ADM
vaicnt être que des clercs. Celte disposition se trouve renouvelée dans le septième siècle par un concile de Séville , rapporté par Gratien , et par le deuxième de Nicée canon 1 1 . On ignore en quel temps ces économes ont cessé ; mais c'est probablement vers le dixième siècle. Saint Charles , par son cinquième concile de Milan , part. 3 , chap. 1 1 , a aussi ordonné qu'il serait établi un économe pour sa métropole ; et le concile de Trente , sess. 24, c. 16, dereform. l'ordonne pour toute l'Eglise après la mort de l'évêque. En France , c'était le Roi qui établissait ces économes pendant la vacance des évêchés et autres bénéfices cousistoriaux.
^q;^- .Hôpitaux , Biens de l'Église ,
ADMIMSTRATIOX , Se dit aussi des fonctions ecclésiastiques.
C'est aux prêtres qu'appartient l'administration des Sacremens; et poiy- s'en acquitter dignement, ils ne doivent être, ni irréguliers , ni coupables de péché mortel.
ADMISSION, était l'acte par lequel un collaborateur approuvait la démission , permutation ou résignation qui était faite entre ses mains. L'admission était nécessaire dans un cas de démission quelconque , parce qu'un bénéficier ne pouvait se lier avec l'église où il était attaché par son bénéfice , ni s'en délier, que du consentement des supérieurs préposés à cet effet ; c'était donc l'admission seule qui faisait vaquer le bénéfice.
ADOLLAM ou ADULLAM.
Voyez Odollam.
ADOM ou ADAM, ville sur le rivage du Jourdain , vers Scythopolis et Sarthan.
ADOMMlM(hébr., terrestre, roux , couleur de sang ), ville et montagne dans la tribu de Benjamin , au couchant de Jéricho.
{Josue', cap i5 , v. 7. )
ADON , un des juifs qui revinrent de de-là l'Euphrate à Jérusalem. ( i . , Esdr. , cap. 2 , v. 59. )
ADON ( saint ) , évèque de Vienne , naquit dans le pays de Gatinois, ou dans quelque autre endroit du diocèse de Sens , vers l'an 800. Ses parens qui étaient nobles , le présentèrent encore enfant à Sigulfe, abbé deFerrières, pour être élevé dans la piété et dans les sciences. Il y fit des progrès si grands , que la réputation de son mérite se répandit bientôt au loin. Marcward , abbé de Prom au diocèse de Trêves , le demanda et l'obtint pour l'instruction de ses religieux. Après la mort de cet abbé qui arriva l'an 853 , Adon alla à Rome où il demeura près de cinq ans. Il vint de Rome àRavenne. Saint Remy , évêque. de Lyon , lui donna à gouverner la pai'oisse de Saint-Romain qui n'était pas éloignée de la ville de Vienne. Il fut élu l'année suivante évêque de Vienne , et s'appliqua de toutes ses forces à réformer les mœurs de son peuple , à faire fleurir la discipline , à régler le service divin et toute la police de son église. Il se trouva au coni5.
cile de Tousy , près de Toul en Lorraine , tenu le 22 d'octobre del'an 860, et à plusieurs autres où il pai'ut toujours avec éclat par sa capacité et son zèle pour la pureté de la foi et des mœurs.
Il tint un concile dans son église métropolitaine l'an 870. Il mourut le 16 décembre de l'an 875, et son corps fut inhumé dans l'église des Apôtres , que l'on a depuis appelée plus communément du nom de St. -Pierre, et qui a été le lieu ordinaii'e de la sépulture des archevêques de Vienne. Son nom se trouve au 16 de décembre, dans le Martyrologe romain et dans plusieurs autres modernes. I/CS ouvrages d'Adon sont une Chronique universelle depuis le commencement du monde jusqu'à la fin de sa vie ; un Martyrologe, YHistoire du martyre de saint Didier , évèque de Vienne , et la J^ie de saint Theudère, ( Theuderius), ou àQ saint Chef^ comme l'appelle M. Eaillet. C'est sans aucun fondement que Lipoman, évêque de Vérone , et Jacques Mosander, chartreux de Cologne, publièrent dans le dernier siècle le martyrologe d'Adon sous le nom d'un Adon de Trêves, puisqu'il n'y a pas même eu d'archevêque de Trêves de ce nom , mais seulement un Othon ou Udon , vers l'an 1070, deux siècles après l'auteur du Martyrologe. Vossius, de Histor. la t. Sainte Marthe, Gall. C/zmf.Dupin, Baille t, P^ie des Saints , 1 6 de décembre.
Dom Ceillier , Histoire des Auteurs ecclés., tom. 19, p. 247.
ADO A DON AI , l'un des noms de Dieu qui signifie messeigneurs, au pluriel; comme y/<'/o/?i signifie monseigneur au singulier. Les juifs lisent jl douai , lorsqu'ils l'encontrcnt Jchovah qu'ils ne prononcent pas par respect , quoique la loi ne le leur défende pas.
