Jacques
4. Udalric , selon Wading , succéda en 1474 » nommé par Sixte IV. ( Tome 6 , Annal, ad hune atin.) Il était de l'Ordre de Saint-François.
6. Jean 11 , du même Ordre ^ nommé par le même pape le 1 8 juillet, après la mort de N
ADRUMETTE , ville d'Afrique dans la Lybie , capitale de la province Bizacène. Il y a eu deux conciles sur la discipline , l'un en 347 ^* l'autre en 397.
( Hardouin seul , tome i . )
ADSON ou AZON ou ASSON , abbé de Montier-en-Der, au diocèse deChàlons-sur-Marne, n'aqùit après les premièresannées du dixième siècle , dans la Bourgogne Transjurane, aujourd'hui la Franche-Comté, aux environs de Saint-Claude. Ses parens, distingués par leur noblesse et leurs grands biens, le mirent à l'abbaye de Luxeuil où il embrassa la vie monastique, et où il se fit bien-
244 ADS
tôt une brillante réputation de savoir et de vertu. Saint Gauzlin, évêque de Toul , instruit de son mérite , l'attira dans cette ville et le chargea de l'école épiscopale qui se tenait alors à l'abbaye de Saint-Èvre , réformée depuis quelques années par le pieux évêque. Il y forma aux sciences et à la piété un grand nombre d'élèves ; et l'éclat de sa réputation ayant pénétré jusqu'à la cour , la reine Gerberge lui demanda ce qu'elle devait croire de l'Antéchrist dont on parlait alors, à l'occasion de la fin du monde qu'une partie du vulgaire regardait comme proche.
Albéric , moine de Saint-Evre, ayant été élu abbé de Montieren-Der , amena avec lui Adson pour en faire son coadjuteur ; et cet abbé étant mort au moins dès 968 , Adson fut mis en sa place.
Il rebâtit le cloître et les autres lieux réguliers , commença la belle église qui se voit encore aujourd'hui , et n'oublia rien pour procurer à cette maison un nouveau lustre , tant au spirituel qu'au temporel. Son zèle s'étendit à plusieurs diocèses du voisinage , nommément à celui de Troyes. Sous les auspices de Manassé qui en était alors évêque , Adson y régla la psalmodie et l'ordre de l'office divin. Il rendit le même service à diverses autres églises ; et ayant suivi le roi Othon m dans son voyage d'Italie , il assista à la fameuse dispute qui dura un jour entier entre le docte Gerbertet le grammairien Otric à Ravonne. Le cé-
ADS
lèbre Brunon, devenu évêque de Langres en 98 1 , remploy.t pendant deux ans à rétablir le bon ordre dans le monastère de Saint-Benigne de Dijon , en le substituant au faux abbé Manassé. De retour à Montier-en- Der , Adson s'appliqua à y former une bonne bibliothèque , et à y composer le grand noml)rc d'ouvrages qui sont sortis de sa plume. Il avait tellement le goût des livres qu'il en faisait ses délices et qu'il n'allait nulle part sans en porter avec lui. Ge goût de la littérature le lia d'une étroite amitié avec les plus savans hommes de son siècle , particulièrement avec le célèbre Gerbert qui l'honorait comme son père , et avec Ablion de Fleury qui l'engagea à entreprendre quelques uns des ouvrages qu'il a laissés à la postérité. Ayant eu le bonheui-|de convertir Hilduin, comte d'Arcy en Champagne et frère de Manassé , évêque de Troyes, il lui imposa pour pénitence de faire le pèlerinage de Jérusalem , et s'offrit de l'y accompagner. Il s'embarqua en 992 pour Eabylone d'Egypte , et mourut après les premiersjours de navigation. Ses écrits sont :
1° un Traité sur V Antéchrist adressé à la reine Gerberge , femme de Louis d'Outremer , et composé au plus tard en 954 , avant le mois d'octobre , lorsqu'Adson n'était encore que simple moine. Quelques uns ont attribué ce traité à saint Augustin , et d'autres à Alcuin , ou à Raban Maur, entre les écrits des-
ADS quels il se trouve imprimé. Il y en a plusieurs éditions, mais toutes différentes les unes des autres; ce qui montre la variété des manuscrits. L'édition la plus entière est celle que Du Chêne en a donnée entre les écrits d'Alcuin , sur deux manuscrits de la bibliothèque du Roi. Dans l'un et l'autre , ce traité porte pour litre : la Vie de V Antéchrist , à Charlemagne . Ce qui a faitcroire qu'il pouvait avoir été adressé A ce prince, c'est un des endroits qui se lisent dans cette édition , et qui manquent dans les autres, où le nom du roi de tout l'Empire romain au temps dont il y est parlé, selon les Sybilles qui y sont citées, est désigné par un C majuscule , et sa figure représentée à peu près comme celle de ce monarque.
La petite préface de l'auteur manque à toutes ces éditions , et par conséquent dans la plupart des manuscrits. C'est ce qui est cause de toutes les variations où sont tombés les copistes , en attribuant l'écrit à divers auteurs étrangers. Du Chêne l'ayant trouvée dans la suite , mais imparfaite , l'a publiée à la fin .des lettres de Gerbert. Les derniers éditeurs de saint Augustin en ont recouvré depuis un exemplaire plus complet , et l'ont donné; tout à la fin du onzième volume de leur édition. La fameuse , mais insipide prophétie touchant les Rois de France , se trouve dans les trois éditions du traité que nous venons de marquer. Seu-
ADS a45
lemcnt les premiers mots qu'on va niettre en italique ne se lisei^t pas dans l'édition parmi les œuvres deRaban. L'auteurayant montré que l'Antéchrist ne paraîtra point, qu'auparavant n'ait précédé l'apostasie prédite par l'apôtre , c'est-à-dire , comme il l'explique lui-même, avant que tous les royaumes du monde se soint séparés de l'Empire romain , auquel ils étaient auparavant assujétis , il ajoute :
« Mais ce temps n'est point en- » core venu ; car bien que nous » voyons l'Empire romain déjà » détruit pour la plus giande » partie , cependant , tandis que » les Français auront des Rois » qui doivent tenir cet Empire , » sa dignité ne tombera pas en- » tièrement , parce qu'elle se » soutiendra dans leurs Rois.
