‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 125 sur 275 · M. ROUPE · texte numérisé non relu

M. ROUPE

Jean-Baptiste Roupe, né à Montréal le 9 janvier 1782, était d'une famille originaire du canton de Berne, en Suisse. 11 entra au collège de Montréal au mois d'octobre 1800, pour faire ses études classiques. « Il sentit dès lors le désir d'entrer dans la Compagnie de Saint-Sulpice; mais son désir ne put être réalisé qu'après plusieurs années d'attente. M. Roupe était depuis six ans missionnaire des Iroquois de Saint-Régis, quand enfin arriva la permission de l'évêque de Québec, le laissant libre de suivre ses goûts. M. Roupe fut alors envoyé à la mission iroquoise du Sault-Saint-Louis. Il y resta près de seize ans, au bout desquels, revenu à la paroisse de Notre- Dame de Montréal, l'unique alors qui fût dans cette ville, il continua à se montrer plein de zèle pour le salut des âmes, comme il avait fait dans les missions sauvages; et l'on peut dire qu'il est mort victime de son zèle, après une courte ma-

ladie, le 4 septembre 1854, à l'âge de 73 ans, presque au moment où il allait célébrer son jubilé sacerdotal. — M. Roupe a laissé un assez grand nombre d'Instructions sur différents sujets de dogme et de morale, et une traduction des annonces du Rituel, avec beaucoup d'Avis et d'Exhortations, pour les différentes saisons de l'année. Il avait aussi essayé d'apprendre l'algonquin; et même il a pu être en état d'aller visiter les Indiens de langue algonquine,. campés cà et là sur les bords de l'Ottawa, et les grouper en plusieurs endroits, pour les instruire et leur administrer les sacrements » (M. Guoq, Anotc Kekon, ou Mélanges, 1893, in-4°, p. 176, 177). — M. Pierre Rousseau, Prêtre de Saint-Sulpice, a publié une Notice biographique sur M. J.-B. Roupe dans L'Écho du Cabinet de lecture paroissial. Un autre prêtre de la Compagnie, M. Mercier, a également publié une Notice historique sur M. Jean-Baptiste Roupe, Prêtre de Saint-Sulpice à Villemarie, en Canada, in-4° de 8 pages.

Dominique Granet naquit le 24 août 1810 à Espalem (Haute- Loire). Le curé de sa paroisse « lui fit commencer le latin, et le plaça au petit collège de Brioude, chef-lieu de l'arrondissement. Dominique y fit ses premières classes, puis il entra au petit séminaire de la Chartreuse, près de la ville du Puy, où il termina ses humanités » (Notice biographique du Rév. Messire Dominique Granet, Vicaire-général, et lp™ Supérieur du Séminaire de Saint- Sulpnce de Montréal (par M. P. Rousseau, prêtre de Saint-Sulpice); dans L'Echo du Cabinet de lecture paroissial; Journal des Familles; huitième année, n° 6, 15 mars 1806, p. 92). Il entra au grand séminaire du Puy pour y faire sa théologie le 20 octobre 1829. Le 22 décembre 1832, il reçut le sous-diaconat. Ayant alors terminé ses études théologiques, il passa deux ans au petit

séminaire de la Chartreuse en qualité de professeur. Au mois d'octobre 1834, il fut admis à la Solitude. Il espérait y passer encore l'année 1835-1836; mais au mois de décembre 1835, il fut envoyé au séminaire d'Autun, dont il occupa la chaire de philosophie l'espace de huit ans, jusqu'à son départ pour le Canada, en 1843.

Il y arriva le 27 septembre, et fut aussitôt placé au grand séminaire, c'est-à-dire dans l'établissement du collège, où se faisaient alors les cours de théologie. « M. Granet professa la philosophie et la théologie, ou successivement ou simultanément, selon le besoin; mais son principal emploi, pendant douze ans, fut d'enseigner la théologie dogmatique. En 1855, au mois d'octobre, il cessa d'enseigner le dogme, et prit la classe de morale, qu'il ne dirigea que sept mois, puisque le 21 avril 1856, il fut nommé supérieur » {Notice biographique, p. 96). Ce qu'il déploya de zèle, ce qu'il montra de vertus dans cet emploi important, il faut le demander à la Notice biographique que nous venons de citer. Volontiers nous la reproduirions intégralement, si son étendue (43 colonnes in-4°) n'était pas trop hors de proportion avec celle que nous donnons communément à nos articles.

