‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 101 sur 275 · M. VIEUSSE · texte numérisé non relu

M. VIEUSSE

Benoîl-Hippolyte Vieusse naquit le 20 mars 1784, à Villemur, diocèse de Toulouse, d'une famille honorable et très chrétienne. Après ses premières études, il travailla pendant quelque temps chez le Directeur des Domaines, et là il acquit des connaissances qui lui servirent dans la suite plus d'une fois pour les intérêts temporels du séminaire. Mais bientôt il renonça aux espérances que lui présentait le monde, et se prépara à exercer un jour les sublimes fonctions du sacerdoce.

II fut un des deux premiers élèves qui, en 1805 ou 1800, entrèrent au grand séminaire de Toulouse, à la tête duquel l'archevêque avait placé M. de Saint-Félix, prêtre de la Compagnie, et ancien supérieur du séminaire de Saint-Charles de la même ville. Bientôt, M. Vieusse devint professeur de dogme. Lorsque la direction du séminaire eut été de nouveau confiée à la Compagnie, en 1818, il obtint d'y être aggrégé, fit sa Solitude en 1819-1820, et fut renvoyé à Toulouse pour y continuer à enseigner le dogme. Il professa ensuite la morale aussi longtemps que ses forces le lui permirent, géra les affaires temporelles du séminaire, présida aux exercices particuliers des Philosophes, et rendit tous les services qui furent en son pouvoir.

C'est ainsi que, pendant près de 50 ans, il se dévoua au bien du séminaire, avec une application au travail, une ardeur à favoriser les progrès de la science ecclésiastique, et un zèle pour le bon ordre et la régularité, qui ne se sont jamais démentis. Toujours on a pu le considérer comme un

modèle de l'esprit ecclésiastique, en même temps que ses connaissances théologiques, son expérience, la sagesse de ses conseils, lui méritaient l'estime et la confiance du clergé, spécialement des éminents prélats qui, durant sa vie, se succédèrent sur le siège archiépiscopal de Toulouse. Aussi a-t-on pu dire publiquement qu'il ne s'est guère accompli d'œuvre importante dans ce diocèse, sans que, de près ou de loin, M. Vieusse y ait mis la main, tout en remplissant exactement ses fonctions de directeur de séminaire. Ainsi, dès ses jeunes années, il fut appelé à concourir à la formation du petit séminaire de Toulouse. Plus tard, il contribua d'une manière plus active encore à la fondation de celui de Polignan, auquel il a rendu des services essentiels. Personne n'ignore, à Toulouse, quelle part il eut au concile provincial tenu en 1850, soit en en préparant les matières, soit en y assistant comme théologien.

Malgré tous ces travaux, M. Vieusse conservait encore son ardeur et son courage, lorsque, au commencement du mois d'août 1857, il fut pris de la maladie dont il mourut quelques jours après, le 20 du même mois, entre minuit et une heure du matin. Après un service solennel célébré à Bagnères, son corps fut rapporté à Toulouse, et deux jours après, le lundi 24 août, les obsèques eurent lieu au milieu d'une affluence considérable d'ecclésiastiques (Lettre circulaire de M. Carrière, Supérieur du séminaire de Saint-Sulpice). — L'Ami de la Religion, t. CLXXV1I, p. 613-615, numéro du jeudi 10 septembre 1857, reproduit un article sur M. Vieusse, paru dans la Gazette du Languedoc, et signé, L'Abbé Bareille.

1 . — Tractatus de Religione, ad usum Theologiaî candidatorum; Tolosœ, apud Augustinum Manavit, Régis typographum, via Sancti Romani, 1816, in-12, pp. 204. Inséré plus tard dans l'article suivant.

2. — Compendiosœ Institutiones theologicœ , ad usum seminarii Tolosani, jussu et auctoritate Illust. et Rêver. D. D. Gardinalis Anna? Antonii Julii de Clermont-Tonnerre, Archiepiscopi Tolosani et Narbonensis, in lucem édita3; Tolosa;, è typis Joannis Mathœi Douladoure, 1826-1827, 6 vol.

