Jérôme Buccaureatus , 1 545 , mort en
25. Pierre Afïatasus, i547 , transféré six ans après à Minorque.
26. François-Augustin Selvagus , noble génois , de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, le 18 août 1 553 jusqu'en 1559 ,' 18 du même mois , qu'il fut transféré à Gênes.
27. François - Jules Luperchius , carme , succéda à Selvagus , i56o.
28. Nicolas Cicada de Gênes , évêque de Mariana , i563. C'est de son temps que Pie v transféra ce siège à Mariana.
ACCIAJOLI ( Zenobius) , Florentin de l'Ordre de Saint-Daminique , fut fait bibliothécaire du Vatican sous le pape Léon x en i5i8, sur la fin de sa vie.
Il savait le grec et l'iiébreu , et a traduit en latin quelques ouvrages des anciens Pères ; tels qyCOIj^nipiodore sur YEcclésïaste, le Traité d'Eiisbhe contre Hiévoclès , les douze livres de Théodoret ;, de Grœcanim ajfec-
AGC
tionum curatione ; Justin , mar*tj-r. Nous avons de lui des poèmes et des sermons sur l'épiphanic , et des harangues en l'honneur de Léon x. On a publié quelques lettres qu'il avait écrites à Pic-de-la-Mirandole , un traité latin à la louange de la ville de Rome ; le Panégyrique de la ville de Naples ; et la Chronique du couvent de Saint- Marc de Florence. Altamura , Diblioth. ordinisfrat. prœdicat.
ACCIDENT, terme philosophique pour exprimer ce qui survient à la substance , et qui ne lui est point essentiel ; ce qui peut y être ou n'y être pas , sans qu'elle périsse , ou qu'elle perde rien de son essence. La rondeur, par exemple , est un accident à J'égard d'un corps , parce qu'il n'en est pas moins corps , qu'il soit rond ou carré. L'accident absolu est celui qui subsiste , ou qui peut au moins surnaturcllement et par miracle subsister Sims sujet. Y a-t-il de tels accidens? Les nouveaux philosophes le nient contre le torrent des théologiens qui reconnaissent, après saint Thomas, des accidens absolus dans la divine Eucharistie. Ce saint docteur , consulté par les écoles de Paris où cette question faisait beaucoup de bruit , répondit par un ouvrage qui mit l'uniformité de senti- ■anens sur cette matière dans les écoles. Accidentia outem , ditil , sine subjecto in eodem ( sacramento ) subsistunt. Opusculo 5n.
Le catéchisme du concile de
ACC 145
Trente s'explique en ces termes sur cette question : Tertium restât , quod in hoc sacramento maximum atqiie mirabile videatur , panis videlicet et vint spe— des in hoc sacramento sine ali' quare siibjeclaconstare.(Pa.rt. 2, n». 44. )
Si les accidens eucharistiques avaient C£uelque sujet , ce serait ou la matière du pain , ou la surface du coi*ps de 3ésus-Christ, ou l'air et les autres corpuscules renfermés dans les pores de la matière cruelle qu'elle soit , et qui subsistent même après sa destruction , quand Dieu le veut , pour produire les mêmes sensations. Les accidens eucharistiques ne peuvent avoir la matière du pain pour sujet , puisque cette matière ne subsiste plus , et qu'elle est changée au corps de Jésus-Christ ; ils ne peuvent avoir non plus pour sujet la surface du corps de Jésus-Christ, puisqu'il est dans l'Eucharistie d'une manière invisible. L'air n'est point non plus le sujet de ces accidens , tant parce qu'il n'est point capable de les substanter , dit saint Thomas , que parce que les mêmes accidens , numéro, ne passent pas d'un sujet à un autre, et que d'ailleurs, dans cette supposition , l'air substanterait tout à la fois ses propres accidens et ceux du pain , ce qui ne peut être. ( 3 P. Q. 77, art. i , in cor]). )
D'ailleurs ce sentiment des
nouveaux paraît absolument
renverser la nature et l'idée du
sacrement et de la transubstan-
i46 ACC
tiation. Le sacrement par sa nature est essentiellement un signe sensible , non-seulement par rapport à nous , mais encore en soi, et, comme on parle dans l'école, exporte rei. Si tout ce qu'il y a de réel et de physique dans les accidens eucharistiques consiste en ce que Dieu fait en nous les mêmes sensations après la consécration que faisait le pain auparavant , le sacrement pour lors ne sera plus un signe sensible en soi , ex parte sui , mais seulement par rapport à nous , exporte nostri; et c{uand Dieu ne produira en nous aucune sensation , comme il n'en produit pas effectivement dans une hostie que nous ne voyons pas et qui est renfermée dans un tabernacle , il n'y aura plus pour lors de sacrement , puisc[u'il n'y aura plus désigne sensible, ni exporte nostri , ni ex parte sui. Ce sentiment paraît donc renverser la nature du sacrement. 