nom d'un homme à qui cette aire appartenait. D'autres traduisent Vaire préparée , le lieu destiné pour y placer l'Arche.

AIRE D'AREUNA ou D'OR- NAN , était située sur le mont de Sion , où l'on bâtit dans la suite le temple de Jérusalem.

(2. Reg.^ c. 24, V. 16 et seq.) Cette aire appartenait à Aréuna ou Oman Jébuséen. David y ayant vu l'ange du Seigneur prêt à frapper la ville de Jérusalem , et ayant appris que Dieu avait choisi ce lieu pour y établir son culte , acheta cette aire , et il y offrit au Seigneur un holocauste. ( I . Par., c. 21 , V. 18, e£ seq. ).

AIRE ou Von bat le froment.

lien est souvent parlé dans l'Ecriture. C'était des lieux à la campagne exposés à l'air , dans lesquels on battait le grain , ou avec des traîneaux , ou avec des bâtons , ou sous les pieds des chevaux ou des bœufs, que l'on faisait courir en rond sur les gerbes dressées les unes auprès des autres , l'épi en haut.

AIRE, Adura ou Atura , ainsi appelée à cause de l'Adour qui l'arrose , est une ville épiscopale en Gascogne , ou province Novempopulane, sous le parlement de Bordeaux et l'archevêché d'Ausch. On croit qu'elle fut bâtie du temps de l'empereur Honoiius , et elle est la huitième de la province. On l'appelait anciennement Vicus-Julii , et

nous voyons que les évêques , en souscrivant aux conciles , se disaient, J^ico-Julienses. On estime que ce Vicus-JuUi fut détruit par les Normands, et que ses évêques furent obligés de se retirer ailleurs, soit au Montde-Marsan , soit dans un lieu nommé J^ascons , d'où ils prirent le nom tantôt de Martianenses , tantôt de Vasconenses.

Mais pourquoi ne dirait-on pas que la ville d'Aire d'aujourd'hui a été bâtie sur les ruines ou proche de Vico'pilius 7 Des anciennes médailles qu'on a trouvées eu creusant dans un champ voisin de cette ville , semblent le persuader, et on y voit encore à présent des restes du palais d'Alaric, roi des Visigoths. La ville d'Aire est située dans un terrein fertile ; elle a été très-forte, riche et grande : elle est comme entourée par les villes de Lescar , Dax et Basas. Sa distance de Paris est de i55 lieues.

On trouve dans le diocèse d'Aire le bourg de Saint-Sever , célèbre par un alibaye de Bénédictins qui lui a donné son nom. On l'appelle cap de Gascogne ; le Mont-de-^Iarsan qui est le titre d'un archidiaconé, et la petite ville de Sainte-Quitterie, très-ancienne et illustrée par le martyre de cette vierge. Son église con-cathédrale avec celle d'Aire , à cause des reliques dont elle est [enrichie , est fréquentée par un grand concours de peuples qui y viennent de toutes parts .

L'église cathédrale d'Aire es-;

dédiée à la sainte Vierge. Les premières dignités du chapitre sont deux archidiacons , l'un dit de Mont-de-Marsan , l'autre de Clialosse. Il y a en outre dix chanoines. Le diocèse , quoique de peu d'étendue , renferme 211 paroisses. Le revenu de l'évêque est de 3o,ooo livres. La taxe en cour de Rome de 1,200 florins.

Évêques d'Aire.

I. Saint Marcel, le premier évèque d'Aire dont nous ayons connaissance , était sur ce siège en 5o6, comme on le voit par la souscription de Pierre , prêtre qui assista pour lui au concile d'Agde de cette année. Il gouvernait encore cette église en 533 , qu'il se trouva et qu'il souscrivit au second concile d'Oiléans.

2. Rustique, assista au second concile de Màcon en 585, et y souscrivit.

3. Philibaud, gouverna pendant quelque temps comme préfet la ville d'Aire , mais avec tant de douceur et de prudence , que le peuple le demanda pour évèque et l'obtint. Ce fut vers l'an 62a.

4. Asinarius, après une longue vacance , monta sur le siège d'Aire. 11 se trouva à un certain concile de Narbonne , sous Daniel , métropolitain , en 788.

Nous ne connaissons point ceux qui lui ont succédé jusqu'à la fin du dixième siècle.

5. Gombauld , fils de Sanchele-Grand , appelé évèque de Gascogne, l'était toutà la fois d'Aire,

de Basas, et de presque toutes les églises de la Novempopulanie, même d'Agen ; ce qu'on peut voir par une charte du monastère de la règle de 977 , où il se nomme lui-même évèque de toute la Gascogne.

6. Arsias ou Arsivus , surnommé Racha, eut aussi le titre d'évèque de toute la Gascogne , du temps de Guillaume Sanche , comte de cette province , en

7 . Ra^Tuond i , nommé Yetulus, dit M. de Marca, d'après le Cartulaire de Lescar , tint , à l'exemple de ses prédécesseurs , six évêchés ; c'est-à-dire , Basas, Aire , Acqs , Lavaur, Oleron et Lescar. Il assista au concile de Toulouse en io56, dans lequel il ne se nomme qu'évêque de Basas ; peut-être avait-il honte de dire qu'il l'était encore de plusieurs autres églises ; cependant il consers'a tous ces évêchés jusqu'en 1 059 , qu'on voit Raymond le jeune , évèque de Basas et de Lavaur , dit M. de Marca , qui cite une charte de l'église de Lavaur où ce Raymond le jeune dit que le pape Nicolas lui avait donné ces deux évêchés dans le concile de Latran ou Romain, en 1057.

8. Pierre i, moine de l'abbaye de Saint-Sever en io6i , io63 , 1080, 1084, Ï092.

9. Guillaume i*'. On ne sait que l'année de sa mort , marquée dans le Nécrologe de l'abbaye de Saint-Sever, en 1 1 15 , le i ijcal.

décembre.

I o. Vital i" suinojiuué de Saint-

AIR llcvinct, succéda à Guillaume en 1 1 1 5.

1 1 . Bon-Homme , en 1 1 20 , 1122. Il est complé parmi les évèques qui s'assemblèrent à Bordeaux en 1 1 3 1 pour terminer un différent qui était entre les évèques de Lescar et de Béziers. Le^îsécrologe de saint Jean de Castella marque sa mort en

12. Odon d'Arbessan, archidiacre et clianoinc d'Auscli , doit avoir succédé à Bon-homme , quoiqu'il ne soit parlé de lui qu'en 1170. Il vivait encore en

i3. Guillaume n , suivant Otlïenart et MM. de Sainte-Marihe , en 1 188.

14. Martin 1" , suivant les mêmes auteurs, en 1 194- Il était en même temps abbé , de Jean de Cas telle.

i5. Vital II , en I2II . Le Nécrologe de Saiut-Sever dit qu'il fut moine.

1 6. Jean i" Jut un des évèques qui en 1216 se trouvèrent aux accords de mariage entre Pétronille, comtesse deBéziers , et Guy de Montfort , fils du comte Simon , duc de Naibonne , dans la ville de Tavbes , le dimanche aprèsla fête de tous les Saints. Ou le place communément sur le siège d'Aire depuis 1209 jusqu'en

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