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in-12. — Tom. I : Theologiœ Prolegomena; De Fide; De Deo; De Religione; pp. 682. — Tom. II : De Ecclesià Ghristi; De SS. Mysterio Incarnationis; De Mysterio SS. Trinitatis; pp. 638. — Tom. III : De Gratià; De Sacramentis in génère; De Baptismo; De Confirmatione; De Pœnilentià; pp. 692. — Tom. IV : De SS. Eucharistià; De Exlremà-Unctione; De Ordine; De Gensuris; De Indulgentiis; De Matrimonio; pp. 684. — Tom. V : De Actibus humanis; De Legibus; De Peccatis; De Prœceptis Decalogi; pp. 636. — Tom. VI : De Justitià et Jure, injuria et Restitulione; De Contraclibus; De Obligationibus; pp. 681. — >L'r D'Aviau et d'autres évoques français ayant prié M. Duclaux, Supérieur de Saint-Sulpice, de charger quelque membre de la Compagnie de rééditer, après révision et correction, les Compendiosœ Institutiones iheologicœ ud usum Seminarii Pictaviensis, ou Théologie de Poitiers, la proposition en fut faite, aux vacances de 1824, à M. Vieusse, qui accepta de faire le travail. C'était travailler sur un fonds sulpicien. Car, selon Dreux du Radier, qui rapporte le fait comme lui ayant été dit à lui-même, « cette théologie est formée des cahiers que M. de la Poype de Vertrieu, évêque de Poitiers (de 1702 à 1732) avoit lui-même étudiés au séminaire de Saint-Sulpice. Il la fil voir par les PP. Latour et Salton, jésuites et professeurs en théologie à Poitiers. Les questions théologiques y sont traitées avec beaucoup de précision; il règne une grande méthode dans la distribution des matières et leur contexlure... Le Traité des Péchés a été critiqué; mais les critiques ont disparu, et la Théologie de M. de la Poype jouit des honneurs d'une approbation générale. Elle a été adoptée par plusieurs évêques en France; on l'enseigne en Picardie, en Bretagne; M. l'archevêque de Sens (Languet) l'a reçue... On peut donc la regarder comme un excellent ouvrage » (Bibliothèque historique et critique du Poitou; Paris, 1754, t. IV, p. 435). L'abbé Guillot, chanoine de l'église Sainte-Radegonde, à Poitiers, dans son oraison funèbre de M. de la Poype (10 février 1733), lui attribue formellement la composition et le mérite de cet ouvrage. La première édition parut de 1708 à 1709 en 4 volumes in-12 :

elle fut annoncée avec éloge par le Journal des Savants et par les Mémoires de Trévoux (mars 1709, p. 441-447; mai 1711, p. 796-810). Il y eut d'autres éditions en 1717, 1723, 1729, 1731, 1753. Le Journal de Verdun en rendit compte dans ses numéros d'avril 1732 et novembre 1753 (p. 346). L'édition donnée en 1758 et réimprimée en 1767, 1772 et 1778 fut considérablement améliorée par M. Louis-Joseph Segretier, de la Compagnie de Saint-Sulpice. Par ordre de M. Jean-Louis de la Marlhonie de Gaussade, deuxième successeur de M. de la Poype de Vertrieu, il fit « des additions considérables, particulièrement touchant la Religion, l'Église, la Grâce et la Jurisprudence française. Dans cette nouvelle édition, les règles du Droit et de la Justice, de la Restitution, des Contrats, du Mariage, des Rénéfices et des Censures sont établies suivant le Droit romain et le Droit français. On y ajouta le traité tout entier des Actes humains, qui est forl bien fait » ( Vie de M. Daguerre, fondateur du séminaire de Larressore, avec l'Histoire du diocèse de Rayonne, depuis le commencement du dernier siècle jusqu'à la Révolution française; par l'abbé C. Duvoisin; Rayonne, 1861, in-8°, p. 510). — On pense bien que la Théologie de Poitiers n'était pas composée dans les principes des jansénistes : aussi publièrent-ils en 1737 une Lettre à l'évêque de Blois pour le détourner de faire enseigner cet ouvrage dans son séminaire. Après la mort du P. Maille, de l'Oratoire, arrivée en 1762, on publia en 1765 son Examen critique de la Théologie du Séminaire de Poitiers (in- 12 de xxxvi-671 pages); mais de l'aveu, et au grand regret du gazetier janséniste, l'ouvrage n'eut pas de débit {Nouvelles ecclésiastiques, 4 décembre 1766, p. 197). M. Paulze d'Ivoy de Vertrieu a reproduit en entier l'article du Journal des Savants, ainsi que les principales plaintes et critiques des Nouvelles ecclésiastiques. Gfr. Un évêque de Poitiers ait XVII" siècle; Msr Jean- Claude de La Poype de Vertrieu, par Paulze d'Ivoy de La Poype; Poitiers, 1889, in-8% p. 319-328.

Compendiosa? Institutiones theologicae... Secunda editio; Tolosœ, è typis Joannis Mathœi Douladoure, 1828, 6 in-12.