ADONIAS ( hébr., seigneur ) , quatrième fils de David et d'Haggith , naquit à Hébron. 11 se fit jjroclamer roi après la mort d'Amnon et d'Aljsalom, ses frères aînés , par un parti considérable ; mais David l'ayant su , fit aussitôt reconnaître Salomon , suivant la promesse qu'il en avait faite à Bethsabée sa mère. Adonias, craignant que Salomon ne le fît tuer, se retira au Tabernacle et se saisit de la corne de l'autel des holocaustes. Salomon lui pardonna pour lors ; mais après la mort de David, ayant demandé pour femme Abisag de Sunam qui avait été donnée à ce prince pour l'échauffer dans sa vieillesse, cette demande lui coûta la vie , l'an du monde 2990 ; avant Jésus-Christ loio; avant l'ère vulgaire i o 1 4-
ADONIBESECH (hébr., l'ec/a/r du Seigneur ou le seigneur de V éclair), roi de la ville de liésech , dans la terre de Chanaan , à dix-sept milles de Naplouse vers l'orient. Après la mort de Josué , les tribus de Juda et de Siméon marchèrent contre Adonibesech, le battirent, le prirent vivant , et lui coupèrent les extrémités des pieds et des mains, en le traitant comme i
ADO avait traité lui-même soixantedix rois qu'il faisait manger sous sa table, après leur avoir l'ait couper l'extrémité des pieds et des mains. Il mourut à Jéru-r salein l'an du monde 2583 ; avant Jésus-Christ i4 1 5. (Eusèb., in Locis, in Besech. Judic., c. i .)
ADONICAN, revint de Babylone avec six cents hommes de sa famille. ( I. Esdr., c. 2 , V. i3. )
ADONIRAM, (hébr. le Seigneur très-haut , ou. le Seigneur de la grandeur ), intendant des tribus de Salomon , et chef des trente nïille hommes que ce prince envoyait au Liban pour couper les bois qui devaient servir à sesbàtimens. (3. Reg., c. 5, V. ,4.
ADONIS , en hébreu , tham- 77ÎUZ ou le caché ou le mort, faux dieu adoré chez les égyptiens souslenomd'Osiris, époux d'Isis ; et chez les Ammonites et les Moabites , sous celui de Bcel- Phégor. (Ezcch., c. 8.) Voici la manière dont on célébrait ses fêtes. On le représentait comme un mort dans un cercueil; on le pleurait , on le cherchait avec inquiétude , on feignait qu'il était retrouvé, l'on s'abandonnait à des joies dissolues, pour marquer à Vénus la part qu'on prenait à son bonheur du recouvrement de son époux. Dieu fit voir à Ezéchiel les femmes des Hébreux qui pleuraient Adonis jusque dans le temple de Jérusalem . P^oj'. M. Le Clerc, Bibliothèque universelle , tom. 3 , septembre 1686. {Explication historique de la fable d'Xoosis. )
ADONISEDECII (héhr., justice du Seigneur ou le seigneur de la justice) , roi de Sédech ou de Jérusalem , qui fut tué par Josué avec quatre autres rois qu'il avait appelés à son secours.. Ce fut dans cette occasion que le Seigneur arrêta le soleil et la lune à la prière de Josué , et qu'il fit pleuvoir une grêle de pierres sur ses ennemis. {Josué , c. 10, v. I et seq. )
ADOPTIFouADOPTIEN, .Adoptions ou Adoptianus , nom de secte. Les adoptiens eurent pour chef Elipan de Tolède et Félix d'Urgel qui avait été son précepteur. Ils répandirent tous deux que , selon la nature humaine, Jésus-Christ n'était point fils naturel de Dieu , mais ^seulement fils adoptif ; et c'est ce qui les fit appeler Adoptifs ou Adoptiens , eux et leurs sectateurs. Félix fut convaincu et condamné à Narbonne en 788 ; à Ratisbonne en 794 ; peu de temps après par le pape Adrien; en 796 par Léon ni ; et encore le même année à Urgel dans un synode. Félix et Elipan revinrent de leurs erreurs. /^oj"ez Félix , Elipan , Félicius.
ADOR ou ADORA , ou ADO- RAIM ou DOR.\ , ville de la tribu deJuda près d'Eleuthéropolis, dans la partie méridionale de Juda , sur les confins de l'Idumée. Joseph., Antiq., 1. 1 3, c. 17)
ADORAMou ADURAM, fils de Jectan, fils d'Héber. (Ge«., c. 10, V. 27.)
