‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 140 sur 275 · M. PINAULT · texte numérisé non relu

M. PINAULT

ce qu'il avait été auparavant, tout cela nous le laisserons raconter au R. P. Baudrillart, prêtre de l'Oratoire, lequel, dans une page de son opuscule intitulé, Les Normaliens dans l'Église (V. La Quinzaine du 1er février 1895), a bien résumé un article du Journal des Villes et des Campagnes (numéro du 6 mai 1870), paru également dans L'Aquitaine du 16 avril 1870 (pag. 593-598) sous la signature E. Bernard (lisez E. Vernhet, aujourd'hui curé de la paroisse d'Amberl, et qui avait été confrère de M. Pinault à Issy).

« L'École normale n'a donné que deux prêtres à Saint- Sulpice et tous deux appartiennent à la promotion de 1813 : avec Alexandre Johanet, son camarade Alexis Pinault, un savant, un original et un saint. « Je n'ai que deux élèves, disait quelquefois Ampère, Pinault et Savart. » Professeur de mathématiques spéciales, maître de conférences à l'École normale, Pinault devait collaborer aux belles recherches de Savart sur l'Acoustique. Mais bientôt l'administration l'attira : il fut successivement censeur du collège royal de Limoges, et, quand il eut reçu le sacerdoce, proviseur du collège de Reims. 11 paraît que la gent écolière, à la vue de ce nouveau venu, petit, contrefait, d'une figure plus qu'austère, ne demandait qu'à s'égayer; mais la main était rude, la parole énergique, la menace toujours suivie d'effet; maîtres et élèves apprenaient vite à leurs dépens que, si M. Pinault était dur envers lui-même, il ne se croyait pas tenu à de grands ménagements envers les transgresseurs du devoir. Le plus bel avenir universitaire attendait M. Pinault lorsqu'en 1824 il avait pris la résolution d'entrer au séminaire; proviseur d'un grand collège, il ,'ne craignit pas d'interrompre une seconde fois sa carrière pour se consacrer, humble vicaire, au soulagement des malheureux d'une des plus pauvres paroisses de Paris, Saint-Étienne du Mont. Ce ne fut pourtant qu'en 1829 qu'il trouva sa voie définitive en se faisant sulpicien. Quarante années durant, il allait être, par ses vertus et par son esprit, l'âme du séminaire d'issy. Travailleur infatigable, il dota la science d'un Traité élémentaire de physique, simple cahier de professeur, disait-il dans sa mo-

destie, œuvre supérieure en réalité, où les questions de hautes mathématiques et les théories les plus élevées étaient abordées avec une rare compétence. Sans une certaine dédicace à la Sainte-Vierge que l'auteur ne voulut jamais supprimer, ce livre était pris pour manuel à l'École polytechnique. « Mais faites donc un grand traité de physique et de mathématiques! disait un jour à M. Pinault l'un de ses confrères. Le bon Dieu vous aurait-il fait acquérir les connaissances que vous avez pour les laisser enfouies ? Par ce travail, vous montreriez que l'Église n'est pas ennemie des sciences et que le clergé ne les néglige pas. — Ah t réponditil, si on me l'ordonnait, j'obéirais. Mais rappelez-vous qu'un acte d'amour de Dieu vaut mieux et fait plus pour l'Église que toutes les sciences de la terre. » Cette parole explique la vie de M. Pinault. Du jour où il était venu à Saint-Sulpice, il n'avait plus voulu vivre que pour Dieu. « J'en reviens toujours à mon rabâchage, répétait-il souvent, à mon rien de toutes choses. Si on a une passion, quelle qu'elle soit, fût-elle légitime comme celle de l'étude, si ce n'est la passion de Dieu, on n'arrive jamais à la sainteté. » L'obéissance seule avait pu le déterminer à reprendre au profit des séminaristes l'enseignement qu'il avait donné jadis aux élèves de l'Université. « Je croyais, disait-il encore, n'y plus revenir jamais, et j'y ai été enfoncé à mon corps défendant. Qu'y a-t-il, en effet, qui me puisse attacher quand j'apprends que les trois angles d'un triangle valent deux droits? Qu'est-ce que cela dit à l'intelligence? A quoi cela m'avance-t-il?... Mais quand on me dit qu'il est venu un homme sur la terre et que cet homme est Dieu; ah bon ! c'est autre chose. Cet homme est Dieu? Voyons-le; et après voyons ce qui s'ensuit. Voilà qui en vaut la peine. » Par un tour habilement donné à la conversation, il ramenait toujours les esprits aux choses qui l'occupaient lui-même uniquement : « Quelquefois, on m'aborde et on me dit : Bonjour, Père Pinault t il fait bien chaud aujourd'hui I A cela je n'ai rien à répondre ; qu'est-ce que cela me fait?... Alors, j'en viens à un sujet sensé, et je réponds à mon tour en disant : Quels beaux enseignements dans la pa-

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rabole de l'enfant prodigue! je la lisais ce matin...» Cette originalité d'expressions, cette pointe de paradoxe, ce sansfaçon, ce franc parler qui n'était pas rare chez les sulpiciens d'autrefois, jusqu'à certaines excentricités, attiraient et retenaient les séminaristes autour de M. PinaulL; c'était à qui soutiendrait de son bras les pas chancelants du vieillard, ou pousserait à travers les allées du parc la petite voiture où ses infirmités l'avaient relégué. Il supportait avec un admirable courage les pires souffrances et n'y trouvait pas un motif pour se dispenser des exercices de règle. Mais depuis longtemps il se plaignait, avec une aimable impatience, que « la mort l'eût oublié dans sa tournée ». En juin 1866, Msr Darboy, visitant le séminaire, félicitait M. Pinault de la conservation de ses forces : « Ah ! Monseigneur, lui répondit celui-ci, il y a soixante-treize ans que je fais antichambre, je trouve le temps bien long; aussi, quand le Père éternel voudra de moi, il peut me prendre: je suis prêt. — Tout le monde n'est pas de votre avis, répliqua l'Archevêque, et il y en a, je vous assure, qui consentiraient à faire antichambre plus longtemps encore. » Le 12 mars 1870, « le Père éternel » rappelait à Lui son serviteur M. Pinault; quatorze mois après, l'Archevêque, tombé sous les balles des insurgés parisiens, cessait à son tour « de faire antichambre ».

Cfr. Bulletin trimestriel des anciens élèves de Saint-Sulpice; 15 janvier 1897, p. 368-372.