»> Nos docteurs nous apprennent » en effet qu'un roi de France » possédera dans les derniers » temps l'Empire romain en » entier , et qu'il sera le plus » grand et le dernier de tous » les Rois. Qu'après avoir sage-r » ment gouverné son royaume, » il ira en dernier lieu à Jéru- » salem , et qu'il déposera son » sceptre et sa couronne sur le » mont des Oliviers. Telle sera » la fin, continue l'auteur, telle » sera la destruction de l'Em- » pire des Romains et des chré- » tiens. »
•2P Le second écrit d'Âdson est la Vie de saint Frodobert , fondateur et premier abbé de Moutier-la-Celle, près de la ville de Troyes en Champagne , mort
246 ADS
vers Van 678. Cette vie est écrite avec beaucoup d'ordre , et en un style meilleur , à tous égards , qu'il n'était communément alors. L'auteur y a aussi semé divers traits de son érudition et de sa piété. Nous avons trois éditions de cet écrit ; l'une dans le Promptuaire sacré des Antiquités de Troyes, par Camusat ; l'autre dans la Collection de Bollandus , au 8 de janvier ; et la troisième, accompagnée de notes et d'observations préliminaires comme la précédente , au second Siècle bénédictin de dom Mabillon. Le premier éditeur n'a point connu l'auteur de cette Vie. BoUandus l'a pris pour un moine anonyme de Montier-la- Celle , qu'il place vers la fin du neuvième siècle ; et dom Mabillon qui avait penché d'abord pour le même sentiment , a reconnu depuis qu'Adson en était le véritable auteur.
3° Adson , à la prière de saint Gérard , évêque de Toul, écrivit aussi la Vie de saint Mansui , premier évêque de la même église , qu'on reconnaissait alors pour un disciple de l'apôtre saint Pierre , mais qui ne vivait effectivement qu'au quatrième siècle. L'ouvrage est divisé en deux parties , dont l'une est employée à l'histoire de la J^ie de saint Mansui^ l'autre à la relation de ses miracles. La première n'est appuyée que sur des traditions fabuleuses, et souvent absurdes. La seconde ne contient que des faits avérés. La première a d'abord été publiée par les
ADS soins de M. Bosquet, entre les actes pour servir de preuves à son Histoire de l'Église gallicane. Mais il n'a point donné la préface ou épître d'édicatoire à l'évêque saint Gérard , non plus que la seconde partie , hors l'exorde et le premier miracle de la relation. Dom Martène et dom Durand , ayant trouvé l'ouvrage entier dans deux divers manuscrits , n'ont jugé à propos d'imprimer que la seconde partie.
A l'épître d'édicatoire, ils ont ajouté un petit poëme en quarante-deux vers élégiaques , qui contient un petit abrégé de la vie de saint Mansui. Adson y a aussi fait entrer, en peu de mots, l'éloge de saint Èvre, un des successeurs du précédent dans le siège de Toul. Depuis cette édition , dom Calmet a réimprimé l'ouvrage entier dans son Histoire de Lorraine , tome 4 > pag. 86, 104.
4° La Vie de saint Èvre , évêque de Toul , divisée en deux parties , dont la première consiste en un éloge fort général du Saint , qui parait fait pour être prononcé au jour de sa fête ; et la seconde , beaucoup plus étendue que l'autre , est employée à faire l'histoire des miracles du Saint, opérés dans les siècles qui suivirent sa mort. A la fin de cette seconde partie , se lit la relation d'mi miracle , écrite par Pierre, diacre et bibliothécaire de l'Eglise romaine , lorsqu'il se trouva à Toul avec le pape Léon IX. C'est une addition faite à l'écrit d'Adson par quelqu'un
ADS
de ceux qui ont travaillé dans la suite aux actes des évoques de Toul. La Vie abréjjée de saint Gauzelin qui se lit iinmédiatenient avant la longue vie de saint Gérard , dans le recueil de dom Calmet, n'est point l'ouvrage d'Adson. Elle est mot pour mot la même que celle qui se trouve dans les vies abrégées des successeurs de saint Mansui, suivant l'édition de dom Martène. Elle appartient , par conséquent , à l'auteur qui a dirigé la premièi'c }iartie des actes des évèques de Toul , suivant la même édition , et qui a poussé son histoire jusqu'à Pibon , mort en 1107. Au reste, ces actes ou gestes des évèques de Toul , divisés en deux ])arties, que dora Martène et dom Calmet attribuent à Adson, ne peuvent être de lui, au moins quant à la seconde partie, puisqu'elle renfenne quantité de faits qui ne se sont passés que longtemps après sa mort. Quant à la première partie prise en entier , elle ne peut non plus lui appartenir , puisque la vie de saint Gérard , qui ne mourut qu'en 9g4 , deux ans après Adson, et l'histoire de ses miracles , qui suivirent sa mort , y sont comprises.