11 ne renverse pas moins celle de la ti'ansubstantiation ; et cela pour deux raisons. La première , parce que la transubstantiation est une vraie conversion du pain et du vin dans le corps et le sang de Jésus-Christ ; or, en toute conversion , il doit y avoir quelque chose de commun qui demeure, après le changement , le même qu'il était avant le changement ; autrement ce ne serait qu'une simple substitution d'une chose à la place d'une autre. Comme donc dans l'Eucharistie, après la consécration , la substance du pain et du vin ne demeure pas ,
ACC il faut que ce qui en reste soit de purs accidens. La seconde raison , c'est c[ue , selon les principes des nouveaux philosophes, un corps ne diffère d'un auti'e que par la configuration différente de ses parties; et que partout où il y a la même configuration , ou le même tissu , le même arrangement de parties , il y a aussi le même corps ; et que partout où il y a les mêmes sensations produites , il y a aussi les mêmes arrangemens de parties qui les produisent. Or, dans l'Eucharistie , il y a les mêmes sensations après la consécration que devant; il y a donc les mêmes parties et le même tissu des parties qui produisent ces sensations ; il y a donc le même corps qu'auparavant ; il n'est donc point changé; il n'y a donc point de véritable transubstantiation dans les principes mêmes de la nom^elle philosophie. Mais , dira le philosophe, il ne se peut faire, viéme suriiaturelleiyient et par iviracle , que les accidens suljslstent sans sujet ; cela répugne à leur nature. Qui le lui a révélé?
Connaît-il l'essence des choses et l'étendue de la puissance de Dieu?
ACCLAMATIONS. Autrefois les magistrats et les évèques s'élisaient par les suffrages et les acclamations publiques. On se servait aussi d'acclamations dans les églises et dans les conciles , soit pour souhaiter de longues années aux empereurs , soit pour opiner.
ACCO ou ACCHO ou ACHE ,
ACC nommé depuis Ptolémaïde , au nord du Mont-Carmel , avec un poit de mer. Elle était de la tribu d'Aser. Les Croisés l'appelèrent Acre. Le fleuve Bélus ou Béléus tombe dans la Méditerranée , au pied et au nord de la ville d'Acco. Il en est très-souvent parlé sous le nom de Ptolémaïde , dans les livres des Macchabées. {Judic, c. I, V. 3x. )
ACCOLTI ( Benoît) , de Florence , fit un si grand progrès dans l'étude du droit et de La langue latine, qu'il fut appelé le Cicéron de son temps. La faveur du cardinal Pierre Accolti son oncle , et son propre mérite, rélevèrent à la cour de Rome où Léon X lui donna l'évêché de Cadix. Adrien vi le pourvut de celui de Crémone; puis il succéda à son oncle dans l'archevêché de Ravenne. Clément ville créa cardinal le 3 mai 1 527 . Ce fut à la persuasion de ce pontife qu'il écrivit un Traité des Droits du pape sur le royaume de Naples.
Il laissa d'autres ouvrages, et même des poésies. Il mourut à Florence en i549. Moréri , édit.
de 1759.
ACCOLTI (Benoît) , jurisconsulte et historiographe , né à Arezzo en i4i5, fut secrétaire de la république de Florence depuis l'an 1459 jusqu'à l'an 1466 qu'il mourut. Ses ouvrages sont : 1° de Dello à Christiauis contra Darbaros gesto , pro Chris ti sépulcre et Judœa recuperandis , en quatre livres imprimés à Venise en i532, in-4", et réimprimés à Bâle et à Venise,
ACC 147
puis à Florence, avec les notes de Thomas Dempster, en 1623, in-4° ; et à Groningue , revus par H. Hoffnider en 1731 , in-S". Le traducteur est François Baldclli. Yves Duchar, de Troyes en Champagne , traduisit le même ouvrage en français et en grec , et fit imprimer cette double traduction à Paris en 1620, in-S". Le second ouvrage de Benoît est un dialogue en latin sur l'excellence de son siècle. On le tira de la bibliothèque de Magliabechi pour le faire réimprimer à Parme en 1692, in-i2. Le père Niceron , au tome 28 de ses Mémoires, ne cite point cette édition , mais une autre de Parme en 1689 ' c'est peut-être la même. Ce dialogue , écrit avec élégance , a été réimprimé en 1735 à Coburg dans le recueil in-4'' > tome premier, à.QSvitce summoruindignitate et eniditione virorum , publiées par Jean-Gérard Meuschen, pasteur de Coburg, etc.