1. — Traité élémentaire de Physique, par M.- l'abbé Pinault, Professeur de physique au séminaire d'Issy, ancien maître de conférences à l'École Normale; Paris, Gaume frères, 1835, 2 in-8°, pp. vni-359, 380. L'Ami de la Religion, 15 octobre 1835, t. LXXXVII, p. 112. — Deuxième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1836, 2 in-8°, pp. vm-359, 379. — Troisième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1839, 2 in-8°, pp. vin-384, 412. — Éléments de Physique, par M. l'abbé Pinault, Prêtre de Saint-Sulpice, Professeur de physique au séminaire d'Issy; quatrième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1852, in-8°, pp. xix-521. —

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Compléments des Eléments de Physique, où sont traitées par des calculs ou des raisonnements mathématiques les questions qui n'ont pu être qu'indiquées dans les Éléments ; par M. l'abbé Pinault, Prêtre de Saint-Sulpice, Professeur de Physique au séminaire d'Issy; Paris, Gaume frères, 1853, in-8", pp. vni-188.

2. — Traité élémentaire de Mathématiques, contenant l'Arithmétique, l'Algèbre, la Géométrie synthétique, la Trigonométrie, la Géométrie analytique, des notions de Calcul différentiel et Intégral, et un Précis du calcul des Probabilités; par M. l'abbé Pinault, Professeur de Physique au séminaire d'Issy, ancien Maître de Conférences à l'École Normale; Paris, Gaume frères, 1836, in-8°, pp. 466. — Traité élémentaire de Mathématiques, contenant... les trigonométries rectiligne et sphérique, la Géométrie analytique... Deuxième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1841, in-8°, pp. xvi-486.

Éléments de Mathématiques, contenant l'Arithmétique, l'Algèbre, la Géométrie synthétique, et un abrégé de Trigonométrie; par M. l'abbé Pinault, Prêtre de Saint-Sulpice, Professeur de Physique au séminaire d'Issy; Troisième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1846, in-8°, pp. xv-416. — Compléments de Mathématiques, contenant la Trigonométrie, la Géométrie analytique à deux et trois dimensions, les Calculs différentiel, intégral, etc., et le calcul des Probabilités; par M. l'abbé Pinault, Prêtre de Saint-Sulpice, Professeur de Physique au séminaire d'Issy; troisième édition, revue, corrigée et augmentée; Paris, Gaume frères, 1847, in-8°, pp. vm-399. « Je crois, dit Beuchot, que c'est par erreur que les mots IIIe édition ont été placés sur le titre de ce volume, destiné, dit l'auteur, à compléter la troisième édition de ses Éléments de mathématiques ». Mais Beuchot n'avait pas remarqué, ou avait oublié que les parties traitées dans les Compléments l'avaient été déjà dans les deux premières éditions du Traité élémentaire de Mathématiques.

Étienne-Michel Faillon naquit le 3 janvier 1800 à Tarascon, ville du diocèse d'Aix-en-Provence. Il fit ses études littéraires au collège de Tarascon et au lycée d'Avignon. Après avoir pendant quelque temps cherché sa voie, il fut tonsuré le 19 mai 1818, entra en philosophie au grand séminaire d'Aix le 16 octobre suivant, reçut les quatre Ordres mineurs le 27 mai 1820 et le sous-diaconat le 4 juin 1821, entra au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, le 16 octobre de la même année; fut ordonné diacre à la fin de 1822, et prêtre le 18 septembre 1821. Le 16 février 1825, il fut admis à la Solitude, et au mois de septembre suivant, envoyé à Lyon pour y professer le dogme aux nouveaux. Rappelé au séminaire de Paris en 1829, il fut pareillement chargé de l'enseignement du dogme, et en plus de la direction des catéchismes de la paroisse. En 1837, il devint Directeur de la Solitude, et c'est là qu'il acheva de préparer et de rédiger la Vie de M. Olier. Au mois d'avril 1848, il lui fallut échanger la vie tranquille de bénédictin en cellule contre celle de visiteur. Il partit en effet, à cette époque, pour l'Amérique, et il visita nos établissements de Baltimore et de Montréal. En même temps, il recueillait les matériaux des cinq volumes qu'il publia plus tard, sous le titre de Mémoires particuliers -pour servir à l'histoire religieuse de l'Amérique du Nord. La mort de M. de Gourson, Supérieur de la Compagnie, l'ayant obligé de rentrer en France au mois de juillet 1850, M. Faillon reprit ses fonctions de Directeur de la Solitude, et se remit au travail comme avant son premier voyage en Amérique. Il en fit un second en 1854 pour terminer les affaires qu'il avait heureusement commencées dans le précédent, et revint en Europe vers la fin de 1855. Mais sa santé, fortement éprouvée en France, se trouvant beaucoup mieux du climat de Montréal, il y retourna pour la troisième fois au mois de no-

vembre 1857. Il dut cependant en partir pour venir prendre part à l'Assemblée des Assistants qui se tint aux vacances de 1862. Alors, les médecins jugeant le climat de Paris contraire à l'affection darlreuse dont souffrait M. Faillon, il se retira au séminaire d'Aix-en-Provence. Il y passa quatre ans, sans fonction, mais travaillant toujours à la composition de ses ouvrages.

Au mois de mars 1804, il arrivait à Rome pour y résider en qualité de procureur-général de la Compagnie auprès du Saint-Siège. Après un séjour de cinq ans, interrompu, pour divers motifs, par quelques voyages en France, il se fixa au séminaire de Paris, et c'est là qu'il finit ses jours, ie 25 octobre 1870, pendant le blocus de Paris par les Prussiens. Son corps, déposé d'abord dans un des caveaux situés sous le chœur de l'église Saint-Sulpice, fut transporté à Issy le 10 mars 1871, et inhumé dans le cimetière attenant à la chapelle Notre-Dame de Lorette.

V. L'Univers du 29 octobre 1870, article signé, H. Fisquet. — Le Conciliateur, Journal de Tarascon, du 24-31 décembre 1870 : Notice biographique sur M. l'abbé Faillon. — Notice sur M. Faillon, prêtre de Saint-Sulpice, et auteur de l&Vie de M. Olier, en tête de la 4e édition de la Vie de M. Olier; Paris, 1873, t. 1, p. 1-17. — Vie de M. Faillon, Prêtre de Saint- Sulpice, par l'Auteur de laV/e de M. Mollevault (M. Gamon); Paris, 1877, in-12, pp. xn-480. — M. Faillon, Prêtre de Saint- Sulpice; Sa Vie et ses Œuvres (par M. Desmazur.es); Montréal, Bibliothèque paroissiale, 1879, in-4°, pp. v-345.

i . — Vie de M. Démia, Instituteur des Sœurs de Saint- Charles; suivie de l'Esprit de cet institut, et d'une Histoire abrégée de son premier patron, Saint Charles Borromée; avec approbation de Ms1' l'Archevêque d'Amasie, Administrateur apostolique du diocèse de Lyon et Vienne, Pair de France; Lyon, chez M. P. Rusand, 1829, in-8° et in-12, pp. xxvni-511. Au verso du titre, on lit cette déclaration du libraire : « Pour me conformer aux intentions de l'Auteur, je déclare que le manuscrit de la Vie de M. Démia, etc., ne m'a été cédé qu'à la condition, par moi expressément ac-

ceptée, de n'en imprimer ni vendre aucun exemplaire qui ne porle l'inscription dédicatoire : Marice in templo prœsentatce, infantium exemplari et magistrœ , oblatum atque consecratum, et de ne jamais aliéner cette propriété qu'avec la même charge pour l'acquéreur. Rusand ». — Vie de M. Faillon; Paris, 1877, in-12, p. 64-66. — L'Ami de la Religion, 3 octobre 1829, t. LXI, p. 241-243. — Archives du Rhône, t. X, p. 378.