5° Adson , au rapport de l'anonyme de Montier-en-Der , écrivit encore la vie , bu pour parler d'après lui , les gestes de saint Basle , confesseur qui a donné son nom à une abbaye au diocèse de Reims. Cette vie est la même que celle que dom Mabillon a publiée à la suite d'uue
ADS 2^j
plus ancienne vie du même Saint, act. beri. , tome 2 , page 67 et suivantes. Adson ajouta à cette vie l'histoii-e des miracles du même Saint.
G° Le sixième écrit d'Adson est la vie de saint Walbert ou Valdebert , abbé de Luxeuil. €et écrit porte simplement pour titre : ^t'e de saint TValbert Ou Valdebert , abbé. Mais quoique le titre annonce l'histoire de ce Saint, l'auteur n'en donne qu'un abrégé fort succinct , pour passer de là à son principal objet , la relation de ses miracles plus récens. Adson adresse cet écrit au moines de Luxeuil comme un gage de sa reconnaissance en qualité d'un de ses élèves, et de sa vénération envers saint Eustase et saint Valdebert qu'il ne cessait point d'honorer comme ses patrons. Dans l'inscription de sa préface ou épître dédicatoire, il prend le suraom ^Hermine, ce qu'il ne fait dans aucun de ses autres ouvrages. C'est sur cet unique fondement que quelques célèbres écrivains ont cru devoir distinguer l'auteur de cet écrit d'avec Adson , abbé de Montier-en-Der. Mais ce fondement est trop faible pour établir une diversité de personnes à l'égard de cet écrivain. En prenant ce surnom dans un ouvrage adressé à la communauté de Luxeuil où il avait été élevé, et d'où il avait passé à d'autrcs monastères , il avait sans doute , pour en user de la sorte , des motifs qu'il n'eut pas dans les autres occasious. Peut-être y était-il
ADS
aussi connu par ce surnom , que par son prénom. Et comme cet écrit était un gage de sa reconnaissance , peut-être voulut-il se distinguer par-là , et empêcher qu'on ne le confondît dans la suite avec quelqu'autre auteur de même nom que lui. Quoi qu'il en soit , il est certain que tous les caractères des autres écrits d'Adson de Montier-en- Der se trouvent dans la J^ie de saint TValbert , que dom Mabillon a publiée sur un manuscrit de l'abbaye de Luxeuil même, avec des observations préliminaires et des notes , dans l'appendice de son quatrième volume. Les continuateurs de Bollandus l'ont fait imprimer depuis au second jour de mai, page 277 , 282 , sur l'édition précédente , coUationnée à un trèsancien manuscrit de l'abbaye de Saint-Bertin.
7° Le dernier des ouvrages qui nous restent de notre auteur , est la J^ie de saint Bercaire , premier abbé de Hautvilliers et de Montier-en-Der , mort vers l'an 684. Il se proposait de donner la vie du Saint ; et l'histoire de ses miracles ; mais il n'avait fini que la première partie de l'ouvrage , lorsque la mort le surprit. Le moine anonyme de Montier-en-Der , qui nous instruit de ces faits , y ajouta , au commencement du douzième siècle , la seconde partie qui y manquait. La première ne contient presque que les actions les plus générales du Saint , sans entrer dans un juste détail des
ADS événemens de sa vie. Le reste consiste en des lieux communs , des épisodes, de grands contours de paroles qui ne nous apprennent presque rien de fort intéressant.Lescritiques remarquent d'ailleurs que ce morceau d'iiistoire est sujet à bien des fautes , et qu'on ne peut guère s'y fier que pour les points les plus généraux. Camusat est le premier qui a fait imprimer cet écrit d'Adson dans son Promptuaire sacré , pages 63 et 79. Dom Mabillon ayant depuis coUationné cette édition à un manuscrit de l'abbaye de Compiègne , en a réimprimé le texte avec des observations et des notes , au second volume de ses actes , pages 83 1 et 843.
8° Adson , au rapport de son continuateur , avait laissé plusieurs pièces de poésie : Opuscula prœterea plura versifiée composuit. Il fit encore l'épitaphe d'Adson , abbé de Saint-Basle , en douze vers élégiaques que dom Marlot nous a conservés dans son histoire de V église de Reims , en supposant , par une erreur énorme , que cette épitaphe est une production de la " muse d'Adson de Saint-Basle , à la mémoire d'Adson de Montieren-Der. C'est justement tout le contraire , comme le témoigne l'écrivain anonyme de cette dernière maison , qui nous donne aussi à entendre que l'épitaphe était accompagnée d'autres vers, dont il rapporte le suivant :
Ofelix Adso ! tumulum tibi condidit Adso,
ADS
9° Le même auteur ajoute que Adson avait composé desbymncs, ou plutôt des chants d'hymnes , hjmnorum etiam aliquanta caniica, et qu'il avait fait des gloses j)Our éclaircir les hymnes qu'on attribuait de son temps à saint Ambroise, Ambrosianos lijmnos elucidans glossulis.
I o" Adson , aux instances d'Abbon , abbé de Fleury , mit en vers héroïques le second livre des dialogues du pape saint Grégoire quij contient l'histoire de saint Benoît de Mont-Cassin.
Quoiqu'il soit à présumer que Adson écrivit plusieurs lettres , on n'a pas même celle qu'il adressa à sa communauté de Montier-en-Der, sur le point de s'embarquer pour son pèlerinage de Jérusalem.
Adson avait un fond réel d'érudition tant sacrée que profane, mais sans critique , comme tous les autres savans de son temps.