Moréri, édit. de 1759.
ACCURA , ville épiscopale du diocèse des Maronites , sous la métropole de Tyr , a eu les évêques suivans :
I ° Arsène , en 1 1 1 1 , résista fortement à Thomas Rharauite, métropolitain de Fartab qui voulait introduire le monothélisme parmi les maronites. Vay.
Nairofi. Eupol. Sid. Cathol. , pag. 69.
2° Pierre , ordonné par le patriarche des maronites , versl'au 1596. Hiéron Deindin, in Itin.
ad Mont. Liban. , c. 35.
i48 ACC
y>. Géorf;e i". , qui en i6;3 «lonna sa profession de foi contre les erreurs des calvinistes. (T. 3, Perpét. de la foi.)
4" Georfïc n siégeait il n'y a pas lonp;-temps.
ACCURSE, frère-lai de lOrdre de Saint-François, martyr à Maroc l'an I220. (Baillet , tome i , 16 janv. Vie des cinq frères mineurs , martyrs.)
ACCURSE , célèbre Ijurisconsulte, né à Florence , fleurissait dans le treizième siècle. Après s'être appliqué jusqu'à trentesept ans à diverses études , il commença à cet àge-là , ou selon d'autres à l'âge de vingt-huit ans , à étudier le droit sous le fameux Azo ; et il y fit de si grands progiès, qu'il devint un des plus célèbres professeurs de . cette science qu'il enseigna à Bologne. Depuis il quitta sa chaire , etcomposa une glose continue sur tout le^Droit, qui parut si commode , qu'elle fit oublier toutes celles qui avaient paru. Cependant il y a c[uelques contradictions ; et même depuis elle a eu besoin d'explications. (Pancirol, de claris Legum interpret. ,1.2, cap. 2C). Forsterus , Hist. juris civil, lib. 3, c. 12. Moréri, édit.
de 1759.
ACCUSATEUR. Quand un crime tendait à la ruine de la république ecclésiastique ou civile , et qu'on pouvait le prouver , on devait se porter pour accusateur , autrement on n'y était pas obligé. On n'y était pas obligé non plus , si on pouvait empêcher le mal |xir une autre voie, que par
' ACC celle de l'accusation. Tous n'étaient pas admis à accuser. Les excommuniés dénoncés , les infâmes , ceux qui étaient eux-mêmes accusés de grands crimes , en étaient exclus. Les laïcs n'étaient pas admis à accuser les clercs , si ce n'était dans leurs propres causes , ou bien qu'il ne fût question d'un crime d'hérésie , ou de simonie , ou de sacrilège , ou de lèze - majesté. Les clercs étaient admis à accuser les clercs , pourvu qu'ils ne fussent pas coupables, ou irrégxdiers euxmêmes. Ils né pouvaient accuser les laïcs en matière criminelle , mais seulement en matière civile. Gloss. , chap. I , q. 2 , § 7. Sainl-Tliomas. 2 , 2 , q. 68 , artic. I ^ in corp. )
ACCUSATION. Le pape Innocent III , dans le concile de Latrau , a distingué trois manières de poursuivre les ci'imes (^C.qiialiteret quçindo 1^, de Acc.)^ par accusation , par dénonciation , par inquisition. Celui qui poursuivait par voie d'accusation devait être présent , la proposer par écrit , et s'inscrire formellement dans les actes , se soumettant à la peine du talion s'il ne prouvait pas; s'il prouvait , le coupable devait être condamné suivant la rigueur des canons , jusques^ à la déposition et à la dégradation , s'il y échéait ; c'était la voie qui semblait avoir été formée sur le modèle des lois civiles. Aussi les preuves que l'on en rapporte ne sont tirées que desfaussesdécrétales. (L. 3, jj. de Jcc.j liv. 3, cod. 2, q. 8;
ACC per lot. Ficury , Inst. au Droit ceci. ) L'accusation doit se faire dans une intention pure , et l'on doit s'en désister à pur et à plein <^uand on connaît qu'on l'a intentée injustement.