2. — Vie de M. de Lantages, Prêtre de Saint-Sulpice, premier Supérieur du séminaire de Notre-Dame du Puy; Paris, Imprimerie d'Adrien Le Clere et Cie, 1830, in-8°, pp. xx- 508. — A la page 397 commence un Appendice contenant des Notices historiques sur quelques supérieurs et directeurs du séminaire de Notre-Dame du Puy. Ce sont MM. : Le Breton, second supérieur, et ensuite curé de Saint-Georges; Guyton, troisième supérieur; Bayle, Directeur et professeur de morale; Barclon, directeur du séminaire de Saint-Sulpice, à Paris; De La Chetardye, directeur et professeur de morale, ensuite Curé de Saint-Sulpice, à Paris; Le Feugueulx, Directeur au séminaire du Puy, et ensuite curé de Saint- Georges; Rouît, Directeur au séminaire et curé de Saint- Georges; Le Fèvre, quatrième supérieur; Mathias, Directeur au séminaire; Chaumeys, cinquième supérieur; Picart, sixième supérieur; Thomas-de-Chauvac , septième supérieur; Le Flo, huitième supérieur. — Vie de M. Faillon, p. 66-68. L'Ami de la Religion, 16 octobre 1830, t. LXV, p. 509-512. — Vie de M. de Lantages... Lyon, Sauvignet, 1830, in-12. — Lyon, Périsse, 1833, in-12, pp. xxiv-453. Cette édition ne contient pas Y Appendice détaillé plus haut, quoique la préface (p. xi), conservée telle qu'elle a paru dans la première édition, annonce le contraire. — Paris, Poussielgue- Rusand, 1837, in-12. Bibliographie catholique, septembre 1841, t. I, p. 93. Archives du Rhône, t. XII, p. 70.

Vie de M. de Lantages, Catéchiste de Saint-Sulpice, puis Supérieur du séminaire du Puy; Paris, à la Bibliothèque des Catéchismes de Saint-Sulpice, 1830, in-18, pp. xxvi-250. — C'est un abrégé fait pour les Catéchismes de Saint-Sulpice :

l'Introduction a pour objet une Notice historique sur ces Catéchismes. — Vie de M. Faillon, p. 79.

3. — Directoire des Associées du Catéchisme de Persévérance de Saint-Sulpice ; Paris, imprimerie d'Adrien Le Clere, 1830, in-18, pp. 160. — Tours, Marne, 1854, in-32, pp. 192. — Quatrième édition; Paris, Adrien Le Clere, 1856, in-32, pp. xyi-240. — Cinquième édition; Paris, Adrien Le Clere, 1865. in-32, pp. xvi-261.

4. — Histoire des Catéchismes de Saint-Sulpice; Paris, Gaume frères, 1831, in-12, pp. xxxvi-333. L'Avertissement contient le plan du grand ouvrage que M. Faillon se proposait de publier pour les Catéchismes de Saint-Sulpice. Vie, p. 79, 80. — L'Introduction, sur l'Instruction chrétienne des enfants, est reproduite presque en entier dans la Méthode générale du Catéchisme, recueillie des ouvrages des catéchistes les plus célèbres, par M^r Dupanloup, in-8°.

5. — Méthode de Saint-Sulpice dans la direction des Catéchismes ; Paris, Meyer, et Lyon, Périsse, 1832, in-12, pp. xvin-420. Selon M=r Dupanloup (L'Œuvre par excellence, ou Entretiens sur le Catéchisme ; Paris, 1869, in-8°), « excellent livre » (p. 99), « grande prudence et expérience » (p. 100), « judicieux auteur » (p. 210). L'ouvrage de M. Faillon est cité presque à chaque page du livre de l'Évêque d'Orléans.

Méthode de Saint-Sulpice dans la direction des Catéchismes, avec des Plans d'instructions pour les divers Catéchismes; nouvelle édition (donnée par M. Icard); Paris, Lecoffre, 1856, in-12, pp. xn-417. — Troisième édition; Paris et Lyon, Lecoffre, 1874, in-12, pp. 404. — L'Ami de la Religion, 29 mars 1856, t. CLXXI, p. 793-796, article signé, L'abbé Hugonin. Bibliographie catholique , octobre 1856, t. XVI, p. 340, 341. Vie de M. Faillon, p. 80, 81.

G. — Mort édifiante de Ladislas Grandremy , décédé à l'âge de quinze ans, dans la maison de santé établie au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris; Paris, imprimerie de Poussielgue, 1832, in-18, pp. 36. — Vie, p. 84, 85.

T. — Monuments de l'église de Sainte-Marthe à Ta-

rascon, département des Bouches-du-Pihône, avec un Essai sur l'Apostolat de sainte Marthe et des autres Saints tulélaires de la Provence; Tarascon, Elisée Aubanel, 1835, in-8°, pp. 196 avec figures. — Imprimé aux frais de la Fabrique de Tarascon. — Vie, p. 87.

8. — Vie de M. Olier, Fondateur du séminaire de Saint- Sulpice; accompagnée de Notices sur un grand nombre de personnages contemporains; Paris, Poussielgue-Rusand, 1841, 2 in-8°, pp. lxvi-643, xtv-603. — Vie de M. Faillon, p. 89-92, 100-108. — L'Ami de la Religion, 13 mai 1841, t, CIX, p. 322- 326, et 20 juillet 1841, t. CX, p. 133-138. — Journal desVilles et des Campagnes, mercredi 22 septembre 1841, article de l'abbé Dassance. — La Quotidienne, jeudi 2 septembre 1841.

— Bibliographie catholique , 3 septembre 1841, 1. 1, p. 83-85.

— L'Université catholique; Recueil religieux, scientifique et littéraire; août 1841, t. XII, p. 154-161, 304-310, article

signé, Daniélo. — L'Univers, août 1841, n05 660 et 666, articles signés. L'abbé G**. — L'Union catholique , article" signé, L. Delacouture.

Vie de M. Olier, Fondateur du séminaire de Saint-Sulpice; Extraite de sa nouvelle Vie; Paris, Poussielgue-Rusand, 1843, in-12, pp. xxiv-476. — L'Ami de la Religion, 27 juillet 1843, t. GXVIII, p. 177-181. — Bibliographie catholique, juillet 1843, t. III, p. 48. — Abrégé de la vie de M. Olier, Fondateur du séminaire de Saint-Sulpice et de la colonie de Montréal, en Canada; Villemaric 1866, in-12.