Moins d'un an après sa nomination à la cure de Montréal, en mars 1857, M. Granet éprouva une première attaque de paralysie. En 1863, il en subit encore une seconde. Enfin, une dernière l'emporta le vendredi 9 février 1866, à cinq heures dix minutes du soir, dans la 56e année de son âge. Il avait passé vingt-trois ans au Canada, dont treize au grand séminaire, et dix à la tête de la paroisse de Montréal.

« M. Granet a laissé un nombre considérable d'ouvrages philosophiques et de controverse, de sermons, de retraites et de conférences religieuses, qui pourraient fournir matière à plus de dix volumes ordinaires.

» Ses ouvrages philosophiques comprennent des analyses raisonnées et critiques des œuvres de Thomas Reid, de l'abbé de Prades, de Leibnitz, de de Maistre, de Royer-Collard, de Gérando, de Riambourg, de M. Cousin, de l'abbé de Lamennais, de M^r de Salinis, de Ubaghs, de l'abbé Rautain, des

remarques sur le Système de la Nature, et des extraits de métaphysiques de divers auteurs.

» De plus, il composa un Cours complet de Métaphysique sacrée et profane; divers traités : De la Méthode; — De l'Autorité et de la liberté en matière de doctrine philosophique (Après sa mort, M. Regourd en donna d'amples extraits à L'Echo du Cabinet de lecture paroissial : la préface parut dans le numéro du 15 juillet 1866; le reste dans les numéros des mois suivants, et dans ceux de 1867); — De la Révélation ; — De L'Ame humaine; — Une Dissertation sur la Certitude; — Divers Essais sur des sujets de Morale ;

— sur plusieurs questions de Psychologie et de Métaphysique ; — Plusieurs Dialogues sur des matières de Controverse ; — et l'ébauche d'un Catéchisme sur les Devoirs des Electeurs.

» Il reste encore de lui plus de vingt sermons prêches aux fidèles, et des ébauches d'un grand nombre d'autres. Les plus remarqués de ces sermons ont été ceux sur La vie de l'homme ressuscité en Jésus-Christ ; — sur Le Triomphe de la Croix; — sur La Dignité de l'homme; — et sur Le Scandale.

» Il y faut joindre encore cinq cahiers de Conférences religieuses, plusieurs Retraites et de nombreuses Instructions prêchées aux prêtres, aux ecclésiastiques, aux religieuses, aux élèves du collège de Montréal. Les plus frappantes de ces Instructions sont celles où il traitait : Du saint Office;

— Du Péché véniel; — De la Chasteté ; — De la Mission du prêtre ; — De l'Abus des grâces; — Des avantages de la piété; — De l'Éminente dignité des pauvres dans l'Église » (Notice biographique citée, p. 97).

Nous plaçons sous le nom de M. Granet, bien qu'il n'en soit probablement pas l'auteur, un Mémoire composé en 1865 pour le séminaire de Montréal pendant qu'il en était supérieur, et présenté à la Congrégation de la Propagande clans le différend alors pendant entre la Compagnie et l'évêque de Villemarie : il y a, en effet, tout lieu de croire que cette pièce émane d'un sulpicien de Montréal et qu'elle fut au

moins approuvée par M. Granet : — « Documentum à Seminario Sancti Sulpitii Marianopolitani jussu Sacrae Congreg. de Propagandà Fide productum et eidem S. Congreg. submissum, ad asserenda jura ejusdem Seminarii à Reverendiss. DD. Episcopo Marianopolitano coràm hàc S. Congreg. impugnata »; sans nom de lieu ni d'imprimeur, 1865, in-8°, pp. 187.

Nous donnons également, bien que ce soit un hors d'œuvre, la Liste chronologique des Supérieurs du séminaire de Montréal.

1. — M. Gabriel de Thubières de Lévis de Queylus : 29 juillet 1657-22 octobre 1661.

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