Il a laissé des preuves de l'un et de l'autre dans ses divers écrits.
On y trouve aussi , nommément dans sa vie de saint Mansui de Toul , que les plus habiles hommes de ce dixième siècle n'étaient pas toujours au fait de l'ancienne histoire de l'Église , non plus que de la cbronologie. Leur ignorance sur le premier point les faisait quelquefois donner dans des fables insipides et des traditions absurdes. Mais ces défauts sont en quelque manière compensés par des caractères estimables. On y découvre quantité, de beaux traits de morale , assez bien placés pour l'ordinaire ,
ADS 249
et des marques édifiantes de la modestie de l'auteur , de son humilité , de sa piété tendre et solide, de sa vénération pour les Saints , de sa façon de penser , de son amour pour le vrai. En tout ceci , il avait particulièrement pris pour ses modèles saint Augustin , saint Maxime de Turin et saint Grégoire-le-Grand.
Il avait beaucoup plus de talent pour écrire que la plupart des auteurs de son siècle. Il le fait avec gravité , avec candeur , avec un air de piété et avec onction. Son style est assez pur pour son temps, ordinairement clairet varié. L'on juge , par divers endroits , qu'il n'est pas toujours naturel. Il y paraît de l'étude , surtout dans ses préfaces. Il n'est pas non plus exempt de consonnances qui étaient si fort au goût de son siècle. Pour sa versification , elle est plus supportable que celle de presque tous les autres poètes de son temps. Tsous finirons cet article par l'observation de la niémise de M. Dupin qui a pris le monastère dont Adson était abbé , pour celui de Deuvres , ci -devant Vierzon au diocèse de Bourges ; au lieu que Montiei-en-Der est dans le Parthois au diocèse de Châlons-sur-Mame.
Le nom latin de ce monastère , Dervense , aura trompé cet écrivain ; et c'est une faute qui s'était aussi glissée dans le Dictionnaire de Moréri, à l'article d'Aosox , mais qui a été corrigée dans l'édition de 1726, suivant les mémoires que les savans bénédictins , auteurs de la France
25o ADU
littéraire, avaient communiqués aux libraires, tant sur Adson que 5ur d'autres écrivains oubliés ou défigurés. 11 y avait un moine du même temps et du même nom avec lequel il ne faut pas le confondre. C'est du sixième tome, depuis la page 47 1 jusqu'à la page 492 de cet excellent ouvrage , que nous avons tiré cet article d' Adson.
ADULA , vis-à-vis des Homérites , de l'autre côté du golfe Arabique ou de la mer Rouge , est située une ville nommée Adula ou Adule, capitale du pays qu'on appelle aujourd'hui Zeila. Saint Athanase ayant envoyé Frumence pour porter la foi en Ethiopie , il y a toute apparence que cette ville la reçut aussi , et qu'elle eut son propre évêque. Pallade qui nous a donné une histoire des Indiens et des Braclimanes , et que M. Cave croit être l'auteur du dialogue de la Vie de saint Jean Chrysostôme , par certains traits de conformité qui se trouvent entre ses expressions et celles ae ce saint docteur , semble l'insinuer , comme nous allons voir dans l'unique évêque que nous connaissons de cette ville , et qui se nommait Moïse. Pallade raconte donc que vers la fin du quatrième siècle , ou au commencement du cinquième , il eut dessein d'aller chez les Indiens et les Brachmanes , qu'il prit avec lui le bienheureux Moisc , évêque d' Adula , mais que les chaleurs excessives qu'il l-essenlit à l'entrée de l'Inde
ADU
l'empêchèrent de pénétrer plus avant. Pallade, iiiit. Oper. de Brachn.
ADULLAM ou ADOLLAM ou ODOLLAM , ville de la tribu de Juda. Roboam rétablit et fortifia cette place. {Josué, cap. ta, V. i5. )
ADULTE. Qui entre dans l'adolescence et qui est pai-venu à un âge de jugement et de discrétion ; adultus. Il n'a guère d'usage qu'en théologie où l'on parle du baptême des adultes.
Dans les premiers temps , on ne baptisait les adultes que la veille de Pâques ou de la Pentecôte.
ADULTÈRE , péché qui se commet par des personnes mariées contre la foi qu'ils se sont promise dans le mariage , en s'abandonnant à quelque autre , ou même par une personne non mariée , quand elle a commerce avec une personne qui l'est. L'adultère est un péché énorme, défendu par les lois divines et humaines. Il était puni de mort chez les juifs et un grand nombre de peuples gentils. Les Arabes , les Parthes faisaient mourir les adultères. Chez les Saxons , une femme adultère était pendue et brûlée , et dessus ses cendres on plantait une potence où l'on étranglait le complice du crime.
Les Locriens leur arrachaient les yeux. Le grand Constantin , Charlemagne , Louis-le-Débonnaire leur infligeaient aussi une peine capitale. Dans la suite cette peine a été arbitraire en France , et différente selon la qualité des personnes et l'exigeance des cas.