Vie de M. Olier... seconde édition; Paris, Ve Poussielgue- Rusand, 1853, 2 in-8°, pp. lxiv-586, xiv-668. — Vie de M. Olier, Fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice, par M. Faillon, prêtre de Saint-Sulpice; quatrième édition, revue et considérablement augmentée par l'Auteur; Paris, Poussielgue frères, F. Wattelier et Ci0, 1873, 3 vol. in-8°, pp. xlviii-487, xi-616, viii-658. — Vie de M. Faillon, p. 328-335, 459, 460. « L'impression, commencée au mois de juin 1870, fut interrompue dès que les malheureux événements de la guerre eurent livré l'Alsace aux Allemands (l'ouvrage s'imprimait à Colmar); et on ne put la reprendre qu'au mois d'août 1871, près d'un

an après la morl de M. Faillon. Heureusement., l'auteur avait terminé son travail, et, sauf deux ou trois questions accessoires qu'il se proposait de traiter plus à fond dans des appendices, il n'avait pas dessein d'y rien ajouter » (Vie, p. 4(50). M. Gamon ne nous dit pas que c'est lui qui surveilla l'impression, corrigea les épreuves, ajouta quelques notes, rédigea la table, et fit la 'Notice sur M. Faillon placée au commencement du premier volume, p. 1-17. — L'Univers du lundi 29 décembre 1873, article signé, L.-C. de Lucheux.

— L'Union du 3 janvier 1874, article signé, L'abbé 0. Juresby. — Le Monde du 28 février 1874, article de L. Hello.

— Journal officiel du 26 avril 1874, article de M. Edouard de Barthélémy . — Revue des Questions historiques, juillet 1874, t. XVI, p. 334, 335, article de Dom Fr. Plaine. — Bibliographie catholique , août 1874, t. L, p. 157-160, article signé, V. Postel. — Polybiblion , septembre 1874, t. XII, jp. 161-164, article signé, Ernest Allain.

LaWe de M. Olier a été traduite en anglais : — The Life of M. Olier, founder of the Seminary of S. Sulpice, by Edward Healy Thompson, M. A.; London, Burns and Lambert, 1861, in-12, pp. xvi-440. Reproduction en vingt-quatre chapitres de la seconde édition parue en 1853.

Elle a été aussi traduite en italien : — Vita di Giovanni Olier, fondatore del Seminario di San Sulpizio di Parigi, con notizie in gran numéro di allri celebri uomini dé suoi tempi; tradotta dal Francese da Paolo Capello, Prête Torinese; Torino, Biblioteca Ecclesiastica Editrice, 1858, Tip. Luigi Ferrando, 2 vol. in-8°, pp. 284, 350. — Le traducteur a omis tous les renvois et toutes les notes qui sont à la fin de chaque livre, sauf celle qui concerne la translation de la Sainte Maison de Lorette, à la fin du livre 1er.

Le Pasteur modèle, ou le salut des peuples; Aix, Noyer, 1849, in-12, pp. xx-135. Extrait de \zVie de M. Olier.

Handbucher fur das priesterliche Leben, herausgegeben von mehreren geislichen, redigirt von J. Holzwarth, pfarrcurat; Funfter Theil : Olier, der Stifter von S1 Sulpiz; Sein Leben und Wirken. Nach dem Franzosischen bearbeitet von

M. Clericus; Schaffhausen, Beiiag der Fr. Hurter'schen Buchhandlung, 1861, in-I2, pp. xi-354. — A la fin de sa préface (p. vin), l'auteur confesse avoir pris pour « base » de sa rédaction « le grand travail français » de M. Faillon (seconde édition, 1853, 2 vol. in-8°); ouvrage dont il fait l'éloge, comme aussi du fondateur de Saint-Sulpice et de la Société par lui établie, laquelle, dit-il, « exerce de nos jours une action si comblée des bénédictions divines ». L'ouvrage se compose de 28 chapitres comprenant toute la vie de M. Olier, et d'un Appendice sur les PP. de Bérulle, de Condren, Jean Eudes, Adrien Bourdoise et Bernard, dit le pauvre prêtre. Souvent, l'auteur emprunte à M. Faillon des phrases entières qu'il se borne à traduire en allemand.

9. — Monuments inédits sur l'Apostolat de Sainte Marie- Madeleine en Provence, et sur les autres Apôtres de cette contrée, saint Lazare, saint Maximin, sainte Marthe, et les saintes Maries Jacobé et Salomé; par l'auteur de la dernière Vie de M. Olier; publié par M. l'abbé Migne; Paris, 1848, 2 in-8°, col. xlviii-1560, 1668. — Tome I : Première partie : Unité de personne de sainte Madeleine, Marie de Béthanie et la Pécheresse dont parle saint Luc. Deuxième partie : Preuves de l'Apostolat de sainte Madeleine et des autres fondateurs de la foi en Provence. — Tome II : Première partie : Examen critique des Vies des saints Apôtres de la Provence que nous possédons aujourd'hui. Deuxième partie : Texte des Vies des saints Apôtres de la Provence. Troisième partie : Monuments relatifs à l'histoire du Culte des saints Apôtres de la Provence. — Vie de M. Faillon, p. 132-142. — L'Ami de la Religion, 17 avril 1849, t. CLXI, p. 150-154, article de M. Paulin Bu Chesne. — Correspondance de Rome, n° 13, p. 111. — Le Correspondant, 10 octobre 1849, t. XXV, p. 60- 64, article de D. Pitra. — Bibliographie catholique , janvier et mars 1849, t. VIII, 326-329, 417-420. Il fut répondu au premier article par un anonyme (qui pourrait bien être M. Faillon) dans L'Ami de la Religion du 28 mars 1850, t. CXLVI, p. 614-620.

Pour indiquer les livres qui ont emprunté à M. Faillon ou

qui l'ont attaqué, il faudrait faire la bibliographie à peu près de tout ce qui a été publié depuis 1848 sur la question toujours débattue de l'Apostolicité des églises de France. Nous nous bornerons à citer deux ouvrages, assez éloignés l'un de l'autre par la date, où M. Faillon est plus particulièrement pris à parlie, et deux réponses faites au second de ces ouvrages. — 1. Origines chrétiennes de la Gaule ; Lettres au R. P. Dom Paul Piolin, religieux bénédictin de la Congrégation de France, à Solesmes, en réponse aux objections contre l'introduction du Christianisme dans les Caules aux deuxième et troisième siècles ; précédées de Lettres sur la nécessité d'un examen de l'ouvrage intitidé : « Monuments inédits sur l'Apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence » ; Paris, Julien, Lanier et Cia, 1855, in-8', pp. 328. Voici ce que D. Guéranger, abbé de Solesmes, écrivait à M. Faillon au sujet de cet ouvrage : « Les Lettres dont vous me parlez ont pour auteur M. le Comte d'Ozonville, gentilhomme Lavallois, gendre de M^r de Hercé, évêque de Nantes. C'était un homme sincèrement pieux, mais l'un des esprits les plus faux qu'il fût possible de rencontrer. Il conçut l'idée de ces Lettres à l'occasion du 1er volume de Y Histoire de l'église du Mans par D. Piolin, qui avait adopté votre thèse sur la mission des premiers apôtres des Gaules, et qui s'étayait de votre autorité. M. d'Ozonville est mort peu après avoir publié son pamphlet, auquel D. Piolin ne répondit pas ». — 2. Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, par l'abbé L. Duchesne, membre de l'Institut; Paris, Thorin, 1894, in-8°, pp. 356. Le chapitre X, La légende de sainte Marie-Madeleine (p. 310-344), avait paru dans le tome V des Annales du Midi et en brochure à part (Toulouse, Éd. Privât, 1893, in-8°, pp. 35). L'abbé Bellet — en collaboration avec les abbés U. Chevalier et F. Vernet — y a répondu dans Les Origines de l'église de France et les « Fastes épiscopaux » (Paris, Picard, 1898, in-8°, pp. xv-275). C'est le tirage à part d'articles publiés d'abord dans L'Université catholique (voir surtout, juillet 1895, p. 430-454; août 1895, p. 500-552). M. Duchesne y répliqua en rendant compte de la brochure