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pp. 682, 640, 694, 684, 636, 684. Les traités De Justitiâ et De Contractibus ont été revus et accommodés au nouveau Droit civil français par M. Berger, vicaire général de Toulouse. — Tertia editio; Tolosse... Douladoure, 1829, 6 in-12, pp. 674, 617, 708, 693, 636, 688. — Quarta editio; Tolosae... Douladoure, 1835, 6 in-12, pp. 687, 604, 692, 672, 617, 466. — Quinta editio; Tolosœ... Douladoure, 1842, 6 in-12, pp. 671, 596, 672, 659, 607, 655.

Compendiosœ Institutiones theologicœ ad usum seminarii Tolosani... juxtà animadversiones à nonnullis Theologis Romanis propositas emendata?; editio septima, auctior et correctior; Tolosœ, è typis Joannis Matha?i Douladoure, 1856, 6 in-12, pp. x-625, 456, 540, 535, 525, 538. Pour l'ordre et la disposition des matières, cette édition offre quelques particularités. Le tome I, qui a pour titre général, Ad universam Theologiam introductio, contient les Prolégomènes de la Théologie et le traité De Revelatione, sive de verâ Religione, dans lequel est renfermé le traité de YEglise. Au tome V, le traité du Décalogue est compris dans le traité De Le gibus. Enfin, au tome VI, le traité De Dbligationibus précède les traités De Justitiâ et De Contractibus. M. Vieusse étant mort avant d'avoir achevé la rédaction du traité de Y Église, son œuvre fut terminée par M. Bonal, alors professeur de dogme au grand séminaire de Toulouse. 11 prépara aussi, de concert avec M. Malet, qui y enseignait la morale, l'édition 8e, dont il fut parlé dans la Revue des Sciences ecclésiastiques (t. XII, p. 371-376, article signé, E. J. D.). Précédemment, cette même revue avait — dans ses numéros d'avril, juillet, août, novembre 1860, février et mars 1861, — publié un Examen critique de la 7e édition, signé Jacquenet, prêtre, depuis évèque d'Amiens. M. Bonal eut seul le mérite de l'édition 9e : elle parut en 1867 avec ce titre nouveau : Institutiones theologicœ ad usum seminariorum adaptatœ, primûm ad usum seminarii Tolosani editœ. Ce fut la matière de deux articles : l'un, signé Montrouzier, jésuite, parut dans la Revue des Sciences ecclésiastiques (t. XVI II, p. 532-542); l'autre, signé l'abbé Roquebert,

fut inséré dans le journal le Monde du 31 juillet 18G8. L'auteur-éditeur prit tout à fait possession de l'ouvrage dans l'édition 10e publiée en 1869 : Institutiones theologicœ... augtore A. Bonal... Cette édition fut encore critiquée dans la Revue des Sciences ecclésiastiques, par le P. Montrouzier, mais cette fois, il se cacha sous le pseudonyme de Durand. Son article étant de nature à déplaire à Msr Desprez, archevêque de Toulouse, patron en quelque sorte de la théologie approuvée par lui, il ne fut pas envoyé au prélat, et peutêtre le numéro de la Revue qui le contient manqua-t-il toujours à sa collection. — Depuis 1869, les éditions de la ci-devant Théologie de Toulouse se suivent à de courts intervalles : en 1874, la 11e et la 12° simultanément; en 1879, la 13e et la 14e; en 1884, la 15e et la 16e; en 1891, la 17e et la 18e.

3. — Censura plurium Galliœ Bpiscoporum in LVI. Propositiones excerptas ex variis Scriptis D. De La Mennais et ejus discipulorum, necnon eorumdem Episcoporum Epistola ad Summum Pontificem (avec traduction en regard); Tolosa?, typis Joannis Matthaei Douladoure, 1832, in-4°, pp. xv-46.

Censure de cinquante-six propositions, extraites de divers écrits de M. de La Mennais et de ses disciples, par plusieurs Évêques de France, et Lettres des mêmes Évêques au Souverain Pontife Grégoire XVI; le tout précédé d'une Préface où l'on donne une notice historique de cette censure, et suivi de Pièces justificatives; Toulouse, J.-M. Douladoure, 1835, in-8°, pp. xxxix-215. — L'Ami de la Religion, 19 novembre 1835, t. LXXXVII, p. 337-340. Quérard, Notice bibliographique des ouvrages de M. de La Mennais; Paris, 1849, in-8°, p. 71, 72.