ACCUSE, est celui qui est prévenu de quelque crime capital , ou non. Il n'y a que le décret de prise de coips ou d'ajournement personnel qui fasse l'accusé , et non point la plainte. Ainsi tout accusé et prévenu de crime , mê^ me^capital, ne perd pas son état; il peut passer toutes sortes de contrats et actes : m reatu constitutus hona sua administrarepolest ; (leg. 46 , § &,ff. de jure fis- Cl.) Il peut recevoir ce qui lui est dû et en donner quittance, vendre et aliéner , et disposer de ses biens à sa volonté , tant qu'il n'y a point contre lui de condamnation prononcée.
En cas d'appel de la sentence de condamnation , la validité ou nullité des actes que le condamné passe pendant le temps intermédiaire dépend de l'événement et de ce qui sera prononcé sur l'appel "de la sentence de condamnation. L'accusé peut donc, avant la condamnation, recueillir une succession ,pendente accusa tiofie. L'aliénation par lui faite de ses biens peut valoir au préjudice du fisc , quoique la condamnation à mort se fût ensuivie. Il peut même disposer valablement de ses Ijicns après la condamnation dont est appel; et toutes les dispositions qu'il aurafaites, même testamentaires, seixmt valables , s'il mairt avant
agi; I(^(j
que la sentence de condamnation ait été confirmée en cause d'appel. La raison est, .qui meurt prévenu de crime , qui c^t même condamné par les premiers juges, pendente appellatione , meurt inlegri juris ; quia morte crimen exlinguitur , et appellatione extinguitur judicatum. M.
de Perrière , dans son Dictionnaire de Droit et de Pratique , au mot Accusé.
Parles anciens canons, un prêtre accusé était interdit dès fonctions sacerdotales. (Can. Il , i3 et 16 , caus. 3 , quaest. 5. )
Par le droit des décrétales , cevix qui étaient accusés de quelque crime, ne pouvaient , avant leur absolution en accuser d'autres , porter témoignage en justice, ni être promus aux Ordres.
(Cap. 56 , de Testib. et Allest.
Le chapitre ornnipotens de accus. , décide pareillement que si quelqu'un est accusé d'un crime il ne doit pas être élevé aux honneurs et aux di;Tnites.
En France , c'était la qualité dudécretqui décidait l'état d'un clerc accusé par rapport à son aptitude pour les Ordres et les bénéfices. Régulièrement nous tenions qu'un accusé de crime grave ne pouvait , ni être promu, aux Ordres , ni obtenir de nouveaux bénéfices ; il ne pouvait donc requérir , s'il était gradué.
(M. Plaies, de V Expectative des gradués, tom. 3, chap. 4? p-62.) Mais nous ne suivions pas l'opinion de Du Moulin , de infirm.
n" 872, eu ce qu'il voulait qu'un
i5o ACE
accusé bénéficier ne pût résigner en cour de Rome son bénéfice , qui l'en rend indigne. Notre jurisprudence était telle à cet égard que l'accusé de quelque crime que ce fvît pouvait se démettre entre les mains de l'ordinaire , ou résigner en cour de Rome à son choix , non-seulement avant la condamnation , mais aussi après et pendant l'appel ; l'on n'excepte que le cas que cet accusé ait été prévenu et mis en cause par un dévolutaire , ou par le coUateur ordinaire. ( Joitrn.
des audiences , tome 4 y liv. g, ch. i8 , pag. 5i6 et suiv. M. Pialès,enson Traité des collations^ tome I , chap. 2.
ACE ou ACO , appelée aussi Ptolémaïs , (î^cy^ez ci-dessus pag.
1 46 ) est une ville de la Phénicie maritime , du diocèse jacobitique d'Antiocbe. Quand les Français s'en furent rendus les maîtres au commencement du dou-r zième siècle , les jacobites vinrent y demeurer en grand nombre , et elle devint le siège d'un de leurs évèques, dont nous n'en connaissons que deux , savoir :
1° Athanase , qu'Ignace 11, appelé aussi David , élu patriarche l'an des Grecs i533 , de Jésus-Christ 1222 , transféra sur ce siège , de celui de Lacabène en 1557 5 de Jésus-CIirist 1246.
( Tome 2 , Bibl. or. , pag. 87 5 ,
2° Isa , nommé par le patriarche Ignace évêque de Jérusalem et de toute la Palestine , et par conséquent d'Aco, après que les Français en eurent été chassés.