dans le Bulletin critique du 5 mars 1896. Une seconde édition de celle-ci, considérablement augmentée, a paru en 1898; Paris, Picard, in-8°, pp. xxvn-422. — Réponse à l'écrit de M. Duchesne intitulé : « La légende de sainte Marie-Madeleine »; par l'abbé Béguin, aumônier de l'Hospice de Brignoles; dans L'Univers des 28 octobre, 4 et 11 novembre 1893, 12 et 20 janvier, 10 et 21 février 1896.

ÎO. — Mémoires particuliers pour servir à l'histoire de l'église de l'Amérique du Nord ; tomes I et II; Paris, Ve Poussielgue-Rusand, sans date (1853), pp. lxxvi-406, xi-519. Outre Y Avertissement et Y Introduction générale à tout l'ouvrage, ces deux volumes contiennent la Vie de la sœur Bourgeoys. — Bibliographie catholique, octobre 1854, t. XIV, p. 185-188, article de M. J. Chantrel.

Mémoires particuliers... tome III (formant deux volumes) : Vie de Mademoiselle Mance, et Histoire de l'Hôtel-Dieu de Villemarie en Canada ; Paris, Ve Poussielgue-Rusand, et Périsse frères, 1854, 2 in-8°, pp. lxxxiv-271, vi-353. — Bibliographie catholique , décembre 1855, t. XV, p. 286-288, article de M. J. Chantrel.

Mémoires particuliers... tome IV : Vie de Mme d'Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Villemarie dans l'Ile de Montréal en Canada; Villemarie, chez les Sœurs de la Charité, Hôpital général, 1852, in-8°, pp. xxix-491. Quoique le quatrième — en réalité le cinquième et dernier de l'ouvrage, ce volume est pourtant celui qui a paru le premier. — Le Correspondant du 25 avril 1854, t. XXXIV, p. 65-83, article de M. C. de Laroche-Héron, intitulé : La Ville de Marie (Villemarie) en Canada : Histoire des Institutions religieuses et des Œuvres de charité de celte ville, d'après l'abbé Faillon.

La Vie de Mademoiselle Mance a servi de guide et de matériaux à l'ouvrage suivant : « Vie de Mademoiselle Mance, et commencements de la colonie de Montréal, par Adrien Leblond »; Montréal, Cadieuxet Derome, 1883, in-8°, pp. 240. Bibliographie catholique, août 1884, t. LXX, p. 171, article signé, Ch. Denieul.

Vie de M. Faillon, p. 190-194.

11. — L'Héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mademoiselle Le Ber; Villemarie, chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, 1860, in-8°, pp. 404. — Vie de M. Faillon, p. 236-240.

±2. — Histoire de la Colonie française en Canada;Yi\lemarie, Bibliothèque paroissiale, 1865, 1866, 3 vol. in-4°, pp. xvi-xxm-551, xxiv-568, xxm-548. Cet ouvrage parut d'abord dans L'Echo du Cabinet de lecture paroissial, revue mensuelle publiée à Montréal, à partir de 1859; mais les volumes in-4° ont été imprimés à Paris par les presses de Poupart-Davyl. La Carte et les plans manquent à beaucoup d'exemplaires. Cette histoire ne s'étend pas au delà de l'année 1675 : mais M. Faillon avait réuni des matériaux pour pousser son récit jusqu'au moment de la conquête de l'île par les Anglais, en 1760. — Vie de M. Faillon, p. 224-226, 293- 296. — La Bévue Canadienne , t. II, p. 627-631. — Bibliographie catholique, novembre 1865, t. XXXIV, p. 404-411; septembre 1866, t. XXXVI, p. 214-218, articles de M. Georges Gandy.

VHistoire de la Colonie française au Canada a été récemment très critiquée dans Les Jésuites de la Nouvelle- France au XVIIe siècle, d'après des documents inédits, par le P. de Rochemonleix, de la Compagnie de Jésus; Paris, Letouzey et Ané, 1895, 3 vol. in-8°. Selon l'auteur de cet ouvrage, M. Faillon est un « historien habitué aux assertions gratuites » (t. II, p. 194), et chez qui « les inexactitudes de détail ne sont pas rares » (t. II, p. 198); c'est un historien se permettant des « insinuations injustes » (t. II, p. 195), et d'ailleurs « empêché d'être véridique » par « des motifs que le respect oblige de taire, mais que le lecteur devinera facilement » (t. II, p. 191). Nous ne discuterons pas ces accusations, pas plus que nous n'avons discuté celles dont M. de Queylus est l'objet de la part du même écrivain, bien que nous ayons un mémoire amplement justificatif de sa conduite. Nous n'examinerons pas non plus si les sulpiciens du Canada ont témoigné leur reconnaissance pour une hospitalité reçue

des PP. Jésuites en se livrant, clans le récit d'un de leurs voyages, au « plaisir de se louer eux-mêmes en prêtant aux autres des actes d'un ridicule achevé et de pure invention » (t. I, p. 440, et pour la seconde fois, t. II, p. 362). Encore moins rechercherons-nous quelle est la valeur historique d'un « Mémoire sulpicien inédit » sur lequel, ou plutôt contre lequel le P. de Rochemonleix revient à deux reprises différentes (t. II, p. 402, et t. 111, p. 389, 390); ni si dans les « Remarques » également « manuscrites » de M. Faillon « sur la bulle de M%r de Laval », il y a des choses « du plus haut comique et qui dispensent de toute réflexion » (t. II, p. 193) : Remarques et Mémoire que le critique avoue avoir découverts parmi les papiers de M. Faillon, lesquels lui ont été communiqués « avec toute la charité possible », s'il nous est permis de nous servir des expressions que le Révérend Père emploie et souligne en parlant (t. II, p. 362) de l'hospitalité exercée envers les nôtres par ses confrères du Canada; manuscrits, par conséquent, dont il doit la connaissance uniquement à la libéralité peu commune avec laquelle Saint- Sulpice ouvre aux étrangers ses archives et sa bibliothèque. C'est là, il est vrai, une manière spéciale de se montrer délicat et reconnaissant envers ceux qui vous obligent ; mais c'est un acte qui, évidemment, était nécessaire. Quoi de plus pernicieux, en effet, qu'une erreur — nous passons le mot, afin d'être libéral — qu'une erreur manuscrite et inédite, enfouie dans un tas de notes où personne ne fût allé la chercher; et ne fallait-il pas détromper le public sur certaines assertions' que le public eût à jamais ignorées, si on ne l'avait pas détrompé ? Non, nous ne ferons rien de tout cela : nous dirons un mot seulement.