L'abbé Rorhbacher, disciple et ami de La Mennais, composa une critique de cette censure, dont il donne la préface dans son Histoire universelle de l'Eglise catholique, Livre XCI; Lyon, 1872, t. XII, p. 128. 11 communiqua ce travail à M. de La Mennais, qui, de concert avec M. Gerbet. l'aida à le compléter. « M. de La Mennais en fit même faire

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une copie pour le livrer à l'impression; mais des amis de Paris, MM. de Montalembert et de Coux, furent d'avis que, les esprits commençant à se calmer et à se réconcilier, il valait mieux ne pas recommencer la controverse : l'impression n'eut pas lieu ». Ibid., p. 128. Voir aussi p. 129.

11 est parlé de cette critique, ainsi que de la Censure, dans une lettre autographe de La Mennais qui m'a été donnée après la mort de celui à qui elle était adressée, lequel — il le déclare lui-même par une note signée de sa main — l'avait « gardée par pure curiosité ». C'était un ancien partisan des doctrines mennaisiennes, lequel, après leur condamnation par le Pape, les avait sincèrement répudiées, mais avait conservé pour leur auteur une profonde estime et une grande admiration. L'Ami de la Religion ayant, dans son numéro du 24 janvier 1833 (t. LXX1V, p. 577-580), publié une lettre de Rome où l'on disait insuffisante la soumission des rédacteurs de X Avenir, surtout après une lettre que M. de La Mennais avait reçue du cardinal Pacca, le prêtre dont nous parlons en écrivit à l'abbé de La Mennais, qui répondit par la lettre suivante. Nous la citons intégralement; d'abord parce qu'elle est entièrement inédite; ensuite, parce qu'on y sent déjà sourdement gronder le volcan qui devait faire éruption un an plus tard, et qu'elle contient le programme, arrêté dès lors, du genre de « travaux » auxquels l'auteur devait se livrer exclusivement dans la suite.

« La Chênaie, le 27 février 1833.

» Je n'ai jamais lu, Monsieur, le journal de M. Picot, et vous pouvez bien vous figurer que ce n'est pas maintenant que je commencerai à le lire. J'ignorerois donc complètement l'existence de l'article dont vous me parlez, si l'on ne m'avoit écrit de Paris que L'Ami de la Religion, s'appuiant d'une lettre de Rome, nous attaquoit de nouveau sur l'insuffisance de notre soumission, et sur une lettre du Cal Pacca que nous n'avons pas cru devoir publier.

» 11 est très possible qu'une lettre contre nous ait été effectivement écrite de Rome à M. Picot, parce qu'à Home comme

en France, il y a des hommes de toutes les opinions. Mais ce qui est encore plus certain, c'est que nos adversaires voudroient, à force de provocations, nous engager dans une controverse, dont ils espéreroient tirer parti contre nous. Ils n'y réussiront pas.

» En ce qui touche notre soumission, le Pape m'a fait savoir par trois voies différentes, et notamment par le Cal Pacca, qu'il était pleinement satisfait de notre déclaration. Si d'autres ne le sont pas, que m'importe?

» Quant à la lettre du Gal Pacca, il est vrai qu'elle existe, et si l'on croit hon de la rendre publique, il ne sera sûrement pas difficile à ceux qui la croient favorable à leurs vues d'en avoir une copie à Rome et de la faire imprimer à Paris. J'en serai charmé pour mon compte. Mais ce ne sera certainement pas moi qui prendrai sur ma responsabilité de la publier, et cela pour deux raisons : parce qu'elle est loin, fort loin d'être d'accord avec l'Encyclique, et parce qu'elle contient des choses qui donneroient trop d'avantages aux ennemis de la Religion.

» Je me tairai également sur la Censure, bien que nous ayons un travail, assez curieux peut-être, terminé sur ce sujet. Il y a dans cette œuvre, dirai-je de zèle ou de passion aveugle? tant de mauvaise foi, d'ignorance et d'absurdité, qu'elle est elle-même, presque partout, sa réfutation la plus forte. Je crois donc que le mieux est de la laisser mourir en paix; je dis mourir, car, quoique les évêques qui l'ont souscrite aient trouvé à Rome beaucoup de faveur près de quelques hommes puissants, il est au moins très probable qu'ils n'obtiendront rien de ce qu'ils ont demandé.