ADU L'infamie , l'excommunication , la vie monastique étaient les peines canoniques de ces sortes de coupables. Un clerc adultère devait être déposé et renfermé ■dans un monastère ; son bénéfice ne vaquait pas cependant de plein droit. Ainsi jugé par un arrêt du parlement de Rennes du 8 mai 162 1 {Juxla., cap. si qui s clericus , 81 dist. jiixta cap. in tellexini. de Adult. concil. Trid., sess. 24, dereform.
cap. 8. )
Les chrétiens orientaux prétehdent que l'adultère rompt le lien du mariage ; en sorte que le jnari d'une femme adultère peut en épouser une autre. Ils se fondent mal à propos sur ces paroles de Jésus-Christ : Quiconque répudie sa femme hors le cas d'adultère, et en épouse une autre, déifient adultère (Mal th. , c. ig, T. 9). Il y a deux parties dans cette proposition; 1° renvoyer sa femme ou la répudier ; 2° en épouser une autre. C'est après la première partie , et avant d'avoir rien dit de sa seconde , que Jésus-Christ ajoute la restriction , hors le cas d'adultère; et par conséquent cette restriction ne tombe que sur cette première partie , et nullement sur la seconde dont Jésus - Christ n'a point encore parlé. Au contraire , ces mots , il déifient adultère , mœchatur , tombent également sur les deux parties de la proposition , en sorte que le sens est que quiconque répudie sa femme hors le cas d'adultère, est un adultère ; et que si dans
ADU 25i
le cas même d'adultère , il en <ipouse une autre , il devient adultère lui-même. En mi mot, c'est une proposition complexe qu'il faut réduire à ces deux propositions; 1° Celui qui reni'oie sa feniwe hors le cas d'adultère , est adultère ; 2° celui qui même dans le cas d'adultère épouse une autre femme , est adultère. C'est en effet la doctrine de saint Augustin ,1. 11, de Adultérin, conjug. , cap. i3 ; d'Innocent i", ep. ad Exup. et des autres Pères. Le second concile de Molive , en 4i6 , le concile d'Elvire, can. 9; le concile de Trente, sess. 24, can. 7 , l'enseignent expressément. ( Vojez Divorce , Mariage.)
Quoiqu'un mari adultère fût plus coupable que sa femme avissi adultère , comme étant le chef et le maître , la femme cependant n'était point reçue à accuser son mari ; mais pour lui il pouvait accuser sa femme en justice et demander une sentence de divorce, pourvu que ce ne fût pas par un motif de haine et de vengeance , mais , ou pour la conservation de son honneur, ou pour l'amendement de sa femme , ou pour éviter que des enfans illégitimes n'entrassent un jour en partage de ses biens avec ses propres enfans , ou enfin pour quel({u'autre juste raison ; excepté néanmoins dans les sept cas suivans : 1° Si le mari était aussi adultère ; 2° si la femme avait été opprimée malgré elle ; 3° si elle avait cru de bonne foi son mari mort ; 4" ^^ '^'^ avait
252 ADU
cru aussi de bonne foi que celui avec lequel elle avait eu commerce était son vrai mari ; 5° si le mari lui-même avait donné occasion ou consentement à l'adultère de sa femme ; 6" si après qu'il avait eu connaissance de l'adultère de sa femme , il l'a gaidée chez lui ; 7° si la femme avait commis l'adultère avant qu'elle fût baptisée. {Sanctus Thom., in-4'' dist. 35, q. un., art. I in corp. ) Dans tous ces caSj le mari ne pouvait pas la renvoyer. Hors ces circonstances au contraire , il pouvait s'en sé^ parer. Il le pouvait quand le crime de sa femme était occulte ; il le devait quand le crime était public et scandaleux , et que la coupable refusait de se corriger , puisque , s'il ne le faisait, il était censé l'approuver, \oici le sentiment des Pères, des Conciles, des théologiens , fondé sur l'ancienne discipline de l'Eglise qui était d'ordonner trois ans de pénitence à celui qui , sachant que sa femme persévérait dans l'adultère , ne se séparait pas d'elle :
Si qiiis uxorem siiam scit adulteram , et non vult dimittere eam , tribus annis pœniteat.
( Pœnitentiale Theodori , in can.
si quis. 6, 32 , q. I ). La séparation faite, le mari n'était pas obligé de recevoir sa femme , même pénitente, ni la femme innocente, son mari coupable.
C'est le sentiment d'un trèsgrand nombre de théologiens , après saint Thomas qui parle ainsi : Pœnitenlia uxoris débet inducere virum ut uxorem f 01-
ADU
nicantem non accuset , aut dimittat , sed tamen nonpotest ad hoc cogi : nec potest per pjœnitcnlia uxor ewn ab accusatione repellere; quia cessante culpâ et quantum ad actum , et quantum ad maculant, adhuc manet aliquid de reatu ; et cessante eliam reatu quoad Deum, adhuc manet reatus quoad pœnam humano judicio inferendam, quia homo non videt cor, sicut Deus ( in-4'' Sentent. , dist. 35, q. un.
art. 6, ad. 2 ). Que si le mari et la femme étaient coupables tous deux dans le mêtne temps , ils étaient obligés de se pardonner mutuellement ; et si l'un demandait à rentrer en grâce, l'autre était tenu de le recevoir. Je dis dans le même temps , car si un mari innocent avait obtenu une sentence de divorce contre sa femme coupable , et qu'après la séparation il vînt à tomber dans le crime , il n'était pas obligé à la rigueur de la reprendre , dit saint Tlio— mas : F r opter adulterium , quod vir,priùs innocens , commiltit , secundum rigorem juris non débet cogi ad recipiendam uxorem adultérant ( in-4° dist. 35.