ACE
ACEL-DAMA. Voy. Nachel- Dadu.
ACÉPHALE , AcEPHALus , de l'a privatif et de Kt(pccXi] , tête , chef , qui n'a point de chef. On appelait ainsi : i°ceux qui dans le concile d'Éphèse ne voulurent suivre ni saint Cyrille , ni Jean d'Antioche. ( Baron., an 492. ) 2° Des hérétiques du cinquième siècle, qui combattaient la distinction des deux natures en Jésus-Christ avec Eutychès , et qui rejetaient le concile de Chalcédoine,qui avaitcondamné cette hérésie. 3° Des clercs qui ne vivaient pas sous la discipline ecclésiastique d'unévêque. (G/oj'.
et du Fresne. ) 4° Des pauvres qui , ne tenant point de biens en fief de personne, étaient en quelque façon sans chef. Les hérétiques acéphales furent condamnés dans le concile de Constantinople de l'an 536.
ACÉPHALITE, le même qu'A- CÉPHALE, acephalita.
ACEPSIME , évêque , martyr en Perse sous Sapor. ( Baillet , tome I , J^ie des martjrs de Perse sous Sapor , 22 avril. )
ACERENZA , Acheruntium , ville de la Pouille et du vicariat romain, capitale aujourd'hui de la Basilicate , dans le royaume de Naples ; ainsi nommée d'un lieu élevé sur l'Apennin , dont l'on découvre l'une et l'autre mer. Les Goths s'en emparèi'ent dans la décadence de l'empire , et le préfet Mona en fit son siège principal. Narsès , général des troupes de l'empereur Justi— nien , la remit sous l'empire.
ACE
Cliarleinagne ayant fait prisonnier Didier , roi des Lombards , Gromold , fils d'Arechis , duc de Bénévent, la démolit jusqu'aux fondeniens , et la rebâtit à neuf, y ajoutant un prétoire , un palais et un église. Il serait dilficile de fixer l'époque de soncomtnencement , on n'en trouve rien dans les auteurs , on sait seulement qu'elle était autrefois trèsfameuse par son étendue et par le nombre de ses habitans ; ce n'est plus aujourd'hui qu'une ville très-médiocre , encore ne mérite - t - elle pas le nom de ville quoiqu'elle porte le titre de duché et de métropole. La tradition du pays est cjue la religion chrétienne y a été établie du temps des apôtres , et avant l'an 3oo. Les dyptiques de cette église font mention de seize évèqucs qui y ont siégé avant saint Juste , pendant deux cents ans.
Cette ville a été pendant quelques années soumise à Otrante , qui avait embrassé le rit grec , sous Polyeucte patriarche de C.P.
Urbain ii,par un décret de 109g, la mit sous la métropole de Salerne ; enfin Nicolas 11 en fit un archevêché , et Alexandre 11 lui donna pour sufFragans les évéques d'Anglone , de Gravina , de Potenza , de Tricarico, de Vénosa, avec un diocèse fort étendu.
Mais Acerenza ayant encore été ruiné par les guerres , et les habitans s'étant établis ailleurs , le pape Innocent ni lui unit à pci"pétuité l'évêché de Matera, à condition que l'archevêque se qualifierait évèque de ces deux
ACE i5i
villes clans les actes publics. Eugène IV voulut rendre à Maléra son propre évêque ; mais cela n'eut lieu que pendant quelques années. On en revint à l'union qui subsiste encore aujourd'hui.
L'archevêque fait sa résidence à Matera.
La cathédrale d'Acerenza , une des plus anciennes et des plus belles d'Italie , est aussi une des plus riches en ornemens ; elle est dédiée à la sainte Vierge montant au ciel. Son chapitre est composé d'un archidiacre , d'un chantre et de douze chanoines.
Il a le droit d'élire dans la vacance du siège un vicaire-général c[ui préside à toute la province , et c£ui entretient l'ordre jusqu'à ce qu'il y ait un autre archevêque nommé. Il n'y a point d'autre église paroissiale.
Voy. Matera.
L'archevêque d'Acerenza et de Matera est à la nomination du Roi , par un induit de Clément vu. Voici la succession des évêques avant et depuis l'union de ce siège à Matera , telle que nous la donne Ughel. ( haï. sacra. , tom ^ , nouv. éd. )
Éi'éques d'Acerenza et de Matera.
1. Romain, suivant les dyptiques , siégea vingt-neuf ans , vers l'an 3 00.