» Vous voyez, Monsieur, qu'à moins que des circonstances impérieuses ne me forcent à me défendre, je suis très résolu à ne pas rompre un silence qui me paroît le meilleur moyen de finir toutes les vieilles querelles. J'ai cru un moment qu'on pouvoit réconcilier le catholicisme avec les peuples qui chaque jour se détachent de lui davantage. Je ne me trompais pas sur le fonds des choses, mais je me trompais en espérant que la hiérarchie pourrait concourir, ou au

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moins ne pas s'opposer à une pareille action. Le contraire maintenant est bien prouvé. Or, combattre pour l'Église malgré la hiérarchie et en se mettant en guerre avec la hiérarchie est quelque chose de catholiquement contradictoire. II faut donc laisser Dieu agir seul. Il sauvera, quand il en sera temps et par des moyens inconnus de nous, ce que les hommes perdent tous les jours. Pour moi, dans cette position, abandonnant mes anciens travaux avec mes anciennes espérances, je suis fermement décidé à ne plus m'occuper désormais des affaires de la religion, fort indifférent à tout ce que peuvent dire et faire contre moi mes ennemis, à moins qu'ils ne dépassent certaines bornes au delà desquelles il n'y a plus de silence possible. La Providence ne m'a point chargé du gouvernement de l'Église. J'ai dit làdessus ce que je croyais utile; ma tâche est remplie et ma conscience tranquille : il ne me reste plus qu'à prier. Mais en dehors des devoirs du chrétien, il reste ceux de l'homme, de l'homme qui se doit comme tel à l'humanité et à son pays. Je tâcherai donc d'accomplir ceux-ci, qui sont tous renfermés dans le cercle exclusif de la Politique et de la pure Philosophie. Telle est ma résolution inébranlable. Agréez, Monsieur, l'assurance de mes sentimens.

F. de La Mennais. »

La suite montra bien que le Pape n'était pas « pleinement satisfait de la soumission » des rédacteurs de l'Avenir; car M. de La Mennais dut signer et signa en effet, le 11 décembre 1833, une nouvelle déclaration, où il adhérait à l'Encyclique dans les termes mêmes prescrits par un bref adressé par le Pape à l'évêque de Rennes le 5 octobre précédent. En conséquence, le 28 décembre 1833, Grégoire XVI envoya à La Mennais un bref de félicitation, qu'on peut lire, avec d'autres pièces qui s'y rapportent, dans L'Ami de la Religion, numéro du 21 janvier 1834, t. LXXVIII, p. 565, 566. Hélas! très peu de mois après, La Mennais répondait à ce bref par la publication des Paroles d'un croyant, composées en cette même année 1833 et condamnées dès le 25 juin 1834 par une

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Encyclique de Grégoire XVI, adressée à tous les évêques de ta Chrétienté.

4L — Lettre de Monseigneur l' Archevêque de Toulouse aux Protestants de son diocèse, ou Réfutation de la Réponse faite à son Mandement du carême par quelques membres de l'église chrétienne réformée; Toulouse, Augustin Manavit, 1838, in-8°, pp. 78 et xvm pour les Pièces justificatives. — La Réponse était intitulée ainsi : « Réponse de quelques membres de l'église chrétienne réformée au Mandement de M=r l'Archevêque de Toulouse pour le carême de l'an de grâce 1838; Toulouse et Paris, 1838, in-12, pp. 44. Réponse... précédée de nouveaux argumens contre l'Église romaine, fournis par un de ses défenseurs; cinquième édition, avec des notes responsives; Toulouse et Paris, 1838, in-8°, pp. xxxn- 286 ». — M. Belaval, alors grand vicaire de Toulouse, plus tard évêque de Pamiers, publia aussi à cette occasion : Lettre d'un catholique aux membres de l'église chrétienne réformée, auteurs d'un écrit ayant pour titre : Réponse... Toulouse, imprimerie de Ph° Montauvin, 1838, in-8°, pp. 73. — Un anonyme publia encore : Réplique à la Réponse faite par quelques membres de l'église réformée au Mandement de Msr l'archevêque de Toulouse pour le carême de l'an de grâce 1838; Toulouse, Manavit, 1838, in-12, pp. 48. — A cette controverse, qui avait pour objet les livres deutéro-canoniques de la Sainte Écriture, appartient aussi l'ouvrage suivant :

5. — La Bible mutilée par les Protestants, ou Démonstration de la divinité des Écritures rejetées par la Réforme; ouvrage publié par ordre de M§r d'Astros, Archevêque de Toulouse; Toulouse, imprimerie de Jean-Mathieu Douladoure, 1847, in-8°, pp. xvi-319. — Seconde édition, revue et corrigée; Toulouse... Douladoure, 1847, in-8°, pp. xvi-373. — Bibliographie catholique, février 1851, t. X, p. 352-354, article signé, J.-B. Glaire.

H. — Mémoires historiques et chronologiques sur les séminaires établis dans la ville de Toulouse, depuis leur origine jusqu'à nos jours, d'après les documents authentiques déposés aux archives du Département, de l'Archevêché, des

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