q. un. , art. 6 , ad. 4- ) I^a raison est que la femme adultère étant elle-même coupable , elle n'est plus en droit -d'objecter à son mari le cri J ne qu'il a commis depuis. C'est ainsi que raisonne l'auteur de la glose sur un ca-^ non du décret de Gratien , qui remarque que les décrétales qui semblent définir le contraire , ne se doivent cutcndre que du cas
ADU
où la séparation n'a pas été faite par l'autorité supérieure. L'auteur de cette glose excepte néanmoins avec raison le cas où l'adultère du mari serait devenu public ( Glossa. , in can. Apos^ tolus 3 , 32. q. 7 , V. viro ) ; car alors on doit dire qu'il y a lieu de compensation entre les deux coupables , cum paria crivnna conipcnsatione mutua deleantur; ainsi que parle Innocent m dans une de ses décrélales {Jn cap.
tua fralernitas 7, de adidter. , et Stupro. , lib. 5, tit. 1 6) . Il y avait cependant cette différence entre le mari et la femme adultères , que le mari était obligé , sous peine de péché mortel , de répudier sa femme dont l'adultère était public ; au lieu que la femme n'était pas obligée de même à répudier le mari dont l'adultère était aussi public. C'est le sentiment de Durand , de Dominicus Soto , de Navarre , de sainte Breuve , de la Théologie morale de Grenoble, etc. {Dur.
^-4", dist. 33, Soto in-4°, dist. 3.
Nav.^man. c. 16; sainte Beuve, tom. 3, cas., i54. Grenoble, tom. 4, pag. 2 , trait, g, cap. 9, n" 49- ) La raison était, i" que la femme dans cette supposition ne contractait aucune infamie, parce qu'on ne présume jamais qu'elle soit complice du crime de son mari , et qu'ainsi elle ne scandalisait personne ; 2" parce qu'on ne pouvait pas imputer à cette femme l'incertitude des enfans légitimes; 3" parce que les canons n'oidonnaient au mari do répudier sa femme adultère,
ADU 253
que pour la punir et la corriger; or , ce n'était pas à la femme à punir son mari qui est son suj)érieur ; et il est très-rare que des maris débauchés se corrigent par la séparation de leurs femmes. D'après le Code de lois établi dans le royaume , l'adultère se poursuit par les parties devant les tribunaux , et les ecclésiastiques ne pouvaient punir cette faute, bien reprochable, sans doute, que par les pénitencesqu'ils imposaient aux coupables. J^oy. Mariage , Empêchement DE MARIAGE , RESTITUTION ,
Homicide.
ADULTÉRIN, fils ou fille qui sont nés d'un adultère. On appelle aussi de ce nom l'enfant nothus ^ notha. Les bâtards adultérins étaient irréguliers. Ils ne sont pas obligés de croire leurs mères qui leur disent qu'ils sont nés d'un adultère secret, à moins qu'elles iie le proiivent évidemment. Quand ils viennent d'une mère débauchée qui voit cependant son mari avec d'autres , ils sont censés légitimes par les maximes suivantes qui ont lieu dans le cas présent : la duhio melior est conditio possidenlis ; semper in duhiis henigniora prœferenda sunt. Leg. 56 , ff.
de diversis Keg. jurisantiq. , 5o, tit. 17. Pater... is est, quein nuptiœ démons trant . 1. quia semper , ff. de in jus vacando.
ADULTÉRIN, enfant né d'un père et d'une mère à qui la loi défendait de se marier ensenïble lorsqu'ils ont mis cet enfant au monde. Voj. Légitimation.
ADURAM, fils de Jectan (Gen. , cap. 10 , V. 27. )
ADURAM , intendant des tri^ bus sous le règne de David.
(2. Reff. , cap. 20 , V. 24.)
ADURAM ou ADORAIM ou ADURA , ville fortifiée par Roboani , peut-être la même qu'Adar ou Hazer Adar ou Addar , ville de Juda. (2..Par. ■, c. 11,
ADURAM ( hébr. , puissance ou grandeur ) , intendant des finances de Roboam. Ce prince l'ayant envoyé vers les dix tribus sehismatiques qui s'étaient séparées de lui , le peuple en fureur le lapida (3. Reg. , cap. 12, V. 18 et seq. )
AD\ ENCE ou ADVENTIUS , évêque de Metz au neuvième siècle , fils d'un père no nimé Saxon , naquit en France d'une famille distinguée par sa noblesse et ses grands biens. Il embrassa l'état ecclésiastique , et fut élevé sous les yeux de Drogon, à qui il succéda dans l'évêché de Metz en 855. Il ne nous reste de ses poésies que l'épitaphe qu'il composa pour lui-même , rapportée par Meurisse, Hïst. des Évé~ gués de V église de Metz, et dans VHist. litt. , et huit grands vers gravés au bas d'une niche d'argent dont il fit présent à son église cathédrale. On a encore de lui l'écrit qu'il composa en faveur du divorce du roi Lothaire avec la reine Thietberge , imprimé dans \es Annales deBaroniUs, et quelques lettres, la plupart sur le même sujet, qui se trouvent aussi dans Baronius
ADV et dans Meurisse. Dans les collections des conciles, on trouve quelques discours qu'Advence prononça à diverses assemblées d'évêques où il se trouva, nommément à celle de Metz en 869, et à celle de Douzi en 871.
D. Rivet, Hist. litt. de la France, tom. 5 , pag. 249 et seq.
AD VENT ou AVENT; vient du mot latin ad\>entus , qui signifie avènement. On donnait autrefois ce nom à la fête de la naissance de Jésus-Christ ; mais depuis plusieurs siècles il est devenu propre aux trois ou quatre semaines qui servent de préparation à cette fête. L'A vent est le commencement de l'année ecclésiastique, non au mois de janvier, comme l'année civile , mais au mois de décembre. Il commence au dimanche le plus proche de la fête de saint André, 3o^et dernier jour de novembre, ce qui ne peut s'étendre qu'à trois jours devant et trois jours après , depuis le 27 novembre j usqu'au 3 de décembre ; en sorte que c'est le premier dimanche qui se rencontre après le 26 novembre. On l'a ainsi réglé à cause du changement des lettres dominicales , afin que l'Avent ait toujours trois semaines entièi'es , et une quatrième au moins commencée. M. Fleury, Jnst. au Droit. eccL, t. i , p. 267.