Que M. Faillon se soit quelquefois trompé, il n'y aurait là rien de bien étonnant : quel est l'historien, quel est l'auteur de plusieurs volumes considérables qui n'a jamais failli? Qu'il ait même eu ses préjugés, c'est encore possible : quel est l'homme — à l'exception du P. de Rochemonteix — qui en est totalement exempt; et qui, surtout s'il appartient à un corps, ne soit naturellement porté à croire les dires de ses

confrères plutôt que les témoignages des étrangers? Ce que, néanmoins, nous pouvons affirmer avec certitude, c'est que, par un sentiment de délicatesse dont il y aurait peut-être quelque justice à lui tenir quelque compte, M. Faillon s'est plusieurs fois abstenu de révéler certains faits, de produire certains documents dont la publication eût été désagréable à une illustre Société. Ces documents, il les avait découverts dans des dépôts publics que nous pourrions nommer, et où le P. de Rochemonteix a dû certainement les rencontrer à son tour, M. Faillon laissant ou restituant fidèlement aux archives ce qu'il y trouvait ou ce qu'il leur empruntait, même quand les pièces étaient de nature à lui déplaire; et n'étant pas de ceux qui, par exemple, useraient de la confiance qu'ils ont sollicitée pour faire disparaître le Journal inédit du cardinal de Bernis, ainsi qu'une copie de ses Mémoires , dans un lieu et dans un temps où l'on pouvait croire que par là, on rendait la publication de ceux-ci à jamais impossible. Publier aujourd'hui ces documents serait chose facile et faire, nous dit-on, acte de légitime défense : ce serait du moins faire des torts, s'il y en a eu de part et d'autre, une répartition plus exacte. Mais que le P. de Rochemonteix se rassure : quelque légitimes qu'elles puissent être, les représailles ne sont pas dans nos usages. A quoi, d'ailleurs, cela servirait-il? Ne savonsnous pas que, pour certains critiques, c'est un axiome, que toute assertion qui contredit certaines traditions reçues, doit être, avant tout examen et quelles que soient les autorités sur lesquelles elle s'appuie, rejetée comme contraire à la vérité historique, et comme inspirée par la plus haineuse passion?

On ne saurait toutefois — nous l'espérons du moins — nous blâmer de faire connaître les dispositions et les actes du Supérieur de Saint-Sulpice, et les sentiments qu'il inspirait aux membres de la Compagnie dans ces circonstances délicates.

En 1695, M. Tronson écrivait à M. de Belmont, supérieur du séminaire de Montréal : — « 11 faut faire ce que vous pourrez pour empêcher que la concurrence des missions ne cause de la jalousie. Travaillez au moins de votre part à n'en

point donner de sujet, vous mêlant seulement de la vôtre sans trouver à redire à ce que font les autres, et sans jamais blâmer leur conduite, leurs règles, leurs maximes, ni les choses qu'ils font. Chacun a ses vues; tous croient bien faire; si quelqu'un se trompe, ce n'est pas à nous à en juger : Unusquisque omis suum portabit. — Vous avez raison de dire qu'il faut une vertu héroïque pour bien vivre avec des gens à qui on fait toujours des grâces et qui n'en font jamais; qui prennent pour devoir la déférence et le service qu'on leur rend; qui humilient dans les occasions leurs rivaux et prennent toujours le dessus; qui sont hardis, entreprenants, et tirent avantage de la patience et de la discrétion dont on use à leur égard; qui, par les louanges qu'ils se donnent mutuellement les uns aux autres, par leurs visites et par d'autres voies, se rendent maîtres, etc. Mais de qui peut-on attendre celte vertu héroïque, sinon de ceux qui, ayant quitté leur pays, abandonné leurs proches, passé les mers pour se consacrer eux-mêmes avec tous leurs biens au service de Notre- Seigneur, font profession particulière de suivre ses maximes et d'être ses disciples? Ce serait y renoncer, que de s'en dispenser sous prétexte que cela est difficile à la nature; que l' amour-propre en souffre, et qu'il se faut faire trop de violence. Consultez, non pas vos préventions ou ce que les autres disent, mais les règles de l'Évangile et ce que Notrc-Seigneur enseigna à ses disciples; et vous verrez mieux dans cela, que dans tous les conseils que je pourrais vous donner, ce que vous avez à faire dans l'état pénible et humiliant où vous vous trouvez. Les démarches généreuses et édifiantes que vous avez faites jusqu'à présent vous doivent encourager pour ne pas demeurer au milieu de la course : adhùc grandis tibi restât via; et vous avez besoin, dans la voie difficile où Dieu vous conduit, de courage et de force, ut possis pervenire ad montent Dei Horeb » {Correspondance de M. Tronson, t. XIV, f. 116).

De son côté, M. Tronson donnait l'exemple de la magnanimité. Quelques mois après la lettre que nous venons de citer, le lo mars 1696, il écrivait au P. Vaillant, supérieur

330 BIBLIOTHÈQUE SULPIGIENNE

des jésuites de Villemarie : — « Mon Révérend Père; J'ai reçu la leltre que vous m'avez fait la grâce de m'écrire, du 30 octobre dernier. Elle est si obligeante et si honnête, que je ne puis différer à vous en témoigner ma reconnaissance. Ce que j'ai fait, et de vive voix et par écrit, auprès de Msr l'évêque de Québec, est un effet de mon attachement à votre Compagnie, et de l'estime particulière que j'ai toujours eue de ce qui s'y fait. La Congrégation que vous avez établie à Villemarie, et dont il avait suspendu l'exercice, m'a donné une belle occasion de faire paraître sur cela les sentiments de mon cœur, et je l'ai embrassée avec d'autant plus de joie que j'ai cru contribuer par là à faire honorer la Très Sainte- Vierge, qui acquerra tous les jours sous votre direction de nouveaux serviteurs. J'espère que vous trouverez M. Dollier et nos Messieurs dans les mêmes sentiments à votre égard, et qu'ils vous donneront lieu par leur conduite d'avoir pour eux les mêmes bontés que les RR. PP. Dablon et Bruyas leur ont toujours témoignées ; et qui, par le passé, ont entretenu entre eux une si grande union. C'est la grâce que je vous demande instamment, avec celle de me croire, mon Très Révérend Père, votre très humble et très obéissant serviteur. L. Tronson».