ADORAM ou JORAM , fils de
23o ADO
Thoii , roi d'EiiiatL qui vint féliciter David de la part de son père, pour la victoire que ce prince avait remportée sur Adarezer, roi de Syrie. ( i. Pari. , cap. i8, v. lo. )
ADORATION, est proprement le culte souverain qui est dû à Dieu. Cependant on prend aussi ce terme pour exprimer le respect qu'on rend à une personne distinguée. Nous le prenons ici pour un acte de religion ; nous expliquerons son étymologie , et nous en rapporterons ensuite les différentes significations. Le mot d'adorer nous paraît venir de manum ad os niiitere (mettre la main à la bouche ) , ce qui est proprement saluer , faire la révérence, baiser les mains. Son étymologie grecque se tire du verbe ufoa-KvyVv, se prosterner devant quelqu'un pour lui marquer le respect et la soumission d'une manière sensible. SépLora, femme de Moïse, voyant qu'un ange menaçait de mort sou mari pour n'avoir pas circoncis son fils Eliézer, toucha ses pieds.
C'était le symbole , parmi les juifs, de l'adoration et de l'amour particulièrement des femmes envers leurs maris. De même cette Sunamite dont le fils était mort , embrassa les pieds du prophète Elisée , pour cju'il demandât à Dieu de le rendre à sa mère. Madelaine et les autres femmes pieuses embrassèrent les pieds de Jésus-Christ après sa résun-ection. C'était aussi la coutume dans l'ancienne Église de toucher les genoux des
ADO évèques quand on leur faisait la révérence, ce qui ne se peut faire que par l'humiliation et le prosternement du corps. On en trouve une infinité d'exemples dans V Ancien Tealamenl , qui ne désignent rien plus que l'honneur et le respect qu'on rendait à certaines personnes. Il est pourtant vrai que le mot d'adoration ne doit se prendre que pour un culte religieux qui est dû à Dieu et aux Saints. Encore est-il pris assez improprement à l'égard de ceux-ci , et on ne doit l'entendre que du respect , de la révérence et de l'honneur que nous leur devons , à cause de leur excellence et de leur sainteté. Le culte souverain , qui est dû à Dieu s'appelle de latrie , qui veut dire ser\>ice ; et l'Écriture voulaiit nous apprendre de quelle manière nous devons adorer l'Etre-Suprême , joint le mot de service à celui d'adoration pour en ôter l'équivoque. Tu adoreras le Seigneur ton Dieu , et ne senùras que lui seul, pour nous montrer que Dieu seul mérite l'adoration et l'amour de notre cœur. C'est cette adoration qu'il demande par le premier commandement , et que nous ne pouvons transférer à la créature sans nous rendre coupables de la plus grande impiété.
Ce même culte est dû à l'humanité sainte de Jésus-Christ , parce qu'elle est unie inséparablement à la divinité , et que Dieu et l'homme en Jésus-Christ ne font qu'une personne Voy.
UmO.V H-iPOSTATIQUE. f^Oy . CuLTE.
La double signification du mot , adorer , vient de ce que nous n'avons que ce terme en lalin ])Our signifier ce qu'on doit à Dieu et ce qu'on doit aux supérieurs ; c'est pour cela qu'il est pris si difi'éremnient dans l'Écriture ; mais on ne peut douter qu'appliqué à Dieu il ne doive s'entendre du culte suprême qui lui est dû , comme on l'entend naturellement d'un simple respect lorsqu'il s'agit des créatures. Je ne sais donc pourc|uoi quelques critiques ont prétendu que dans une version de l'Ecriture-Saiute ou ne devait se servir du mot adorer que lorsqu'il était parlé du culte qui se vend à Dieu seul ; car enfin si le latin admet cette expression pour l'un et pour l'autre , pourquoi montrerions-nous plus de délicatesse dans notre langue , dans laquelle il est aussi facile de remédier à l'équivoque ? Quand lAbraLam adora le/ enfans de (ieth , n'est-il pas visible c[Uc ce mot d'adorer signifie seulement qu'il leur rendit des respects , comme quand il adore le seigneur ? Il est naturel de comprendre qu'il reconnaît son Etre souverain par un honneur qui n'est dû qu'à lui seul.
On dit adorer la Croix, les Saints , les Reliques , les Images, c'est-à-dire se prosterner devant eux , leur rendre une es- ' pècc de culte subalterne et inférieur à celui qui n'est dû qu'à Dieu. On disait autrefois adorer l'Empereur, c'est-à-dire l'hono- ^ rcr , le saluer , lui faire la révc-
ADO a3i
rence , lui marquer son respect et sa soumission. ( Fleury. )
On dit encore aujourd-hui adorerlepape, aller à l'adoration du pape , c'est-à-dire , lui rendre ses respects , lui baiser les pieds , reconnaître son autorité dans l'Église , dont il est le chef visible. (/^oj-. Élection du Pape.) On voit ici combien les protestans ont tort de traduire les catlioliques comme idolâtres, à cause de ce terme d'adorer qu'ils emploient à l'égard des objets dont on vient de parler, dans le sens qu'on explique.
L'adoration , prise dans sa signification propre , est ou intérieure ou extérieure. L'extérieure est différente selon les différens temps et les différentes nations. Tantôt elle se fait par le prosternement , tantôt parla génuflexion et tantôt par une simple inclination du corps. Les Arméniens adorent Dieu à la manière des peuples du Levant , en se prosternant et en baisant trois fois la terre. J^oj-. Adoration de l'Eucharistie.