L'Avent n'a pas toujours commencé au même temps. Dans l'office Ambrosien , il y a six dimanches de l'A vent , et le premier est celui qui suit la Saint- Martin. Saint Grégoire , dans
son Sacramentaire , met cinq dimanches qu'il appelle dimaiiclies d'avant Noël , et qui sont comme les dimanches de l'Avent ; et l'on trouve que l'Avent est quelquefois appelé simplement .Carême , Quadragcsima ; comme dans la vie de saint Dominique l'Encuirassé. Autrefois on appelait première semaine de l'Avent celle qui est la plus près de la fête de Noël , et que nous appelons aujourd'hui la dernière. Aujourd'hui encore dans l'église grecque, l'Avent commence le i4 novembre ; ce qui revient à l'ancienne pratique de le commencer à la Saint- Martin. Dans les premiers siècles de l'Église , on jeûnait pendant l'Avent trois fois la semaine , le lundi , le mercredi et le vendredi. Il est parlé de ce jeûne dans le neuvième canon du concile de Màcon tenu en 58i , mais il était en usage dès auparavant dans l'église romaine , et même dans l'église de France où l'on prétend que saint Perpétue ou Perpet , évêque de Tours , l'introduisit. Quelques uns croient que le concile de Mâcon ne le prescrit qu'aux clercs. Ensuite on jeûna tous les jours. Ce jeûne commençait depuis la fête de Saint-Martin ; c'est pour cela qu'on l'appelait le Carême de Saint-Martin. hesCajjitulaires de Charlemagne nous apprennent aussi qu'on faisait dans le neuvième siècle un jeûne de quarante jours avant Noël. Amalavius témoigne qu'il n'était point d'obligation pour tout le mon-
de , mais que c'était seulement une prati(pie des personnes pieuses. Urbain v qui mourut en 1 370, commanda au commencement de son pontificat, à tous les ecclésiastiques de sa cour , de garder l'abstinence de l'Avent , mais sans les obliger au jeûne et sans comprendre les laïques sous le précepte même de cette abstinence. Baillet , p^ies des Saints , tom. /\, Hist. des Fêtes mobiles , part. 2 , p. 263.
ADVENTIF, terme de jurisprudence, pour signifier les biens qui arrivent à quelqu'un , soit comme un présent de la fortune, soit par succession collatérale, soit par la libéralité d'un étranger, soit par son industrie propre , comme si un enfant de famille gagnait quelque chose en négociant avec un argent qu'il aurait emprunté ; bona adve/ititia. Les enfans de famille ont la propriété de leurs biens adventifs, mais non pas l'usufruit ; d'où vient qu'ils n'en peuvent disposer sans la permission de leurs pères, à qui l'usage en appartient ; mais aussi leurs pères n'en peuvent disposer pour le fond; et s'ils en disposent, ils sont tenus à le restituer , eux ou leurs héritiers.
ADVEU , en terme de droit , signifiait reconnaissance, ou acte qu'on était obligé de donner au seigneur de fief quarante jours après qu'on avait fait la foi et hommage contenant un dénombrement de toutes les terres qu'on avouait tenir de lui. Clientelaris juris professio. Par la coutume
de Paris , uu aveu et dénombrement devait être blâmé dans les quarante jours ajjrès qu'il était donné ; autrement il était reçu.
ADVENTICE ou AYENTOR , l'un des compagnons de saint Maurice , martyrisé à Turin. Ses reliques sont dans l'église des Jésuites de Turin , avec celles des saints Solutor et Octave qui souffrirent le martyre avec lui.
Baillet , tom. 3 , 22 septembre.
AD VOUE. C'était autrefois un patron , un défenseur des droits d'une église , honorimi Ecclesiœ palronus. Spelraan , savant Anglais du dernier siècle , distingue deux sortes d'avoués des églises, les uns qu'il appelle avoués des causes ou des procès , advocati caiisarum , et qui é— taient donnés par les princes pour soutenir en justice les droits des églises ; les autres qu'il nomme avoués du territoire , advocatisoli , et qui étaient héréditaires. C'étaient les fondateurs mêmes des églises , ou leurs héritiers , que nous appelons aujourd'hui patrons. En ce sens , les femmes étaient aussi avouées , advocatœ ou advocatissce ; l'on en trouve en effet dans le droit canon qui ont ces titres , et elles avaient droit de présenter dans les églises dont elles étaient avouées. ( Chron.
de Sens. , 1. 2 , cap. !■;. J^igul.