Au reste, même en Canada, l'ouvrage du P. de Rochemonteix est jugé avec sévérité par les érudits, et en des termes que nous osons à peine rapporter : nous en citons seulement une partie. « Le P. de Rochemonteix, jésuite, réclame pour les Jésuites l'honneur d'avoir été les premiers évangélizateurs de cette partie de l'Amérique (l'Acadie); cela se conçoit, mais il le fait avec une àpreté si choquante — et c'est le ton général de son ouvrage — qu'il donne à ses lecteurs l'envie de contester ce mérite. Quand on lit ses prédécesseurs en histoire, le P. de Charlevoix, le P. Martin, on se sent en si aimable compagnie, avec des esprits si bienveillants, qu'on est tout disposé à adopter leurs opinions. C'est tout le contraire avec le P. de Rochemonteix. 11 faut prendre sur soi pour ne pas devenir jésuitophobe. C'est le cas de répéter le proverbe : Gardez-moi de mes amis, je me charge de mes ennemis. Les Jésuites ne pouvaient redouter

un plus malhabile avocat, plus funesle qu'un ennemi. — 11 est étonnant que le P. de Rochemonteix, dans ses trois volumes : Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle, n'ait pas réfuté les accusations de M. Parkman. Il ne semble avoir vu que les éloges que cet écrivain a faits des Jésuites, et se contente de les citer. M. Parkman était cependant le plus redoutable adversaire qu'il eût à combattre. Ses savants ouvrages font autorité et sont populaires dans toute l'Amérique-Nord et en Angleterre... Au lieu de rétablir la vérité historique sur les points où elle est le plus contestée, et là où elle est discutée chaque jour, comme parmi les milliers de lecteurs de M. Parkman, le P. de Rochemonteix a perdu son temps à relever une multitude d'imperfections ou d'erreurs de détail dans des ouvrages français ou canadiens, dont la plupart sont à peine lus, et dont les lecteurs anglais ne connaissent pas même les titres, ni les noms d'auteurs. Je no veux rien dire des violences de langage qui déparent l'ouvrage du P. de Rochemonteix, d'ailleurs riche de renseignements nouveaux. On a dit, non sans raison, qu'il est écrit en style de pédagogue, et qui plus est, de pédagogue malingre qui a toujours la férule à la main, frappant à droite et à gauche pour les moindres vétilles... » (Les Sulpiciens et les Prêtres des Missions-Etrangères en Acadie, par l'abbé H.-R. Casgrain, Docteur es lettres, Professeur d'histoire à l'Université Laval de Québec, lauréat de l'Académie française ; Québec, 1897, in-8°, p. 40, 144, 145). — Plus loin, le même auteur écrit encore : « Après tout ce que nous avons dit sur la mission de Pentagoët ou Panaouské, où l'on a vu Mer de Laval envoyer l'abbé Thury pour en faire la fondation dès l'année 1687, on est étonné de lire dans le P. de Rochemonteix, vol. III, p. 437, que ce fut « le P. Vincent Rigot qui fonda en 1694 la mission de Pentagoët ». Pour me servir d'une expression du P. de Rochemonteix lui-même, c'est là de la pure fantaisie. Quand on le prend de si haut que le fait ce bon père, il n'est pas permis de donner de si hautes marques d'ignorance, pour ne pas dire }ilus » (Les mots soulignés le sont par l'auteur cité, p. 243).

Le troisième volume de YHistoire de la Colonie- française, qui traite en grande partie de l'ancien régime de la colonie, a vraisemblab'ement donné l'idée de l'ouvrage paru à Boston en 1874, et intitulé, L'ancien régime au Canada. L'auteur, M. Francis Parkman, reproduit la plus grande partie des documents mis au jour par M. Faillon.

13. — Vie intérieure de la Très Sainte- Vierge, ouvrage recueilli des écrits de M. Olier, fondateur de la Congrégation des Prêtres de Saint-Sulpice; Rome, de l'imprimerie de Salviucci, 1866, 2 vol. gr. in-8°, pp. xxvi-436, xxn-531. L'ouvrage est revêtu de Yimprimatur du Maître du Sacré Palais, et en outre des approbations du R. P. Pierre Semenenko, de Monseigneur Bailles, ancien évêque de Luçon, et de Son Éminence le cardinal Villecourt, ancien évêque de La Rochelle, tous trois membres de la S. Congrégation de l'Index. — Pour répondre à quelques objections faites contre cet ouvrage par les censeurs romains, M. Faillon fit imprimer — à Rome, où il était alors — mais ne publia pas un Appendix, De quibusdam difjicidtatibus minoris momenti à RR. censoribus Olerio objectis; in-4° de 58 pages, signé : Stephanus Mich. Faillon, presbyter Congreg. S. Sulpitii, Operis editor. — Franzelin, Tractatus deVerbo incarnato; Romee, 1869, in-8°, pp. 381, 382; 423, 424. — Vie de M. Faillon, p. 303-314. Peut-être, quelque jour, pourra-t-on faire des épreuves qu'a traversées ce livre une histoire plus complète. — La deuxième édition, considérablement diminuée, a été donnée par M. Icard. — L'évêque d'Aquapendenle, Mer Pellei, a puisé dans l'œuvre de M. Faillon le fond d'un ouvrage qui a été traduit en français sous ce titre : La Très S ainte- Vierge, fondatrice en Jésus-Christ de la sainte Eglise.

14. — Vie de M[U Momper, Directrice de la Petite-Œuvre de Saint-Sulpice; pour servir d'Appendice et de justification à la partie pratique de \a.Vie intérieure de la Très Sainte- Vierge, par M. Olier; Colmar, imprimerie de Ch. M. Hoffmann, 1870, 3 vol. in-32, pp. vin-403, 426, 286. N'a pas été mis dans le commerce.

I 5. — On trouve dans les deux biographes.de M. Faillon,

MM. Gamon et Desmazures, quantité de lettres ou fragments de lettres.

16. — On doit aussi à M. Faillon, en grande partie du moins, les deux éditions de Y Esprit d'un Directeur des âmes, qui parurent en 1831 et 1834; la réimpression du Catéchisme de M. Olier, et celle de quelques autres ouvrages du fondateur de Saint-Sulpice qui eurent lieu vers le même temps. Voir .l'art. Olier.