Hondius Metrop. de Falzbourg, tom. I , p. 254). n y avait des avoués libres , advocati liheri ; des «l'owe^ niatriculaires , advocati matriculares , c'est-à-dire , les avoués de l'église cathédrale,
ADV apjïelée église Matrice. Charlemagne prenait le titre inavoué de Saint-Pierre ; le roi Hugues , de Saint-Riquier ; St-Édourd , roi d'Angleterre, celui de Westminster et de toutes les églises d'Angleterre. Sous Henri i", roi de France, le comte d'Anjou avait la bannière de Saint-Martin dans son armée , en qualité d'avoué ou de défenseur de l'abbaye de Marmoutier (P. Daniel. ) Les vidâmes prenaient la qualité d'avoués , et même les historiens du huitième siècle confondent ces deux qualités ; de là vient que plusieurs séculiers d'Allemagiae et grands seigneurs portent des mitres en cimier sur leurs écus , parce qu'ils avaient la qualité d'avoués ou d'ofl&ciers des grandes églises. Ils étaient comme avocats, patrons, gardes , administrateurs du temporel des églises. Les contrats des monastères se faisaient sous leurs noms. C'étaient eux aussi qui se présentaient en jugement pour les monastères dans toutes leurs causes, et qui rendaient la justice pour eux dans tous les j lieux où ils avaient la juridiction. Dans quelques monastères, on les appelait conservateurs , conservatores. Il conduisaient à la guerre les vassaux des monas- i tères obligés de fournir des soldats au Roi ( Acla sancti Bene- \ dict. sec. 3, p. I , Préf. , p. 91, j et seq ). n y avait aussi quelquefois plusieurs sous-avoués pour | chaque monastère cpii en faisaient les affaires à la place des!
avoués, ce qui ruinait les mo-j
nastères. Les villes avaient aussi leurs avoués , sans doute à l'exemple des églises. On' appelait' généralement Avoués tous ceux qui prenaient la défense d'autrui. Quelques sa vans prétendent que les villes et les provinces n'ont jamais eu d'avoué, et que les seigneurs qui portent le titre d'avoués de quelque pays, ne l'étaient que des monastères et des églises de ce pays-là; mais cette prétention paraît contraire à la réponse que firent les évêques quand il fut question d'élire un roi de Jérusalem , après qu'elle eût été prise par les croisés. Les évêques consultés répondirent donc qu'on ne devait pas élire de roi dans un lieu où Dieu avait souffert et avait été couronné; mais qu'il fallait seulement élire quelque avoué qui gardât la ville et qui eût soin de distribuer à la garnison les tributs qui se lèveraient dans le pays. Il ne s'agit dans cette réponse , ni de monastères, ni d'églises ; mais de ville , de pays et de tributs de ce pays.
( Raymond de Agiles. )
;EC^ ou ^CANA , ville autrefois épiscopale dans la Fouille Daunienne, au pied du mont Apennin, entre Lucéra et Yénosa, qu'on a aussi appelée ylEca et AEcana. On prétend qu'elle fut bâtie par Malence , roi des Salentins , et ainsi appelée du nom de sa femme jEcananie. Ortelius la confond avec jEqua , ville de la Campanie. Elle avait encore des évêques au sixième siècle ; mais ayant été totalement rui-
née par les Barbares , on bâtit sur ses ruines au dixième siècle , sous les empereurs Constantin et Basile, la ville appelée aujourd'hui Troja. Voici quelques uns de ses évêques rapportés dans Jtal. Sacr. , tom. io,pag. 5.
I . Saint Éleuthère, fils d'Eugène et de Sainte Antia, martyre {Voy.
Act. SS. , avril , t. 2 , p. 628. )
2. Secundin dont on trouva le corps dans les ruines de la ville , lorsqu'on la rebâtit au commencement du onzième siècle (/^. Act. SS., febr., t. 2, pag. 529. )
3. Martien assista au concile de Rome sous Symmaque en 5o i .
iECULANUM ou ECLANTOI, ville autrefois épiscopale et trèsancienne des Hirpcns dans le Samnium ou vicariat romain, ou Campanie , éloignée , selon l'itinéraire d'Antonin, de quinze mille pas de Bénevent. Cluvier dit que c'est aujourd'hui la ville du royaume de Naples nommée Fricensi ; mais Holstenius croit que Fricensi s'est seulement agrandie des ruines de l'ancienne Eclanum , dont il met les masures près du bourg de Mérabella à quatre milles de Fricensi.
C'est aussi le sentiment d'Ughel.
On l'appelait autrefois Qiiintodecimum. L'empereur Constantin la détruisit en 66g. Elle fut ensuite rétablie , et elle conserva son siège épiscopal jusqu'à l'onzième siècle. Julien, ce célèbre adversaire de saint Augustin, en était évêque. Ital. Sac. , tom. 10, pag. 6.
iEELNOTHE, moine de Saint-
Augustin à CantorWry qui a fleuri au commeucement du douzième siècle, a passé une partie de sa vie en Dajiemarck où l'on dit qu'il demeura vingt-quatre ans. Il a écrit vers l'an 1 1 20 la vie et la passion de Canut , roi de ce pays, donnée par Arnould- Huitfeld l'an 1602, et avec les notes de Meui-sius ; à Hanau en i63i. M. DupLn, Biblioth. des auteurs eccl. du douzième siècle.
KGk , ville épiscopale du diocèse d'Antioche dans la seconde Cicile , sous la métropole d'Anazarbe , est située sur la mer au rapport de Pline. Justinien i^' y fit bâtir une église en l'honneur de saint Cosme et de saint Daniien qu'on disait y avoir souffert le martyre le 26 octobre , sous le président Lysias et l'empereur Dioclétien. On ne sait pourquoi le Martyloge et le Bréviaire romain mettent leur martyre dans la ville d'Egée eu Arabie qui n'a jamais existé. Quelques monumens veulent qu'ils aient souffert à Cyrrlie dans la province d'Euphrate. Théodoret est de ce sentiment. Cap. i33, Collect. ex Tragœd. Irenœi.
Évêques d'yiEga.
1. Zénobe. Menées des Grecs , 3odécemb. Baron. , ad ann. 285.