1T. — Sentiments de M. Olier sur S. Joseph, in-12. Voici l'histoire de ce petit opuscule qui fut plus tard pour M. Faillon l'occasion d'un grand travail, resté manuscrit, sur le même sujet. « En 1837, M. Garnier, Supérieur de Saint-Sulpice, ayant désiré faire lire à la Communauté, le jour de la fête de S. Joseph, ce que M. Olier avait écrit sur ce glorieux patriarche, M. Faillon réunit à la hàle les divers passages où le pieux fondateur de Saint-Sulpice a parlé de S. Joseph. Après les avoir classés sous un certain nombre de titres particuliers qu'il réunit sous le titre général de Sentiments de M. Olier sur S, Joseph, il les porta au vénérable M. Garnier, qui les fit lire, en effet, à la lecture spirituelle. — Ce petit écrit ayant été, les années suivantes, communiqué à quelques élèves du séminaire d'issy, l'un d'eux prit la liberté de le transcrire, et peu après le fit imprimer de son chef, sans en avoir rien dit aux Directeurs de la maison. Cette publication les affligea, parce que l'ouvrage était incomplet, et surtout parce qu'on pouvait ne pas bien entendre la sublime doctrine qui y est contenue. M. Carbon se fit donc remettre tous les exemplaires, et les mit sous clef; mais peu à peu, se relâchant de sa première résolution, il en donna quelques exemplaires aux plus fervents séminaristes, et bientôt l'opuscule fut connu au dedans et au dehors du séminaire. — L'heureuse impression que sa lecture faisait sur les personnes pieuses fut cause qu'on le réimprima plusieurs fois, et même qu'on l'a introduit, en totalité ou par fragments, dans quelques ouvrages composés récemment en l'honneur de S. Joseph. C'est ce qu'a fait en particulier l'auteur » (M"° Netty Du Boys) « du Mois de saint Joseph, d'après les Docteurs et les Saints.

Dans cet ouvrage, honoré d'un bref de Sa Sainteté Pie IX et de plusieurs approbations épiscopales, M. Olier a fourni les considérations du troisième, du vingtième et du vingt et unième jour, ce qui comprend tout ce qu'il y a de plus important dans l'opuscule dont nous parlons. — Il fut réimprimé en Canada en 1858, et il en fut, dit-on, tiré quarante mille exemplaires. L'évêque de Montréal avait approuvé l'écrit de M. Olier et lui était très favorable; mais il apprit bientôt que, dans un diocèse voisin, quelques personnes parlaient contre cet opuscule, dont elles croyaient la doctrine inexacte et même dangereuse. C'est alors que M. Faillon fut prié de justifier la doctrine de M. Olier » ( Vie de M. Faillon, p. 254-256) : ce qu'il fit dans l'ouvrage manuscrit que nous mentionnerons bientôt.

18. — Deux lettres à M§r de Ségur, datées des 6 novembre 1853 et 7 février 1854, dans : « M&r de Ségur; Souvenirs et Récit d'un frère », par le marquis de Ségur; Paris, 1882, t. I, p. 293-296, 304-307.

ÎO. — On doit aussi à M. Faillon la notice sur M. Garnier, Supérieur de Saint-Sulpice, insérée dans L'Ami de la Religion du 12 avril 1845, t. CXXV, p. 101-104. Voir p. 161-165 de ce volume.

A. — Vie de M. d'Hurtevent, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, et premier supérieur du séminaire de Saint- Irénée de Lyon, composée sur les manuscrits originaux, in-4°, pp. 338. Archives de la Solitude. L'autographe de la nouvelle rédaction faite après 1841 est au grand séminaire de Lyon. Vie de M. Faillon, p. 63, 6i.

B. — Coutumier des Catéchistes de Saint-Sulpice, in-4°. — Recueil de Paraboles et de comparaisons pour les Catéchistes de Saint-Sulpice, 2 in-4°.

C — Explication de la Genèse; Exposition des six premiers jours de la Création d'après les Pères (1835), in-folio d'environ 1,000 pages. — Autre travail sur les Pères, in-4°.

D. — Matériaux pour un traité de la vocation aux Saints Ordres.

E. — Explication des paroles et des cérémonies de l'Ordination, selon le Pontifical romain.

F\ — Sujets de lectures pour la retraite annuelle, destinés principalement à MM. les ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal en Canada. Ouvrage aulographié à Montréal, et dont chacune de nos maisons possède un exemplaire. — Ce recueil est composé « des propres paroles du fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice touchant les divers points indiqués dans la table». On y a ajouté quelques développements tirés de M. de Bretonvilliers ou de M. Tronson. Voici la division générale de l'ouvrage : I. Fin du sacerdoce et de l'état religieux; II. Fin de la Compagnie de Saint-Sulpice; III. Esprit de la Compagnie; IV. Corps de la Compagnie; V. Vertus que doivent pratiquer les prêtres de la Compagnie. — Vie de M. Faillon, p. 181.

G. — Règlement pour les confesseurs de Communautés de filles. Vie, p. 216, 217.

II. — Histoire du séminaire de Saint-Sulpice de Baltimore, et des divers établissements auxquels il a donné naissance : le collège de la même ville, le petit séminaire de Pigeon-Hill, l'institut des sœurs de la Charité, le collège d'Emmittsburg et le petit séminaire de Saint-Charles; copie, infolio de xxiii-487 pages, 1861. Archives de la Solitude. — Vie, p. 244, 245.

I. — Recueil de pièces sur le pèlerinage de Notre-Dame de Pitié à Montréal (séminaire Saint-Sulpice). On y trouve le discours prononcé par M. Faillon le 31 juillet 1860 pour la consécration de l'église que la Congrégation de la sœur Bourgeoys érigea pour y placer une statue miraculeuse de la Sainte-Vierge, anciennement vénérée à S. Didier d'Avignon. Vie, p. 208-215; 247-250.

J. — Vie de S. Joseph, composée d'après les vues communiquées à M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice; Montréal, 1859, 2 vol. in-4°. En tête du manuscrit, on lit l'imprimatur autographe du Maître du Sacré Palais : « Katendis Mail, Imprimatur , praevia tamen revisione et approbatione S. C. Rituum; Fr. Ilieronymus Gigli, S. P. A. M*r ».

K. — Matériaux pour l'histoire de l'Education des Clercs et l'histoire des Écoles ecclésiastiques, depuis le commencement de l'Église jusqu'à nos jours. — Vie de M. Faillon, p. 342. — M. Faillon... Sa vie et ses œuvres; Montréal, 1879, in-4°, p. 83-95.

Lj. — Petite Instruction pour les Novices de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, sur l'obligation qu'ils ont de se remplir de l'esprit du Vénérable de La Salle. Archives de la Solitude. — Vie, p. 369-375.

M. — Maximes pratiques pour arriver sûrement à la perfection religieuse ; composé pour une religieuse de Saint Vincent de Paul. Vie, p. 375-379.

IV. — Instructions et Règlements pour différentes Communautés, in-4".

O. — Histoire des premiers Apôtres de la Gaule... 2 in-4". Vie, p. 350-357.

P. — C'est M. Faillon qui avait réuni les Matériaux pour la Vie de M. Emery, 13 vol. in-4°. Bibliothèque du séminaire de Saint-Sulpice; Cabinet des Manuscrits.

Ci. — Calendrier spirituel, où il inscrivait les principales faveurs qu'il recevait du ciel, et dont il remerciait Dieu chaque année.

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